Décembre 2004
La
Société Financière Internationale (SFI) a fourni directement plus
de 40 milliards de dollars à des entreprises privées, dont bon nombre
de sociétés multinationales implantées dans les pays en voie de
développement, et ce au nom du développement durable et de la lutte
contre la pauvreté. Par son rôle de catalyseur financier, la SFI
génère des prêts supplémentaires de plusieurs milliards de dollars.
Cet argent revient souvent à des projets générateurs d’inégalités
sociales, de pauvreté, de pollutions et de dégradations environnementales.
La SFI soutient qu’elle apporte une expertise environnementale
et sociale, et qu’elle améliore les projets à haut risque. Sans
sa participation, argumente-t-elle, ces projets seraient bien plus
dommageables. Cependant, cet argument a été discrédité à la fois
par des études internes et par des évaluations indépendantes menées
par les communautés affectées et par des organisations de la société
civile, qui font ressortir des problèmes structurels récurrents
dans l’application des politiques de protection sociale et environnementale
de la SFI. Il est également douteux que le meilleur usage des fonds
publics pour le développement et la lutte contre la pauvreté soit
d’atténuer les conséquences négatives de ces projets à haut risque,
plutôt que d’investir dans des projets générateurs de bénéfices
plus sûrs en matière de développement. Les études internes et évaluations indépendantes démontrent
la nécessité de règles claires et applicables pour les prêts de
la SFI, ainsi que des réformes institutionnelles significatives
pour assurer l’application effective des politiques et rendre la
SFI et ses clients plus responsables devant les communautés et les
citoyens affectés. Pourtant, au lieu d’adopter les modifications
susceptibles d’améliorer ses piètres antécédents en matière d’application
des politiques existantes, la SFI a opté au contraire pour des politiques
plus souples et plus subjectives. Nous nous opposons à cet assouplissement
des politiques sociales et environnementales existantes, et nous
appelons la SFI à vérifier que les sociétés multinationales respectent
internationalement les droits humains fondamentaux, les droits du
travail et les lois environnementales en tant que conditions d’accès
aux prêts de la SFI. Les institutions publiques mondiales doivent fonctionner
pour le bien commun. Nous appelons la SFI à se conformer à des Règles,
Droits et Responsabilités clairs et contraignants afin de
promouvoir le bien commun à travers ses prêts. Le processus de révision des Politiques
de Sauvegarde de la SFI se doit de couvrir les problèmes existant
dans ses politiques de sauvegarde, de prévenir tout retour en arrière
ou affaiblissement par rapport aux politiques actuelles, et de mener
au renforcement et à l’amélioration de ses politiques sociales et
environnementales. Les organisations de la société civiles et les
investisseurs socialement responsables soussignés appellent la SFI
et son Conseil d’Administration à adopter les propositions suivantes
:
*********
1. Adopter des politiques et standards de performance
établissant des règles claires, juridiquement contraignantes
et respectant les normes sociales et environnementales les plus
exigeantes pour la SFI et ses emprunteurs, qui permettraient
à la SFI de se poser en leader en matière de normes internationales,
et qui démontrerait son engagement à respecter les conventions internationales
sur les droits humains et l’environnement.
2. S’engager à réduire la pauvreté et à favoriser le
développement durable et rendre compte des démarches en la matière.
L’une des principales responsabilités de la SFI doit être l’évaluation de
chacun des projets qu’elle envisage de financer, afin de déterminer s’ils donneront
lieu à une réduction de la pauvreté et de quelle manière. Cette responsabilité
implique aussi de préciser les façons dont la pauvreté sera réduite – y compris
à l’échelle locale – ainsi que pour chaque projet, de réaliser un suivi et de
produire des rapports réguliers et publics sur ses résultats, ses impacts en
terme de développement et tout effort nécessaire d’atténuation des impacts.
Toutes ces mesures ont pour but d’assurer un niveau minimum de responsabilité.
