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4ème session du Forum des Nations Unies sur
les forêts
Nations Unies, Genève, Suisse
3–4 mai 2004
Original : anglais
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Résumé
des points principaux :
Ayant suivi le processus du Forum des
Nations Unies sur les forêts (FNUF) depuis trois ans, et fourni
des apports continuels pour son amélioration, cette 4ème session
fût une fois de plus une déception retentissante pour de nombreuses
organisations des Peuples autochtones et des ONG. La manque
flagrant de soumissions de rapports nationaux de la part des
gouvernements et le manque de participation des groupes de
la été civile démontrent que le FNUF manque de réaliser un
aspect important de son mandat. De nombreux Peuples autochtones
et ONG au FNUF 4 ont senti que le « Multi-Stakeholder
Dialogue » (dialogue à parties prenantes multiples) n’était
que de la poudre aux yeux de la part du FNUF, et que leur
participation fut reléguée au « ghetto » qu’était
la session de dialogue. La résolution sur les Aspects sociaux
et culturels des forêts fût une réelle déception pour les
peuples autochtones et les ONG. Le texte final ne fait même
pas mention des questions clé comme les droits, les droits
fonciers, le droit coutumier et la gestion des forêts basée
dans les communautés. Suite à de longues délibérations et
malgré le fait que la considération des Connaissances traditionnelles
dans le domaine des forêts soit un élément intégral du mandat
du FNUF, aucune résolution n’a pu être convenue par les gouvernements.
En effet, le progrès difficile des délibérations à ce sujet
a mis en évidence incapacité du processus du FNUF à adresser
les questions d’importance fondamentale à la gestion durable
des forêts. La résolution sur la Surveillance, évaluation
et rapports et Critères et indicateurs ont traité de la surveillance,
l’évaluation et la réalisation de rapports sur l’état de la
forêt et des critères et indicateurs pour effectuer ces activités.
Toutefois, rien ne fût résolu en ce qui concerne la surveillance,
l’évaluation et la réalisation de rapports sur la mise en
œuvre des propositions d’action du GIF/FIF au niveau national,
bien que les gouvernements aient convenu que cela était important.
En somme, les évènements différents
de cette session de deux semaines a mené les représentants
des peuples autochtones et les ONG à cette session à se rendre
compte que le FNUF manque à son mandat pour tous les comptes.
Ce n’est qu’avec la participation pleine et efficace de la
société civile qu’un arrangement international sur les forêts
aurait l’autorité et la capacité de promouvoir la gestion
durable des forêts.
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1. Introduction
La quatrième session du Forum des Nations Unies sur les forêts
eut lieu du 3 au 14 mai à Genève en Suisse. La réunion réunit plus
de 600 délégués représentant des gouvernements, des organisations
intergouvernementales et des groupes majeurs. Les thèmes principaux
à discuter lors de cette session étaient : les Connaissances
traditionnelles dans le domaine des forêts, les Aspects sociaux
et culturels des forêts, la Surveillance et la réalisation de rapports,
les Critères et indicateurs et les Connaissances scientifiques dans
le domaine des forêts. Il y eut également un groupe de travail discutant
le processus de révision du FNUF. Ci-dessous ce trouve un résumé
et une évaluation brefs de la 4ème session.
2. Contexte pour la 4ème session
Le mandat du FNUF est de « promouvoir la gestion et le développement
durable de tous les types de forêts et de renforcer l’engagement
politique à long terme pour réaliser cela ». Ces trois dernières
années, les ONG et les Organisations des peuples autochtones (OPA)
ont été systématiquement déçus par l’incapacité du FNUF à traiter
des questions principales pour les peuples autochtones, les communautés
locales et la véritable gestion durable des forêts (voir briefings
et rapports de FERN et FPP) [1] . Cette session est la dernière session avant
le FNUF 5 final (qui aura lieu en 2005), lors duquel les gouvernements
réviseront l’efficacité du FNUF et prendront également des décisions
concernant l’avenir, décidant si un autre arrangement international,
tel qu’une convention sur les forêts, est désirable.
