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Etude sur l’impact affectant sur les peuples
autochtones
par Projet No. 1039-RW financé par la Banque Mondiale
dans la Préfecture de Gisenyi-Rwanda
par Kalimba Zephyrin
Président de la CAURWA
Workshop sponsored by:
Forest Peoples Programme
Bank Information Center
C S Mott Foundation
International Work Group for Indigenous Affairs
Environmental Defense Fund
Rainforest Foundation UK and USA
Swedish Society for Nature Conservation
I Introduction
Le Rwanda est un
petit pays situé au coeur de l ‘Afrique dont la superficie est de 26.338 km².
Pays au pretemps perpétué actuellement reconnue à cause des événements
sanglantes de 1994 suite au génocide qui a ravagé plus d’un million des
Rwandais. Au Nord il y a la République Ougandaise, au Sud BURUNDI, à l’est la
TANZANIE à l’ouest la République Démocratique du CONGO-KINSHASA (ex- ZAIRE).
Actuellement le RWANDA compte 7 ,5 millions d’habitants, soit une densité
moyenne de 208 habitants au km². 90% de cette population vit essentiellement de
l’agriculture. Parmi la population du Rwanda, on compte trois composantes
sociales, l’histoire du Rwanda trace son peuplement à des méandres de grandes
migrations à partir des environs du 11 siècles. Ces migrations menent les
Bahutu des rives du lac Tchad et les Batutsi du haut plateau Abyssin. Ces deux
peuples venus respectivement à la recherche de nouvelles terres cultivables et
à la conquête de nouveaux espaces libres pour pâturages trouvent les
autochtones (Batwa) qui vivent avec ce nature met à leur disposition c’est à
dire les produits de chasses, les fruits, les racines etc.
Les Batwa dont
cette étude s’oriente sont d’origine pygmoïdes. Avant la guerre de 1994, les
Batwa étaient au nombre de 30.000 personnes, 10.000 personnes c.à .d 30%
sont péris pendant cette guerre. Aujourd’hui, nous avons plus de 2.500 qui croupissent
dans les prisons dont 3 seulement sont comparus devant les tribunaux jusqu’à
présent. On remarque bien qu’on entend jamais parler des Batwa morts au niveau
national qu’international !
Il existe trois
catégories des Batwa à savoir :
· Les
Batwa Forestiers qui vivent de la chasse et de la cueillette trouvable au
nord-ouest du pays dans les préfectures de Ruhengeri tout près des volcans et à
Gisenyi à la lisière de la Forêt de Gishwati.
· Les
Batwa Potiers, Agriculteurs-éléveurs trouvable au centre du pays, préfecture
Gitarama et autres préfectures restantes du pays.
·
Les Batwa riverains trouvable dans la
préfecture de Kibuye.
Cette ethnie
minoritaire des Batwa représente un groupe marginal à l’intérieur de la Société
Rwandaise. Depuis le temps de la monarchie jusqu’aujourd’hui. Les Batwa sont
considérés par les deux autres composantes de la société comme les retardés
mentaux présentant un grand défit intellectuel. Ces préjugés restent enracinés
dans la mentalité Rwandaise et sont perçus encore actuellement comme
« normaux » et « inévitables. Par ce fait, les Batwa ont été
toujours objet de mépris et de rejet par les deux autres composantes de la
société Rwandaise. Jusqu’aujourd’hui, on note une négligence de
l’administration dans l’encadrement et l’intégration systématique des Batwa
dans les programmes du développement socio-économique, technique et culturel
dont les effets se traduisent par la minorisation et l’isolement de cette race.
Pour ce fait, les
Batwa reconnaissent des problèmes sans solutions : l’indigence, le manque
de propriété terrienne, la carence alimentaire chronique, le manque d’abris
solides, les conditions hygiéniques précaires, l’absence d’(in-) formation, la
non scolarisation des enfants, la non accessibilité aux soins de santé, etc.
II Brève présentation
de la CAURWA
Après tant
d’années, dans l’oubliette de la scène sociopolitique et économique du Rwanda.
La conscience de l’autochtones se réveille en 1991, avec la création de
l’Association pour la Promotion des Batwa (APB) en en 1993 une autre
association, Association pour le développement global des Batwa du Rwanda
connaître le jour pour épauler la première-née dans son effort global de
promotion de la condition des autochtones. Ces deux associations visent
l’émancipation et l’intégration sociopolitique et économique de l’autochtone
rwandais depuis longtemps mis à l’écart par les cohéritiers HUTU et TUTSI. Pour
harmoniser et mieux coordonner leurs programmes mais surtout pour éviter des
rivalités potentielles ou des luttes d’influence (pour avoir un même groupe
cible)
En mai 1995, les
deux associations ont décidé de se retrouver dans une structure de
coordination, la CAURWA (Communauté des Autochtones du Rwanda) ouvre ses portes
à des initiatives analogues dans le futur pour mieux servir, la cause de
l’autochtones rwandais.
Depuis sa
création, la CAURWA poursuit la noble mission d’organiser à une auto prise en
charge, en essayant de les ouvrir à d’autres nouvelles opportunités
socio-économiques.
Objectifs de la CAURWA
· susciter la concertation et la complémentarité
entre association membres dans leur intervention
· ressembler les organisations Twa
travaillant pour la défenses des droits, la promotion des autochtones du Rwanda
· coordonner et soutenir les programmes des
susdites associations
· servir de lobby pour la négociation des
fonds pour ses associations
· mener un suivi de l’exécution budgétaire
des projets dont elle a négocié les financement
· soutenir et favoriser la création des
organisations régionales et locales .
· aider à la structuration et l’organisation
interne (procédure) de ses membres.
Actuellement 4
autres associations Batwa ont sollicité l’adhésion à la CAURWA à savoir PFN,
VOFAR, AIMPO, FERWAO, notre coalition va probablement vaincre nos problèmes
avec l’intervention des Bienfaiteurs et l’Etat.
III Situation
actuelle des Batwa en general
Plan politique
Les Batwa depuis
longtemps ont été méprisés considérés par les deux autres composantes de la
société Rwandaise comme des retardés mentaux présentant un grand défit intellectuel,
bien que 98% parmi eux ne pas fréquenté l’école, mais il y a cas même 5 Batwa
qui ont fréquenté l’université mais réellement ils ne sont pas intégrés dans
l’administration, aucun conseiller communal, Bourgmestre, Sous-préfet, Député,
Secrétaire d’Etat ni Ministre. Aucun Mutwa qui travaille dans les insistance
juridique, même la politique des agglomération n’intègre pas les Batwa suite au
manque d’interlocuteur. Les Batwa ne sont pas retenus parmi les rescapés au
Rwanda.
Ils ne pas de
parcelles, celui qui veut habiter dans une agglomération doit faire l’échange
de terre avec celui qui dispose sa parcelle à l’endroit où on va installer
l’agglomération. Il doit se construire sa maison alors que les Batwa n’ont pas
de terre ni argent. La phase d’urgence après la guerre n’a pas touché aux
Batwa. Aujourd’hui, nous sommes dans la phase de développement, mais les
pauvres Batwa reste toujours dans l’impasse !
La commission de
droit de l’homme et celle de la réconciliation nationale n’intègre pas les
Batwa dans leurs programmes, malgré que les Batwa ont quelques questions sur le
programme de la réconciliation, parce que les Batwa n’ont jamais eu des
entecedents contre les Hutu et Tutsi, même ce qui s’est passé en 1994, les
Batwa n’en savaient rien, car il n’y avait pas aucun Mutwa dans
l’administration du pays.
