Opportunités pour
la 5ème CEFDHAC - Briefing du FPP
Conférence sur les écosystèmes de
forêts denses et humides d'Afrique centrale
Mai 2004
John Nelson
Forest Peoples Project
(Langue originale : anglais)

Sommaire exécutif
Cette
communication pour la 5ème Conférence sur les Ecosystèmes de Forêts
Denses et Humides d'Afrique Centrale (CEFDHAC) souligne les inquiétudes
fondamentales concernant les droits des communautés forestières
autochtones d’ Afrique Centrale. Celles-ci sont en effet confrontées
à de graves discriminations de la part de la société, sont traitées
comme des êtres inférieurs,exploitées par leurs voisins, et sont
d’une façon récurrente ignorées par des projets de développement.
Le nombre
d’aires protégées, nationales et trans-frontières, projetées en
Afrique Centrale croît rapidement, en réponse à l’intensification
des menaces sur la biodiversité des forêts. Les organismes de protection
de la nature travaillent sans relâche pour générer les ressources
nécessaires à la durabilité des projets de conservation. Cependant,
beaucoup de ces projets de conservation de la nature empiètent sur
des territoires appartenant ou revendiqués par des communautés locales,
et plus particulièrement les populations autochtones “pygmées” chasseurs-cueilleurs
vivant dans les pays de la CEFDHAC et dont le nombre total est estimé
à 500 000 habitants. De plus, les conséquences de ces projets de
conservation sur ces communautés sont souvent très sévères, soumettant
ainsi les besoins de ces communautés aux autochtones fermement sur
les épaules des donateurs internationaux. FPP et de ses partenaires
ont observé au cours des quatre dernières années que les principes
internationaux reconnaissant des droits aux peuples autochtones
ne sont pas appliqués
correctement par les gouvernements et les agences de protection
de la nature, bien qu’ils y adhèrent.
Il s’agit
notamment des droits d’utiliser, de posséder et contrôler leurs
territoires traditionnels et à protéger leurs connaissances et techniques
traditionnelles, et du droit au consentement libre, préalable et
informé. Les raisons de cet échec sont multiples, et se rapportent
à un besoin de réforme des pratiques des projets de conservation
et des législations relatives aux droits fonciers des communautés
locales et autochtones.
Cette
communication conclue que des solutions soutenant à la fois les
droits des communautés et la biodiversité sont à notre portée, et
cette conférence est une opportunité majeure pour promouvoir un
changement en faveur à la fois des droits des communauté et de la
protection durable et sur le long terme de la biodiversité. FPP
continuera ses efforts pour soutenir ces partenaires dans les pays
de la CEFDHAC pour développer le dialogue nécessaire avec les agences
de protection de la nature sur ces points de façon à promouvoir
les intérêts à la fois des communautés locales et de leur environnement.
Piège
traditionnel dans le sud-ouest du Cameroun
Table des matières
Introduction
Opportunités
pour la CEFDHAC en 2004
Les droits des communautés
forestières sont bafoués par les projets de conservation
L’échec
de la conservation en Afrique Centrale
De nouveaux engagements
pour la conservation
Des droits coutumiers sûrs sont importants,
mais aussi complexes
Il est possible de protéger
la biodiversité tout en tenant compte des intérêts des communautés
Conclusion
Recommandations à la CEFDHAC
Introduction
Rédigée
la veille de la 5ème Conférence sur les Écosystèmes des Forêts Denses et Humides d’Afrique Centrale
(CEFDHAC), cette communication a pour but d’attirer l’attention
sur des domaines clés qui suscitent des inquiétudes quant à la situation
des communautés autochtones des forêts, notamment les communautés
pygmées qui vivent dans de nombreuses régions
forestières d’Afrique Centrale. Les thèmes principaux de cette conférence,
à savoir gouvernance et partenariat, sont d’une importance capitale
pour les communautés d’Afrique Centrale qui vivent des ressources
de la forêt. La raison en est que ces forêts sont de plus en plus
gérées directement par les États et des agences internationales
qui invoquent la protection de la biodiversité. Le rôle clé des
communautés rurales dans la gestion – avec les États ‑
de ces ressources forestières et l’utilisation des recettes pour
répondre à leurs besoins sont soulignés dans le Plan de convergence
de la COMIFAC et dans la Déclaration de 2003 pour
le Partenariat des forêts du bassin du Congo. Ces deux textes présentent une partie
du contexte de la discussion ci dessous, ainsi que le cadre des
recommandations présentées à la fin de ce document.
Alors que, dans bien des cas, les besoins des communautés
devraient être comblés par les projets de conservation actuellement
en cours d’exécution en Afrique Centrale, les preuves collectées
en Afrique par le FPP et ses partenaires locaux dans les pays
de la CEFDHAC pendant ces quatre dernières années montrent que de
nombreux projets de conservation sont à l’origine d’une réduction
du bien-être des communautés autochtones vivant en forêts, d’une
réduction de la protection de leurs droits, ainsi qu’un affaiblissement
de leur engagement à travailler avec les agents de conservation
sur le terrain. Si de nombreux projets de conservation son engagés
dans la protection de forêts que, sans aucun doute, les populations
autochtones aiment, d’autres empêchent aussi ces dernières de continuer
à utiliser leurs forêts traditionnelles pour assurer leur survie.