3. Rapports volontaires
Le manque flagrant de soumissions de rapports nationaux de la part
des gouvernements et le manque de participation des groupes de la
société civile dans la préparation de ces rapports. [2] Sous le FNUF, les pays doivent produire des
rapports nationaux, qu’ils envoient au secrétariat du FNUF avant
les sessions du forum. Ces rapports sont supposé évaluer la mesure
dans laquelle et de quelle manière les gouvernements ont mis en
œuvre le propositions d’action du GIF/FIF. Une semaine avant le
début du FNUF 4, seuls 30 des 191 états membres avaient soumis des
rapports. Plus de la moitié de ces rapports furent préparés dans
la participation de la société civile. [3] Ce manque de réaliser les
rapports souligne simplement à quel point les gouvernements prennent
peu au sérieux leurs engagements à ce processus.
4. La première semaine
Pendant la première semaine, des déclarations se rapportant aux
thèmes de discussion furent présentés par les gouvernements, des
discussions en panel furent tenus sur des thèmes tels que les Objectifs
du millénaire pour le développement et la Gestion durable des forets
(GDF) et sur l’Afrique et la GDF, et le Multi-Stakeholder Dialogue
eut lieu. Ces évènements eurent peu de conséquence pour les importantes
prises de décision et négociations de texte réalisées la semaine
suivante.
Multi-Stakeholder Dialogue
Les représentants des peuples autochtones et des ONG au FNUF 4
ont senti que le Multi-Stakeholder Dialogue n’était que de la poudre
aux yeux pour le FNUF, et que leur participation était reléguée
au « ghetto » qu’était cette session de dialogue. Le Multi-Stakeholder
Dialogue (MSD), établi comme « pierre angulaire » des
sessions du FNUF depuis le FNUF 2, est censé être un forum de dialogue
entre les différents groups majeurs ayant des intérêts spécifiques
relatifs aux forêts. Dans le passé, le MSD a été extrêmement décevant,
n’y ayant aucun dialogue du tout : au lieu de cela, les gouvernements
itéraient des déclarations répétitives concernant les mesures qu’ils
avait pris envers la gestion durable des forêts. Cet MSD du FNUF
4 fut présentée en tant que version améliorée des MSD passées. En
effet, plus de temps fut donné aux groupes majeurs pour établir
leurs position, et il y eut quelques occasions de réel échange ;
pourtant, les résultats et les soucis exprimés lors de ce dialogue
ne se sont plus retrouvées lors des importantes discussions et négociations
de texte entre les gouvernements pendant la deuxième semaine. Le
sentiment des OPA et ONG à l’issu de cet MSD s’expriment le mieux
par le Caucus mondial sur la gestion durable basé dans les communautés [4]
: « A quoi bon un Multi-Stakeholder Dialogue à moins que l’apport
des peuples autochtones, des représentants des communautés et des
autres membres de la société civile ne soit incorporé dans les résolutions
du FNUF ? Comme le signale Earth Negotiations Bulletin (10) :
“ le fait que la résolution sur les aspects sociaux et culturels
des forêts ne comprenait qu’une référence faible aux peuples autochtones
n’a que renforcé l’idée que le FNUF ne reflète pas les soucis de
la société civile. ” [5]
. Donc même cet MSD amélioré brouille la réalité de la “ participation ”
au FNUF – cela permet une illusion de participation tandis les vraies
négociations continuent comme d’habitude. »
4. Deuxième semaine – les négociations de texte
a. Résolution sur les Aspects sociaux et culturels des forêts (ASCF)
La résolution sur les Aspects sociaux et culturels des forêts était
une véritable déception pour les peuples autochtones et les ONG.
Malgré le fait que ce thème soit d’importance fondamentale pour
les peuples autochtones, et malgré leurs appels réitérés à pouvoir
intervenir, aucune intervention par les groupes majeurs ne fut permise.