Situation sociale
Au Rwanda, les
Batwa ont toujours été sujets de préjugés raciaux et de mépris. Comme nous
l’évoquons à plusieurs reprises, ils sont considérés comme des marginaux, des
primitives, avec lesquels on ne peut pas partager du repas, ni boisson.
Les Batwa qui
affirment vivre en bonnes relations avec leurs voisins, sont ceux qui offrent
leurs services et qui reçoivent en contrepartie de la nourriture et / ou
de l’argent. En général, une tradition ancrée dans la culture exige que pour
entretenir de bonne relations il faut donner quelque chose aux voisins, en
général de la bière. Or les Batwa sont indigènes et ne peuvent pas (ou plus) à
leur voisins l’hospitalité. Il en découle qu’il n’invitent plus leurs voisins
et ceux-ci les méprisent et les marginaliser.
Ainsi, les Batwa,
eux aussi, se retirent de la société et se tiennent à l’écart, le dialogue avec
les membres d’autres ethnies devient difficile sauf 35% ont des bonnes
relations avec les autres ethnies et se sont mariés avec les Hutu ou Tutsi.
Aujourd’hui, pour
trouver un simple emploi comme manoeuvre au chantier, il faut absolument offrir
quelque chose (pourboire) au chef de chantier, or les Batwa n’ont rien raison
pour laquelle les Batwa ne peuvent pas trouver de tel emploi, même si vous
n’avez pas de relation familiale avec les hautes personnalités qui peuvent
pousser votre demande d’emploi, vous restez chômeur.
Remarque bien que
aussi si un Mutwa intellectuel ou bien habillé, s’il passe là où on le connaît,
on le pointe le doigt en cachette en disant : est-ce que tu peux savoir
que celui-là un Mutwa ?
Le mariage
Le mariage entre
Batwa et des membres d’une autre ethnie sont quasi-inexistants. Même si des
intellectuels Batwa épousent de temps à autres une fille appartenant à une
autre ethnie, les hommes Hutu ou Tutsi n’épousent pas une fille Mutwa. Ainsi
les Batwa se marient principalement entre eux et souvent même à l’intérieur de
leur propre famille.
Nous évoquions le
fait que des hommes Hutu ou Tutsi ne voulaient pas se marier avec des filles
Batwa. Ceci ne les empêche pas pourtant qu’ils continuent à violer les filles
Batwa sous prétexte qu’ils « se font soigner le dos » . Dans la
tradition rwandaise, en effet, tout homme qui avait mal au dos devait se
coucher avec une femme Mutwa pour qu’il soit le plus rapidement possible guéri.
Ainsi le viol des femmes ou des filles Batwa, sous prétexte de
«thérapie », est une autre expression du mépris de la majorité envers une
minorité ethnique.
La question de
mariage est délicate, bien qu’aujourd’hui il y a plusieurs filles TWA qui vont
en ville pour chercher l’emploi (comme Yaya). Alors un Hutu ou Tutsi qui ne les
connaissent pas peuvent se marier avec elles.
En allant rendre
visite la famille de la fille, si son marié remarque qu’elle est originaire de
la famille Twa, il divorce et laisse les enfants à la femmes afin que ses
camarades ne sachent pas qu’il s’est marié avec une femme Mutwakazi. Sauf si la
femme a des parents qui ont des moyens (belle maison, emploi, terre, mais qui
ne pratiquent pas la poterie.
Avant, nos
grands-pères n’avaient pas de mêmes problèmes, les familles Batwa vivaient en
groupe même dans fa forêt.
Du point de vue habitation
Les habitations
des Batwa sont très médiocres et leur hygiène laisse à désirer. La plupart des
maisons sont des taudis très exigus avec des toitures et des mures troués.
Généralement elles sont en paille. Les fenêtres n’existent pratiquement pas
d’où manquent d’aération.
Les maisons des
Batwa sont pauvrement équipées de chaises, les personnes s’asseyent sur des
nattes, des morceaux de bois, sur des pierres ou tout simplement sur le sol.
Situation économique
Les Batwa n’ont
pas de ressources financières et matérielles suffisantes. La majorité des Batwa
vit dans une pauvreté extrême. N’ayant pas fait d’études, ils sont sans emploi
régulier et rémunéré. Ils vivent essentiellement de la poterie, activité
journalière de tous les hommes, femmes et enfant. Le matin, ils vont à la
recherche de l’argile qu’ils trouvent difficilement.
La poterie étant
la seule source presque exclusive des revenus, les cruches et les marmites
n’ont plus de marché suite à la concurrence des produits en aluminium et en
plastique beaucoup plus appréciés par la population. L’activité principale des
Batwa est ainsi menacé, sans solution alternative évidente, puisque beaucoup
d’entre eux n’ont pas de terre à cultiver. Une solution possible partiellement
réside dans l’amélioration de la poterie, par la formation des Batwa aux
techniques de la céramique, mais tout un programme est nécessaire.
La question artisanale se pose tout spécialement pour les
Batwa qui ne pratiquent même aucun artisanat spécifique, sauf la fabrication de
leurs armes (arcs, flèches et lances), et des instruments musicales tels que
Umuduri ; Ikembe, Iningiri et Inananga. Même s’ils étaient spécialisés
dans la récolte de certaines lianes de la forêts qui a un certain moment ont
constitué leur principale source de revenus (imise). Dans le pays, aucun Mutwa
qui possède un véhicule, une moto, une maison cadastrale ou en étage.
Agriculture
La mentalité
traditionnelle des Batwa est hostile à l’agriculture. Considérée comme activité
méprisable, il est dès lors très difficile pour eux d’accepter de s’y
consacrer. C’est pour cela qu’un d’un premiers problèmes constatés été que
beaucoup de familles Batwa ont donné une grande part de leurs terres en
location à d’autres paysans.
C’est pourquoi un
suivi intensif en ce domaine est absolument nécessaire, sensibilisation des
Batwa pour ne pas donner leurs terres en location (surtout que le prix payé est
souvent dérisoire, quelques cruches de bière), menaces pour les familles
prenant ces terres en location, crédits semences, et leur terre est devenue
alabre à cause de manque de fumier.
Emploi
La quasi totalité des Batwa ne survit la plus grande partie
de l’année qu’en travaillant pour d’autres familles. La population est habituée
à les appeler pour certains travaux où ils sont efficaces, comme le gardiennage
des cultures ou les récoltes ou les transports des bagages. Alors que le
salaire minimum mensuel est de 3.500 Frw, ils ne touchent rarement plus que
1000 Frw et quelques bouteilles de bière. Le plus souvent, ils sont rémunérés
en vivres pour la journée. La solution à apporter à ce vide, est que les
projets utilisant une main d’oeuvre importante puissent engager un certain
nombre de Batwa dans les conditions de rémunération normales, plantation de
thé, reboisement, gardiennage de vaches, pharmacopée, sylviculture, etc.).
Scolarisation
Le recensement e
1991 a montré de manière générale que 77% des Batwa étaient analphabètes, 48 %
dans le reste de la population) et que des enfants Batwa ne sont pas
scolarisés. La non scolarisation des Batwa s’explique par le fait que les
parents analphabètes ne comprennent pas la nécessité que les enfants aillent à
l’école d’où ils ne stimulent pas leurs enfants. Même ceux qui entrent ne
terminent pas suite au mépris du maître et des camarades de classe. Et ce
mépris se justifie parce que les enfants des Batwa sont mal nourris, mal
habillés, pas propres et craintifs vis-à-vis des autres enfants du fait de
l’isolement dont sont victimes les Batwa.
