Cette
étude analyse les conflits entre la protection de la faune, de la
flore et de la nature et les peuples autochtones dans les parcs
nationaux de Mgahinga et Bwindi. Ces parcs ont été créés sur les
terres ancestrales des Batwa, un peuple de chasseurs-cueilleurs,
qui se sont vus interdire l’accès aux ressources des parcs en 1991,
bien qu’ils aient poursuivi leurs activités dans la zone après que
les autorités coloniales britanniques l’eurent déclarée aire protégée
dans les années 1930. En 1991, la Banque mondiale/FEM a octroyé
$4.3 millions pour la création du Fonds pour la protection des forêts
impénétrables de Mgahinga et Bwindi. Les objectifs généraux du Fonds
consistent à contribuer à la protection des forêts de Mgahinga et
Bwindi en soutenant des projets communautaires et la gestion des
parcs, dont s’occupent les autorités ougandaises pour la faune et
la flore, et en finançant la recherche. Le Fonds est devenu opérationnel
en 1995. Un de ses objectifs était d’appuyer les communautés Batwa
affectées par les parcs en leur octroyant une indemnisation, en
maintenant l’accès aux ressources essentielles dans les parcs et
en leur procurant des aliments. Cependant, les communautés Batwa
ont lutté pour surmonter les obstacles à la création d’un Comité
de représentants des Batwa qui soit viable et assurer leur représentation
au sein de l’administration du Fonds, afin d’obtenir l’accès aux
ressources disponibles. Les Batwa subissent également la grave inertie
de l’administration qui empêche les représentants Batwa d’obtenir
des titres fonciers sur les terres qu’ils souhaitent acquérir grâce
à un financement du Fonds. En dépit des dispositions légales prévues
par le droit ougandais qui permettent aux Batwa d’utiliser les ressources
provenant des parcs nationaux et des dispositions du Fonds visant
à soutenir les Batwa pour qu’ils obtiennent des droits sur les produits
de la forêt provenant de la zone qu’il couvre, les Batwa ne sont
toujours pas autorisés à utiliser les ressources des parcs. De nombreux
Batwa estiment maintenant que l’exploitation du Fonds, combinée
avec une discrimination locale persistante à leur égard, renforce
leur exclusion pour ce qui est des ressources et des avantages qu’offrent
les parcs.