3. Mettre en place des mécanismes clairs afin que les politiques
de la SFI deviennent plus contraignantes et mieux respectées,
et rejeter l’auto-évaluation par les entreprises comme cela est
proposé tout au long des Standards de Performance proposés. La SFI
doit assumer la responsabilité d’une supervision réelle des entreprises
et d’un suivi transparent et responsable des projets vis-à-vis du
public, impliquant au minimum la publication de tous les Plans d’Action.
4. S’assurer que l’information est mise à la
disposition du public dans des délais raisonnables et selon des
mécanismes prévisibles pendant toute la durée de vie des projets. Cela implique
l’établissement de règles claires relatives à la publication en amont de
l’ensemble des plans d’action, des évaluations sociales et environnementales et
des rapports de suivi et d’évaluation. La SFI doit également demander la mise à
la disposition du public de l’ensemble des accords avec les gouvernements hôtes
et des contrats similaires, et accroître la transparence des revenus générés par
les investissements qu’elle soutient.
5. Passer en revue les performances passées de toutes les
entreprises sur les questions environnementales, sociales et de droits humains. La
SFI ne devrait accorder des prêts qu’aux clients qui ont pris des engagements
forts en matière de développement durable, de protection de l’environnement et
des droits des communautés locales, des travailleurs et des populations
vulnérables. Nous insistons sur l’une des conclusions majeures de l’évaluation
interne du médiateur de la SFI (Compliance Advisor Ombudsman, CAO) sur les
politiques de sauvegarde de la SFI, qui expose que l’engagement des clients du
secteur privé en faveur de la protection sociale et environnementale est le
principal facteur déterminant le respect ultérieur par l’entreprise des
politiques de la SFI.
6. Soutenir et assurer le respect des lois, conventions et normes
internationales de protection des droits humains, des droits du travail, et de
l’environnement. Les Standards de Performance devraient faire référence aux normes et
lois internationales pertinentes, et s’assurer que les projets sont conçus et
mis en oeuvre en respectant les engagements internationaux du client et du pays
hôte. La SFI a l’obligation de s’assurer que ses clients respectent les normes
et lois internationales et par conséquent, conformément à la recommandation du
CAO, doit « systématiquement prendre en compte les risques vis-à-vis des
droits humains à l’échelle du projet, prendre les mesures nécessaires [et
effectives] pour les atténuer, et fournir des directives plus claires à ses
clients sur ces deux aspects. |C]es aspects devraient faire l’objet de rapports
à l’échelle du projet. » De tels évaluations et rapports doivent être
entrepris par un tiers indépendant et crédible, et non par le client lui-même,
et doivent être une pré-condition au soutien de la SFI pour le projet. Les
communautés locales et les populations indigènes affectées par un projet ont le
droit de participer aux évaluation et rapports sur le respect des droits humains
dans le projet.
7. Assurer le respect des droits internationnalement garantis des populations
indigènes, y compris leurs droits de propriété sur les terres et ressources
qui leur appartiennent ou qu’ils occupent et utilisent traditionnellement, et
soutenir uniquement les projets ayant obtenu le consentement libre, préalable
et informé des populations indigènes. Ce consentement doit être le fruit de
leur mode de prise de décision et de leurs institutions traditionnels,
découlant d’une consultation constructive et de bonne foi, d’une participation
informée et effective dès les premières phases du projet et d’un accord sur ses
bénéfices. Ces processus traditionels de prise de décision mènent à des prises
de décisions collectives et culturellement adaptées qui renforcent
l’auto-détermination des populations indigènes pour leur propre développement.
Tous les accords entre les parties concernées devront être repris dans les
conventions de prêt et rendus publics. Nous rejetons fermement la manipulation
cynique du consentement libre, préalable et informé en « consultation
libre, préalable et informée menant à un large soutien de la communauté »
et demandons à la SFI de ne pas utiliser ce language.
