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Plate-forme des droits, règles et responsabilités
Proposition pour l’examen des politiques de protection de la SFI
Décembre 2004

          La Société Financière Internationale (SFI) a fourni directement plus de 40 milliards de dollars à des entreprises privées, dont bon nombre de sociétés multinationales implantées dans les pays en voie de développement, et ce au nom du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Par son rôle de catalyseur financier, la SFI génère des prêts supplémentaires de plusieurs milliards de dollars. Cet argent revient souvent à des projets générateurs d’inégalités sociales, de pauvreté, de pollutions et de dégradations environnementales.

          La SFI soutient qu’elle apporte une expertise environnementale et sociale, et qu’elle améliore les projets à haut risque. Sans sa participation, argumente-t-elle, ces projets seraient bien plus dommageables. Cependant, cet argument a été discrédité à la fois par des études internes et par des évaluations indépendantes menées par les communautés affectées et par des organisations de la société civile, qui font ressortir des problèmes structurels récurrents dans l’application des politiques de protection sociale et environnementale de la SFI. Il est également douteux que le meilleur usage des fonds publics pour le développement et la lutte contre la pauvreté soit d’atténuer les conséquences négatives de ces projets à haut risque, plutôt que d’investir dans des projets générateurs de bénéfices plus sûrs en matière de développement.

          Les études internes et évaluations indépendantes démontrent la nécessité de règles claires et applicables pour les prêts de la SFI, ainsi que des réformes institutionnelles significatives pour assurer l’application effective des politiques et rendre la SFI et ses clients plus responsables devant les communautés et les citoyens affectés. Pourtant, au lieu d’adopter les modifications susceptibles d’améliorer ses piètres antécédents en matière d’application des politiques existantes, la SFI a opté au contraire pour des politiques plus souples et plus subjectives. Nous nous opposons à cet assouplissement des politiques sociales et environnementales existantes, et nous appelons la SFI à vérifier que les sociétés multinationales respectent internationalement les droits humains fondamentaux, les droits du travail et les lois environnementales en tant que conditions d’accès aux prêts de la SFI.

          Les institutions publiques mondiales doivent fonctionner pour le bien commun. Nous appelons la SFI à se conformer à des Règles, Droits et Responsabilités clairs et contraignants afin de promouvoir le bien commun à travers ses prêts.

          Le processus de révision des Politiques de Sauvegarde de la SFI se doit de couvrir les problèmes existant dans ses politiques de sauvegarde, de prévenir tout retour en arrière ou affaiblissement par rapport aux politiques actuelles, et de mener au renforcement et à l’amélioration de ses politiques sociales et environnementales. Les organisations de la société civiles et les investisseurs socialement responsables soussignés appellent la SFI et son Conseil d’Administration à adopter les propositions suivantes :

*********

1. Adopter des politiques et standards de performance établissant des règles claires, juridiquement contraignantes et respectant les normes sociales et environnementales les plus exigeantes pour la SFI et ses emprunteurs, qui permettraient à la SFI de se poser en leader en matière de normes internationales, et qui démontrerait son engagement à respecter les conventions internationales sur les droits humains et l’environnement.

2. S’engager à réduire la pauvreté et à favoriser le développement durable et rendre compte des démarches en la matière. L’une des principales responsabilités de la SFI doit être l’évaluation de chacun des projets qu’elle envisage de financer, afin de déterminer s’ils donneront lieu à une réduction de la pauvreté et de quelle manière. Cette responsabilité implique aussi de préciser les façons dont la pauvreté sera réduite – y compris à l’échelle locale – ainsi que pour chaque projet, de réaliser un suivi et de produire des rapports réguliers et publics sur ses résultats, ses impacts en terme de développement et tout effort nécessaire d’atténuation des impacts. Toutes ces mesures ont pour but d’assurer un niveau minimum de responsabilité.

3. Mettre en place des mécanismes clairs afin que les politiques de la SFI deviennent plus contraignantes et mieux respectées, et rejeter l’auto-évaluation par les entreprises comme cela est proposé tout au long des Standards de Performance proposés. La SFI doit assumer la responsabilité d’une supervision réelle des entreprises et d’un suivi transparent et responsable des projets vis-à-vis du public, impliquant au minimum la publication de tous les Plans d’Action.

