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Proposition pour une Commission pour la vérité et la reconciliation
sur les peuples autochtones et les aires protégées
Vème Congrès mondial sur les aires protégées, Durban, 7 septembre 2003


Cette proposition, qui a été énoncée dans la Recommandation 5.24 du Vème Congrès mondial sur les aires protégées, tenue à Durban en Afrique du Sud, du 8 au 7 septembre 2003, vise à établir une Commission pour la vérité et la réconciliation sur les peuples autochtones et les aires protégées. La Recommandation 5.24 déclare que les « nombreuses aires protégées du monde empiètent sur et couvrent les terres, territoires et ressources naturelles des peuples autochtones et traditionnels. Dans beaucoup de cas, l’établissement de ces aires protégées a affecté les droits, intérêts et modes de vie des peuples autochtones et traditionnels et a abouti en un conflit perpétuel. » « L’évaluation globale du déplacement qui a eu lieu dans les parques nationaux dans les zones de forêt tropicale a conclu que des millions de ‘réfugiés de la conservation’ ont été déplacés ou risquent le déplacement dans les années à venir (Geisler, 2001) »[1]. En outre, la Déclaration des peuples autochtones au Congrès mondial sur les aires protégées déclare que « l’expulsion forcée et l’exclusion systématique des Peuples Autochtones de leurs terres et territoires pour la création d’aires protégées… aboutissent au génocide culturel. »

Afin d’adresser ces torts, le Caucus des peuples autochtones au Congrès mondial sur les aires protégées a proposé l’établissement d’une Commission pour la vérité et la réconciliation sur les peuples autochtones et les aires protégées. (Recommandation 5.24 du CMAP, paragraphe 1j). Le mandat proposé de cette Commission sera de créer un dossier historique impartial sur les violations et les abus des droits des peuples autochtones associés à la création des aires protégées. La Commission aspire à répondre aux besoins des victimes, de promouvoir la réparation et la réconciliation et de prévenir le renouvellement des violations et abus. Il est également proposé d’établir des mécanismes appropriés pour la restitution et la réparation des torts.

La fonction générale proposée de la Commission pour la vérité et la réconciliation sur les peuples autochtones et les aires protégées sera d’enquêter et de rapporter sur les causes, la nature et l’étendue des violations et abus, et sur le contexte de ces événements. Les peuples autochtones présents au Congrès mondial sur les aires protégées ont suggéré que cette Commission examine aussi bien les facteurs internes qu’externes à ces évènements. A cet égard, la Commission devrait évaluer le rôle joué par et les contributions des groupes, individus et instituions, aussi bien nationaux qu’étrangers.

Il est proposé que la Commission soit composée de membres de différents secteurs comprenant des lauréats du Prix Nobel, des représentants des peuples autochtones et des gouvernements et des agences principales de conservation du monde. Il est suggéré que la Commission soit logée aux Nations Unies.

Afin de surmonter une histoire de d’expropriation, d’exclusion et de violence à l’encontre des peuples autochtones dans les aires protégées, il serait meilleur de traiter du passé au travers d’enquêtes, de justice et de changement. Un tel changement devrait être visé à élever les bases morales et éthiques des activités de conservation afin que les politiques et lois futures puissent refléter les transformations sociales et politiques de nos temps.  Nous avons besoin d’une mémoire constructive et tous les acteurs concernés doivent assurer un avenir meilleur et plus prometteur pour toute l’humanité.



[1] Cernea, Micahel M. & Schmidt-Soltau, Kai, National Parks and Poverty Risks: Is Population Resettlement the Solution?, article présenté lors du Congrès mondial sur les aires protégées, Durban, Afrique du Sud, 8-17 septembre 2003.

 

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