La frustration suite à cela mena les OPA a écrire une lettre ouverte
au vice-président du Groupe de travail au sein duquel se tenaient
ces négociations, exprimant leur grande déception aussi bien vis-à-vis
de leur manque de voix que de la faiblesse du texte relatif à leurs
soucis fondamentaux. [6]
La résolution finale est donc très faible et ne mentionne les communautés
autochtones et locales qu’une fois dans le paragraphe 7 de la résolution :
« Demande aux pays, en accord avec leur législation
nationale, d’encourager une plus importante implication et une participation
plus efficace de leurs parties prenantes pertinentes, y compris
les communautés autochtones et locales, particulièrement les femmes
et la jeunesse, dans le développement, les prises de décision, la
mise en œuvre et la pratique de la gestion durable des forêts. »
Le texte final ne mentionne même pas les questions clé telles que
les droits, les doits fonciers, le droit coutumier et la gestion
des forêts basée dans les communautés. L’expérience de travailler
sur des négociations de texte dans un climat où les voix de la société
civile ne sont délibérément pas tenus en compte a mené la plupart
des participants représentant les OPA et les ONG à rejeter le processus
comme non démocratique et non représentatif. Le texte final de la
résolution n’est toujours pas disponible sur le site Internet du
FNUF.
b.
Résolution sur les Connaissances traditionnelles dans le domaine
des forêts (CTDF)
Suite à de longues délibérations et malgré le fait que la considération
des Connaissances traditionnelles dans le domaine des forêts soit
un élément intégral du mandat du FNUF, aucune résolution ne pu être
convenue par les gouvernements. En effet, le progrès difficile des
délibérations à ce sujet ont mis en évidence l’incapacité du processus
du FNUF à adresses les questions d’importance fondamentale à la
gestion durable des forêts. Lorsqu’ils ont reçu le projet de texte
de la résolution, les représentants des peuples autochtones étaient
déçus de trouver que les références aux droits n’étaient que peu,
et souvent qualifiées par du langage affaiblissant, et qu’il n'y
avait aucune référence au droit au consentement libre préalable
informé des communautés autochtones et locales relativement à l’accès
et à l’utilisation des connaissances traditionnelles.
Les changements textuels proposés par les représentants autochtones
étaient visés à renforcer le langage sur les droits et la participation
et à insérer le langage sur le consentement libre préalable informé
pour l’accès à et l’utilisation des connaissances traditionnelles.
Cette stratégie fut partiellement efficace au départ ; toutefois,
dès le début de la deuxième session de discussion, le G77 et la
Chine ont proposé de supprimer toutes les décisions de la résolution
et de les remplacer avec une seule phrase atténuée, qui n’adressait
aucunement de manière substantive les questions pertinentes, et
ne traitait pas du tout de droits. Suita à cela, les négociations
se sont effondrées, et après des heures de discussion la résolution
fut abandonnée.
Il est devenu évident que l’argument principal entre le Nord et
le Sud se concentre sur qui contrôle l’accès aux connaissances traditionnelles :
le G77/Chine voulait supprimer toute référence à l’accès aux connaissances
traditionnelles, étant donné qu’ils veulent que cela soit contrôlé
entièrement au niveau national par l’état. Les Etats Unies par contre,
soutenus par l’UE et le Canada, voulaient la facilitation de l’accès
aux CT. Tout cela eu lieu sans l’apport des détenteurs des connaissances
eux-mêmes. Des discussions informelles avec des gouvernements individuels
au sein du G77 et Chine ont révélé que leurs positions étaient très
différentes, et que les gouvernements plus progressifs étaient forcés
de s’abaisser au plus petit dénominateur commun. Les positions polarisées
des gouvernements à ce sujet ont mis en évidence le fait que le
développement d’un arrangement international efficace et participation
exigera que les gouvernements soient informés et flexibles, et que
sans la participation véritable des groupes de la société civile
ayant une entente de et un intérêt dans les questions en jeu, les
délibérations pourraient tout simplement s’effondrer, et des thèmes
importants pourraient rester non adressées en raison de leur difficulté.
Par ailleurs, les difficultés entourant les discussions relatives
a l’accès à et l’utilisation des connaissances traditionnelles au
FNUF 4 a mis en évidence les problèmes relatifs à ce thème au niveau
international, comme cela avait été le cas à la COP 7 de la CDB,
tenu à Kuala Lumpur, Malaisie, en février 2004. Les représentants
autochtones à l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions
autochtones recommandent maintenant que de telles discussions aient
lieu dans un forum sur les droits de l’homme plutôt que dans des
forums sur la biodiversité ou les droits à la propriété intellectuelle. [7]
c.