4. S’assurer que l’information est mise à la disposition du public dans des délais raisonnables et selon des mécanismes prévisibles pendant toute la durée de vie des projets. Cela implique l’établissement de règles claires relatives à la publication en amont de l’ensemble des plans d’action, des évaluations sociales et environnementales et des rapports de suivi et d’évaluation. La SFI doit également demander la mise à la disposition du public de l’ensemble des accords avec les gouvernements hôtes et des contrats similaires, et accroître la transparence des revenus générés par les investissements qu’elle soutient.

5. Passer en revue les performances passées de toutes les entreprises sur les questions environnementales, sociales et de droits humains. La SFI ne devrait accorder des prêts qu’aux clients qui ont pris des engagements forts en matière de développement durable, de protection de l’environnement et des droits des communautés locales, des travailleurs et des populations vulnérables. Nous insistons sur l’une des conclusions majeures de l’évaluation interne du médiateur de la SFI (Compliance Advisor Ombudsman, CAO) sur les politiques de sauvegarde de la SFI, qui expose que l’engagement des clients du secteur privé en faveur de la protection sociale et environnementale est le principal facteur déterminant le respect ultérieur par l’entreprise des politiques de la SFI.

6. Soutenir et assurer le respect des lois, conventions et normes internationales de protection des droits humains, des droits du travail, et de l’environnement. Les Standards de Performance devraient faire référence aux normes et lois internationales pertinentes, et s’assurer que les projets sont conçus et mis en oeuvre en respectant les engagements internationaux du client et du pays hôte. La SFI a l’obligation de s’assurer que ses clients respectent les normes et lois internationales et par conséquent, conformément à la recommandation du CAO, doit « systématiquement prendre en compte les risques vis-à-vis des droits humains à l’échelle du projet, prendre les mesures nécessaires [et effectives] pour les atténuer, et fournir des directives plus claires à ses clients sur ces deux aspects. |C]es aspects devraient faire l’objet de rapports à l’échelle du projet. » De tels évaluations et rapports doivent être entrepris par un tiers indépendant et crédible, et non par le client lui-même, et doivent être une pré-condition au soutien de la SFI pour le projet. Les communautés locales et les populations indigènes affectées par un projet ont le droit de participer aux évaluation et rapports sur le respect des droits humains dans le projet.

7. Assurer le respect des droits internationnalement garantis des populations indigènes, y compris leurs droits de propriété sur les terres et ressources qui leur appartiennent ou qu’ils occupent et utilisent traditionnellement, et soutenir uniquement les projets ayant obtenu le consentement libre, préalable et informé des populations indigènes. Ce consentement doit être le fruit de leur mode de prise de décision et de leurs institutions traditionnels, découlant d’une consultation constructive et de bonne foi, d’une participation informée et effective dès les premières phases du projet et d’un accord sur ses bénéfices. Ces processus traditionels de prise de décision mènent à des prises de décisions collectives et culturellement adaptées qui renforcent l’auto-détermination des populations indigènes pour leur propre développement. Tous les accords entre les parties concernées devront être repris dans les conventions de prêt et rendus publics. Nous rejetons fermement la manipulation cynique du consentement libre, préalable et informé en « consultation libre, préalable et informée menant à un large soutien de la communauté » et demandons à la SFI de ne pas utiliser ce language.

8. Assurer que les condition sont en place pour un dialogue effectif et respectueux avec les communautés affectées (consentement libre, préalable et informé). De surcroît, la SFI devrait garantir un processus par lequel, après avoir eu accès à toutes les informations pertinentes dans une langue et un format adaptés, les communautés locales identifient elles-même leur priorités en termes de développement et les bénéfices et résultats qu’elles veulent obtenir, plutôt que de permettre aux entreprises ou à d’autres de déterminer à leurs place les bénéfices attendus. L’une des responsabilités centrales de la SFI doit être d’évaluer le niveau d’acceptation des communautés, les accords négociés avec elles, et leur degré de participation effective. La SFI ne doit pas laisser cette tâche aux clients du secteur privé. Cela nécessite une supervision et un suivi permettant d’assurer que tout accord entre les communautés et les clients est respecté au cours du projet. Tout projet impliquant le déplacement de populations doit être assujetti à leur consentement, doit conduire à une amélioration de leur niveau et qualité de vie, et doit inclure la restauration intégrale du cadre de vie et de l’accès aux ressources de base.

