Mise en œuvre efficace
de la CDB et soutien pour le nouveau paradigme pour les aires protégées
par Tom Griffiths, Forest Peoples Programme
(mis à jour) décembre 2004
Article 10c : Chaque Partie contractante…
Protège et encourage l'usage coutumier des ressources
biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles
compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur
utilisation durable
Assurer
la conservation de la diversité biologique au travers de l’habilitation
des peuples autochtones et des communautés locales, exige une approche
à la gestion des écosystèmes, à la conservation des l’environnement
et au développement des communautés basée sur les droits de l’homme.
Sans la garantie des droits, sans participation pleine et efficace
et sans bénéfices tangibles, les peuples autochtones et communautés
locales seront inévitablement marginalisés par les politiques et
programmes de développement et de conservation.
Un nouveau paradigme
pour les aires protégées
Le
consensus récent du Congrès mondial sur les aires protégées (CMAP)
qui eut lieu à Durban, Afrique du Sud, a aboutit l’Accord de Durban,
qui annonce que le Congrès accepte un ‘nouveau paradigme’ pour les
aires protégées sous lequel les lois, le politiques, la gouvernance
et la gestion de aires protégés sont intégrés « …de manière
équitable avec les intérêts des personnes touchées ». L’Accord
célèbre les succès des peuples autochtones dans la conservation,
mais exprime une préoccupation avec le manque de reconnaissance,
protection et respect envers ces efforts. L’Accord note que les
coûts des aires protégées sont souvent défrayés par les communautés
locales, et exhorte un engagement à impliquer les peuples autochtones
dans la création et la gestion des aires protégées et à garantir
leur participation de manière juste et équitable dans les prises
de décision, en plein respect de leurs droits de l’hommes et sociaux.
Opportunités de mettre
en œuvre le nouveau paradigme
La
Convention sur la diversité biologique est un traité international
juridiquement obligatoire qui donne un cadre pour la mise en œuvre
de la conservation de la biodiversité pour les Parties à la Convention.
Dès le début, et dans de nombreuses décisions des Parties, la CDB
a établi des normes et principes progressifs pour adresser la conservation
de la biodiversité de manière à inclure les questions d’équité,
de participation et de droits relativement aux peuples autochtones,
aux communautés locales, et à d’autres parties prenantes (articles
8j et 10c parmi d’autres). Tandis que la Convention prête, dûment,
une considération spéciale à la mise en œuvre de l’Article 8j, relativement
peu a été entrepris pour comprendre et mettre en œuvre l’article
10c et peu d’exemples pratiques existent pour diriger les responsables
de politiques au niveau national et international (une exception
importante reste le document de 1997 du Secrétariat sur Les
connaissances traditionnelles et la diversité biologique UNEP/CBD/TKBD/1/2).
Dix raisons pour promouvoir
l’article 10c
Une
mise en œuvre améliorée de l’article 10c renforcera l’atteinte des
trois objectifs principaux de la CDB : (1) la conservation
de la diversité biologique, (ii) l’utilisation durable des éléments
constitutifs de la biodiversité, et (iii) le partage équitable et
juste des avantages. 10c représente également un véhicule excellent
pour la mise en œuvre pratique de nombreux résultats progressifs
du Congrès mondial sur les aires protégées relatifs aux droits des
communautés autochtones et locales, de même que les éléments traitant
des droits, de l’équité et de la gouvernance trouvés dans la décision
sur les aires protégées de la 7ème Conférence des parties de la
CDB réalisée à Kuala Lumpur en février 2004.
En
somme, le secrétariat de la CDB, les Parties, les autres instances
nationales et internationales qui traitent des ressources naturelles,
les gouvernements, les peuples autochtones et les communautés locales
devraient travailler pour promouvoir la mise en œuvre pratique de
10c parce que cela :
1.
Etablit un cadre convenu pour le soutien des peuples autochtones
et communautés locales pour conserver, gérer durablement et bénéficier
de leurs ressources biologiques ;
2.
Soutient beaucoup des éléments de programme relatifs à l’équité,
la participation, les connaissances traditionnelles et le partage
des avantages établis sous le programme de travail élargi de la
CDN sur la diversité biologique des forêts (p.e. Elément (1),
But 4, Objectif 3, parmi d’autres) et son programme de travail sur
les aires protégées (élément de programme sur l’équité, la gouvernance,
la participation et le partage des avantages) ;
3.
Crée des synergies pour une mise en œuvre efficace du programme
de travail sur article 8j (p.e. Elément 3, tâche 13, parmi d’autres)
4.
Fournit un espace sous la Convention pour reconnaître la
diversité des approches de gouvernance pour les aires protégées,
tels que les territoires autochtones, les aires de conservation
communautaires, les sites sacrés et les autres aires de conservation)
(programme de travail sur les aires protégées de la CDB) ;
5.
Est pleinement consistant avec la promotion de la participation
pleine et efficace des communautés locales et autochtones au travers
de la reconnaissance, la promotion, l’utilisation et l’application
des connaissances traditionnelles et des pratiques de gestion des
ressources traditionnelles (programme de travail sur les aires protégées
de la CDB) ;
6.
Exige, comme condition préalable pour une mise en œuvre
efficace, une révision de la législation et des politiques nationales
et des réformes de ceux-ci qui prennent en compte et reconnaissent,
parmi d’autres, les systèmes juridiques autochtones, les systèmes
correspondants de gouvernance et d’administration, les droits fonciers
et hydrologiques, et le contrôle sur les sites sacrés et culturels
(programme de travail sur les aires protégées de la CDB).
7.
Promeut l’utilisation durable des ressources biologique,
contribuant de cette manière à l’allègement de la pauvreté et à
la sécurité alimentaire au sein des communautés locales et des peuples
autochtones (Objectifs du millénaire pour le développement)
8.
Pourrait aider à renforcer la coordination entre la CDB
et le FNUF relativement aux Propositions pour action di GIF/FIF
sur les connaissances traditionnelles, la participation et la tenure
foncière ;
9.
A le potentiel de livrer pouvoir aux peuples autochtones
(Chapitre 26, Agenda 21) et les communautés locales et à les aider
à garantir leurs droits à leurs territoires et à leur environnement
10.
Est un élément
fondamental de la justification de l’approche par écosystème, qui
reconnaît que ‘…les peuples
autochtones et les autres communautés qui vivent sur la terre sont
d’importantes parties prenantes (sic) et leurs droits et intérêts
devraient être reconnus. Aussi bien la diversité culturelle que
biologique sont des éléments essentiels de l’approche par écosystème’
(Principe 1) (traduction
non officielle)
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