Première réunion du Groupe de travail spécial
à composition non limitée sur les aires protégées Montecatini, Italie,
du 13 au 17 juin 2005
Monsieur le Président, distingués
membres des délégations, mes frères et sœurs,
Le Forum international autochtone
sur la biodiversité voudrait prendre cette opportunité pour remercier toutes
les Parties qui ont travaillé avec nous pour inclure les textes importants
pour les peuples autochtones. Nous reconnaissons que ceci est un processus
d’échange de connaissances, d’amitié et de confiance, et nous voudrions vous
assurer que les peuples autochtones apprécient sincèrement ce soutien.
Nous les peuples autochtones, participons
à ce groupe de travail parce que nous croyons que nos connaissances
dans la conservation de la nature, et que nos efforts pour mettre en
œuvre – sur le terrain – le nouveau paradigme qui avait été établi à Durban,
sont essentiels pour ce processus. Cependant, malgré les initiatives importantes
des peuples autochtones et des autres, nous voyons peu de progrès dans la
mise en œuvre de ce paradigme sur le terrain. Nous sommes donc très inquiets
à propos de la dépossession de nos terres, territoires et ressources ainsi
que de la perte de nos cultures et moyens d’existence suite à la gestion d’aires
protégées actuelles et la création de nouvelles aires protégées.
Dans notre travail sur les aires protégées
au sein de cette Convention, nous avons joui d’une participation efficace
dans les discussions à la 7eme Conférence des parties, et en particulier dans
la formulation du Programme de travail. Toutefois, nous regrettons que le
manque d’égard pour nos interventions à cette réunion durant semaine a fortement
amenuisé contribution effective pour l’ensemble des documents. Etant donné
que nous avons quelque fois eu le droit de parler qu’après les Parties, les
agences de l’ONU et les ONG, nous n’avons pas pu énumérer les questions importantes
pour nous à temps et nous n’avons donc pas pu recevoir des réactions et du
soutien pour nos recommandations. Nous espérons que ce problème de procédure
sera rectifié lors de la prochaine réunion de ce Groupe de travail.
Le FIAB est néanmoins satisfait de
plusieurs résultats qui captent les soucis des peuples autochtones et qui
pourraient contribuer à la mise en œuvre du Programme de travail. Le langage
sur la nécessité pour le FEM de réviser ses politiques et pratiques concernant
les peuples autochtones et les aires protégées, par exemple, est essentiel
pour nous. De même, nous sommes heureux que le Groupe de travail a rappelé
que les activités liées au Programme de travail doivent être mises en œuvre
avec la participation pleine et efficace des peuples autochtones et en plein
respect pour les droits des communautés autochtones et locales.
La reconnaissance que les activités
économiques directement liées aux zones de conservation doivent être durables
au niveau social et environnemental dans le langage adopté par le Groupe de
travail est important. Les impacts continuels des industries extractives,
en particulier l’exploitation minière, de gaz, pétrolière, forestière et la
bio prospection continuent d’avoir des impacts dévastateurs sur nos cultures,
nos moyens d’existence et sur nos écosystèmes. Ces activités ne peuvent en
aucun cas être définies comme durables. Nous rappelons aux Parties que sous
la Commission sur le développement durable, les pays ont reconnu que la durabilité
comprend les questions de gouvernance, d’équité et de droits, y compris les
droits des peuples autochtones. Nous croyons que le travail sur la conservation
et l’utilisation durable sous cette Convention, y compris son travail sur
les aires protégées, peuvent devenir un outil important dans l’atteinte des
Objectifs du Millénaire pour le développement.
Monsieur le Président, bien que nous
accueillons favorablement certains aspects des recommandations de ce Groupe
de travail, nous restons inquiets du fait que certains documents de base préparés
par le Secrétaire exécutif avant cette réunion contiennent des omissions importantes.
Le document sur les ressources financières, par exemple, promeut des mécanismes
de financement controversés et problématiques pour les peuples autochtones,
y compris les industries extractives, la bio prospection, les puits de carbone,
les échanges dette contre nature, le tourisme et la privatisation. Par ailleurs,
la matrice sur les pour et contre manque d’identifier toute une série de difficultés
potentielles avec plusieurs options de financement.
Une des recommandations les plus importantes
de cette réunion identifie le besoin que les peuples autochtones développent
leurs propres pochettes d’information. Ceci exigera l’allocation appropriée
des ressources afin que cette recommandation puisse être mise en œuvre dès
que possible. Nous remercions les pays qui ont exprimé leur volonté de
soutenir cet effort et nous exhortons les autres Parties de se joindre à eux
afin que cette initiative devienne une réalité. Nous demandons plus particulièrement
du soutien opportun pour des ateliers techniques qui seront organisés par
les peuples autochtones. Ceci assurera un processus efficace pour le rassemblement
d’apports des peuples autochtones pour le développement des pochettes d’information
existantes et l’élaboration de nouvelles pochettes.
Le FIAB voudrait souligner que la
diminution continue de ressources marines affecte gravement les moyens d’existence
et la sécurité alimentaire des communautés autochtones et locales. Nous sommes
très consternés que les Parties aient ignoré nos droits sur les connaissances
traditionnelles ; notre consentement libre et préalable en toute connaissance
de cause, et notre participation efficace dans l’identification, la désignation
et la gestion des aires protégées marines.
Nous sommes heureux de voir que la
révision de la mise en œuvre du Programme de travail facilitera la participation
pleine et efficace des peuples autochtones dans ce processus important d’évaluation
et de préparation de rapports. Toutefois, l’annexe 2 dans les notes du Secrétariat
exécutif devrait refléter les recommandations importantes de ce Groupe pour
cet élément de l’ordre du jour.
En conclusion, Mr. le Président, vous
rappelant notre déclaration d’ouverture, nous avons confiance que la préparation
des documents de base pour les réunions prochaines sera développée et révisée
avec la participation efficace des peuples autochtones afin de mieux adresser
nos besoins et nos aspirations.
Nous sommes disposés à travailler
avec vous dans ce projet important, et vous prions de recevoir nos remerciements
anticipés.