8. Assurer que les condition sont en place pour un dialogue effectif et
respectueux avec les communautés affectées (consentement libre, préalable et
informé). De surcroît, la SFI devrait garantir un processus par lequel, après
avoir eu accès à toutes les informations pertinentes dans une langue et un
format adaptés, les communautés locales identifient elles-même leur priorités
en termes de développement et les bénéfices et résultats qu’elles veulent
obtenir, plutôt que de permettre aux entreprises ou à d’autres de déterminer à
leurs place les bénéfices attendus. L’une des responsabilités centrales de la
SFI doit être d’évaluer le niveau d’acceptation des communautés, les accords
négociés avec elles, et leur degré de participation effective. La SFI ne doit
pas laisser cette tâche aux clients du secteur privé. Cela nécessite une
supervision et un suivi permettant d’assurer que tout accord entre les
communautés et les clients est respecté au cours du projet. Tout projet
impliquant le déplacement de populations doit être assujetti à leur
consentement, doit conduire à une amélioration de leur niveau et qualité de
vie, et doit inclure la restauration intégrale du cadre de vie et de l’accès
aux ressources de base.
9. Prévoir un suivi des projets réalisé par les
communautés elles-même pour les projets qui ont des impacts sociaux et
environnementaux significatifs, afin d’améliorer la surveillance desdits
projets et la responsabilisation de leurs promoteurs. Les communautés doivent
elles mêmes choisir leurs représentants pour ce suivi. L’un des aspects
essentiels de cette démarche est le renforcement de la capacité des communautés
à suivre les projets, en s’assurant que des fonds sont disponibles pour cet
objectif du projet et qu’ils sont indépendants de la pression des entreprises
et des gouvernements. De plus, la communauté doit pouvoir participer à
l’élaboration des termes de référence de cette démarche de suivi. Tous les
représentants des communautés conduisant ce suivi doivent être informés, dans
une langue et un format adéquats, des obligations qui découlent des politiques
et standards de performance de la SFI, ainsi que des processus de mise en
responsabilité de la SFI, afin qu’ils aient une totale compréhension de leur
droits et des recours possibles. Les résultats et les recommandations de ce
suivi doivent être rendu publics et être pris en compte dans les développements
ultérieurs du projet.
10. S’engager à mesurer, rendre public et réduire les
impacts dommageables du réchauffement climatique dans les pays en
voie de développement en exigeant une réduction des émissions globales
provenant des investissements de la SFI. Il est nécessaire de travailler avec
les entreprises pour réduire les émissions, fonctionner de manière plus économe
et rendre compte publiquement des émissions directes et indirectes qui
résultent des investissements de la SFI, y compris ceux concernant les
intermédiaires financiers. Par ailleurs, la SFI devrait réorienter plus
rapidement son portefeuille vers des prêts pour les énergies renouvelables.
11. Définir des circonstances de non intervention de la SFI dans sa politique générale, comprenant l’actuelle Liste d’Exclusion, en
l’élargissant pour inclure au minimum :
·
Les aires protégées de catégories I à IV de l’UICN et
les sites du Patrimoine mondial pour toute activité industrielle, et les autres
zones reconnus à haute valeur écologique lors de processus réunissant
l’ensemble des parties prenantes, pour tous les projets de Catégorie A ;
·
Certaines pratiques particulièrement destructrices,
telles que le rejet des déchets miniers dans les rivières ou les mers ;
·
Des clarifications des “circonstances de
non-intervention” pour raisons sociales, culturelles et environnementales,
ainsi que les critères utilisés.
