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Rapport de l'étude sur le degré d'implication des Pygmées Bagyeli
dans le Plan d'amenagement et de gestion de l'UTO Campo Ma'an
Résumé de l'étude de cas donné lors de la conférence organisée par le CAURWA en collaboration avec le FPP :
Les peuples autochtones et les aires protégées en Afrique : Du principe à la pratique
Kigali, Rwanda, septembre 2001


par Owono Joseph Claude
Planet Survey
Juillet 2001



       Cette étude de cas passe en revue les recherches qui ont tenté d'examiner le degré auquel les Pygmées Bagyeli ont été engagés dans le Plan de développement et d'aménagement du parc national de Campo Ma'an dans le Sud-Ouest du Cameroun. À l'origine, la réserve de Campo a été créée en 1932 et le Projet FEM/Biodiversité de Campo Ma'an a été établi en 1999 afin de protéger et gérer la biodiversité de Campo Ma'an. Cette initiative faisait partie d'un plan d'indemnisation pour l'environnement suite à la construction d'un oléoduc entre le Tchad et le Cameroun, qui traverse d'autres terres bagyeli à proximité en direction du nord. Avant que ce projet ne soit imposé, les Bagyeli pouvaient accéder à la zone de Campo et à ses ressources, toutes situées sur les terres qu'ils occupent traditionnellement, comme le prouvent le réseau de sentiers dans le parc et les traces de structures et de plantations sur l'île de Dipikar, maintenant gardée par l'Armée camerounaise. Lorsque le projet a démarré, et bien qu'aucun plan d'aménagement n'eût encore été élaboré, il a imposé un nouveau règlement interdisant tout accès à la réserve, ce qui a eu un impact négatif sur les Pygmées Bagyeli qui vivent dans la zone. Aucune étude préliminaire visant à orienter la gestion du plan d'aménagement du parc n'a été menée. Les communautés locales n'ont pas été consultées sur les plans, ni même par la SNV, l'Agence de développement hollandaise, dont le rôle consiste à informer les populations locales sur le projet et à mettre en œuvre des activités d'écodéveloppement. Une des études du projet, qui traite de la chasse communautaire bien qu'elle omette d'identifier la situation spécifique des Bagyeli, reconnaît que les communautés locales, qui n'ont bénéficié d'aucune indemnisation, chassent pour leur subsistance de manière active dans la zone désignée comme réserve. Ce projet de protection de l'environnement a exacerbé les conflits entre les Bagyeli et les gardes-chasses et avec d'autres groupes ethniques, en particulier avec les Bebilis, qui pratiquent la chasse commerciale dans la zone. L'étude de cas souligne l'absence de participation des Bagyeli à la création et à l'aménagement de la réserve et le manque d'options leur permettant d'obtenir des droits sur des aires de chasse adéquates dans d'autres parties de la réserve. Le rôle qu'ils ont joué dans la protection de la zone avant le début du projet n'a pas été reconnu, alors qu'ils sont forcés d'adapter leur culture à un modèle plus sédentaire. La conclusion de l'étude souligne la nécessité des projets de protection de l'environnement visant à obtenir la coopération de la population locale en cas de réussite; dans le cas de Campo, cela signifie qu'il faut concilier la nécessité pour les Bagyeli de chasser à l'intérieur de la réserve avec les objectifs de protection de l'environnement du projet.

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