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La nouvelle « Politique forestière » de la Banque mondiale :
Guide à l’intention des ONG
Avril 2003

Original: anglais

Introduction :

          Le 31 octobre 2002, la Banque mondiale a adopté une nouvelle politique sur les « forêts ». À l’issue d’un des processus de consultation les plus longs et les plus controversés que la Banque ait jamais conduits, la politique révisée a été approuvée après deux journées de débats d’une intensité sans précédent au sein du Conseil d’administration de la Banque mondiale, malgré les objections de certains gouvernements. Dans une volte-face par rapport à la politique de 1991, qui avait interdit à la Banque mondiale de financer l’exploitation forestière dans les forêts tropicales primaires humides, la nouvelle politique vise dorénavant à empêcher que toute opération de la Banque ne cause des dommages « significatifs » dans les « forêts critiques », les projets de « récolte commerciale » (exploitation forestière) étant en outre soumis à un processus de certification.

        La plupart des ONG avaient demandé que soit conservée la proscription concernant l’exploitation forestière des forêts anciennes, et que cette proscription soit étendue aux forêts boréales, aux forêts tempérées et aux forêts tropicales sèches. Les ONG craignent fort qu’un manque de clarté dans l’ampleur que doivent atteindre les dommages pour être considérés comme « significatifs », et dans la définition des forêts « critiques », ne permette la mise à exécution de nombreux projets destructeurs. L’absence de garanties efficaces pour la protection des droits des populations forestières vulnérables est une autre préoccupation majeure des ONG. Les protections offertes aux habitants des forêts dans le cadre des projets forestiers n’ont pas été étendues aux habitants des forêts touchés par des prêts concernant des projets non forestiers. La nouvelle politique se repose aussi sur les procédures de la politique sur les habitats naturels qui est actuellement en place, or d’après certains critiques, celle-ci permet en fait la destruction d’habitats critiques, à la discrétion des Vice-Présidents régionaux de la Banque. L’efficacité de la politique sur les habitats naturels n’a jamais été évaluée.

        L’une des questions les plus débattues au sein du Conseil d’administration a été la décision d’appliquer, ou non, cette politique aux prêts d’ajustement structurel et aux prêts programmatiques, qui représentent maintenant plus d’un tiers des prêts de la Banque mondiale. La nouvelle politique ne s’applique pas à ces prêts, mais le Conseil d’administration est parvenu à un compromis, aux termes duquel les Vice-Présidences régionales seront tenues d’obtenir des avis techniques sur tous les prêts de ce type susceptibles d’occasionner des dommages « significatifs » aux forêts. Cette condition ne sera toutefois pas énoncée dans la politique. Comme la nouvelle politique est sujette à controverse, le Conseil d’administration a aussi demandé qu’une étude indépendante de la mise en application de la nouvelle politique soit effectuée dans trois ans (2005).

        Ce briefing – présenté sous la forme d’une série de questions-réponses – est conçu pour aider les ONG, les populations forestières et les peuples autochtones à mieux comprendre la nouvelle politique.

        À quelles institutions la nouvelle politique s’applique-t-elle ? La nouvelle politique, désignée sous le nom de « Politique opérationnelle PO 4.36 », s’applique à  deux  des cinq institutions de la Banque mondiale : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA). Ce sont les principaux organes de la Banque qui prêtent des fonds aux gouvernements.

        La politique ne s’applique pas à l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), ni à la Société financière internationale (SFI). Ces organes de la Banque mondiale traitent avec le secteur privé. En 1998, la SFI a adopté une « politique forestière » qui lui interdit de financer des projets forestiers, ou d’acheter des machines, si ces projets ou ces machines sont liés à une exploitation forestière de forêts tropicales primaires humides.

        À quelles forêts la nouvelle politique s’applique-t-elle ? La nouvelle politique s’applique à tous les types de forêts. Tout projet de l’IDA ou de la BIRD qui est susceptible d’affecter des forêts et/ou des peuples qui dépendent de la forêt, ou de modifier la gestion de forêts et de plantations, est visé par cette politique.