Soutenu par :
|
Kate Walsh
AID/WATCH, Australia
|
Justin Sherrard
Cambiar
Pty Limited, Australia
|
|
Binnie O’Dwyer
Friends of the Earth, Australia
|
Rowland Benjamin
Information for Action, Australia
|
|
Stewart Mills
Jubilee Australia, Australia
|
Techa Beaumont
Mineral Policy Institute, Australia
|
|
Dr Mariann Lloyd-Smith
National Toxics Network, Australia
|
John Seed
Rainforest Information Centre, Australia
|
|
Elfriede Schachner
AGEZ - Arbeitsgemeinschaft Entwicklungszusammenarbeit (Coalition
of 29 Development NGOs), Austria
|
Nonno Breuss
ECA-Watch Austria and ATTAC, Austria
|
|
Heinz Hödl
Koordinierungsstelle der Österreichischen
Bischofskonferenz iinternationale Entwicklung und Mission
(KOO), Austria
|
Mayis Gulaliyev
Center for Civic Initiatives, Azerbaijan
|
|
Galina Kozlova
Ecograph, Azerbaijan
|
Telman Zeynalov
Ecological Department NGO FORUM, Azerbaijan
|
|
Telman Zeynalov
National Center of Enviromental Forecasting, Azerbaijan
|
Zakir Kibria
BanglaPraxis, Bangladesh
|
|
Arup Rahee
LOKOJ, Bangladesh
|
Ashraf-ul-Alam Tutu
Coastal Development Partnership (CDP), Bangladesh
|
|
Ann De Jonghe
Broederlijk Delen, Belgium
|
Judith Neyer
FERN, Belgium
|
|
Johan Bosman
KWIA, Flemish Support Group for
Indigenous Peoples, Belgium
|
Jan Cappelle
Proyecto Gato, Belgium
|
|
Henry Tito
CEADES
(Centro de Estudios Aplicados del Desarollo Social), OICH
(Organización Indigena Chiquitana), y CPESC (Coordinadora
de Pueblos Etnicos de Santa Cruz), Bolivia
|
Smiler Morosi Paz
Confederacion Nacional de Naciones Indegenas Orginiarias de
Bolivia (CONNIOB), Bolivia
|
|
Flávia Barros
INCLUIR
- Instituto de Pesquisa e Assessoria sobre Desenvolvimento
e Globalização, Brasil
|
Roberto Smeraldi
Amigos da Terra - Amazônia Brasileira, Brazil
|
|
Esther Neuhaus
Brazilian
Forum of NGOs and Social Movements for Environment and Development,
(Representing over 1000 Groups)
Brazil
|
Alcides Faria
Ecoa - Ecology and Action, Brazil
|
|
Francisco Milanez
Ecofund, Brazil
|
Maurício Galinkin
Fundação CEBRAC, Brazil
|
|
Renato Cunha
Gambá, Brazil
|
Sérgio Guimarães
Instituto
Centro de Vida, Brazil
|
|
Donald Sawyer
Instituto
Sociedade, População e Naturaza, Brazil
|
Marcus Faro
Rede
Brasil sobre Bancos Multilaterais, Brazil
|
|
Bestey Neal
Rede
Mata Atlântica, Brazil
|
Alessandro Menezes
Rede
Pantanal, Brazil
|
|
Petko Kovatchev
Center for Environmental Information and Education, Bulgaria
|
Ivailo Hlebarov
Za
Zemiata, Bulgaria
|
|
Issaka Herman
TRAORE, Burkina Faso
|
Seak Sophat
Royal University of Phnom Penh, Cambodia
|
|
Florence Ntassi
Center for Environment and Development
(CED), Cameroon
|
Akong Charles Ndika
Global Village Cameroon, Cameroon
|
|
Ndoumbe Nkotto Honoré
FOCARFE, Cameroon
|
Anil Naidoo
Blue Planet Project/The Council of Canadians, Canada
|
|
Robert Walker
Ethical Funds, Canada
|
Graham Saul
Friends of the Earth, Canada
|
|
Michael Bassett
Halifax Initiative Coalition, Canada
|
Jamie Kneen
Mining Watch, Canada
|
|
Dermot Foley
Real Assets Investment Management Inc., Canada
|
Derek MacCuish
The Social Justice Committee, Canada
|
|
Isaac Rojas
COECOCeiba
- FoE Costa Rica, Costa Rica