9. Prévoir un suivi des projets réalisé par les communautés elles-même pour les projets qui ont des impacts sociaux et environnementaux significatifs, afin d’améliorer la surveillance desdits projets et la responsabilisation de leurs promoteurs. Les communautés doivent elles mêmes choisir leurs représentants pour ce suivi. L’un des aspects essentiels de cette démarche est le renforcement de la capacité des communautés à suivre les projets, en s’assurant que des fonds sont disponibles pour cet objectif du projet et qu’ils sont indépendants de la pression des entreprises et des gouvernements. De plus, la communauté doit pouvoir participer à l’élaboration des termes de référence de cette démarche de suivi. Tous les représentants des communautés conduisant ce suivi doivent être informés, dans une langue et un format adéquats, des obligations qui découlent des politiques et standards de performance de la SFI, ainsi que des processus de mise en responsabilité de la SFI, afin qu’ils aient une totale compréhension de leur droits et des recours possibles. Les résultats et les recommandations de ce suivi doivent être rendu publics et être pris en compte dans les développements ultérieurs du projet.

10. S’engager à mesurer, rendre public et réduire les impacts dommageables du réchauffement climatique dans les pays en voie de développement en exigeant une réduction des émissions globales provenant des investissements de la SFI. Il est nécessaire de travailler avec les entreprises pour réduire les émissions, fonctionner de manière plus économe et rendre compte publiquement des émissions directes et indirectes qui résultent des investissements de la SFI, y compris ceux concernant les intermédiaires financiers. Par ailleurs, la SFI devrait réorienter plus rapidement son portefeuille vers des prêts pour les énergies renouvelables.

11. Définir des circonstances de non intervention de la SFI dans sa politique générale, comprenant l’actuelle Liste d’Exclusion, en l’élargissant pour inclure au minimum :

·         Les aires protégées de catégories I à IV de l’UICN et les sites du Patrimoine mondial pour toute activité industrielle, et les autres zones reconnus à haute valeur écologique lors de processus réunissant l’ensemble des parties prenantes, pour tous les projets de Catégorie A ;

·         Certaines pratiques particulièrement destructrices, telles que le rejet des déchets miniers dans les rivières ou les mers ;

·         Des clarifications des “circonstances de non-intervention” pour raisons sociales, culturelles et environnementales, ainsi que les critères utilisés.

Soutenu par :

Kate Walsh
AID/WATCH, Australia

Justin Sherrard
Cambiar Pty Limited, Australia

Binnie O’Dwyer
Friends of the Earth
, Australia

Rowland Benjamin
Information for Action, Australia

Stewart Mills
Jubilee Australia, Australia

Techa Beaumont
Mineral Policy Institute, Australia

Dr Mariann Lloyd-Smith
National Toxics Network, Australia

John Seed
Rainforest Information Centre
, Australia

Elfriede Schachner
AGEZ - Arbeitsgemeinschaft Entwicklungszusammenarbeit (Coalition of 29 Development NGOs), Austria

Nonno Breuss
ECA-Watch Austria and ATTAC, Austria

Heinz Hödl
Koordinierungsstelle der Österreichischen Bischofskonferenz iinternationale Entwicklung und Mission (KOO), Austria

Mayis Gulaliyev
Center for Civic Initiatives, Azerbaijan

Galina Kozlova
Ecograph, Azerbaijan

Telman Zeynalov
Ecological Department NGO FORUM
, Azerbaijan

Telman Zeynalov
National Center of Enviromental Forecasting, Azerbaijan

Zakir Kibria
BanglaPraxis, Bangladesh

Arup Rahee
LOKOJ, Bangladesh

Ashraf-ul-Alam Tutu
Coastal Development Partnership (CDP)
, Bangladesh

Ann De Jonghe
Broederlijk Delen, Belgium

Judith Neyer
FERN, Belgium

Johan Bosman
KWIA, Flemish Support Group for Indigenous Peoples, Belgium

Jan Cappelle
Proyecto Gato, Belgium

Henry Tito
CEADES (Centro de Estudios Aplicados del Desarollo Social), OICH (Organización Indigena Chiquitana), y CPESC (Coordinadora de Pueblos Etnicos de Santa Cruz), Bolivia

Smiler Morosi Paz
Confederacion Nacional de Naciones Indegenas Orginiarias de Bolivia (CONNIOB)
, Bolivia

Flávia Barros
INCLUIR - Instituto de Pesquisa e Assessoria sobre Desenvolvimento e Globalização, Brasil