Résolution sur la Surveillance, l’évaluation et la réalisation de
rapports (SER) et les Critères et indicateurs (C&I)
La résolution sur la Surveillance, l’évaluation et la réalisation
de rapports (SER) et les Critères et Indicateurs (C&I) ont traité
de la surveillance, l’évaluation et la réalisation de rapports sur
l’état des forêts et les critères et indicateurs pour réaliser ces
activités. Toutefois, rien ne fut résolu concernant la mise en œuvre
des propositions d’action au niveau national bien que les gouvernements
ont convenu que cela était important. Les thèmes de SER et C&I
furent combinés en une résolution étant donné qu’elles étaient considérées
si étroitement liées. Seul un faible paragraphe de la résolution
adressait la surveillance, l’évaluation et la réalisation de rapports
sur la mise en œuvre des propositions d’action du GIF/FIF. Les ONG
ont tenté de maintenir ce paragraphe dans la résolution, mais les
gouvernements ont voulu que celui-ci se trouve dans la résolution
sur la Révision du FNUF (voir ci-dessous). Toutefois, la révision
n’est qu’un processus d’évaluation du FNUF qui dure un an, et cela
ne sera pas poursuivi au-delà de ce mandat. Les propositions d’action
du GIF/FIF vont plus loi ; ils devraient être soutenus et mis
en œuvre au sein d’autres arrangements sur les forêts, et les gouvernements
sont encouragés de surveiller, évaluer et réaliser des rapports
sur leur mise en œuvre. Bien que certains gouvernements (Royaume
Uni, Pays-Bas, Etats-Unis) ont convenu là-dessus, pendant les négociations
de texte, d’autres l’ont refusé, et finalement ce paragraphe sur
SER fut supprimé. Le texte final convenu se concentre largement
donc sur les Critères et indicateurs, avec seulement quelques sections
sur le SER de l’état des forêts. C’était à la grande déception des
ONG qu’il n’y ait aucun paragraphe concernant la SER des propositions
pour action du GIF/FIF, étant donné que ce sont les seules outils
pour tenir les gouvernements responsables, et cela fournirait la
base pour l’efficacité de l’arrangement international sur les forêts.
d.
Résolution sur la Révision du FNUF
Bien que la Révision n’était pas un thème principal du FNUF 4,
un groupe de travail fut convenu et une résolution concernant le
processus de facilitation pour une révision de l’efficacité de l’arrangement
international sur les forets au FNUF 5 fut négociée. Afin de faciliter
la réalisation de rapports pour la Révision, un questionnaire à
compléter de la part des gouvernements a été développé. Les critères
développés au FNUF 2 seront utilisés pour le questionnaire. Le questionnaire
ne remplacera las les rapports nationaux volontaires, et seront
également un exercice volontaire, qui sera développé avec égard
pour les capacités des états. Le G77 a tenu bon à la position que
ces questionnaires seraient volontaires et « dans les limites
de capacité des pays’. Il est donc peu probable que le FNUF obtiendra
une vision globale de la mise en œuvre des propositions pour action,
étant donné que les rapports volontaires se sont démontrés peu utiles. [8]
Le texte final de la résolution sur la Révision pourvoit également
pour que les membres du Partenariat collaboratif sur les forêts
et d’autres organisations pertinentes et processus concernant les
forêts puissent soumettre des rapports sur la mise en œuvre des
propositions pour action du GIF/FIF, et ils peuvent soumettre un
questionnaire complété au FNUF. Il est important que les ONG
et OPA cueillent cette occasion pour tenir leurs gouvernements responsables,
et s’ils décident d’utiliser cet espace, les rapports et questionnaires
complétés doivent être soumis au FNUF avant le 30 septembre 2004. [9]
5. Conclusions
En général, cette 4ème session du FNUF était une déception pour
les représentants des OPA et ONG. Il semble que l’effort et le temps
dépensé ces 4 dernières années à améliorer le FNUF aussi bien dans
son format que ses résultats n’a rien changé, et la participation
de la société civile reste une imposture. Comme le décrit le Earth
Negotiations Bulletin : « Un élément de consensus clair à Genève était que le FNUF a manqué de délivrer
ses objectifs, et que continuer l’arrangement sous sa forme actuelle
n’est politiquement ni viable ni désirable ». La dernière déclaration présentée à la plénière de clôture fut celle
des OPA, ONG, et soulignait leurs soucis fondamentaux concernant
le processus et les résultats de cette session du FNUF. [10]
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