Cet état de fait est à l’origine d’un gouffre de plus en plus profond
entre les communautés autochtones et les projets de conservation,
ainsi que de violations persistantes des droits de ces communautés.
Cette situation n’est pas
durable, et il faut en parler.
La promotion d’une meilleure gouvernance des projets
de conservation nationaux et transfrontaliers, qui constitue l’un
des thèmes clé de la 5ème
CEFDHAC, est un objectif qui bénéficie de tout le soutien du FPP.
Nombreux sont ceux qui espèrent que ce travail aura pour résultat
une plus grande participation des communautés locales dans la gestion
des projets de conservation des terres sur lesquelles elles comptent.
On espère aussi qu’il aidera les communautés autochtones à assurer
une reconnaissance plus forte de leurs droits par les États. Cette
conférence démontre aussi l’engagement des bailleurs de fonds à
respecter les résultats du Congrès Mondial sur les Parcs de Durban
– l’IUCN y a joué un rôle essentiel – et la 7ème Conférence des Parties (COP7) à la Convention sur la diversité
biologique (tenue à Kuala Lumpur, en Malaisie en février 2004).
Elle prône « …un respect total des droits de communautés autochtones
et des communautés locales… » Mais la possibilité de construire le partenariat
nécessaire entre les communautés et les projets de
conservation est encore compromise par l’incapacité chronique des
États et des organismes à assurer une adéquation entre leurs projets
de conservation et les accords internationaux qui protègent les
droits des communautés. Ces accords internationaux ont pourtant
obtenu l’adhésion et des États et les organismes travaillant à la
conservation.
Les raisons pour lesquelles ces standards acceptés
tardent à être appliqués en Afrique Centrale sont complexes et multiples.
On peut noter à titre d’illustration des attitudes négatives à l’égard
des modes de vie des populations autochtones, une faiblesse des
capacités des professionnels de la conservation et des ressources
financières nécessaires pour permettre une prise en compte des perspectives
et les droits des communautés dans les projets de conservation.
Toutefois, des rencontres nationales et internationales ont permis
de constater que les décideurs africains disposent maintenant d’énormes possibilités
pour réaliser des progrès significatifs dans la conservation de
la biodiversité en Afrique Centrale par rapport aux objectifs à
long terme, ainsi que pour une meilleure application par les États
africains des normes internationales en matière de droits de l’homme.
Opportunités
pour la CEFDHAC en 2004
·
Actuellement, les chercheurs et les
gestionnaires des aires protégées s’accordent sur le fait que les
standards internationaux en matière des droits des populations forestières
ne sont pas encore mis en œuvre de manière appropriée dans les projets
de conservation en Afrique Centrale ;
·
Les organisations internationales travaillant
dans la conservation manifestent un intérêt renouvelé et s’engagent,
sur le long terme, à œuvrer dans le sens des besoins des communautés
forestières affectées par leurs projets ; les bailleurs de
fonds se concentrent quant à eux sur une résolution des causes de
la pauvreté de ces communautés ;
·
On observe un consensus international
sur la nécessité de protéger et de promouvoir les droits des communautés
forestières affectées par les mesures de conservation – les développements
observés lors des WPC, COP7 et à travers les conclusions attendues
cette année du WCC (World Conservation Congress) le montrent ;
·
Ces quatre dernières années, plusieurs
communautés autochtones d’Afrique Centrale, notamment celles vivant
autour des aires protégées, ont exprimé leur souhait ardent de
réaliser des progrès avec des initiatives concrètes concernant aussi
bien les violations de leurs droits à travers l’exécution des projets
de conservation que leurs besoins à long terme.
Le
FPP continuera à soutenir les initiatives qui visent un dialogue
plus équitable entre les organisations de conservation et les communautés
affectées par leurs projets. Ces initiatives devront également tenir
compte des droits de ces communautés. Nous apporterons notre soutien
à de telles initiatives lancées par nos partenaires dans plusieurs
pays de la CEFDHAC cette année.
Il
existe une convergence naturelle d’intérêts entre les communautés
autochtones des forêts et les lobbies œuvrant pour la conservation.
Il ne fait aucun doute que les deux groupes partagent le souhait
de protéger aussi bien la biodiversité que leurs droits. Nous espérons
que la CEFDHAC pourra aider à rapprocher ces groupes afin d’élaborer
des solutions concrètes à ces dilemmes.