Roberto Smeraldi
Amigos da Terra - Amazônia Brasileira
, Brazil

Esther Neuhaus
Brazilian Forum of NGOs and Social Movements for Environment and Development, (Representing over 1000 Groups)
Brazil

Alcides Faria
Ecoa - Ecology and Action, Brazil

Francisco Milanez
Ecofund, Brazil

Maurício Galinkin
Fundação CEBRAC
, Brazil

Renato Cunha
Gambá, Brazil

Sérgio Guimarães
Instituto Centro de Vida, Brazil

Donald Sawyer
Instituto Sociedade, População e Naturaza, Brazil

Marcus Faro
Rede Brasil sobre Bancos Multilaterais, Brazil

Bestey Neal
Rede Mata Atlântica, Brazil

Alessandro Menezes
Rede Pantanal, Brazil

Petko Kovatchev
Center for Environmental Information and Education
, Bulgaria

Ivailo Hlebarov
Za Zemiata, Bulgaria

Issaka Herman
TRAORE, Burkina Faso

Seak Sophat
Royal University of Phnom Penh, Cambodia

Florence Ntassi
Center for Environment and Development (CED), Cameroon

Akong Charles Ndika
Global Village Cameroon, Cameroon

Ndoumbe Nkotto Honoré
FOCARFE
, Cameroon

Anil Naidoo
Blue Planet Project/The Council of Canadians
, Canada

Robert Walker
Ethical Funds, Canada

Graham Saul
Friends of the Earth
, Canada

Michael Bassett
Halifax Initiative Coalition, Canada

Jamie Kneen
Mining Watch, Canada

Dermot Foley
Real Assets Investment Management Inc., Canada

Derek MacCuish
The Social Justice Committee, Canada

Isaac Rojas
COECOCeiba - FoE Costa Rica, Costa Rica

Petr Hlobil
Centre for Transport and Energy (CDE), Czech Republic

Pavel Pribyl
Hnuti Duha, Czech Republic

Hannah Ellis
Friends of the Earth, England, Wales & Northern Ireland

Peep Mardiste
Estonian Green Movement, Estonia

David Eloy
AITEC, France

Jean-Luc Touly
Association pour un Contrat Mondial de l’Eau, France

Alex Nikichuk
ATTAC France Water Group, France

Philippe Quirion
Climate Action Network
, France

Sebastien Fourmy
French IFI network, France

Sébastien Godinot
Friends of the Earth, France

Xavier Bouchet
Gabas Nature et Patrimoine
, France

Yannick Jadot
Greenpeace, France

Guy Leger
MNLE, France

Aurore Lebouchard
Mouvement International de la Reconcilation (MIR France)
, France

Monique Derue
Peuples Solidaires, France

Annie Girard
Réseau Foi et Justice Afrique-Europe
, France

Bernard Salamand
Ritimo, France

Danielle Toure Roberget
Eau Vive, France

Gerard Borvon
S-EAU-S, France

Michel Roy
Secours Catholique / Caritas, France

Sharon Courtoux
Survie SFI, France

Regis Renard
Terre des Hommes, France

Remy Martin
Uminate (network of 150 local NGOs), France

Kakha Nadiradze
Association for Farmers Rights Defense (AFRD), Georgia

Nino Gujaraidze
Green Alternative Association, Georgia

Lali Kobiashvili
T
he Association of Childrens` and Patients’ Rights Protection Asklepsius, Georgia

Lasha Chkhartishvili
Union of Environmental Protection and Animal Rights - "LOBO", Georgia

Tsovinar Nazarova
People’s Harmonious Development Society, Georgia

Gertraud Gauer-Süß
Bremer Informationszentrum für Menschenrechte und Entwicklung, Germany

Ulrich H. Gundert
Brot für die Welt, Germany

Roger Meyer
Eirene Deutscher Zeig E.V., Germany

Ulrich Mueller
FoodFirst Information & Action Network, Germany

Jürgen Marquardt
Lernen – Helfen – Leben, Germany

Reinhard Behrend
Rettet den Regenwald
, Germany

Knud Voecking
Urgewald
, Germany

Andrea Plöger
W E E D - World Economy, Ecology & Development
, Germany

Daniel Owusu-Koranteng
Wassa Association of Communities Affected by Mining, Ghana

