Resumé de l'étude de cas donné lors de la conférence organisée par le CAURWA en collaboration avec le FPP :
Les peuples autochtones et les aires protégées en Afrique :
du principe à la pratique
Kigali, Rwanda, septembre 2001
par Roger CHENNELLS
Les peuples San de l’Afrique
du Sud ont été décimés au cours du siècle précédent au point d’être
menacés d’extinction. Ceux qui ont survécu ont été chassés de leurs
terres ancestrales, et forcés de coexister avec d’autres cultures
plus puissantes et dominantes : les pasteurs et les propriétaires
terriens coloniaux. De moins en moins de San ont perpétué leur antique
culture; en tant que groupe ils ont évolué et leur mode de vie traditionnel
n’est plus qu’un souvenir, depuis qu’ils ont perdu contact avec le
désert du Kalahari.
Un
groupe de San, parlant plusieurs langues appartenant à la même famille
et connus sous le nom de =Khomani San, ont demandé en 1994 la restitution
de leurs anciens territoires dans le cadre de la nouvelle constitution.
Ils ont exigé le respect de leurs droits traditionnels dans leurs
terres ancestrales et l’accès à ces terres, lesquelles sont situées
au sud du Kalahari (la plus grosse partie ayant été intégrée au
Kgalagadi Transfrontier Park actuel).
En
mars 1999 la première phase de cette restitution des terres s’est
achevée, le gouvernement ayant accordé aux San 40 000 hectares de
terres agricoles se trouvant à l’extérieur du Parc. Ces terres,
représentant en tout six exploitations agricoles, devraient permettre
à environ 1000 San d’en bénéficier et d’assurer leur développement,
ceux-ci étant actuellement membres du Trust et par conséquent bénéficiant
de l’enregistrement légal de leurs titres de propriété sur ces terres.
L’objectif est d’utiliser ces terres pour l’élevage du gibier, l’éco-tourisme,
et d’autres activités du même ordre.
Cependant
la phase principale de ce processus de revendication territoriale
n’a pas encore eu lieu, en particulier la négociation et l’établissement
des droits des San au niveau du Parc et en ce qui concerne les terres
situées à l’intérieur du Parc.
Ce
document présente certains points essentiels de ce processus de
revendication territoriale. Il examine en particulier de quelle
manière lors du processus du Cultural Resource Mapping (localisation
des ressources culturelles) on prend en considération la culture
et le savoir des San, lesquels découlent de leur lien ancestral
avec le désert du Kalahari, une des régions les plus arides du globe.
Il examine également de quelle manière cette culture et ces connaissances
sont utilisées en tant que fondement nécessaire à cette revendication
territoriale ainsi qu’en tant qu’outil indispensable pour le rassemblement
d’une communauté démoralisée qui a été complètement dispersée à
un moment donné. Les acteurs impliqués dans ce processus espèrent
que l’accord final produira un modèle de développement où la conservation
de la biodiversité ira de pair avec la conservation de la culture
et de tout ce qui constitue l’essence même des =Khomani San en tant
que peuple.
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