Concernant le
matériel scolaire, les Batwa n’ont pas de propriété d’où ils sont pauvres. De
ce fait, ils ne parviennent pas à acheter pour leur enfants tout le matériel
nécessaire (tenue d’uniforme, cahiers, bics, etc.). Certains enseignants
contribuent aussi au découragement des enfants Batwa à faire l’école car au
lieu de corriger convenablement une faute commise par les enfants Batwa,
prétendront que ces enfants sont des « bons à riens », qu’ils
souffrent du déficit mental, qu’ils sont des retardés mentaux.
Tous ces faits
réunis font que les Batwa n’ont pas d’envie d’aller à l’école. Le peu qui
arrivent sont poussés par les autorités locales pour faire respecter la loi qui
dit que l’enseignement primaire est obligatoire à tout enfant rwandais âgé de 7
ans. Notons que l’ignorance des Batwa qui ne leur permet pas de faire inscrire
leur enfants dans les cartes d’identité voire même dans les registres communaux
dans les communes d’origine empêche à pas mal d’enfants à fréquenter l’école.
Santé
Dans le domaine
de la santé, les Batwa sont aussi défavorisés. Pour des raisons d’ignorance et
de pauvreté. Ces derniers n’ont pas d’accès aux systèmes de soin de santé
primaire. Ils ne se font soigner i ne font soigner leurs enfants, ils ne
bénéficient pas de vaccins disponibles, ils ne sont pas sensibilisés sur la
nécessité d’eau potable et d’hygiène, n’ont pas de possibilité d’information
sur les possibilités de protection maternelle et infantile.
De ce fait, on
enregistre beaucoup de décès chez les Batwa qui pourraient être évités soit par
la vaccination, soit par le traitement des maladies par les médecins.
Concernant le
traitement des maladies, il faut noter que les Batwa et leurs enfants malades
ne peuvent pas se faire soigner dans une dispensaire. Ils espèrent que la
maladie va se guérir par soi-même ou pratiquent l’automédication. Ceux qui
arrivent même à aller à l’hôpital ne peuvent pas s’acheter des médicaments.
Pour les femmes
enceintes, selon l’enquête sur la situation socio-économique des Batwa, elles
ne fréquentent pas les centres de santé et ne sont pas vaccinées contre le
tétanos et elles accouchent essentiellement à domicile.
La vaccination
des enfants est aussi à un niveau très bas, ceci du fait que la campagne de
vaccination n’atteint pas les Batwa dans leur isolement. Du fait de ne pas
avoir bénéficié de la vaccination contre les maladies les plus dangereuses
(tétanos, coqueluche, rougeole, poliomyélite etc.), le taux de mortalité
infantile des Batwa est très élevé.
Du point de vue alimentaire
Les Batwa sont
soumis à de grandes difficultés dans le domaine de l’alimentation et de la
nutrition. Les problèmes de l’alimentation en quantité et en qualité se posent
avec acuité.
Pourtant leurs
activités professionnelles (poterie, transport de l’argile, transport des
marchandises du reste de la population) demanderaient un apport calorifique
considérable. Les enfants des Batwa souffrent de malnutrition chronique. Du
fait de ne pas avoir pratiqué l’agriculture et l’élevage faute de propriété
terrienne (foncière), ils doivent se procurer toutes les denrées alimentaires
au marché ou chez les voisins, alors qu’ils n’ont pas assez d’argent.
Du point de vue eau potable
Non seulement,
ils ont des problèmes d’accès à l’eau potable comme les autres habitants du
fait d’habiter dans les coins retirés, mais aussi ils ne connaissent pas la
nécessité d’utilisation d’eau insalubre.
Du point de vue hygiène
La majorité des
Batwa ne connaissent pas l’importance de se laver et de laver les enfants.
Selon l’enquête faite sur la situation socio-économique des Batwa dans la ville
de Kigali, 55,37% des Batwa ne se lavent jamais sinon une ou deux fois par semaine.
Ce pourcentage concerne les Batwa civilisés qui vivent en villes. A la
campagne, la situation est dramatique.
Les Batwa n’ont
pas de possibilité de s’habiller. La majorité n’a pas suffisamment d’habits
pour de vêtir et pour changer et ainsi se laver. Leurs enfants portent rarement
des habits et cela justifie la fréquence des maladies pulmonaires dont sont
victimes les Batwa. Les souliers ne font pas leur souci étant considérés comme
un objet de luxe pour les riches.
Savoirs des Batwa
Appartenance religieuse
Les Batwa croient
en un dieu unique (Imana) qui a créée tout (la terre, les hommes, le ciel, etc.),
il est capable de tout faire.
Le message des
Batwa à Imana passe à travers le culte de KUBANDWA au cours duquel on implore
le secours de l’ancêtre RYANGOMBE qui transmettra le message à Imana (quand il
s’agit de guérir un malade, lorsqu’une femme est enceinte, à l’occasion d’un
mariage qui est proche, etc.). Pendant les cérémonies, on tue un mouton qui
fait l’objet d’offrande à Imana, le mouton étant considéré comme un animal
sacré chez tous les Rwandais du fait de sa gentillesse (on l’appelle aussi
Imana). Notons que le mouton est le seul animal domestique qui soit consommé
exclusivement par les Batwa, les autres composantes de la société Rwandaise
s’en moquent prétextant qu’ils ne peuvent pas partager la viande avec les Batwa
(Ceci n’est plus valable actuellement).
Il existe un lieu
étroit entre la terre, la nature et les Batwa. Notre philosophie est que les
BATWA et la terre forment un même corps.
Concernant les savoirs écologiques, les Batwa n’ont pas
appris l’écologie, la sociologie ni l’anthropologie, ils sont nés écologistes.
Vivant en parfaite harmonisation avec la nature et ses écosystèmes, les Batwa
savent communiquer avec l’espèce animal par son bruit, par l’odeur senti à son
passage ou par les empreintes laissés à son passage. Ils connaissent bien les
espèces rares que ce soient les animaux ou les plantes. En dépit de
connaissances modernes, les Batwa savent depuis longtemps distinguer les
différentes saisons de l’année à partir des différentes positions de la lune
dans le ciel et des différents changements climatiques. C’est ainsi que l’année
était subdivisée en quatre saisons : hiver (Itumba), début mars fin main, été (Impeshyi) début juin- fin septembre, automne (umuhindo) début octobre-fin décembre, printemps (urugaryi), début janvier fin février. La
présence des Batwa dans la forêts n’a jamais perturbé la biodiversité. Ils ont
toujours vécu en harmonie avec les écosystèmes de la nature.
S’agissant de
leurs activités journalières, la poterie constitue presque exclusivement le
seul métier de subsistance des Batwa Potiers. Cette activité comprend trois
étapes, la recherche de l’argile, le travail des pots et marmites et puis on
les brûle pour les vendre après. Bien qu’ils semblent travailler ensemble, les
Batwa n’aiment pas le travail communautaire. Le mari, la femme, l’enfant plus
de 15 ans travaillent ensemble, mais l’un indépendamment de l’autre. C’est à
dire, chacun à ses propres pots.
L’éducation
Les enfants
vivent sous le même toit que leurs parents. A bas âge, la mère porte son bébé
sur le dos, couvert d’une peau de mouton. C’est elle qui le nourrit. L’enfant
est tenu à obéir à ses parents et voisins. Il apprend les habitudes et les
activités de ses parents (poterie, chasse), en observant ce qu’ils font et
comment ils le font. Il a aussi le temps de rencontrer les autres enfants Batwa
pour changer des idées.