        La politique est-elle obligatoire ?  Oui, la politique est destinée à une application par le personnel de la BIRD et de l’IDA dans tout projet susceptible d’affecter des forêts. Un document intitulé « Procédures de la Banque BP 4.36 » présente les étapes par lesquelles le personnel de la Banque doit passer pour mettre la politique en application. Les pays emprunteurs sont aussi censés observer la politique et, bien entendu, toutes les conditions spécifiques énoncées dans les contrats de prêt. Aux termes de la politique, les emprunteurs sont tenus de se conformer aux accords internationaux applicables dans le domaine de l’environnement qui ont été ratifiés par le gouvernement emprunteur. Si la politique n’est pas respectée, cela pourra donner lieu à une plainte qui sera adressée au Corps d’inspection de la Banque mondiale.

        Quel est le type de participation de la société civile qui est stipulé par la politique ? La politique ne contient aucune condition particulière requérant la participation de la société civile à la conception des projets ou à la planification nationale. En cas de financement par la Banque de projets de « récolte commerciale » (exploitation forestière), la politique prévoit la consultation de groupes de la société civile quant aux normes de certification à utiliser. « Une participation significative des communautés locales touchées » à la gestion de la forêt et au contrôle est requise dans le cadre des programmes de gestion de forêts communautaires. Aucune participation particulière n’est requise pour les autres types de projets.

        La politique est toutefois destinée à être lue conjointement avec les autres politiques applicables de la Banque mondiale. Aux termes de la politique sur les habitats naturels, les emprunteurs sont tenus de « tenir compte des vues, des rôles et des droits des groupes, y compris les ONG et les communautés locales touchées par des projets financés par la Banque, et de faire participer ces gens à la planification, à la conception, à la mise en œuvre, au contrôle et à l’évaluation de ces projets » (PO 4.04 para 10). Aux termes de la politique d’évaluation environnementale, les emprunteurs sont tenus de « consulter » les groupes touchés et les ONG locales « le plus tôt possible » pendant les évaluations. Deux consultations sont nécessaires pour les projets susceptibles d’avoir des impacts majeurs (projets de « Catégorie A ») (PO 4.01 para 15). La politique sur les peuples autochtones exige « la mise en place de mécanismes pour la participation des peuples autochtones » durant tout le cycle du projet (DO 4.20 para 8, 14a, 15d).

        La politique s’applique-t-elle aux prêts d’ajustement structurel et aux prêts programmatiques ? Non. Bien que cela ait été promis durant les phases de consultation, la nouvelle politique ne s’applique ni aux prêts d’ajustement structurel (PAS), ni aux prêts programmatiques. Au lieu de cela, les dirigeants de la Banque affirment que cette question sera traitée dans un document PO révisé sur l’ajustement structurel, qui est actuellement à l’étude. La finalisation de ce document prendra probablement des mois (voire des années). La politique d’ajustement structurel actuelle exige simplement que les impacts sur l’environnement soient pris en compte. Durant les négociations concernant la politique forestière qui ont eu lieu au sein du Conseil d’administration, la Banque mondiale a assuré aux gouvernements membres inquiets que les Vice-Présidents régionaux prendraient des mesures pour déterminer si les prêts d’ajustement sont susceptibles ou non d’endommager les forêts. On ne sait pas très bien quelles sont ces « mesures », ni quelles sont les actions qui s’ensuivraient si des impacts potentiels étaient identifiés.

        La politique s’applique-t-elle aux projets non forestiers susceptibles d’affecter des forêts ? À l’exception des programmes d’ajustement structurel et des prêts programmatiques, la nouvelle politique s’applique effectivement à tous les projets de la BIRD et de l’IDA qui sont susceptibles d’affecter des forêts. La politique exige aussi que les impacts potentiels sur les forêts soient identifiés dans les Stratégies d’aide par pays (CAS) et dans les travaux d’analyse au niveau national, auxquels la Banque se réfère sous le nom d’« Études économiques et sectorielles » (ESW). Si des impacts « significatifs » sont identifiés, ces impacts doivent être « traités de manière appropriée ». On ne sait pas très bien ce que signifie « de manière appropriée ».