Les
droits des communautés forestières sont bafoués par les projets
de conservation
Le
FPP et d’autres sources disposent d’une documentation bien fournie
sur la manière dont les communautés pygmées d’Afrique Centrale subissent
une discrimination grave de la part de sociétés dominantes qui les
considèrent comme des êtres inférieurs. Elles sont en outre exploitées
par leurs voisins et sont les grands oubliés des projets de développement (www.forestpeoples.org).
Elles font
partie des groupes les plus pauvres de la région ; leurs droits
ne sont pas protégés ; elles ne sont informés ni au sujet de
leurs droits, ni sur les services de santé ou d’éducation, si sur
la justice. La discrimination et la pauvreté affectent particulièrement
les femmes dans la mesure où, principales actrices de l’économie
des ménages, elles ont le moins accès à la terre et aux informations ;
elles sont en outre les moins associées aux structures et processus
de prise de décisions.
L’attachement
des communautés autochtones des forêts aux ressources forestières
comme base de leur alimentation et de leur culture, ainsi que l’absence
de reconnaissance formelle de leurs droits communautaires sur les
terres, les ont rendues particulièrement vulnérables face aux projets
qui continuent d’être engagés en vue de protéger la biodiversité
de leur terroirs.
Dans
les forêts visées par les projets, la culture des communautés forestières
autochtones
est basée sur la chasse et la cueillette
En
Afrique Centrale, plus de 450.000 km carrés (l’équivalent de la superficie du
Cameroun) constituent les aires protégées, soit presque 11% de la superficie
totale. Près de la moitié de ces territoires, soit plus de 20
millions d’hectares, sont actuellement des aires protégées où
l’activité humaine est généralement interdite sous les régimes de
protection actuellement en vigueur en Afrique Centrale. Le modèle de conservation exclusif
importé d’Amérique du Nord, qui continue de prévaloir en Afrique,
rend les aires protégées incompatibles avec l’habitat ou l’utilisation
par les communautés locales, y compris celles étaient installées
sur les terres les premières.
La
zone totale à préserver en Afrique Centrale va continuer à s’étendre
à mesure que la création de nouvelles aires actuellement en cours
sera finalisée et que de nouveaux écosystèmes seront
déclarés sous protection à la suite des efforts incessants d’organisations
gouvernementales et non gouvernementales travaillant en Afrique
Centrale à la conservation de la biodiversité. Ces organisations
s’efforcent à présent de protéger des zones réparties sur plusieurs
pays. D’autres initiatives visant à imposer
une « approche par paysage » en Afrique Centrale pourraient
théoriquement doubler la surface destinée à être protégée. Les États d’Afrique Centrale ont
procédé à une adaptation de leur législation concernant le secteur
des ressources naturelles, le but étant de suivre l’évolution internationale
et d’ouvrir l’accès à de nouvelles sources de financement, y compris
celles provenant d’entreprises telles que les exploitants de bois
et de mines. De nombreux textes de loi importants sont actuellement
en cours de révision dans les pays de la zone CEFDHAC.
L’intensité
des mesures de conservation menées dans la région, et l’extension
rapide des aires protégées qui en a résulté depuis les années 80,
reflètent les menaces – importantes et toujours plus graves –
qui pèsent sur les aires forestières d’Afrique Centrale, surtout
le long de la ceinture équatoriale. Les principales menaces provenant
d’une exploitation forestière et minière illégale, ainsi que le
braconnage, se situent dans un cadre complexe constitué de forces économiques
et sociales contre lesquelles les lobbies conservationnistes disent
avoir marqué des points et réalisé d’importants progrès en matière
de protection.
Toutefois,
la demande grandissante en ressources destinées à couvrir les besoins
de leurs peuples et de leurs économies a aussi signifié que les
États d’Afrique Centrale ont continué à compter sur des sources
de revenu étrangères (y compris par le tourisme) pour financer la
croissance de leurs programmes de conservation. L’augmentation de
ces fonds a impliqué une augmentation de ces activités de conservation ;
la plupart de ces activités sont fortement dépendantes d’un financement
suivi pour assurer la couverture de frais récurrents. Les organisations internationales
de conservation de la nature continuent à attirer l’attention des
bailleurs de fonds privés, gouvernementaux et multilatéraux sur
la nécessité d’assurer le financement à long terme des activités
visant à la conservation de la nature. Il faut en effet que le financement
des projets de protection de la biodiversité puissent tenir la dragée
haute aux menaces. L’identification de nouvelles sources de financement
constitue par conséquent une principale priorité du secteur de la
protection de l’environnement en Afrique. Le fait que les bailleurs
de fonds mettent de plus en plus l’accent sur la réduction de la
pauvreté encourage actuellement ces organisations à montrer l’utilité
de leurs projets pour la conservation à long terme du cadre de vie
des communautés touchées par leurs activités.
