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Comité de rédaction
Réunion préparatoire des peuples autochtones
Réunion des experts sur les connaissances traditionnelles dans le domaine
des forêts
San José, Costa Rica
6 et 7 décembre 2004
Préambule
1. Nous,
les peuples autochtones, rassemblés ici à San Jose, Costa Rica, réaffirmons
les principes contenus dans la Déclaration de Kari Oca, la Déclaration
de Leticia, la Déclaration de Kimberley, le Plan des peuples autochtones sur
la mise en oeuvre du développement durable et le Plan d’action de
Wendake. Les peuples autochtones contribuent à la gestion durable
et à la protection de forêts à travers une série d’actions telles
que la défense communautaire des forêts, des consultations nationales,
la documentation des études de cas, et l’application des connaissances
autochtones.
2. Les
peuples autochtones offrent des solutions concrètes à de nombreux
problèmes auxquels doit aujourd’hui faire face l’humanité. Les peuples
autochtones peuvent contribuer de manière significative à un avenir
durable pour l’humanité entière, en renforçant leurs rôles à travers
une participation efficace dans des domaines tels que la gestion des
forêts et le développement durable.
3. Nous
sommes choqués par l’accélération de la détérioration de nos terres,
territoires, forêts, ressources hydrologiques et sous-sols ainsi que
par les abus continuels sur nos droits. L’accès libre et l’utilisation
de nos terres, forêts et ressources hydrologiques nous est refusé.
L’octroi de titres fonciers est reporté pour favoriser des tierces
parties. Les aires protégées, les concessions d’exploitation pétrolière,
forestières et de pêche ainsi que les plantations forestières sont
implantées sur nos terres ce qui aboutit à l’expulsion de - et à l’imposition
de - mesures de restriction sur nos peuples. On emprisonne et on harcèle
arbitrairement les dirigeants et les communautés qui défendent leurs
forêts. On criminalise les luttes pour nos droits et nos territoires
sont militarisés. L’augmentation du nombre de ces cas et le manque
de réparation légale est alarmant, comme l’ont souligné les dirigeants
et experts présents à cette réunion.
4. Nous
exprimons nos graves préoccupations à propos de l’attitude des instances
des Nations Unies concernant la manière fragmentée dont ils traitent
les connaissances traditionnelles, sans reconnaître leur nature holistique
et leur unité inséparable de nos droits en tant que peuples.
5. Nous
sommes préoccupés que les processus nationaux et internationaux relatifs
aux accords de commerce libre entre les états encouragent l’usurpation
et la dégradation de nos forêts, terres
et territoires, ainsi que la biopiraterie et l’accès non contrôlé
aux ressources génétiques dans nos forêts, terres et territoires.
6. Les
obstacles les plus importants à la mise en œuvre de normes et mécanismes
internationaux relatifs aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales
des peuples autochtones, sont le manque de volonté politique des états
nations, les lois injustes et discriminatoires, et le manque de fonds
et de ressources suffisants pour permettre le développement autonome
et la participation pleine dans tous les processus.
7. Les
Connaissances traditionnelles dans le domaine des forêts (CTDF) des
peuples autochtones sont intimement liées à notre vie. Elles ne peuvent
être séparées de notre relation avec nos territoires. Nous insistons
sur l’importance des valeurs spirituelles, visions du monde et cosmologies
uniques des peuples autochtones, qui sont toutes raccordées au cercle
sacré de la vie et enrichissent la diversité culturelle de toute l’humanité.
Ces connaissances n’existent pas si elles sont
dissociées des peuples et des territoires.
8. Les
Connaissances traditionnelles dans le domaine des forêts des peuples
autochtones ne sont pas des marchandises. Elles ne peuvent pas être
extraites, documentées et commercialisées. Elles sont liées à notre
développement culturel intergénérationnel, à notre survie, à nos croyances,
à notre spiritualité et à nos systèmes médicaux. Elles sont inséparables
de nos terres et territoires. Leurs utilisations sont limitées aux
personnes ayant l’autorité de les utiliser en accord avec notre droit
coutumier.
9. Nos
connaissances traditionnelles représentent bien plus qu’un savoir
relatif à certaines plantes et animaux. Elles sont intimement liées
au monde spirituel, aux écosystèmes et à la diversité biologique se
trouvant sur nos terres et territoires et elles transcendent les frontières
nationales. Le détournement fragmenté de ces connaissances constitue
un grave abus sur l’intégrité de nos vies, de nos territoires et de
notre développement autonome.
Prenant en considération
tout ce qui précède, nous exigeons une fois de plus la reconnaissance des
principes suivants dans toutes les politiques et questions associées aux CTDF
Principes généraux :
1. Les
peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. Nous avons
des systèmes légaux et judiciaires basés sur nos droits collectifs
à nos territoires et ressources naturelles, y compris les ressources
du sous-sol.
2. L’application
du principe du consentement libre, préalable et informé est fondamental
dans toutes les décisions qui pourraient toucher nos territoires,
terres et forêts et la planification du développement.
3. La
question des connaissances traditionnelles doit être envisagée de
manière holistique, inséparable de nos droits en tant que peuples.
4. Nous
sommes les possesseurs et gardiens de nos connaissances traditionnelles,
nous sommes ceux qui décident de la nature de leur utilisation et
application, et des conditions sous lesquelles on peut y avoir accès.
Les peuples autochtones s’opposent à une utilisation des connaissances
traditionnelles qui viole la spiritualité et la cosmovision associées
aux connaissances traditionnelles.
5. Nous
avalisons une approche basée sur le droit comme moyen le plus approprié
pour traiter du thème des forêts et des connaissances traditionnelles,
ainsi que des efforts pour éradiquer la pauvreté. Une telle approche
reconnaît aussi bien les droits collectifs que les droits individuels
des peuples autochtones, qui comprennent nos droits à l’autodétermination,
nos droits à utiliser et contrôler nos ressources naturelles, à notre
patrimoine culturel, à notre auto-développement, à nos langues et
à nos modes de vie traditionnels
6. Nous,
les peuples autochtones, avons le droit à un développement qui nous
est approprié, selon nos propres critères et conditions et à notre
rythme, géré et guidé par nos dirigeants, institutions et processus.
Notre droit au développement comprend le droit d’utiliser nos forêts,
nos ressources hydrologiques et nos sous-sols que nous avons protégés
et utilisés de façon durable depuis des siècles, d’une manière que
nous estimons appropriée, y compris par des systèmes d’utilisation des forêts et de gestion des forêts
innovateurs et contemporains.
7. Nous
soulignons le besoin de renforcer le rôle critique des femmes autochtones
dans la préservation et la transmission des connaissances traditionnelles.
Le rôle des anciens et des guides spirituels, comme possesseurs et
transmetteurs des connaissances traditionnelles aux générations suivantes,
doit également être reconnu.
15 : 00 adopté
* un leader autochtone du
peuple Huetar du Costa Rica
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