Cette
étude de cas examine l’impact de l’Administration de l’aire protégée
de Ngorongoro sur la vie des Massaïs. En 1955, ce groupe d’éleveurs
nomades a renoncé à ses revendications sur Seregenti, où il avait
vécu jusque-là, en échange de droits sur le cratère de Ngorongoro
et la réserve forestière des hauts plateaux du nord; de l’assurance
qu’il pourrait poursuivre son mode de vie à Ngorongoro; et de promesses
d’eau, de pâturages, de services vétérinaires, de sécurité, de services
de santé, de droits à des cultures de subsistance et à une infrastructure.
Ces promesses n’ont jamais été tenues en raison de l’imposition,
en 1975, du nouveau Règlement sur les aires protégées, qui a apporté
de nouvelles restrictions aux activités des Massaïs basées sur les
ressources de Ngorongoro. Cette démarche était contraire à l’intention
initiale du cadre réglementaire de 1964 sur la protection de l’environnement,
qui comprenait une promesse faite aux Massaïs selon laquelle ils
seraient autorisés à poursuivre leur mode de vie. Le nouveau règlement
a été associé à la perte des terres, au bien-être déclinant des
Massaïs et à leur persécution par les autorités locales.
Ce
document examine les antécédents institutionnels et juridiques de
l’aire protégée de Ngorongoro et l’optique dans laquelle la protection
de la zone est envisagée actuellement. Il répertorie un certain
nombre de problèmes auxquels la communauté massaï fait face, en
particulier par rapport à la méthode conventionnelle qui a été choisie
et au manque de participation des Massaïs aux décisions concernant
leurs terres. Leur manque de participation en connaissance de cause
à l’élaboration du plus récent plan d’aménagement général du territoire
de 1994 –prévu sur une durée de 10 ans et approuvé en 1996– a représenté
un sérieux problème. Il provient de l’absence de traduction, du
court délai imparti pour l’examen public du document et de l’absence
généralisée de pratiques d’inclusion qui, par contraste, caractérisent
de plus en plus les consultations relatives aux plans d’aménagement
d’aires protégées dans d’autres régions d’Afrique. En outre, l’administration
manque de clarté et de responsabilité en matière de décisions concernant
la gestion des ressources naturelles dans la zone. À ce jour, aucun
représentant des éleveurs nomades ne siège dans l’Administration
de l’aire protégée de Ngorongoro, qui a davantage de pouvoir que
le Conseil du district de Ngorongoro où les Massaïs sont représentés.
Les Massaïs de Ngorongoro cherchent à s’engager davantage dans les
consultations et à participer localement à des niveaux plus élevés
dans l’Administration de l’aire protégée de Ngorongoro. Ils cherchent
également à réformer le Conseil des éleveurs nomades, maintenant
établi, mais qui reste très faible.