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Recommendations finales
La création de cadres efficaces
Reconnaissant que
la protection et la promotion des Connaissances traditionnelles dans le domaine
des forêts (CTDF) des Peuples Autochtones (PA) est intimement liée à leur
patrimoine culturel et intellectuel, à des droits sûrs à leurs terres, territoires et les ressources naturelles s’y
trouvant, ainsi qu’à leur spiritualité et droit coutumier
Prenant en considération que les droits des peuples autochtones
forment le fondement de leur développement futur, et que beaucoup
de peuples autochtones dépendent traditionnellement et actuellement
des forêts, et que les droits des peuples autochtones doivent être
reconnus dans les politiques forestières. Soutenant que la gestion durable des forêts ne peut être
atteinte sans la protection des droits des PA.
Nous disposons les recommandations suivantes :
Les gouvernements nationaux et les Etats devraient, avec
la participation pleine et efficace des Peuples Autochtones :
1.
Entreprendre
des réformes constitutionnelles qui reconnaissent l’existence et les identités
des Peuples autochtones dans leurs pays,
au travers de régimes juridiques pluralistes et en assurant leur
proéminence dans les lois nationales
2.
Ratifier
la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail sur les droits
des peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants où les Peuples
autochtones le demandent
3.
Soutenir
l’adoption du Projet de Déclaration des NU sur les droits des peuples
autochtones
4.
Revoir
les constitutions, lois et politiques nationales pour les harmoniser avec les lois
et accords internationaux applicables concernant les droits des peuples
autochtones
5.
Abroger
les lois et politiques exclusives relatives aux forêts et à la conservation,
ainsi que les normes, codes et législations associés, qui criminalisent les
pratiques d’utilisation de ressources coutumières et les activités de
subsistance traditionnelles
6.
Réformer
les politiques, lois, institutions et régimes fonciers nationaux, surtout ceux
pertinents aux CT, pour reconnaître les droits claires et sûrs des peuples
autochtones à posséder, gérer et contrôler, de manière collective, leurs
territoires, forêts et autres ressources naturelles, prenant en compte leurs
moyens de vie traditionnels et leurs systèmes fonciers coutumiers
7.
Abroger
toutes les lois et politiques de développement assimilationnistes, étant donné
qu’elles dévalorisent et minent les connaissances autochtones, y compris les
CTDF
8.
Adopter
des lois et programmes qui éliminent et pénalisent toutes les formes de
discrimination, intolérance et exclusion sociale et ratifier et mettre en œuvre
la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination raciale
9.
Développer
des programmes scolaires primaires et secondaires qui reflètent les
perspectives de et soient pertinentes aux systèmes autochtones de connaissances
10.
Mettre
en œuvre des mesures anti-discriminatoires concernant l’éducation des filles et
des garçons autochtones, telles que l’éducation gratuite
11.
Fournir
les services techniques requis et le soutien politique et moral nécessaire pour
la reconnaissance, la création et le fonctionnement d’universités autochtones
futures, là où le demandent les peuples autochtones
12.
Garantir
que dans les écoles et universités, ou les études forestières et associées sont
enseignées, les programmes et diplômes actuels soient élargies pour incorporer
aussi bien les CTDF que les droits des peuples autochtones
13.
Initier
des actions délibérées pour fournir aux femmes autochtones la capacité
nécessaire pour une participation pleine dans toutes les stratégies relatives à
la gestion des ressources naturelles et pour partager leurs connaissances des
pratiques traditionnelles de gestion des ressources naturelles
14.
Permettre
la liberté d’association pour les peuples autochtones, afin de former des
réseaux et organisations, pour leur
permettre de plaidoyer en faveur de leurs droits
15.
Ne
pas interpréter la souveraineté nationale de quelque manière qui mine les
droits des peuples, les peuples autochtones inclus, y compris leur droit à l’autodétermination
et à la souveraineté permanente sur les ressources naturelles dans leurs
territoires
16.
Respecter,
promouvoir et mettre en œuvre les droits économiques, sociaux et culturelles
des PA pour garantir une cohérence avec le processus de démarcation
territoriale et le respect pour le droit coutumier et la gestion des forêts
autochtones
17.
Interdire
l’imposition d’aires protéger et de réserves forestières sur les territoires
des peuples autochtones et mettre fin à au déplacement forcé des PA suite à des
changements dans l’aménagement des terres. Là où les terres des peuples
autochtones ont été aliénées, les gouvernements doivent prendre des mesures
appropriées pour restituer la possession et la propriété de celles-ci aux
peuples autochtones.
18.
Ne
pas établir des concessions qui bafouent les droits et territoires autochtones.
Où cela a eu lieu, réparations et indemnité pour les dommages causés devraient
être payées, et le partage juste et équitable des bénéfices devrait être
réalisé.
19.
