Nous, Peuples autochtones provenant de diverses
parties du monde, à l’issue des travaux de ce Forum forestier des
Peuples autochtones tenu sur le territoire huron-wendat, conjointement
avec le XIIe Congrès forestier mondial, en septembre
2003, dans la province de Québec, au Canada, réaffirmons les multiples
déclarations faites par les Peuples autochtones depuis le Sommet
de la Terre de Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992, et demandons
qu’elles soient reconnues et mises en œuvre.
Comme il a été mentionné à Kari-Oca (1992),
Leticia (1996), Kimberley (2002), Cancun (2003) et Durban (2003),
nous réaffirmons notre droit inhérent sur nos territoires, sur nos
terres et sur nos ressources. Le véritable développement durable
ne pourra se réaliser sans la pleine reconnaissance et le respect
intégral des droits spécifiques des Peuples autochtones et sans
la reconnaissance et le renforcement de nos systèmes de gestion
intégrée des ressources naturelles. Nous réaffirmons la
relation étroite entre la biodiversité et la diversité culturelle.
Nous avons
élaboré ce plan d’action sur la base de nos déclarations passées.
Ce plan prend aussi en compte les éléments progressifs relatifs
aux autres normes, principes et propositions d’action et de travail
élaborés et adoptés lors des divers forums et événements forestiers
mentionnés, qui concernent entre autres nos droits sur les territoires,
les terres et les ressources, notre droit à posséder et à contrôler
les ressources, l’obligation de garantir notre participation significative
à la gestion des forêts, la nécessité de s’assurer de notre consentement
et le partage équitable des bénéfices résultant du développement
et de l’usage des ressources. Il est maintenant temps d’agir.
Depuis des
temps immémoriaux, nous avons toujours respecté et pris soin convenablement
de nos territoires, de nos terres et de nos ressources. Notre survie
de même que la survie de nos écosystèmes naturels sont conditionnés
par le fait qu’on reconnaisse et agisse efficacement dans le respect
des droits spécifiques de nos peuples autochtones. Il est maintenant
temps d’agir.
Nous présentons
ce plan d’action de Wendake et nos déclarations antérieures au XIIe
Congrès forestier mondial et nous pressons les États Nations, les
organisations intergouvernementales, les agences spécialisées, les
institutions financières internationales et les organismes non gouvernementaux
de mettre en œuvre les recommandations et les demandes qu’ils contiennent
de façon prioritaire.
Les actions les plus importantes :
Les Nations Unies et leurs organismes, les agences
spécialisées, les États Nations, les organisations intergouvernementales
internationales et régionales et les agences multilatérales internationales
doivent reconnaître et garantir le droit à l’autodétermination des
Peuples autochtones, incluant le droit de gouvernance sur l’utilisation
des ressources naturelles, et ils doivent s’assurer du maintien
de l’intégrité de nos cultures et des écosystèmes en concordance
avec nos visions respectives du monde.
Les Nations
Unies doivent encourager les États Nations à ratifier les accords
internationaux et les ententes qui affirment les droits des Peuples
autochtones.
Les États
Nations et les organisations intergouvernementales doivent réaliser
leurs obligations respectives afin de reconnaître, assumer et mettre
en œuvre les accords internationaux et les traités, lesquels affirment
les droits des Peuples autochtones.
Les actions nécessaires :