        Quelles sont les mesures incluses pour la protection des forêts ? La Banque ne financera pas les projets qui, à son avis, impliqueraient une conversion ou une dégradation « significative » de « forêts critiques » ou d’« habitats naturels critiques ». La Banque a le droit de financer des projets responsables de la destruction d’autres forêts s’il n’y a pas d’alternatives possibles, si l’on estime que les bénéfices l’emportent sur les coûts, et si des mesures d’atténuation appropriées sont en place. La politique invoque à cet égard les dispositions de la politique sur les habitats naturels PO 4.04. Toutefois, PO 4.04 est ambiguë, et semble suggérer que même les habitats naturels critiques peuvent subir un impact, sous réserve de l’autorisation des Vice-Présidents régionaux, même si l’atténuation n’est pas possible.

        La Banque a le droit de financer l’exploitation forestière si celle-ci ne risque pas d’affecter des « forêts critiques » ou des « habitats naturels critiques », dans les conditions suivantes : certification ou plan de certification ; respect des lois nationales ; reconnaissance et respect des modes de faire-valoir et des droits d’usage coutumiers ou figurant dans des documents légaux, ainsi que des droits des peuples autochtones et des travailleurs ; mesures visant à maintenir ou à améliorer des relations communautaires saines et fructueuses et des bénéfices multiples ; conservation de la biodiversité et des fonctions écologiques ; contrôle et évaluation.

        Les plantations sont-elles visées par la politique ? La Banque ne financera pas les plantations impliquant une conversion ou une dégradation quelconque d’« habitats naturels critiques ». Elle préfère ne pas financer les plantations qui nécessitent un déboisement, même minime. Elle demande que des mesures soient prises pour protéger la biodiversité et pour prévenir l’introduction d’espèces envahissantes.

        Quelles sont les « forêts critiques » ? Les forêts critiques comprennent les zones actuellement protégées par des instruments officiels, les zones reconnues comme protégées par des communautés locales traditionnelles (par exemple les bosquets sacrés), et les sites essentiels à la viabilité de ces zones. D’autres zones peuvent aussi être incluses à la suite d’« évaluations systématiques ».

        Quelle doit être l’ampleur des dommages pour que ceux-ci soient considérés comme « significatifs » ? La politique elle-même n’est pas très claire, mais le personnel de la Banque a assuré au Conseil d’administration qu’un Guide [Sourcebook] serait produit, dans lequel une définition serait formulée à peu près en ces termes : « significatif » voudrait dire qu’il y a « élimination ou diminution sévère de l’intégrité d’une zone couverte par une forêt critique … causée par un changement majeur, à long terme, de l’exploitation des terres ou de l’eau ».[1]

        Qui décide quelles sont les forêts « critiques » et quelle doit être l’ampleur des dommages pour que ceux-ci soient considérés comme « significatifs » ? Le personnel de la Banque         . La participation de la société civile à l’identification des forêts critiques n’est pas obligatoire.

        Quel est le type de certification nécessaire pour les projets forestiers ? La certification doit être juste, transparente, indépendante et basée sur une évaluation par un tiers ; elle doit offrir un bon rapport coût-performance, être basée sur des normes de performance objectives et mesurables définies au niveau national, être compatible avec les principes et critères de gestion durable des forêts qui sont acceptés au niveau international, être développée avec une participation significative des populations et des communautés locales et d’autres membres de la société civile, et être conçue de manière à éviter les conflits d’intérêt.

        La politique protège-t-elle les droits des habitants des forêts ? La politique offre une protection limitée aux habitants des forêts. Pour les projets impliquant une exploitation forestière, les emprunteurs doivent prouver la reconnaissance et le respect des modes de faire-valoir et des droits d’usage coutumiers ou figurant dans des documents légaux, ainsi que des droits des peuples et des travailleurs autochtones. Toutefois, aucune disposition équivalente n’est exigée pour la protection des droits des peuples qui dépendent de la forêt dans les programmes de plantation, les programmes de protection des forêts ou les programmes intersectoriels qui ont un impact sur les forêts. Les peuples autochtones sont protégés par une autre politique de la Banque mondiale, nommément DO 4.20.

        Bien que cette condition ait été recommandée, la politique forestière n’exige pas que les emprunteurs respectent les lois internationales de protection des droits de l’homme qui ont été ratifiées par les pays emprunteurs.

LA NOUVELLE « POLITIQUE FORESTIÈRE » DE LA BANQUE MONDIALE (PO 4.36) – RÉCAPITULATION

Ce qu’ont demandé les ONG :[2]

Ce que la Banque a décidé :

Commentaires et actions proposées :

Toutes les institutions de la Banque mondiale : La nouvelle politique devrait s’appliquer à l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale.