|
Petr Hlobil
Centre for Transport and Energy
(CDE), Czech Republic
|
|
Pavel Pribyl
Hnuti Duha, Czech
Republic
|
Hannah Ellis
Friends of the Earth, England,
Wales & Northern Ireland
|
|
Peep Mardiste
Estonian Green Movement, Estonia
|
David Eloy
AITEC, France
|
|
Jean-Luc Touly
Association pour un Contrat Mondial
de l’Eau, France
|
Alex Nikichuk
ATTAC France Water Group, France
|
|
Philippe Quirion
Climate Action Network, France
|
Sebastien Fourmy
French
IFI network, France
|
|
Sébastien Godinot
Friends of the Earth, France
|
Xavier Bouchet
Gabas Nature et Patrimoine, France
|
|
Yannick Jadot
Greenpeace, France
|
Guy Leger
MNLE, France
|
|
Aurore Lebouchard
Mouvement International de la Reconcilation (MIR France), France
|
Monique Derue
Peuples Solidaires, France
|
|
Annie Girard
Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, France
|
Bernard Salamand
Ritimo, France
|
|
Danielle Toure Roberget
Eau Vive, France
|
Gerard Borvon
S-EAU-S, France
|
|
Michel Roy
Secours Catholique / Caritas,
France
|
Sharon Courtoux
Survie SFI, France
|
|
Regis Renard
Terre des Hommes, France
|
Remy Martin
Uminate (network of 150 local NGOs), France
|
|
Kakha Nadiradze
Association for Farmers Rights
Defense (AFRD), Georgia
|
Nino Gujaraidze
Green Alternative Association, Georgia
|
|
Lali Kobiashvili
The Association of Childrens`
and Patients’ Rights Protection Asklepsius, Georgia
|
Lasha Chkhartishvili
Union of Environmental Protection
and Animal Rights - "LOBO", Georgia
|
|
Tsovinar Nazarova
People’s Harmonious Development
Society, Georgia
|
Gertraud Gauer-Süß
Bremer Informationszentrum für
Menschenrechte und Entwicklung, Germany
|
|
Ulrich H. Gundert
Brot für die Welt, Germany
|
Roger Meyer
Eirene Deutscher Zeig E.V., Germany
|
|
Ulrich Mueller
FoodFirst Information & Action
Network, Germany
|
Jürgen Marquardt
Lernen – Helfen – Leben, Germany
|
|
Reinhard Behrend
Rettet den Regenwald, Germany
|
Knud Voecking
Urgewald, Germany
|
|
Andrea Plöger
W E E D - World Economy, Ecology & Development, Germany
|
Daniel Owusu-Koranteng
Wassa Association of Communities
Affected by Mining, Ghana
|
|
Yannick Etienne
Batay Ouvriye, Haiti
|
Ákos Éger
National Society of Conservationists,
Hungary
|
|
Joe Athialy
The People’s Movement, India
|
Meda Gurudutt Prasad
CADME/ACTION, India
|
|
Souparna Lahiri
Delhi
Forum, India
|
Mukta Srivastava
Initiative, India
|
|
Medha Patkar
Narmada Bachao Andolan (Save the
Narmada Movement), India
|
Sanjay M.G.
National Alliance of People’s
Movements, India
|
|
Prajnalankar Bhikkhu
Peace Campaign Group (PCG), India
|
Himanshu Thakkar
South Asia Network on Dams, Rivers
& People (SANDRP), India
|
|
Binny Buchori
INFID (International NGO Forum
on Indonesian Development), Indonesia
|
Heine Nababan
People’s Coalition for the Rights
to Water, Indonesia
|
|
Longgena Ginting
WALHI, Indonesia
|
Manana Kochladze
CEE Bankwatch Network, International
|
|
Kate Watters
Crude Accountability, International
|
Janneke Bruil
Friends of the Earth, International
|
|
Daniel Moss
Grassroots International, International
|
Bernice Romero
Oxfam International, International
