Twa dancer, Byumba, Rwanda

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Le conflit entre les stratégies conventionnelles de conservation et les systèmes de conservation autochtones:
l'étude de cas de la zone de conservation de Ngorongoro, Tanzanie
Résumé de l’étude de cas donné lors de la conférence organisée par
le CAURWA en collaboration avec le FPP :

Les peuples autochtones et les aires protégées en Afrique :
du principe à la pratique
Kigali, Rwanda, septembre 2001

par Margareth KAISOE et William OLE SEKE


       Cette étude de cas examine l’impact de l’Administration de l’aire protégée de Ngorongoro sur la vie des Massaïs. En 1955, ce groupe d’éleveurs nomades a renoncé à ses revendications sur Seregenti, où il avait vécu jusque-là, en échange de droits sur le cratère de Ngorongoro et la réserve forestière des hauts plateaux du nord; de l’assurance qu’il pourrait poursuivre son mode de vie à Ngorongoro; et de promesses d’eau, de pâturages, de services vétérinaires, de sécurité, de services de santé, de droits à des cultures de subsistance et à une infrastructure. Ces promesses n’ont jamais été tenues en raison de l’imposition, en 1975, du nouveau Règlement sur les aires protégées, qui a apporté de nouvelles restrictions aux activités des Massaïs basées sur les ressources de Ngorongoro. Cette démarche était contraire à l’intention initiale du cadre réglementaire de 1964 sur la protection de l’environnement, qui comprenait une promesse faite aux Massaïs selon laquelle ils seraient autorisés à poursuivre leur mode de vie. Le nouveau règlement a été associé à la perte des terres, au bien-être déclinant des Massaïs et à leur persécution par les autorités locales.

       Ce document examine les antécédents institutionnels et juridiques de l’aire protégée de Ngorongoro et l’optique dans laquelle la protection de la zone est envisagée actuellement. Il répertorie un certain nombre de problèmes auxquels la communauté massaï fait face, en particulier par rapport à la méthode conventionnelle qui a été choisie et au manque de participation des Massaïs aux décisions concernant leurs terres. Leur manque de participation en connaissance de cause à l’élaboration du plus récent plan d’aménagement général du territoire de 1994 –prévu sur une durée de 10 ans et approuvé en 1996– a représenté un sérieux problème. Il provient de l’absence de traduction, du court délai imparti pour l’examen public du document et de l’absence généralisée de pratiques d’inclusion qui, par contraste, caractérisent de plus en plus les consultations relatives aux plans d’aménagement d’aires protégées dans d’autres régions d’Afrique. En outre, l’administration manque de clarté et de responsabilité en matière de décisions concernant la gestion des ressources naturelles dans la zone. À ce jour, aucun représentant des éleveurs nomades ne siège dans l’Administration de l’aire protégée de Ngorongoro, qui a davantage de pouvoir que le Conseil du district de Ngorongoro où les Massaïs sont représentés. Les Massaïs de Ngorongoro cherchent à s’engager davantage dans les consultations et à participer localement à des niveaux plus élevés dans l’Administration de l’aire protégée de Ngorongoro. Ils cherchent également à réformer le Conseil des éleveurs nomades, maintenant établi, mais qui reste très faible.

 

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