L’échec
de la conservation en Afrique Centrale
Les grands progrès réalisés en Afrique Centrale
en matière de protection des écosystèmes continue à provoquer des
coûts sociaux élevés. Nombreuses sont les aires protégées au cours
de ces quarante dernières années qui couvrent, au moins partiellement,
des terres appartenant à des communautés locales. On compte parmi
ces communautés des populations autochtones qui y étaient installées
avant les États coloniaux et post-coloniaux. L’impact sur ces populations des projets
de conservation est souvent grave. Pour un grand nombre de ces communautés
dépendant des forêts, le fait de protéger une zone signifie, d’une
part, une expulsion sans compensation, une élimination de leurs
droits sur des terres leur appartenant par tradition et, d’autre
part, une destruction progressive de leur milieu de vie, une perte
de leur identité et une marginalisation socio-économique de plus
en plus importante. On dispose actuellement d’une documentation
bien fournie sur ce grave problème.
Une étude récente basée sur des données empiriques provenant
de douze parcs situés dans six pays d’Afrique Centrale a montré
que la création des aires protégées a été à l’origine du déplacement
de plusieurs dizaines de milliers de personnes parmi les plus pauvres.
L’un des points communs de presque tous les parcs étudiés était
l’expulsion de communautés pygmées sans la moindre consultation
ni compensation ; l’effet secondaire de ces « réfugiés
de la conservation » a été une série de conséquences négatives
dans les zones où ces personnes ont été déplacées. L’étude ajoute
que « la relocalisation de populations vivant dans les parcs
nationaux africains continue d’être la solution la plus souvent
utilisée » bien que l’expérience montre que cette option s’est
presque toujours soldée par un échec. On voit donc que la gravité des problèmes
auxquels sont confrontées les communautés forestières autochtones
en raison des projets de conservation est réelle et que leurs droits
sont menacés.
Les bailleurs de fonds multilatéraux ou les organisations
non gouvernementales travaillant à la conservation des écosystèmes
sont impliqués directement dans l’établissement, la mise sur pied
et la gestion des aires protégées les plus anciennes en Afrique
Centrale, ainsi que les nouvelles zones et celles en attente de
classement. C’est ainsi qu’une enquête récente du FPP a permis d’étudier jusqu’à quel point
les principes clés de la protection des droits de l’homme étaient
appliqués dans les aires protégées d’Afrique. Ces principes ont
été approuvés lors du Congrès Mondial de la Nature de 1992. Au cours
des dix dernières années, des directives ont été dressées avec le
soutien de la Commission Mondiale des Aires Protégées, l’Union Mondiale
pour la nature (IUCN) et WWF. Ces organisations reconnaissent le droit
des peuples autochtones à utiliser, posséder et contrôler leurs
territoires traditionnels, et à protéger leurs savoir et savoir-faire
traditionnels. Ils adhèrent également aux développements de partenariats
avec les populations autochtones sur la base du principe d’un consensus
entier et conscient, mais aussi de la certitude pour eux de gagner
une part équitable des avantages des mesures de conservation. Un
bon nombre de ces principes acceptés unanimement sont aussi inclus
dans la Convention sur la Biodiversité. Cette convention, qui est
légalement contraignante pour les Etats signataires, a été ratifiée
par 170 pays dont ceux d’Afrique Centrale.
Au
cours des quatre dernières années, les partenaires du FPP ont montré
comment, en Afrique, les États et les organisations non gouvernementales
manquent d’appliquer ces principes unanimement acceptés. Notre synthèse
de dix études de cas menées dans sept pays africains soutiennent
la conclusion suivante : les projets de conservation ont provoqué
une altération des droits des populations autochtones sur leurs
terres, aggravant leur pauvreté, exerçant sur eux une pression supplémentaire,
les obligeant à se convertir au mode de vie de leurs voisins Bantou
dont la culture est différente de la leur. Ceci contribue malheureusement
à la perte de l’identité culturelle des populations autochtones :
« Dans
la plupart des cas, les aires protégées donnent le coup de grâce
aux populations autochtone. Ces populations font face à d’autres
pressions provenant de l’accroissement des populations voisines,
qui s’accompagne d’une intensification de l’exploitation des terres
et des ressources naturelles pour l’agriculture, l’élevage, la
coupe de bois et l’extraction de minerais (les exploitants étant
souvent étrangers à la région). Ces pressions proviennent aussi
de l’absence de bonne gouvernance dans les pays concernés, mais
aussi de lois incompatibles avec les habitudes des populations
autochtones en matière de gestion des terres.»
Un
certain nombre de raisons expliquent l’incapacité des organisations
travaillant à la conservation des écosystèmes à résoudre ces problèmes.