Yannick Etienne
Batay Ouvriye, Haiti

Ákos Éger
National Society of Conservationists, Hungary

Joe Athialy
The People’s Movement, India

Meda Gurudutt Prasad
CADME/ACTION
, India

Souparna Lahiri
Delhi Forum, India

Mukta Srivastava
Initiative, India

Medha Patkar
Narmada Bachao Andolan (Save the Narmada Movement), India

Sanjay M.G.
National Alliance of People’s Movements, India

Prajnalankar Bhikkhu
Peace Campaign Group (PCG), India

Himanshu Thakkar
South Asia Network on Dams, Rivers & People (SANDRP), India

Binny Buchori
INFID (International NGO Forum on Indonesian Development), Indonesia

Heine Nababan
People’s Coalition for the Rights to Water, Indonesia

Longgena Ginting
WALHI, Indonesia

Manana Kochladze
CEE Bankwatch Network
, International

Kate Watters
Crude Accountability
, International

Janneke Bruil
Friends of the Earth
, International

Daniel Moss
Grassroots International
, International

Bernice Romero
Oxfam International, International

Johan Frijns
BankTrack
, International

Jaroslava Colajacomo
Campagna per la riforma della Banca Mondiale (CRBM), Italy

Laura Radiconcini
Friends of the Earth, Italy

Francesco Ferrante
Legambiente, Italy

Gianfranco Bologna
WWF, Italy

Yoshihito Miyakoshi
A SEED, Japan

Naomi Kanzaki
Friends of the Earth, Japan

Keiko Kusuhara
Fukuoka NGO forum on ADB, Japan

Yuki Tanabe
Japan Center for a Sustainable Environment and Society (JACSES), Japan

Setsuko Kudo
Jubilee Kansai Net-Work, Japan

FUKUDA Kenji
Mekong Watch, Japan

Semen Svitelman
Green Salvation
, Kazakhstan

Andrey Andreyev
NGO Legal Initiative
, Kazakhstan

Valery Uleev
Jalal-Abad Regional Human Rights Organization "Justice" ("Spravedlivost")
, Kyrgyzstan

Ramazan Dyryldaev
Committee for Human Rights, Kyrgyz Republic

Igor Hadjamberdiev,
For Civil Society NGO, Kyrgyz Republic

Kalia Moldogazieva
Human Development Center "Tree of Life", Kyrgyz Republic

Natalia Ablova
Bureau on Human Rights and Rule of Law, Kyrgyzstan

Tolekan Ismailova
PA "Civil Society Against Corruption", Kyrgyzstan

Saulius Piksrys
Atgaja, Lithuania

Ana Colovic
Eco-sense, Macedonia

Balan Palanisamy
Penang Inshore Fishermen Welfare Association (PIFWA), Malaysia

Roy Laifungbam
South Asian Solidarity for Rivers and People (SARP), Nepal

Filka Sekulova
A SEED Europe, Netherlands

Henneke Brink
Both ENDS, Netherlands

Eloho Ogberagha
Agency for Health and Environmental Projects, Nigeria

Innih Archibong
Liberty Now, Nigeria

Andrew Preston
Association for International Water and Forest Studies
, Norway

Lars Løvold
Rainforest Foundation, Norway

Naeem Iqbal
Pakistan Network for Rivers Dams and People, Pakistan

Shaukat Omari
Transparency International, Pakistan

Lester Seri
Conservation Melanesia Inc., Papua New Guinea

Jorge Bejar Apaza
Asociación Civil LABOR, Perú

Miguel Palacín Quispe
CONACAMI (National Confederation of Peruvian Communities Affected by Mining), Perú

Oscar Díaz Barbosa & Zaira Carbajal Jara
Instituto Ambientalista Natura, Perú

Joan Carling
Cordillera Peoples Alliance, Philippines

Monica Wilson
GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives)
, Philippines and USA

Joanna Bulawa
Green Federation Gaja, Poland

Andrzej Gula
Institute for Environmental Tax Reform
, Poland

Anna Roggenbuck
Polish Green Network, Poland

Renato Miguel Ascenso Roldao
Euronatura – Centre for Environmental Law and Sustainable Development/ ECA Iberia, Portugal

Sergey Fedorov
Arkhangelsk Association of Ecological Organizations, Russia

Fatima Kobzhasarova
Chelyabinsk City Public Movement of Women "Fatiha", Russia

A.Petrov
Druzina Movement, Russia

Inga Zinovieva
Ecological Environmet Center Dauria, Russia

Andrey Laletin
Friends of the Siberian Forests
, Russia

Ivan Blokov
Greenpeace, Russia

Dr. Evgeny V. Vilkov
Russian Academy of Sciences, of Daghestan Scientific Centre, Russia