La nouvelle politique s’applique uniquement à l’IDA et à la BIRD. (La SFI/la MIGA ont leurs propres règles).

Nous écrivons à la SFI et à la MIGA pour leur demander comment elles ont l’intention de répondre à la nouvelle politique.

Prêts d’ajustement : La nouvelle politique devrait s’appliquer aux prêts programmatiques et aux prêts d’ajustement structurel.

Ce n’est pas le cas, mais le personnel de la Banque mondiale a assuré au Conseil d’administration que les Vice-Présidents régionaux prendraient des mesures pour déterminer si les prêts d’ajustement risquent ou non d’endommager les forêts.

Il faudrait demander à la Banque mondiale comment elle a l’intention de mettre cet aspect en pratique dans ses portefeuilles de prêts régionaux afin de garantir i) l’identification des impacts et ii) la mise en place de mesures d’atténuation.

Intersectorielle : La nouvelle politique devrait être intersectorielle et s’appliquer à toutes les opérations de la Banque mondiale qui touchent les forêts.

PO 4.36 (4). Les impacts éventuels devraient être identifiés dans les         Stratégies d’aide par pays (CAS) et dans les Études économiques et sectorielles (ESW). Procédure de la Banque BP 4.36 (1).         Si des impacts « significatifs » sont identifiés, ces impacts doivent être « traités de manière appropriée ».

Vérifier que des fonds sont disponibles pour les CAS et pour les ESW.

        Que signifie « traités de manière appropriée » ? Ce n’est pas très clair.

Toutes les forêts : La politique devrait s’appliquer à tous les types de forêts.

La politique s’applique à tous les types de forêts. Voir les définitions figurant dans l’Annexe d’PO 4.36.

Aucune autre action n’est nécessaire.

Pas d’exploitation forestière des forêts anciennes : La Banque mondiale ne devrait pas financer l’exploitation forestière dans les forêts anciennes.

PO 4.36 (8). La Banque financera l’exploitation forestière si celle-ci ne risque pas d’affecter les « forêts critiques » ni les « habitats naturels critiques », sous réserve (9) de l’existence d’une certification ou d’un plan de certification. La certification doit exiger : respect de la loi ;         reconnaissance et respect des modes de faire-valoir et des droits d’usage coutumiers ou figurant dans des documents légaux, ainsi que des droits des peuples autochtones et des travailleurs  ; mesures visant à maintenir ou à améliorer des relations communautaires saines et fructueuses et des bénéfices multiples ; conservation de la biodiversité et des fonctions écologiques ; contrôle et évaluation.

PO 4.36 (11). La certification doit être juste, transparente, indépendante et basée sur une évaluation par un tiers ; elle doit offrir un bon rapport coût-performance, être basée sur des normes de performance objectives et mesurables définies au niveau national, être compatible avec les principes et critères de gestion durable des forêts qui sont acceptés au niveau international, être développée avec une participation significative des populations et des communautés locales et d’autres membres de la société civile, et être conçue de manière à éviter les conflits d’intérêt.

Problèmes clés :

- comment les « forêts critiques » seront-elles identifiées ? Selon la définition c. figurant dans l’Annexe de PO 4.36, les forêts critiques         comprennent les zones protégées par des instruments officiels et les zones protégées par des communautés locales, par exemple les bosquets sacrés. Les processus participatifs ne sont pas obligatoires pour l’identification des zones « critiques ».

- aux termes de 9b, la Banque a le droit de financer un projet destiné à être mis à exécution dans une forêt, même si ce projet n’a pas encore satisfait aux conditions relatives à la certification, sous réserve de l’existence « d’un plan d’action en plusieurs phases, pour lequel une échelle de temps a été définie et qui est acceptable par la Banque pour l’obtention de la certification ». On ne sait pas très bien ce que cela signifie en pratique.

- quelles sont les normes de certification qui seront effectivement reconnues ? Les faits permettent de soutenir qu’à ce jour, seules les normes du Forest Stewardship Council (FSC) satisfont aux critères de PO 4.36 (11), et ce dans très peu de pays.