Les Batwa sont
monogames. Ils sont démocrates de nature. La vérité (toute) est monnaie
courante et pas de chef. Les décisions sont prises en famille ou dans le
quartier en tenant compte de la majorité des hommes et femmes confondus. La
délégation d’une seule personne pour présenter un groupe n’est pas admise chez
les Batwa (il faut au mois deux personnes).
La transmission des connaissances
Maintes fois le
message des Batwa passe à travers la chanson et la danse (loisir favori des
Batwa) ou par des comptes des anciennes histoires faites par les personnes
âgées surtout le soir, autour du feu, d’autant qu’ils aiment vivre en petit
groupes ne dépassant pas 30 familles.
III Projet financé
par la Banque Mondiale, son impact affectant les peuples autoctones Batwa pygmées
dans la région de Gisenyi
Rwanda en 1981 au 1993
Préfecture de Gisenyi
La préfecture de
Gisenyi se localise au nord-ouest du Rwanda. Une partie de ses limites touche à
la République Démocratique du CONGO.
Depuis longtemps,
cette préfecture abritait beaucoup d’indigènes TWA forestiers (pygmées) qui
survivaient de la chasse et de la cueillette. Ils vivaient dans la forêt
naturelle de Gishwati et des volcans. En 1967, la Banque mondiale et le Fond
Européen de développement avaient instauré un projet d’élevage et de culture
des pommes de terre dans cette forêt. Comme conséquence, les pygmées ont été
chassés de cette forêt sans indemnisation. Ces innocents vulnérables se
trouvèrent obligés de s’installer à la lisière de cette forêt. On ne leur a pas
au mois engagés pour garder ce cheptel ou ces pommes de terre ! Ils ont
été chassés sans avoir été avertis. Après avoir installé leur cheptel et planté
les pommes de terre, on ne leur a donné ni abri ni terre ni nourriture alors
qu’ils n’étaient pas habitués à une vie exempte de chasse et de cueillette.
Problematique des études
Comme nous
l’avons souligné ci haut, les Batwa constituent une ethnie très minoritaire,
négligé dans tous les secteurs de développement.
Considérés comme
des arriérés mentaux par préjugés, ces derniers ne fréquent pas l’école. Même
ceux qui entrent ne terminent pas suite au mépris du maître et des camarades de
classe. Et ce mépris se justifie parce que les enfants des Batwa sont mal
nourris, mal habillés, malpropres et craintifs vis-à-vis des autres enfants du
fait de l’isolement dont sont victimes les Batwa.
En plus du
mépris, les parents Batwa analphabètes ne comprennent même pas la nécessité que
des enfants aillent à l’école d’où ils ne stimulent pas leurs enfants.
Concernant le
matériel scolaire, les Batwa n’ont pas de propriété d’où ils sont pauvres. De
ce fait, ils ne parviennent pas à acheter pour leur enfants tout le matériel
nécessaire (tenus d’uniforme, cahiers, bics, etc.)
Certains
enseignants contribuent aussi au découragement des enfants BATWA à faire
l’école car au lieu de corriger convenablement une faute commise par les
enfants Batwa, prétendront que ces enfants sont des « bons à rien »,
qu’ils souffrent du déficit mental, qu’ils sont des retardés mentaux. Les
enseignants se sentent comme gênés par la présence des enfants Batwa dans leur
classes.
Tous ce faits
réunis font que les Batwa n’ont pas d’envie d’aller à l’école. Le peu qui
arrive à entrer sont des poussés par les autorités administratives locales pour
faire respecter la loi qui dit que l’enseignement primaire est obligatoire à
tout enfant rwandais âgé de 7 ans.
Dans le domaine
de la santé les Batwa de Gisenyi sont aussi défavorisé pour des raisons
d’ignorance.
Introduction
Ce projet a été
lancé le 05/06/1980 avec les objectifs d’élevage et la foresterie. Le coût
total de ce projet était de 21.000 millions de dollars américains (crédit de la
Banque Mondiale).
Ce projet a pris
fin en 24.03.1987.
Les PCR ont
collaboré pour préparer ce projet dont l’objectif était de développer
l’agriculture en Afrique et y installer les bureau.
La première phase
et la 3ème phase ont bien atteint à ses objectifs, car la 2ème phase a manqué
du personnel car il fallait recruter les étrangers
Objectif du Projet
L’ objectif du
projet était d’aider le Gouvernement rwandais dans le domaine d’élevage,
agriculture, la foresterie ainsi que la distribution des produits
phytosanitaire des forêts. Comme au Rwanda il avait peu de forêts, ce projet devrait
planter beaucoup de forêt car les forêts sont nécessaires pour les Rwandais car
elles sont utilisées pour de différentes fins à savoir : le bois de
chauffage, les charbons, arbres pour la construction des maisons et des planches.
Peuples tribaux dans les projets financés par la Banque Mondiale
La Déclaration
(OMS) donne les caractéristiques des peuples Tribaux comme suit :
Le terme
« Peuple tribal » se réfère ici aux groupes ethniques, typiquement
avec des systèmes économiques stables, qui utilisent pu d’énergie, et à
rendement soutenu comme il en est le cas pour les chasseurs-cueilleurs,
agriculteurs semi permanents ou de culture itinérante, éleveurs ou pêcheurs.
Ils manifestent, à des degrés différents, les
caractéristiques suivantes :
·
isolés
ou semi isolés géographiquement ;
·
non
acculturés ou seulement partiellement acculturés dans les normes sociales de la
société dominante ;
·
Avec
un système non monétisé ou partiellement monétisé, production en grande partie
pour la subsistance, et indépendants du système économique national ;
·
Ethniquement
distincts de la société nationale ;
·
Analphabètes
et sans langage écrit ;
·
Linguistiquement
distinct de la société dans l’ensemble
·
S’identifiant
de près à un territoire particulier ;
·
Ayant
un style de vie économique largement dépendant de l’environnement naturel
spécifique ;
·
Possédant
un leadership tribal, mais avec peu ou pas de représentation national et peu,
si jamais il y en a, de droits politique comme individus ou collectivement,
partiellement parce que qu’ils ne participent pas dans le processus
politique ; et
·
Ayant
droit de bail impécis sur leurs terres traditionnelles, qui en grande partie
n’est pas accepté par la société dominante ni reconnu par leurs cours ; et
disposant de faible capacité d’imposition contre ceux qui empiètent sur leurs
droits, même quand les régions tribales ont été délimitées.
Politique générale de la Banque Mondiale
Comme politique
générale, la Banque n’assiste pas les projets de développement qui, sciemment,
impliquant l’empiètement sur les territoires traditionnels utilisés ou occupés
par des peuples tribaux à moins qu’ils ait des garanties suffisantes. Dans ces
cas où les changements environnementaux et :ou sociaux promus à travers
les projets de développement peuvent occasionner des effets indésirables pour
les peuples tribaux, le projet devrait être conçu de manière à prévenir ou
minimiser de tels effets. La Banque financera des projets seulement quand elle
est satisfaite que l’emprunteur ou l’agence gouvernementale correspondante
soutient et peut appliquer les mesures qui vont effectivement sauvegarder
l’intégrité et le bien-être des peuples tribaux . Les mesures à chaque extrême
devraient être évitées ; soit celles qui perpétuent l’isolement par
rapport à la société nationale et aux services sociaux dont on a besoin ou
celles promouvant une acculturation forcé et accélérée, qui ne convient pas au
bien-être futur du peuple tribal affecté. La Banque ne serait pas préparée à
assister avec un projet s’il apparaît que les sponsors du projet avait
« fait évacuer » les zones d’un peuples tribal par la force.