|
|
Johan Frijns
BankTrack, International
|
Jaroslava Colajacomo
Campagna
per la riforma della Banca Mondiale (CRBM), Italy
|
|
Laura Radiconcini
Friends of the Earth, Italy
|
Francesco Ferrante
Legambiente,
Italy
|
|
Gianfranco Bologna
WWF, Italy
|
Yoshihito Miyakoshi
A SEED, Japan
|
|
Naomi Kanzaki
Friends of the Earth, Japan
|
Keiko Kusuhara
Fukuoka NGO forum on ADB, Japan
|
|
Yuki Tanabe
Japan Center for a Sustainable
Environment and Society (JACSES), Japan
|
Setsuko Kudo
Jubilee Kansai Net-Work, Japan
|
|
FUKUDA Kenji
Mekong Watch, Japan
|
Semen Svitelman
Green Salvation, Kazakhstan
|
|
Andrey Andreyev
NGO Legal Initiative, Kazakhstan
|
Valery Uleev
Jalal-Abad Regional Human Rights Organization "Justice"
("Spravedlivost"), Kyrgyzstan
|
|
Ramazan Dyryldaev
Committee for Human Rights, Kyrgyz
Republic
|
Igor Hadjamberdiev,
For Civil Society NGO, Kyrgyz
Republic
|
|
Kalia Moldogazieva
Human Development Center "Tree of Life", Kyrgyz
Republic
|
Natalia Ablova
Bureau on Human Rights and Rule
of Law, Kyrgyzstan
|
|
Tolekan Ismailova
PA "Civil Society Against
Corruption", Kyrgyzstan
|
Saulius Piksrys
Atgaja, Lithuania
|
|
Ana Colovic
Eco-sense,
Macedonia
|
Balan Palanisamy
Penang Inshore Fishermen Welfare
Association (PIFWA), Malaysia
|
|
Roy Laifungbam
South Asian Solidarity for Rivers
and People (SARP), Nepal
|
Filka Sekulova
A SEED Europe, Netherlands
|
|
Henneke Brink
Both ENDS, Netherlands
|
Eloho Ogberagha
Agency for Health and Environmental
Projects, Nigeria
|
|
Innih Archibong
Liberty Now, Nigeria
|
Andrew Preston
Association for International Water and Forest Studies, Norway
|
|
Lars Løvold
Rainforest Foundation, Norway
|
Naeem Iqbal
Pakistan Network for Rivers Dams and People, Pakistan
|
|
Shaukat Omari
Transparency International, Pakistan
|
Lester Seri
Conservation Melanesia
Inc., Papua
New Guinea
|
|
Jorge Bejar Apaza
Asociación
Civil LABOR, Perú
|
Miguel Palacín Quispe
CONACAMI (National Confederation of Peruvian Communities Affected
by Mining), Perú
|
|
Oscar Díaz Barbosa &
Zaira Carbajal Jara
Instituto
Ambientalista Natura, Perú
|
Joan Carling
Cordillera Peoples Alliance, Philippines
|
|
Monica Wilson
GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives), Philippines
and USA
|
Joanna Bulawa
Green Federation Gaja, Poland
|
|
Andrzej Gula
Institute for Environmental Tax Reform, Poland
|
Anna Roggenbuck
Polish Green Network, Poland
|
|
Renato Miguel Ascenso Roldao
Euronatura – Centre for Environmental
Law and Sustainable Development/ ECA Iberia, Portugal
|
Sergey Fedorov
Arkhangelsk Association of Ecological
Organizations, Russia
|
|
Fatima Kobzhasarova
Chelyabinsk City Public Movement
of Women "Fatiha", Russia
|
A.Petrov
Druzina Movement, Russia
|
|
Inga Zinovieva
Ecological Environmet Center Dauria, Russia
|
Andrey Laletin
Friends of the Siberian Forests, Russia
|
|
Ivan Blokov
Greenpeace, Russia
|
Dr. Evgeny V. Vilkov
Russian Academy of Sciences, of
Daghestan Scientific Centre, Russia
|
|
Dmitriy Lisitsyn,
Sakhalin Environment Watch, Russia
|
Alexander Arbachakov
Taiga Research and Protection
Agency, Russia
|
|
Kalinina Natalia V.