Dmitriy Lisitsyn,
Sakhalin Environment Watch, Russia

Alexander Arbachakov
Taiga Research and Protection Agency, Russia

Kalinina Natalia V.
The Organization Amur Ecological Club, Russia

Jennie Sutton
The Regional NGO Baikal Environmental Wave of the Russian Federation
, Russia

Peter Mihok
Center for Environmental Public Advocacy, Slovakia

Wally Menne
Timberwatch Coalition, South Africa

Mario Carreño Fuego 
Proyecto de Cooperación y Ayuda al Pueblo Ticuna
, Spain

Mailer Mattié
Selva.org, Spain

Hemantha Withanage
Center for Environmental Justice, Sri Lanka

Deshamanya Dr. Ponna Wignaraja
South Asian Perspectives Network Association, Sri Lanka

Christine Eberlein
Berne Declaration, Switzerland

Bruno Gurtner
Swiss Coalition of Development Organizations, Switzerland

Jim Enright
Mangrove Action Project (MAP), Thailand

Antonina Galkina
MC Joint Action, Ukraine

Yury Urbansky
National Ecological Center of Ukraine
, Ukraine

Jeff Powell
Bretton Woods Project, United Kingdom

Tom Griffiths
Forest Peoples Programme, United Kingdom

Richard Harkinson
Minewatch
, United Kingdom

Nicholas Hildyard
The Corner House, United Kingdom

Roberto Bissio
Third World Institute
, Uruguay

Soren Ambrose
50 Years Is Enough: U.S. Network for Global Economic Justice
, USA

Dave Batker
Asia Pacific Environmental Exchange, USA

Dick Kamp
Border Ecology Project, USA

Lauren Compere
Boston Common Asset Management, LLC
, USA

Susan Vickers
Catholic Healthcare West, USA

Julie Tanner
Christian Brothers Investment Services, Inc., USA

Anne Perrault
Center for International Environmental Law (CIEL), USA

Doug Hellinger
Development Gap, USA

Adam Kanzer
Domini Social Investments LLC, USA

Valerie Heinonen
Dominican Sisters of Hope, USA

Tom Athanasiou
EcoEquity, USA

Bruce Rich
Environmental Defense
, USA

David Waskow
Friends of the Earth, USA

Elaine Zuckerman
Gender Action
, USA

Paula Palmer
Global Response, USA

Rev. David Schilling and Sister Patricia Wolf
Interfaith Center on Corporate Responsibility, USA

Dana Clark
International Accountability Project, USA

Bama Athreya
International Labor Rights Fund, USA

Peter Bosshard
International Rivers Network, USA

Doris Gormley
Jesuit Conference, USA

Séamus P. Finn OMI
Justice/Peace & Integrity of Creation
, USA

Andrew Brengle
KLD Research & Analytics, Inc., USA

Alfredo Quarto
Mangrove Action Project, USA

Marie Dennis
Maryknoll Office for Global Concerns
, USA

Catherine Rowan
Maryknoll Sisters, USA

Mark A. Regier
Mennonite Mutual Aid, USA

Valerie Heinonen
Mercy Investment Program
, USA

Barbara Bramble
National Wildlife Federation, USA

S. Jacob Scherr
Natural Resources Defense Council
, USA

Bruce Herbert
Newground Social Investment, USA

Doug Norlen
Pacific Environment, USA

Marcia Ishii-Eiteman, PhD
Pesticide Action Network North America (PANNA), USA

Mike Brune
Rainforest Action Network, USA

Tim Keating
Rainforest Relief, USA

Valerie Heinonen
Sisters of Mercy Regional Community of Detroit Ursuline, Sisters of Tildonk-U.S. Province
, USA

Steve Lippman
Trillium Asset Management, USA

Rev. Douglas B. Hunt
United Church of Christ Network for Environmental and Economic Responsibility, USA

Aniruddha Vahadilla, USA

Bruce Jenkins
Bank Information Center, USA

Kevin Danaher
Global Exchange, USA

Nora. M. Nash
Corporate Social Responsibility Sisters of St Francis of Philadelphia, USA

Domuladjanov Ibragijon
“For Ecologically Clean Ferghana” Association, Uzbekistan

Caucasus Environmental NGO Network (CENN)