Les projets de
développement ayant des groupes tribaux dans leurs zones d’influence doivent
garantir suffisamment de temps et des conditions d’acculturation. De tels
projets exigeront une composante tribale ou un programme parallèle qui
inclut :
·
la
reconnaissance, délimitation et protection des régions tribales disposant de
ces ressources exigées pour soutenir les moyens traditionnels d’existence du
peuple tribal ;
·
services
sociaux appropriés qui s’accordent avec le statut d’acculturation de la tribu,
en incluant particulièrement la protection contre les maladies et la
maintenance de la santé ;
·
la
maintenance, jusqu’à la mesure souhaitée par le tribu, de son intégrité
culturel et la personnification de cela ;
·
un
forum pour la participation du peuple tribal dans les décisions qui affectent
et prévoyant le jugement et la réparation de torts. Il faudra reconnaître que
dans certains cas le temps exigé pour acculturation dépassera la période du
projet sous la surveillance de la Banque. Un engagement est nécessaire pour que
cette exigence soit honorée.
Au cours de
l’identification du projet le nombre approximatif, location, et degré
d’acculturation des peuples tribaux dans la région du projet devraient être
établis. L’agence gouvernementale et ses procédures, programmes, législation et
plans pour de tels peuples devraient être déterminés. Le statut de démarcation
et délimitation des terres appartenant au peuple tribal et leur mise en
application devrait être esquissés.
La composante
tribale est mieux conçue avant ou pendant la préparation du projet. Ceci est
basé sur les informations fournies par l’agence gouvernementale correspondante,
résultat des études de préfaisabilité et :ou anthropologiques et des
visites sur terrain, y compris des procédures consultatives nécessaires pour
garantir la participation des personnes affectées. L’agence gouvernementale en
question devrait être renforcée, comme nécessaire, pour qu’elle puisse mettre
en application la composante tribale d’une manière satisfaisante. La
délimitation des zone appartenant au peuple tribal devrait être complétée
pendant la préparation. Si dans la zone du projet habitent des gens des groupes
qui ont eu des contacts limités ou n’en ont pas eu du tout avec la société
nationale, de soins spéciaux particulièrement la lutte contre les maladies
seront nécessaires. Des droits de bail de terre et droit de l’eau peuvent aussi
nécessiter une attention particulière.
L’évaluation du
projet établit l’adéquation de la composante tribale, le besoins de législation
concernant l’agence gouvernementale correspondante et autres aspects, et la
capacité de l’agence désigné à exécuter la composante tribale dans la
réalisation du projet.
Comme l’indique
ces politique générales, on remarque que ces principes n’ont pas été appliqué
lors du projet financé par la banque mondiale.
·
Lors
de l’étude du projet, aucun Mutwa Forestier qui a participé
·
Lors
de l’exécution du projet, même chose
·
Lors
du suivi du projet, même chose
Voir les entretiens
que j’ai fait avec les Batwa des commune de la Préfectures Gisenyi.
Les Batwa de la
Forêts de Gishwati et des volcans vivaient de la chasse et de la cueillette sur
une superficie atteignant 40.000 ha en 1960.
Suite aux
premiers projets de mise en exploitation des terres en 1960, sont restés deux
morceaux séparés de 5.000 ha de la forêt des volcans et 25.000 de la forêt de
Gishwati. En 1982, un grand projet de la Banque Mondiale, après avoir estimé
que ce qui restait de forêt n’avait plus de valeur, décidant de tout
défricher : 10.000 ha ont été affectés à des pâturages coopératifs pour
vaches, 5.000 ha affectés aux reboisement en pins, 5.000 ha laissés à un
domaine militaire. Seul une réserve naturelle de 5.000 ha devrait être
protégée. Les problèmes de défricher les forêts ont presque toujours existé au
Rwanda mais récemment ils ont atteint leur paroxysme avec la guerre d’octobre
1990 à juillet 1994 où plus de 15.000 hectares de forêts ont été détruits,
35.000 hectares endommagés, 80% du cheptel bovin et 90 % des petits ruminants
ou de la volaille ont été tués et consommés, sans oublier les ressources
humaines qui ont péri pendant la guerre mais surtout pendant la génocide
d’avril à juillet 1994.
Il est étonnant que les nombreux
« experts » de la Banque Mondiale qui sont venus sur place préparer
le projet aient pensé au reboisement, aux vaches, à la culture des pommes de
terre, à la protection d’une réserve mais aient totalement négligé l’existence
des habitants de la forêts. Actuellement, la forêt de Gishwati a une superficie
de 3.800 ha.
Au moment du
démarrage du projet, les Batwa ont ainsi expulsés sur la lisière de l’ancienne
forêt, sans qu’aucune parcelle même pour l’installation de leurs huttes ne leur
soit laissée.
Ce n’est qu’en
1987, alors que le défrichage avançait rapidement, que le problème a été
ouvertement constaté, et que les protections ont commencé à se faire un groupe
des Batwa alla réclamer chez le Préfet de la préfecture de Gisenyi, quelques
bourgmestres se sont rendus compte qu’ils devaient faire quelque chose, mais
surtout un Abbé Rwandais (NDEKEZI Sylvestre mort en ..........) a frappé à
toutes les portes , y compris celle du président de la République pour faire
bouger cette situation.
C’est ainsi qu’à
partir de 1990, des parcelles ont pu être attribuées aux Batwa ; 170 ha
ont été attribuées en 1990-91, en 1992 une commission spéciale comprenant les
responsables des projets mettant en valeur l’ancienne forêt, s’est réunie et
encore attribué 187 ha au Batwa, ce qui fait un total de 359 ha officiellement
attribuées aux 420 familles, plus de 150 ha attribuées à l’ADIGMAR 5 Association
pour le développement intégré des Groupes marginaux au Rwanda) pour son
autofinancement. Ce geste peut être compris de deux manières :
l’attribution de près d’un ha/ménage au Rwanda, constitue un apport déterminant
à la survie des Batwa.
La terre donnée
aux groupes Batwa ne constitue qu’une miette pour les apaiser (ou donner bonne
conscience au pouvoir) après avoir détruit totalement leur milieu naturel et
leur possibilité de survie culturelle.
Certaines
autorités et organisations qui se sont penchés sur le problème des Batwa n’ont
pas réussi grand chose parce qu’elles les ont installés dans des conditions
totalement étrangères à leur mode de vie traditionnelle.
D’abord, la
commission préfectorale (1990) de Gisenyi n’a pas réussi parce que la situation
politique très difficile du pays et le changement rapide des préfets n’a pas
permis à la commission de poursuivre son travail. Les actions réalisées ont été
le plus souvent trop ponctuelle en raison de l’absence de toute personne de
haut niveau se consacrant à temps plein à l’écoute des Batwa, de l'absence d’auto
organisation des Batwa.
Une autre
organisation qui est intervenue dans l’action avec les Batwa est l’ADIGMAR,
Association pour le Développement Intégré des Groupes Marginaux au Rwanda
constitue en 1990 par quelque importantes personnalités du pays soucieuses
d’appuyer ces groupes les plus pauvres (après avoir détruit leur forêt pour y
installer leur bétail). L’ADIGMAR a pu obtenir de l’Etat l’attribution de
terres aux Batwa,
ce qui constitue
un important succès. Elle a taché de réaliser pour eux différents petits
projets dont le succès a été beaucoup plus aléatoire en raison de l’absence
d’implication des Batwa dans la préparation de ces projets et l’absence totale
de suivi sur terrain, son action étant pensée à partir de son bureau de Kigali
( à + 300 km).