En voici quelques unes :
·
un manque de moyens financiers pouvant
permettre au personnel chargé de la conservation de mieux comprendre
non seulement les besoins des populations autochtones des forêts,
mais aussi leur volonté de d’apporter une contribution adéquate
à l’élaboration de plans de conservation ;
·
un manque d’engagement des organisations
de conservation à s’investir pour les communautés locales et non
plus pour les animaux et les plantes ;
·
une intensification grave de l’exploitation
forestière industrielle en Afrique Centrale et du braconnage :
c’est ce qui justifie l’idée de « conservation à tout prix »
qui motive les activistes ;
·
une absence de prise en compte des
standards internationaux en matière de collaboration avec les populations
autochtones ;
·
une tendance pour les agent de conservation
à traiter toutes les communautés locales comme une entité unique
au lieu de les voir comme des communautés distinctes ayant différents
modes de vie et normes culturelles ;
·
une faiblesse des capacités des équipes
dirigeantes des projets à mener des processus participatifs avec
les communautés locales ;
·
une absence de capacité des communautés
locales à exprimer clairement leurs inquiétudes au sujet de la manière
dont leurs droits sont bafoués par les plans de conservation ;
·
une absence de reconnaissance, par
la plupart des États d’Afrique Centrale, des droits coutumiers des
populations autochtones de chasseur-cueilleurs sur les terres et
sur les ressources qui s’y trouvent ;
·
des conflits récurrents et une instabilité
souvent liés à des querelles autour de ressources naturelles dans
quelques pays d’Afrique Centrale ou entre eux.
La
subsistance de plusieurs familles autochtones est basée sur l’utilisation
de la biodiversité forestière –
cette dernière est de plus en plus la cible de projets de conservation
Articles clé de la Convention
sur la diversité biologique
Article 8(j) oblige les États « dans la
mesure où cela est possible et approprié. » « Sous
réserve des dispositions de sa législation nationale, respecte,
préserve et maintient les connaissanes, innovations et pratiques
des communautés autochtones et locales qui incarnent des
modes de vie traditionnelles présentant un intérêt pour
la conservation et l’utilisation durable de la diversité
biologique et en favorise l’application sur une plus grande
échelle avec l’accord et la participation des dépositaire
de ces connaissances, innovations et pratiques et encourage
le partage équitable des avantages découlant de l’utilisation
de ces connaissances, innovations et pratiques ».
Article 10(c) oblige les États, « dans la
mesure où cela est possible et approprié », à protéger et à encourager« l’usage coutumier
des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles
traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur
conservation ou de leur utilisationdurable »
Élément 2 du programme de travail de la CBD
sur les aires protégées, sur la gouvernance, la participation,
l’équité et le partage des bénéfices tel qu’établi à la
COP 7 (février 2004) : « Rappelle l’obligation des parties à l’égard
des communautés autochtones et locales, en accord avec l’article
8(j) et les dispositions y afférentes, de ne planifier,
créer et gérer des aires protégées qu’avec la participation
entière et effective des communautés autochtones, en tenant
compte de leurs droits, et en respectant la législation
nationale et les directives internationales. »
|
De
nouveaux engagements pour la conservation
Malgré
l’incapacité des ONG à appliquer les principes sur le terrain en
Afrique Centrale, des progrès significatifs ont été réalisés en
matière de droits des populations cette année lors de séminaires
internationaux tels que le Congrès Mondial sur les Parcs de Durban.
Ce congrès, qui réunit près de 2500 professionnels de la conservation,
se tient tous les dix ans ; il a une très grande influence
sur les orientations et les pratiques en matière de conservation
de la biodiversité. Le thème du congrès de 2003 était « Profits
au-delà des frontières » ; les « Accords et recommandations »
qui ont été formulés à cette occasion définissent de nouveaux standards
importants en ce qui concerne les droits des populations autochtones
vivant dans les régions protégées. Le plan d’action comporte une
section entière qui recommande, aux États et aux aires protégées,
des cibles précises et des actions concrètes. Le titre de cette
section est « Les droits des populations autochtones, populations
mobiles et communautés locales reconnues et garanties par rapport
aux ressources naturelles et à la conservation de la biodiversité ».
Les
recommandations et le plan d’action de Durban appellent les États
à réviser leurs législations et les politiques dont l’application
a une incidence sur les populations autochtones. Ces textes les
encouragent également à adopter des lois et à mettre en œuvre des
politiques qui reconnaissent aux populations autochtones et aux
communautés locales le droit de contrôler leurs lieux sacrés. En
Afrique Centrale, la révision des politiques de conservation présentées
dans le plan d’action du Congrès Mondial sur les Parcs devrait conduire
à une révision de la législation qui limite actuellement l’accès
des communautés autochtones aux forêts, notamment à l’intérieur
et autour des parcs. L’analyse du FPP a montré que ces textes de
loi sont souvent incompatibles avec les normes internationales en
matière de droits des populations autochtones. Dans quelques pays, des changements
sont déjà en cours, quelques juridictions africaines acceptant même
de maintenir le droit coutumier des populations autochtones, même
après que d’autres systèmes légaux aient été imposés par
l’État. On peut donc constater que le potentiel de protection des
populations autochtones par la révision des lois est immense. Cependant, la situation est compliquée
en Afrique Centrale par la complexité des traditions juridiques
et culturelles ; ces aspects, les participants au congrès les
connaissent bien parce qu’ils participent à différentes activités
régionales telles que le CEFDHAC.
