Faisant écho aux protestations
exprimées à Rio de Janeiro, Manille et Nairobi, les Amis de la Terre
et de nombreuses ONG françaises ont décidé de boycotter la prochaine
consultation de la Société Financière Internationale (SFI, bras
armé de la Banque mondiale pour les entreprises) à Paris le 3 décembre.
Les Amis de la Terre manifesteront devant le lieu de réunion. La
Plateforme pour des Droits, Devoirs et Responsabilités - dont les
deux cent signataires représentent plus d’un millier d’organisations
dans 53 pays - sera rendue publique à l’occasion de cet événement
: elle réunit des groupes de la société civile et des investisseurs
socialement responsables et appelle la SFI à établir des règles
pour l’investissement privé protégeant les intérêts des plus pauvres
et l’environnement.
La SFI a lancé une révision
majeure de ses politiques sociales, environnementales et de divulgation,
transformant ses règles contraignantes en normes flexibles et subjectives.
La révision est très fortement critiquée par la société civile,
des investisseurs et même des industries à la fois pour cette nouvelle
orientation de fond, et pour le processus de consultation. Ce processus
est précipité, hâtif, et ne rend pas public tous les documents clés
dans les langues adéquates. Du fait du manque de crédibilité de
ces consultations, de nombreuses organisations ont choisi de les
boycotter et de manifester partout où elles se déroulent dans le
monde.
« Plus de flexibilité
est une autre manière d’éviter de prendre des engagements contraignants
», explique Sébastien Godinot des Amis de la Terre. « En tant qu’institution
de développement, la Banque mondiale a l’obligation de protéger
les populations locales et l’environnement. Nous demandons des règles
plus strictes en leur faveur, non des standards flexibles conçus
pour favoriser les intérêts des multinationales ».
Le processus de révision
aura un impact significatif car la SFI a un portefeuille d’activités
de 23,5 milliards de dollars dans les pays en développement en 2004,
et parce que ses standards sont de plus en plus suivis par d’autres
institutions. Les vingt grandes banques privées ayant signé les
principes d’Equateur (qui représentent 75 % des financements de
projets dans le monde) se sont ainsi engagées à suivre les normes
de la SFI. De même, plusieurs agences de crédit à l’exportation
prennent ces standards en compte.
Les signataires de la
Plateforme demandent :
- le respect
des normes internationales les plus élevées en matière sociale,
environnementale, de droits humains et du travail comme
condition d’accès aux prêts de la SFI ;
- l’établissement
de mécanismes de mise en oeuvre et de contrôle des normes nettement
plus efficaces, en rejetant la proposition d’auto-contrôle par les
seules entreprises ;
- la mise
en place de conditions pour un dialogue significatif avec les populations
affectées, et la reconnaissance des droits internationalement garantis
des populations indigènes ;
- l’accès
à l’information dans un format, une langue et un calendrier adéquats.
Note : Pour obtenir le texte
de Plateforme et la liste des signataires
voir www.amisdelaterre.org
ou www.grrr-now.org