Commune KAYOVE :
Entretien avec
Monsieur CYIZA NGERAGEZE ; âge de 35 ans, secteur Kigeyo, cellule Gisunzu.
Il dit : depuis la création des airs
protégés et des parcs, nous n’avons pas eu de bonne santé, en 1968 on nous a
chassé dans notre forêt de Gishwati et nous sommes devenus nomades. Nous avons
commencé à mendier, nous nous sommes installés à la lisière de la dite forêt.
Pour vivre nous devrions travailler dans les champs des Hutu et Tutsi et faire
des transports.
En 1973, le
Gouvernement Rwandais et les Religieux ont constaté que nous avions des
problèmes, manque de nourriture, manque d’habits etc., on nous a attribué de
petites parcelles et l’Abbé Silvestre NDEKEZI a eu l’idées de nous construire
des maisons.
Avec la guerre de
1990, avec la naissance des partis politiques, les habitants ont commencé de
couper des forêts pour y cultiver des pommes de terre et y appliquer l’élevage.
L’Abbé Ndekezi avait planté des forêts pour les Batwa pour y appliquer
l’apiculture et ces forêts ont été coupés par le reste de la population à
savoir des Bahutu et Tutsi.
En 1996, Monsieur
BADAGA Jean, Bourgmestre de la commune Kayove originaire de la même commune
(rescapé du génocide de 1994) est venu nous rendre visite pour vois notre
situation et voir si nous avons quitté notre lieu, il nous a trouvé là, sauf
les uns qui sont partis pour les autres régions à cause de la famine.
Ceux qui ne pas quitté leurs domicile, ils
avaient vendus leurs petites parcelles avec les Bahutu et Tutsi au bas pris
pour avoir de quoi manger. ½ ha le vendait à entre 3.000 Frw et 10.000 Frw.
C’est dommage !
Le Bourgmestre a
demandé aux responsables de cellules et des Conseillers de nous donner des
champs pour cultiver, mais ils nous ont attribué des champs qui sont loin où
nous devrions faire un voyage de 5 heures.
Nous avons décidé
de cultiver non petits champs se trouvant aux alentours de nos huttes. Nous
avons pu y cultiver des patates douces, des maïs et des haricots.
Nous avons eu des
problèmes, car nous avons pas des houes, car celles qu’on nous avait donné sont
vieilles.
Notre droit a été
bafoué, car nous n’avons pas de parcelles comme les deux autres composantes de
la société, car les parcelles qui nous ont été attribuées ont été repris par
les Bahutu et Tutsi.
Après la guerre
de 1994, nous avons pas bénéficié des aides comme des autres , soit des aides
distribuées par l’Etat et les ONG car nous n’avons pas ceux qui peuvent être
nos porte-parole. Il nous est difficile de trouver des pièces communales, comme
des attestations communales, cartes d’identité et autres pièces nécessaires car
ceux qui livrent ces pièces demande de l’argent alors que nous sommes pauvres
et ils nous est difficile de trouver cet argent. Quand nous tombions malade,
nous ne trouvons pas l’argent pour nous faire soigner, ce qui entraîne des
morts perpétuelles. Car nous ne pouvons pas trouver des médicaments
traditionnels car la forêt à été coupée pour y installer les rapatriés rwandais
de 1959. Ces derniers possèdent deux centres de santé, quand nous y allons nous
faire soigner, on ne demande de l’argent, si nous disons que nous en avons pas
on nous chasse sans avoir nous soigner.
Nous avons des garçons
à l’âge nubile qui n’ont pas de parcelles.
Entretiens avec
MUNYURANGABO, âge de 61 ans.
Je suis le père
de CYIZA, on nous a chassé dans notre forêts, alors que la forêt était notre
père car nous y trouvions de quoi manger par la cueillette et la chasse.
On nous a chassé
sans indemnisation. Nous coupions un arbre et nous trouvions du miel sauvage,
nous chassions des éléphants pour avoir des viandes et nous amenions leurs
cornes chez l’Umwami (Roi). L’Etat de nous a chassé dans notre forêt et nous
sommes allés s’installer à la lisière de cette forêt ou nous mourons de faim.
C’est dommage !
Tous les projets
de développement qui ont oeuvré dans la forêt de Gishwati n’ont rien fait pour
nous, aucun Mutwa qui bénéficié un emploi.
Il
dit : « Nous avons connu en 1978 l’ADIGMAR (Association pour le
Développement Intégré des Groupes Marninaux au Rwanda) qui nous avait construit
quelques maisons et a arrêté ses activité après la mort de l’Abbé Ndekezi.
l’Abbé Sylvestre NDEKEZI nous a octroyé des chèvres pour appliquer l’élevage
qui ont été vendus après la guerre
En 1996, nous avons vu Vous, (KALIMBA Zéphyrin) et c’est
vous que nous entendons notre avenir. Avant la guerre, nous étions 69
personnes, nous avons perdu 32 enfants à cause de malnutrition (mauvaise santé)
et à cause de la guerre.
Après la guerre il y a 17 familles qui ont quitté la commune
Kanama pour s’installer dans la commune Kayove, ces familles ont été tuées par
les milices Interahamwe en 1999. Ils ont laissé leurs champs dans le secteur
Nyabirasi (commune Kanama) et ces champs ont été pris par Bahutu et les
Batutsi.
La CAURWA (Communauté des Autochtones du Rwanda) leur a
donné des houes, des semences de pommes de terre. Ils ont cultivé et ont eu un
rendement suffisant main ils ont manqué de greniers pour les stocker.
En date du 22/02/2000, je me suis rendu en commune Kanama où
j’ai eu des entretiens avec MUSHAWUDI Joseph et NSEKUYE Jonson.
Entretien avec MUSHAWUDI
J’ai 45 ans, je ne suis pas née ici en commune Kanama, je
suis originaire de la commune Masango, préfecture de Gitarama. Nous sommes
venus ici à cause de la famine.
En arrivant ici, nos parents ont bien cohabiter avec les
Batwa Forestiers car nous, nous sommes des Batwa Potiers. Nous n’avons eu des
parcelles comme les Bahutu et Tutsi. Avant 1940 au temps des féodaux Tutsi, nos
parents conduisant des cornes des éléphants chez le roi (Umwami). Nous n’avions
pas de problème de notre forêt de Gishwati et celle des volcans. Les problèmes
ont été causé par le régime de Habyarimana qui nous a chassé dans notre
forêt pour le projet de plantation des pomme de terre et l’élevage.
Ce projet n’a rien fait pour nous. Nous souhaitons que s’il
aura un autre projet, que nous soyons engagé pour gagner de l’argent.
La femme Bubani dit ceci : nous n’arriverons à aucun
développement, si nous n’aurons pas d’emploi comme les autres car actuellement,
la poterie ne donne pas assez de rendement.
Nous aimerions habiter dans les agglomération comme les
autres, mais nous n’avons pas de moyens pour y construire des maisons, nous ne
pouvons pas trouver l’argent pour acheter des arbres, des briques, des tôles,
des portes, des fenêtres etc.
Education des enfants
Concernant l’éducation, nos enfants ne sont pas scolarisés,
on les chasse en classe faute de manque de minerval, matériel scolaire et
uniformes.
A la question de savoir s’elle connaît l’ADIGMAR, elle a
répondu qu’elle la connaît sous son nom, car cette association n’a rien fait pour
les Batwa de Kanama.
Entretien avec Monsieur HARELIMANA Silas, Assistant Bourgmestre
chargé des affaires économiques et Sociales en commune Kayove
Il y avait des familles Batwa forestiers, après on a
installé des projets d’agriculture et d’élevage et on a chassé ces familles
dans la forêt. Il avait aussi des familles des Bagogwe, ces derniers sont
restent toujours dans la forêt. Avant la guerre, il avait 1000 personnes ,
actuellement, il y a 90 familles rescapés.