Sur
le plan international, on observe une importante tendance engagée
sur le long terme en faveur des droits des communautés autochtones
des forêts ; sur le plan national, des réformes sont en préparation
dans de nombreux pays membres de la CEFDHAC. Mais peu de choses
ont changé dans les pays d’Afrique Centrale pendant la même période.
Les restrictions toujours imposées par les ONG internationles aux
populations autochtones des forêts (à leur insu ou sans leur consentement)
pour limiter leur accès aux ressources forestières, et les pressions
provenant des puissantes entreprises exploitant ces ressources,
accentuent la destruction progressive du mode de vie des peuples
de la forêt. Cette expropriation des plus pauvres renforce la discrimination
persistante et pratiquement universelle qui bloque les pygmées depuis
des années, les gardant en marge des sociétés d’Afrique Centrale.
Elle continue à compromettre la conservation de leurs droits coutumiers
sur la forêt dont a toujours dépendu leur vie.
Des
droits coutumiers sûrs sont importants, mais aussi complexes
Dans
bien des pays d’Afrique Centrale, les communautés font généralement
valoir le droit coutumier d’usufruit à travers des règlements semblables
au principe de la mise en valeuradapté de la tradition francophone dominante.
Ce principe est légalement toléré par les États qui revendiquent
la propriété. Dans un tel système, les communautés peuvent normalement
revendiquer un droit d’usufruit non cessible qui peut être transmis entre
familles ou individus selon les dispositions du droit coutumier. Toutefois, il existe peu de mécanismes
susceptibles de garantir ces droits aux communautés autochtones
qui continuent à compter sur la chasse et la cueillette dans de
vastes étendues de la forêt pour assurer leur subsistance.
Dans
la plupart des pays membres du CEFDHAC, les communautés sont en
mesure d’assurer leurs droits d’usufruit sur les terres inoccupées
en obtenant la permission des chefs locaux ou en démarrant une activité
productive (selon le principe en vigueur de la mise en valeur).
Une utilisation productive, c’est par exemple l’agriculture, mais
aussi l’exploitation de bois ou de minerai ; Mais les États
revendiquent la propriété des zones forestières et manifestent cette
propriété essentiellement par l’application de lois sur l’attribution
de ressources comme le bois,
les minerais et le pétrole. Ils jouent également un rôle clé dans
l’arbitrage des conflits entre des individus et des communautés
lorsque les systèmes coutumiers ne permettent pas un règlement à
l’amiable, en véritables « maîtres de terres » qui exercent
l’autorité de l’État en cas de conflits fonciers. Lorsqu’un dédommagement
est payé aux communautés pour des terres occupées par des projets
financés par l’État (par exemple le pipeline Tchad-Cameroun financé
par la Banque Mondiale), il ne couvre généralement que les produits
vivriers et les logements perdus et non les terres, à moins qu’un
titre formelne soit déjà appliqué à la surface concernée.
Avec
un tel système, les communautés qui ne font pas d’investissements
significatifs dans l’agriculture ou l’immobilier sont marginalisées
à cause de leur culture par la loi et par leurs voisins immédiats.
Les quelque 500.000 personnes vivant dans les zones forestières
rurales de la région du CEFDHAC jouissent le moins de droits coutumiers
dans la société civile. Leur système de production ne nécessitant
généralement pas de gros investissements en infrastructures (grandes
plantations ou magasins de stockage), les preuves de leur occupation
et de leur utilisation des terres sont pratiquement inexistantes.
Leurs voisins immédiats ne leur reconnaissent donc pas le principe
de mise en valeur dans la mesure où ils sont eux-même des agriculteurs
à la recherche de terres supplémentaires. En outre, les terres des communautés
forestières sont souvent caractérisées par une biodiversité élevée,
ce qui en fait une cible privilégiée des ONG, qui ont un accès facile
dans les ministères responsables de l’attribution des terres. À
plusieurs reprises, ces organisations ont réussi à convaincre les
États de créer des parcs sans que les communautés autochtones ne
soient informées. Face à de telles pressions, les communautés forestières
autochtones n’ont pas beaucoup de moyens de se protéger. À la fin,
les communautés autochtones se retrouvent souvent sans terres ;
c’est par exemple le cas dans l’Albertine Rift Area (qui couvre
une partie du Rwanda, le sud-ouest de l’Ouganda et l’est de la RDC)
où la pression a été tellement forte que les Twa, qui vivent
de la chasse et de la cueillette, se sont retrouvés sans le moindre
accès aux aires protégées de la forêt.
Dans la plupart des zones forestières du bassin
du Congo, la densité de la population étant très basse, plusieurs
groupes doivent parcourir de longues distances pour récolter de
quoi vivre ; ils mènent un mode vie semi-nomade. Ils parcourent
aussi des terres que d’autres communautés cultivent de manière permanente.