Initier
immédiatement, avec la pleine participation des peuples autochtones, la
restitution des terres des peuples autochtones expropriées pour les projets
d’implantation, de conservation et de développement sans leur consentement
libre, préalable et informé. Lorsque cela n’est pas possible, ils devraient
recevoir une compensation et, préférablement, des terres comparables en qualité
et en étendue.
20.
Garantir
la représentation équitable des peuples autochtones sur les commissions
gouvernementales pertinentes et au parlement
21.
Adopter
des mesures nationales de manière opportune pour promouvoir et faciliter la
mise en œuvre de l’article 10 (c) de la CDB
22.
Développer
des politiques et lois, avec le consentement libre, préalable et informé des
peuples autochtones, qui mettent en œuvre les Lignes directrices d’Akwe :
Kon pour la conduite d’études sur les impactes culturels, environnementaux et
sociaux des projets d’aménagement ou des aménagements susceptibles d’avoir un
impacte sur des sites sacrés et sur des terres ou des eaux occupées ou
utilisées traditionnellement par des communautés autochtones et locales
23.
Adopter
et adhérer aux politiques pour la pleine révélation d’informations pertinentes
aux peuples autochtones et aux CTDF, et
diffuser largement cette information dans les formes et les langues appropriées
24.
Mettre
fin à l’exploitation forestière à grande échelle et illégale, tout en
reconnaissant, sans criminaliser, l’utilisation et l’accès aux forêts des
communautés locales et peuples autochtones pour leurs propres besoins. En même
temps, l’Etat devrait adresser les causes fondamentales de la pauvreté qui font
pression sur les communautés forestières
25.
Reconnaître
le droit coutumier et le pluralisme juridique comme moyen indispensable pour protéger les CTDF, tout en
adoptant des mesures sui generis supplémentaires pour prévenir l’expropriation
des connaissances et ressources des PA sans diminuer les juridictions et le
droit coutumiers des PA, et en respectant la nature collective, inaliénable,
holistique et intergénérationnelle du patrimoine culturel autochtone.
26.
Soutenir
les pratiques d’agriculture, de chasse et de pêche coutumières, afin de
garantir leur durabilité, au travers de recherche active et d’éducation. La
protection de ces systèmes extensifs d’aménagement des terres exige la
reconnaissance officielle des territoires des peuples autochtones.
27.
Fournir
un processus institutionnalisé et régulier pour permettre des dialogues entre
les PA et les représentants gouvernementaux, ainsi que parmi les départements
gouvernementaux, pour réviser et harmoniser les politiques et lois nationales
et pour discuter d’autres questions prioritaires pour les PA
28.
Lors
de la négociation d’un régime international sur l’accès aux ressources génétiques
et le partage des avantages, reconnaître et protéger le principe fondamental
que les PA sont les détenteurs de droits, jouissant de droits inhérents et
inaliénables sur les connaissances traditionnelles et ressources biologiques, y
compris au matériel génétique, se trouvant dans leurs territoires. Les
obligations des Etats sur les conventions relatives aux droits de l’homme
doivent être pleinement reconnus lors du développement du régime international.
Les Etats doivent garantir les droits des PA au consentement libre, préalable
et informé, y compris le droit de nier l’accès et/ou de refuser de participer,
lorsque leurs connaissances ou ressources génétiques sont recherchées pour
l’utilisation.
29.
S’abstenir
de permettre l’utilisation ou le déploiement des forces militaires et
paramilitaires pour protéger les réserves forestières et autres aires contiguës
aux territoires des peuples autochtones
30.
Abroger
immédiatement les lois qui fournissent au personnel gouvernemental ayant des
responsabilités pour la gestion des forêts immunité de poursuites judiciaires
Amélioration de la mise en
oeuvre
Bien que de nombreux accords internationaux existants
relatifs aux forêts recommandent des changements politiques et de
l’action positif, les études de cas nationales et les critiques régionales
réalisées pour cette réunion démontrent clairement que la majorité
de ces accords sont mis en œuvre de manière tardive, inadéquate et
sans la participation réelle des PA. L’expérience des PA avec les bases de données et les
registres conçus pour documenter les connaissances autochtones comme
moyen, inter alia, d’établir des preuves d’art préalable, est un exemple
flagrant des dangers d’exclure les PA des stratégies de mise en œuvre. Les bases de données de connaissances traditionnelles
et biologiques associées pourraient faciliter l’accès par les entités
externes, rendant les connaissances traditionnelles vulnérable à l’exploitation.
Les bases de données et les registres ne représentent qu’une seule
approche à la mise en œuvre de protections efficaces des connaissances,
innovations et pratiques traditionnelles et leur création devrait
être considérée volontaire, et non pas une exigence pour leur protection.
Ces bases de données et registres ne devraient être créées qu’avec
le consentement libre préalable et informé des communautés autochtones
et locales. Les connaissances traditionnelles déjà documentées ou
se trouvant dans des registres ou bases de données ne devraient pas
être considérées publiques, et les Peuples autochtones devraient retenir
tous les droits de posséder et d’utiliser de telles connaissances.