Ces projets étaient financés par la Banque Mondiale et
l’ADIGMAR. L’Etat et la Banque mondiale n ‘ont sensibilisé la population à
propos de ces projets, donc cette population ne savaient rien sur ces projets.
Ces projets n’ont rien fait pour la population Batwa, on les
a chassé dans la forêt pour les mettre à la lisière de cette forêt où ils
souffrent de famine. Ils n’ont pas bénéficié des champs pour cultiver, le
bétail etc.
Quand ils étaient
dans la forêts, ils vivaient tout en sauvegardant leur liberté en appliquant la
chasse et la cueillette des fruits. Ils faisaient échange avec les Bahutu et
Tutsi, par exemple, ils leur donnaient des viandes ;
des lianes (imise) contre des pommes de terre, des haricots, des patates
douces, des maniocs etc.
Ils n’étaient pas familiers d’utiliser l’argent pour acheter
de quoi manger et autres besoins nécessaires.
Commune Karago
En arrivant en commune Karago, j’ai eu l’entretien avec les
Batwa forestiers qui ont quitté la commune Nkuli (préfecture Ruhengeri) pour
venir s’installer en commune Karago. Ils sont au nombre de deux familles . Ces
familles logent actuellement dans la maison de la commune Karago.
Pour connaître leur situation, j’ai contacté le Conseiller
de secteur Rambura-Karago, Monsieur KANYASAKE-Nsengiyumva Ruyenzi. Il m’a dit
qu’il les considère comme les autres Rwandais. On les a chassé dans leurs
parcelles dans le secteur Nanga de la même commune. Comme leurs activités
journalières, les uns pratiquent la poterie, fabrication des pots, des cuisinières,
les autres travaillent chez les Bahutu et Tutsi.
A la question de savoir s’ils ont eu quelque chose de la
part de l’ADIGMAR et le Projet financé par la Banque Mondiale, ils ont répondu
qu’ils n’ont rien reçu.
Secteur Rambura, cellule Kiraza, commune Karago
Entretien avec KABUTENI
Avant la guerre, il étaient au nombre de 150, actuellement
ils sont 78.
Ils mènent une vie critique, ils habitent dans des huttes.
Ils sont entourés des champs des pommes de terre des Bahutu et Tutsi. Ils n’ont
pas de champs pour cultiver car leurs champs ont été pris par les Bahutu et
Tutsi.
On a installé une agglomération, mais ces pauvres familles
n’ont pas bénéficié cette chance comme les autres.
Ils vivent dans une grande misère. Ils n’ont pas aussi
bénéficié quelque chose de la part de l’ADIGMAR et le Projet fiancé par la
Banque Mondiale.
Entretien avec l’Umututsi de la commune Karago sur sa vision
envers les Batwa
Il a refusé de me dire son nom
Nous n’avons pas la bonne collaboration avec les Batwa. J’ai
vécu longtemps avec eux.. Nous, les Bahutu et Tutsi avons des parcelles, nous
cultivons et nous élevons, les Batwa n’ont rien, je me demande réellement s’ils
sont des êtres humains, même si l’Umutwa possède une petite parcelle
les Bahutu et les Batutsi le chasse dans cette parcelle et
il n’ose rien dire. S’il y a des projet qui donne par exemple le petit bétail,
les Batwa n’en bénéficient pas. Quand on recrute le personnel pour un tel
projet, les Batwa ne peuvent pas en bénéficier. C’est dommage !
Il faut que l’Etat fasse quelque chose pour eux. Ils faut
que leurs enfants aillent à l’école, sinon il n’auront jamais de développement.
Commune Mutura
En date du
24/02/2000, je me suis rendu en commune Mutura om j’ai eu des entretiens avec Monsieur
Rwimura âgé de 57 ans de la cellule Nyamirama, secteur Mudende. Avant de venir
habiter ici, nous étions à Ngangare dans le secteur Cyambara. Nous avons quitté
cet endroit parce que nous n’avions pas de parcelle. En arrivant ici, il n’avaient
pas d’autres familles, c’est nous qui occupaient cet endroit.
Avant nous
vivions grâce à la chasse et la cueillette, maintenant, toutes les forêts ont
été coupées. Nous avons pas des parcelles pour cultiver. Maintenant il y a un
militaire Tutsi qui vienne souvent me terroriser pour prendre la petite
parcelle dont je dispose.
Je connais
l’ADIMAR , cette association , nous a construit des maisons qui sont
détruites par les Militaires Tutsi lors de la guerre de 1990.
Nous avons perdu
nos enfants nos enfants et des voisins, actuellement, nous sommes au nombre de
9 familles, aucun enfant scolarisé. Nous sommes dans la misère. Nous demandons
à l’Etat et aux bienfaiteurs de nous aider. Nous collaborons étroitement avec
les Bahutu seulement, nous partageons un verre, mais aucun Mututsi qui peut
partager un verre avec un Mutwa.
Témoignage de KALIMBA Zéphyrin sur l’Association ADIGMAR
En 1990, j’ai eu
des entretiens avec le Secrétaire Exécutif de l’ADIGMAR Monsieur Sylvestre
concernant la différence entre les Batwa , surtout Potiers et Forestiers parce
que cette association se penchait surtout aux Batwa Forestier et ne comprenait
pas les Batwa Potiers.
J’ai présenté la
demande d’emploi comme enseignant à cette association où elle avait construit
une école primaire des Batwa à Kayove, ils ont refusé en disant que je ne suis
pas Forestier. Même ils ont refusé de me donner un poste de planton au sein de
l’ADIGMAR .
J’ai demandé au
Secrétaire Exécutif de payer pour moi le minerval pour apprendre l’écolage il a
accepté. Après avoir obtenir un permis de conduire, il a refusé de m’engager
comme chauffeur alors qu’il disposait deux véhicules.
Pourquoi les Batwa ne sont pas intégrés dans le
Projet financé par la Banque Mondiale ?
Côté Abatwa :
-
Ils ne connaissent pas leurs droit. Ils ne se
considèrent pas comme les autres membres de la société (Hutu et Tutsi) ils se
croient toujours inférieur aux autres, ils sont craintifs contre les Hutu et
Tutsi.
-
Ils ne s’adressent pas aux autorités locales pour leur
aviser les problèmes
-
Ils ne savent pas où n arrive le pays (soit dans le
développement du pays ou des problèmes du pays), donc ils sont pas informés.
-
Au Rwanda, pour avoir un emploi, on donne
des pourboire aux chefs de chantier, alors il est difficile que les Batwa
trouvent de l’emploi car ils sont pauvres et peuvent pas trouver l’argent pour
donner le pourboire aux capitas.
Côté de l’Etat
-
Le
gouvernement ne demande pas les concernés par le projet avant de le faire
-
Se sont
les hauts autorités qui ont des avantages dans des projets oeuvrant aux pays
(80%), Par exemple dans le Projet financé par la Banque mondiale, on a remarque
que les champs des pommes de terre et les vaches qui se trouvaient dans les
pâturages appartenaient aux hauts autorités du pays. Donc ce projet n’a rien
fait pour les Batwa et autres population.
-
Mauvaise
gestion du projet
Côté des Bailleurs
-
Les
bailleurs de font ne font pas l’enquête chez les concernés par le projet
pour connaître leurs desideratas
-
Les
bailleurs de fonds collaborent avec les autorités et suivent leurs directives.