Certaines sont aussi la cible d’entreprises et d’ONG, ce qui augmente
la pression sur les droits que revendiquent les communautés pygmées
autochtones sur les ressources forestières. Bon nombre de villages
et de camps forestiers autrefois utilisés par ces communautés leur
sont à présent inaccessibles, la raison étant essentiellement les
restrictions d’accès aux parcs par les autorités. Ces restrictions
leur sont souvent imposées sans une consultation adéquate, ni même
leur consentement. Dans la plupart des cas, ces mesures s’accompagnent
de l’installation de « gardes écologiques » qui punissent
ces communautés si elles continuent à vivre selon leur habitude
dans les forêts. Il en résulte une grave altération de leur style
de vie et une insécurité grandissante.
Ces
obligations imposées aux communautés autochtones les rendent réfractaires
aux mesures de conservation ; ils s’en méfient de plus en plus
et refusent de coopérer, ce qui a pour conséquence l’introduction
par les gérants des parcs d’un organe répressif plus sévère destiné
à empêcher des populations hostiles d’utiliser des zone forestières
protégées. Dans le même temps, on assiste à
une intensification de la chasse, la demande en gibier grandissant
avec la croissance de l’exploitation du bois, qui a attiré dans
la région des équipes de professionnels capables de contourner les
contrôles officiels et employant les autochtones comme guides ou
porteurs. Dans un tel contexte, les communautés autochtones sont
tiraillées entre intérêts extérieurs contradictoires, et doivent
en même temps veiller à tirer de la forêt la subsistance de leurs
familles. C’est là un véritable dilemme.
Il
est possible de protéger la biodiversité tout en tenant compte
des intérêts des communautés
Cette
contradiction apparente entre la prise en compte des priorités des
communautés et les projets de conservation se dissipe quand on sait
que des solutions existent et qu’elles sont indispensables si l’on
souhaite que ces projets en Afrique Centrale soient viables à long
terme. Les ONG travaillant en Afrique Centrale doivent changer leurs habitudes si elles souhaitent se conformer
aux standards internationaux concernant les droits des populations
autochtones tout en assurant la durabilité des efforts des États
membres du CEFDHAC destinés à protéger leur biodiversité.
Elles
doivent notamment reconnaître les droits des populations autochtones
et veiller à ce que leurs équipes sur le terrain soient en mesure
de travailler avec celles-ci sur une base équitable. Elles doivent
investir dans la formation de leur personnel sur le terrain afin
que celui-ci acquière les capacités et la motivation nécessaires
pour établir une coopération transparente avec les populations autochtones,
et pour développer un niveau de confiance qui est souvent absent.
Si les ONG relèvent ce défi et trouvent le financement, les compétences
techniques et l’engagement nécessaires les anciennes et les nouvelles
équipes seront en mesure d’élaborer de nouveaux modèles de coopération
avec les communautés locales. Ces nouveaux modèles seront plus équitables
et plus respectueux des droits des populations autochtones, mais
aussi plus efficaces ; ils aideront au mieux à promouvoir une
protection à long terme de la biodiversité à l’échelle mondiale.
Depuis
2001, le FPP a aidé les communautés autochtones de forêts des pays
membres du CEFDHAC à répertorier les conséquences de la création
d’aires protégées sur leurs communautés et leurs modes de vie ;
il a également participé aux discussions avec les autorités sur
les plans de gestion des aires protégées. Le FPP a initié une nouvelle
phase de ce programme à long terme dans le but d’établir et de soutenir
une série d’initiatives à mener avec les ONG et les communautés
locales. L’objectif de ces initiatives est de promouvoir :
·
l’application de principes modernes
de conservation pour les projets qui causent un préjudice aux communautés
vivant de la chasse et de la cueillette dans les pays de la CEFDHAC ;
·
les droits des populations autochtones
sur leurs terres, surtout lorsque celles-ci se trouvent à proximité
d’aires protégées ou à l’intérieur de ces dernières, ainsi que leurs
propres organisations et méthodes ;
·
la participation des femmes autochtones
dans le processus de prise des décisions concernant la gestion des
parcs ;
·
les autochtones vivant de la chasse
et de la cueillette et les organisations défendant leurs intérêts
dans les négociations avec les porteurs de projets de conservation ;
·
la reconnaissance formelle, par les
ONG et les États, des droits des communautés autochtones sur leurs
terres et les ressources qu’elles contiennent ;
·
l’allocation des profits tirés de la
conservation aux communautés autochtones.
Ce projet portant sur cinq ans se trouve actuellement
dans sa première année de mise en œuvre. Nous comptons continuer
à aider nos partenaires locaux à atteindre ces objectifs avec les
organisations locales et internationales concernées par chacun des
cas cités.