Pas de déboisement pour les plantations, ni de préjudices sociaux résultant des plantations : La Banque mondiale ne devrait pas financer de monocultures industrielles à grande échelle.

PO 4.36 (7). « La Banque ne finance pas les plantations impliquant une conversion ou une dégradation quelconque d’habitats naturels critiques, y compris d’habitats naturels adjacents ou situés en aval ». La Banque préfère éviter le déboisement pour l’établissement de plantations.

Le manque de protections sociales pour les programmes de plantation est inquiétant. En outre, l’emploi d’un langage faible permet effectivement le déboisement pour les plantations, si la forêt n’est pas considérée comme une « forêt critique ».

Pas d’impacts intersectoriels sur les forêts anciennes : La Banque mondiale ne devrait pas financer les projets qui ont un impact négatif sur les forêts anciennes.

PO 4.36 (5). « La Banque ne financera pas les projets qui, à son avis, impliqueraient une conversion ou une dégradation significative de forêts critiques ou d’habitats naturels critiques ».

Même remarque que ci-dessus concernant l’identification des forêts critiques. La politique sur les habitats naturels         est ambiguë, et semble suggérer que les habitats critiques peuvent subir un impact, sous réserve de l’autorisation des Vice-Présidents régionaux.

Protéger les droits des populations forestières : Les droits des peuples qui dépendent de la forêt, surtout les droits relatifs à l’occupation des terres, devraient être protégés.

Selon PO 4.36 (3b), la politique s’applique à tous les projets qui ont des conséquences sur la dépendance des populations vis-à-vis des forêts. Toutefois, bien que les droits, y compris les droits relatifs à l’exploitation des terres, soient protégés dans les projets d’exploitation forestière financés par la Banque [PO 4.36 (8-12)], ils ne le sont pas dans les programmes de plantation (7), dans les programmes de protection (3c.), ni dans les projets intersectoriels (5, 6).

Demander pourquoi il existe une telle incohérence dans les normes de la Banque mondiale. Pourquoi des normes plus sévères sont-elles en place pour la protection des droits des populations forestières dans les opérations d’exploitation forestière, mais pas dans tous les autres projets de la Banque mondiale qui touchent les forêts et les populations  forestières ?

Participation : Les processus nationaux relatifs aux forêts doivent être inclusifs et participatifs.

PO 4.36 (11). La participation est obligatoire uniquement pour la certification    ou (12a.) pour les forêts communautaires – sinon, la forme de participation est déterminée par PO 4.01 (Évaluations environnementales), par PO 4.04 (Habitats naturels), et par DO 4.20 (Peuples autochtones).

Il faut examiner le processus PROFOR.

L’absence de garanties obligatoires concernant la participation au niveau national est décevante ; cela n’aidera pas à définir les « forêts critiques » ni à garantir la prise d’engagements, par exemple dans les Stratégies d’aide par pays (CAS).

Respect de la législation de protection des droits de l’homme : La Banque ne devrait pas financer les projets qui enfreignent la législation en vigueur visant à protéger l’environnement et les droits de l’homme.

PO 4.36 (6). La Banque ne finance pas les projets qui enfreignent les accords internationaux en vigueur visant à protéger l’environnement.

La Banque a d’abord supprimé entièrement cette clause, puis elle a décidé de n’y faire figurer que la législation de protection de l’environnement, car elle craint vraiment de se voir liée par la législation de protection des droits de l’homme. Il s’agit là d’un domaine de travail majeur pour les futures campagnes.

Marcus Colchester
Le 8 avril 2003



[1] Banque mondiale, 31 octobre 2002, Stratégie forestière révisée pour le Groupe de la Banque mondiale : Réponses du management aux commentaires et suggestions des Directeurs exécutifs [Revised Forest Strategy for the World Bank Group : Management Responses to Executive Directors’ Comments and Suggestions].

[2] Ces ONG comprennent le World Rainforest Movement (WRM), les Réseaux de ressources techniques (TRN) et la majorité des autres ONG. Le WWF et l’UICN ont adopté une autre position vis-à-vis de la cinquième disposition, en encourageant la Banque à s’engager de nouveau dans l’exploitation forestière sous réserve de certification, dans toutes les forêts sauf « les forêts critiques aux plans environnemental et social ».

 

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