The Organization Amur Ecological
Club, Russia
|
Jennie Sutton
The Regional NGO Baikal Environmental Wave of the Russian
Federation, Russia
|
|
Peter Mihok
Center for Environmental Public
Advocacy, Slovakia
|
Wally Menne
Timberwatch Coalition, South
Africa
|
|
Mario Carreño Fuego
Proyecto de Cooperación y Ayuda al Pueblo Ticuna, Spain
|
Mailer Mattié
Selva.org, Spain
|
|
Hemantha Withanage
Center for Environmental Justice, Sri Lanka
|
Deshamanya Dr. Ponna Wignaraja
South Asian Perspectives Network
Association, Sri
Lanka
|
|
Christine Eberlein
Berne Declaration, Switzerland
|
Bruno Gurtner
Swiss Coalition of Development
Organizations, Switzerland
|
|
Jim Enright
Mangrove Action Project (MAP), Thailand
|
Antonina Galkina
MC Joint Action, Ukraine
|
|
Yury Urbansky
National Ecological Center of Ukraine, Ukraine
|
Jeff Powell
Bretton Woods Project, United
Kingdom
|
|
Tom Griffiths
Forest Peoples Programme, United
Kingdom
|
Richard Harkinson
Minewatch, United Kingdom
|
|
Nicholas Hildyard
The Corner House, United
Kingdom
|
Roberto Bissio
Third World Institute, Uruguay
|
|
Soren Ambrose
50 Years Is Enough: U.S. Network for Global Economic Justice, USA
|
Dave Batker
Asia Pacific Environmental Exchange, USA
|
|
Dick Kamp
Border Ecology Project, USA
|
Lauren Compere
Boston Common Asset Management, LLC, USA
|
|
Susan Vickers
Catholic Healthcare West, USA
|
Julie Tanner
Christian Brothers Investment
Services, Inc., USA
|
|
Anne Perrault
Center for International
Environmental Law (CIEL), USA
|
Doug Hellinger
Development Gap, USA
|
|
Adam Kanzer
Domini Social Investments LLC, USA
|
Valerie Heinonen
Dominican Sisters of Hope, USA
|
|
Tom Athanasiou
EcoEquity, USA
|
Bruce Rich
Environmental Defense, USA
|
|
David Waskow
Friends of the Earth, USA
|
Elaine Zuckerman
Gender Action, USA
|
|
Paula Palmer
Global
Response, USA
|
Rev. David Schilling and Sister Patricia Wolf
Interfaith Center on Corporate
Responsibility, USA
|
|
Dana Clark
International Accountability Project, USA
|
Bama Athreya
International Labor Rights Fund,
USA
|
|
Peter Bosshard
International Rivers Network, USA
|
Doris Gormley
Jesuit Conference, USA
|
|
Séamus P. Finn OMI
Justice/Peace & Integrity of Creation, USA
|
Andrew Brengle
KLD Research & Analytics,
Inc., USA
|
|
Alfredo Quarto
Mangrove Action Project,
USA
|
Marie Dennis
Maryknoll Office for Global Concerns, USA
|
|
Catherine Rowan
Maryknoll Sisters, USA
|
Mark A. Regier
Mennonite Mutual Aid, USA
|
|
Valerie Heinonen
Mercy Investment Program, USA
|
Barbara Bramble
National Wildlife Federation, USA
|
|
S. Jacob Scherr
Natural Resources Defense Council, USA
|
Bruce Herbert
Newground Social Investment, USA
|
|
Doug Norlen
Pacific Environment, USA
|
Marcia Ishii-Eiteman, PhD
Pesticide Action Network North
America (PANNA), USA
|
|
Mike Brune
Rainforest Action Network, USA
|
Tim Keating
Rainforest Relief, USA
|
|
Valerie Heinonen
Sisters of Mercy Regional Community of Detroit Ursuline, Sisters
of Tildonk-U.S. Province, USA
|
Steve Lippman
Trillium Asset Management, USA
|
|
Rev. Douglas B. Hunt
United Church of Christ Network for Environmental and Economic
Responsibility, USA
|
Aniruddha Vahadilla, USA
|
|
Bruce Jenkins
Bank Information Center, USA
|
Kevin Danaher
Global Exchange, USA
|
|
Nora. M. Nash
Corporate Social Responsibility
Sisters of St Francis of Philadelphia, USA
|
Domuladjanov Ibragijon
“For Ecologically Clean Ferghana”
Association, Uzbekistan
|
|
Caucasus Environmental
NGO Network (CENN)
|
|
|