-
Manque
de suivi
-
Des
rapports d’activités des projets ne montrent pas réellement les activités
déjà réalisés
Leurs desideratas
-
Ils
souhaitent avoir des champs comme des autres, trouver d’emploi, que les enfants
soient scolarisés
-
Ils
demandent à l’Etat Rwandais de les intégrer aussi dans les agglomérations comme
les autres, avoir des soins de santé primaires
-
Ils
demandent une aide en matière d’élevage et de l’agriculture
-
Ils
demandent qu’ils soient intégrés dans les programmes des rescapés
-
Ils demandent
avoir des formations en artisanat
IV Conclusion
Les Batwa, même
s’ils ne constituent que moins d’un demi pour cent (0,37%) de la population de
la préfecture de Gisenyi, en sont un élément essentiel. Leurs traditions de
connaissance de la poterie et de la forêt naturelle constituent des éléments
très importants du patrimoine historique de la région et des facteurs
potentiels importants de développement.
Les Batwa vivent
isolés des autres composantes de la société. Il est important que tous les
Responsables prennent conscience de leur existence et des problèmes spécifiques
vécus par ce groupe en raison de la destruction de son milieu de vie
traditionnel. Un effort particulier d’appui et d’intégration doit être réalisé
pour ce groupe qui connaît des conditions de vie si dures et une mortalité
infantile si importante.
Tous doivent être
convaincus qu’il n’y aura pas de solution aux problèmes des Batwa aussi longtemps
qu’une bonne partie de la population les ignorera, les méprisera et les
exploitera.
Droits et devoirs
Au Rwanda, les
droits de l’homme ont souvent connu des violations, les devoirs de l’individu
envers lui-même, envers autrui, envers les groupes minoritaires Batwa ainsi que
l’Etat envers les citoyens en général et envers les Batwa en particulier ont
été ignorés, méconnus ou mal compris.
Des droits
·
Les
droits économiques, sociaux et culturels
Ces droits sont
généralement méconnus. La terre appartient à l’Etat. L’exploitation des Batwa
par le reste de la population est une réalité vécue dans le Rwanda ancien par
institutionnalisation du servage et de la vassalité.
Dans le Rwanda
colonial sous tutelle, les travaux forcés et la chicotte ont servi sur la
population rurale.
Dans le Rwanda
contemporain, ces droits sont bafoués à travers les inégalités sociales subies
dans des systèmes ignorant l’obligation d’une justice distributive. Un certain
arbitraire discriminatoire a été pratiqué contre les Batwa dans les domaines de
l’emploi et de l’enseignement au non d’une politique d’équilibre.
Depuis que le
système de gouvernement est introduit au Rwanda, l’appareil gouvernemental est
devenu et reste la propriété privée des Hutu/Tutsi. Aucun Twa dans
l’élaboration des programmes mêmes qui les concernent, encore moins dans la
sphère de prise de décisions. L’absence de scolarisation apparentée au mépris
traditionnel des autres groupes ethniques constitue pour nous un sérieux
problème de développement. D’après le recensement de 1991, 77% des Batwa sont
analphabètes alors que 68% des enfants Batwa ne sont pas scolarisés.
Les Batwa ont
perdu involontairement leur culture. Les Batwa sont de bons artistes
innées .Ils ont fabriqué des danses et des chats dont la beauté et
l’originalité sont reconnues en Afrique. Leur ballet ont été présentés sur tous
les stades du pays depuis longtemps. L’enregistrement et la diffusion de leurs
musique et danses contribueraient à la promotion de l’identité propre de cette
communauté socialement frustrée et physiquement menacée d’extinction. Avec un
encadrement adéquat, ce secteur pourrait être bénéfique économiquement et
constituer ainsi une source de revenu, aspect de développement non négligeable.
Le droit
d’expression, d’opinions personnelles, ont été fortement bafoués. Le simple
fait de s’interroger contre la position de l’autorité politique à l’égard des
Batwa est perçu comme une malveillance et porte sur son auteur le danger de
répression. Une telle situation à constitué une entorse grave à
l’épanouissement des Batwa et au développement national.
·
Le droit
de la protection
Beaucoup de misérable,
de pauvres, de déshérités et marginaux de tout genre sont des Batwa et sont
abandonnés à eux-mêmes. Ils manquent de protection et d’assistance et
deviennent ainsi victimes du non-respect des droits de la personne, contraints
de vivre sans pension, sans feu ni toit, etc.
Des devoirs
Les devoirs de
chacun déterminent les devoirs d’autrui. L’individu a des devoirs sociaux
envers autrui et des devoirs envers la collectivité dont il est membre. L’Etat,
à travers les autorités publiques, a des devoirs envers les citoyens et ne doit
en aucun cas faire des distinctions.
·
Le devoir
de fraternité
Au Rwanda, les
Batwa sont situés au second plan de l’échelle sociale par le reste de la
population. De ce fait, ils vivent nombreux dan,s l’angoisse quotidien et
l’incertitude du lendemain. Or, l’obligation d’humanité que chaque homme doit
avoir envers son semblable doit interpeller chacun de ceux que le destin a
favorisé et lui rappeler son devoir d’amitié fraternelle, d’assistance aux
nécessiteux.
Ce devoir doit s’exercer dans le respect de
leur dignité et imposer la clairvoyance entre la mendicité professionnelle et
la possibilité de transformer autrui en perpétuel assisté.
Il n’est un
secret pour personne qu’une personne concernée est la mieux indiquée pour
parler de ses problèmes plutôt que de se faire représenter par quelqu’un
d’autre. Or, qu’est-ce qu’on remarque au Rwanda ? Ce sont des Hutu ou
Tutsi voire les expatriés qui se font les avocats des Batwa.
·
Le devoir
de respecter le bien d’autrui et de justice distributive
Au Rwanda,
pendant qu’une petite classe de ceux qui ont pu profiter des différentes
opportunités politique s’enrichit de plus en plus et fait même extravagance
dans la manifestation de cette richesse, une population de démunis (les Batwa)
croit de manière inquiétante. Dans les villes, ils sont sans logis ni pensions
et sans assistance sociale, tandis que dans les campagnes, la famine ravage des
régions entières faute de manque des terres et tout autre moyen de production.
Leur revenu traditionnel provenant de l’argile diminue très fortement face à la
concurrence des produits en plastique et en aluminium et tous les marais sont
exploités par les associations des agriculteurs éleveurs, et pour trouver la
parcelle, il faut payer la location à la commune.
Dans la forêt de
Gishwati où la Banque mondiale a financé un projet d’agriculture des pommes de
terre, la foresterie et l’élevage, les Batwa ont été chassé brutalement de leur
milieu naturel dans lequel ils vivaient depuis plusieurs siècles sans
indemnisations.
Les autorités
gouvernementales qui se sont penchées sur le problèmes des Batwa les ont
installés dans des conditions totalement étrangères à leur mode de vie
ancestral, biologique, culturel, etc.
Dans ces
conditions, au lieu de dire que les Batwa sont incapables de s’organiser, il
faudrait plutôt chercher l’origine de la situation au lieu de prendre les
conséquences comme une logique pour l’administration et une défaillance pour
les Batwa concernés.
·
Le devoir
de responsabilités publique
La responsabilité
publique implique avant tout des services à la collectivité. Or, le constat
malheureux pour la fonction publique Rwandaise est qu’elle manque de
disponibilité pour le public en général et pour les Batwa en particulier,
souvent traités sans égard ni diligence.
Les fonctionnaires adoptent des comportements
malpolis et discrimination envers les Batwa qui demandent des services qu’ils
sont en droit d’obtenir.
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