Les
communautés autochtones dressent un plan de leur utilisation de
la forêt
pour faciliter les débats au sujet des droits
Conclusion
La 5ème
CEFDHAC arrive à un moment crucial pour le développement de politiques
régionales de gestion de l’environnement et pour l’évolution des
comportements des bailleurs de fonds. Les décideurs africains ont
maintenant une opportunité sans précédente de promouvoir un changement
durable en matière de protection de la biodiversité dans leurs pays
et en faveur des millions de personnes qui comptent sur l’écosystème
d’Afrique Centrale pour vivre. L’année 2004 sera importante pour
les populations autochtones et les ONG en raison de la pression
qu’exercent les bailleurs de fonds pour qu’intervienne un changement
des pratiques en faveur des plus démunis et de l’adoption de nouveaux
accords internationaux respectant les droits des communautés autochtones
touchées par les programmes de conservation. Les bailleurs de fonds
soucieux de l’application de ces accords internationaux seraient
particulièrement sensibles à un message fort lancé par des participants
à la conférence qui réaffirmeraient la nécessité de tenir compte
des droits des communautés locales dans les projets de conservation
des écosystèmes d’Afrique Centrale. Ce sujet constituera également
un centre d’intérêt au cours du World Conservation Congress qui
se tiendra vers la fin de l’année 2004. Les délégués de la CEFDHAC
devraient veiller à faire entendre leurs voix lors de ces débats.
Recommandations
à la CEFDHAC
Pour
faire face aux problèmes présentés ci-dessus tout en mettant à profit
les nouvelles opportunités qui se présentent maintenant, les délégués
de la CEFDHAC pourraient militer pour :
·
une révision de la conformité des pays
membres de la CEFDHAC aux accords internationaux comme la Convention
sur la diversité biologique qui protègent les droits des communautés
autochtones ; des efforts en vue de l’application des standards
exigés et des réformes foncières, forestières
et fauniques ; la diffusion des résultats
auprès des institutions étatiques concernées par les forêts et l’environnement ;
·
une amélioration du suivi de l’évolution
de l’application (tenant compte des populations autochtones) de
la Convention sur la biodiversité et de ses programmes de travail
à l’article 8j et à la biodiversité forestière ;
·
une révision, par les États membres
de la CEFDHAC, de leur cadre juridique national et institutionnel
afin d’identifier les facteurs clé qui compromettent une application
complète des directives exigées, tout en tenant compte des principes
non obligatoires formulés par des ONG telles que WWF, l’IUCN et
le World Conservation Congress ;
·
des mesures urgentes dans les pays
membres de la CEFDHAC pour identifier la manière dont les institutions
nationales de conservation peuvent accommoder l’utilisation que
font les populations autochtones de leurs forêts pendant que des
réformes sont préparées ; il faudrait également veiller à réduire
les restrictions dont sont victimes les groupes concernés ;
·
une répression plus rigoureuse de la chasse commerciale à grande
échelle, tout en veillant à préserver les activités de subsistance
des communautés autochtones ;
·
la mise en œuvre de plans concrets
destinés à permettre à des individus partenaires de la CEFDHAC de
surmonter les difficultés liées à l’application des nouvelles directives
protégeant les droits des communautés ; il est question de
tenir compte de l’élaboration de conditions spécifiques permettant
une plus grande implication des communautés et des ONG locales dans
la conservation des écosystèmes, conformément à la déclaration de
la CBFP en 2003 ;
·
l’accès aux sources de financement,
à un soutien pratique et technique
et à la formation du personnel des ONG communautaires et
des organisations gérées par les populations elles-mêmes ;
l’objectif est de rendre possible une représentation constructive
(assortie d’un pouvoir de décision) des communautés autochtones
dans la mise sur pied, la gestion et l’évaluation des projets et
programmes de conservation en Afrique Centrale ;
·
une plus grande diffusion des directives
(obligatoires ou non) concernant les droits des communautés autochtones,
ainsi qu’une meilleure publicité des bons exemples auprès des équipes
évoluant sur le terrain dans les pays membres de la CEFDHAC ;
·
la participation de représentants choisis
des communautés autochtones à des rencontres internationales, nationales
et locales sur le développement, la gestion et l’évaluation des
programmes de conservation, ainsi qu’a des discussions sur la gestion
des terres, la répartition et l’allocation d’aires forestières dans
les pays membres du CEFDHAC ;
·
l’élaboration d’éléments du plan de
convergence COMIFAC et de la déclaration AFLEG (axés sur les besoins des populations
autochtones) afin de veiller à ce que leur application tienne compte
des directives de la Convention sur la biodiversité ;
·
l’application et le renforcement d’autres
standards de bailleurs de fonds multilatéraux et latéraux qui protègent
les populations autochtones pour les projets qu’ils financent dans
les pays membres de la CEFDHAC ;
·
le respect, par
les exploitants de bois, des principes 2 et 3 de la FSC (Forest
Stewardship Council) qui concernent les droits et responsabilités
d’utilisation des terres, les droits des populations autochtones
et une répression plus rigoureuse de la coupe illégale de bois,
conformément aux engagements pris dans le cadre de l’AFLEG.
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