Les peuples autochtones ont le droit d’accorder ou refuser l’accès
ainsi que de déterminer le degré d’un tel accès Les gouvernements devraient donc :
31.
Prendre
des mesures adéquates pour aider à préserver et protéger les CTDF des peuples
autochtones, avec le consentement libre, préalable et informé des peuples
autochtones en question.
32.
Travailler
en liaison avec les peuples autochtones afin d’établir un processus de documentation
des CTDF avec le consentement libre, préalable et informé des PA
33.
Reconnaître,
par l’établissement, avec la pleine participation des PA, de politiques et lois
appropriées, que les connaissances ainsi documentées continuent d’être la
propriété des peuples autochtones en question, et qu’elles ne peuvent être
utilisées en aucune manière sans leur consentement libre, préalable et informé,
34.
Garantir
que les peuples autochtones reçoivent les bénéfices de toute utilisation de ces
connaissances à travers la création, avec la pleine participation des PA, de
politiques et lois appropriées
35.
Tous
les processus internationaux traitant des questions relatives aux forêts (y
compris le FNUF et la CDB), ainsi que toutes les agences internationales relatives
aux forêts (y compris les membres du PCF), devraient appliquer une approche
intégrée et basée sur les droits dans toutes les discussions, initiatives,
projets ou programmes qui traitent directement liées aux connaissances
traditionnelles.
36.
Garantir
que les technologies agro-forestières basées sur les CTDF, tels que le
‘Taungya’, reconnaissent clairement les origines de ces connaissances et ne les
appliquent qu’avec le consentement libre préalable et informé de ses gardiens
originaux.
Implications pour l’Arrangement
international relatif aux forêts
Reconnaissant que l’AIF n’est pas prêt à initier un processus
de négociation d’un instrument juridiquement obligatoire relatif aux
forêts, étant donné que le FNUF doit encore adopter la vision holistique
de forêts des peuples autochtones, dans lequel les droits collectifs
des PA à leurs terres, territoires et connaissances sont intégrales ;
Par ailleurs, préoccupés que l’AIF/FNUF n’ait toujours
pas accepté la nécessité de défendre les forêts, les peuples autochtones
et les communautés locales contre les pressions des accords internationaux
relatifs au commerce libre ; Tout arrangement prochain sur les forêts (post FNUF-5)
devrait :
37.
Etre
initié seulement avec la participation pleine et efficace, et le consentement des peuples autochtones, et
seulement si les dispositions de l’arrangement proposé nous sont respectueux et
conformes aux droits des PA
38.
Avoir
un élément de programme spécifique et permanent adressant les questions des
peuples autochtones relatives aux forêts. En outre, les questions des peuples
autochtones relatives aux forêts devraient adresser les questions transversales
à travers tout le processus. Le programme de travail de tout arrangement
prochain devrait prendre en compte la pertinence des perspectives autochtones
dans tous les aspects du travail.
39.
au
niveau national, les gouvernements devraient adresser les questions des peuples
autochtones au sein de leurs Programmes forestiers nationaux et leurs Plans
d’action nationaux en matière de biodiversité, ainsi que les stratégies de
parques et d’aires protégées, et de renforcer la participation des peuples
autochtones dans la planification, la mise en œuvre et la réalisation de
rapports. En outre, les consultations devraient être réalisées avec respect aux
structures appropriées des peuples autochtones, avec des mécanismes pour la
documentation et la révélation d’information.
40.
En
matière de la CDB, du FNUF et du renforcement de la réalisation de rapport
nationale :
a.
le
secrétariat du FNUF devrait re-rédiger les lignes directrices pour la
réalisation de rapports nationaux pour garantir que cela englobe une série de questions plus
larges pertinentes aux questions autochtones et aux CTDF
b.
la CDB,
le FNUF et leurs Etats membres devraient renforcer les rapports nationaux en
fournissant, de manière équitable, financement et ressources pour les peuples
autochtones, afin qu’ils puissent soumettre des rapports parallèles pour
compléter et enrichir les processus nationaux de réalisation de rapports à la
CDB
c.
les
rapports nationaux de la CDB et du FNUF devraient identifier qui (des peuples
autochtones) a été consulté au travers de quelles structures/organisations
autochtones et les communautés autochtones devraient être conscientes des
processus et structures leur permettant de participer et de contribuer,
41.
La
CDB, et tout prochain arrangement international relatif aux forêts, doit
accélérer et augmenter le travail sur l’intégration des questions des peuples
autochtones, en tant que questions transversales, au travers tous les domaines
thématiques et autres de la CDB
42.
L’Instance
Permanente des NU sur les questions autochtones (IPNUQA) devrait mieux
coordonner, guider et faire des recommandations au FUNF, aux instances
gouvernant les organisations membres du PCF, y compris la CDB, dans leur
travail pertinent aux peuples autochtones.
43.
L’IPNUQA
devrait créer un groupe de travail sur les connaissances autochtones,
rassemblant touts les agences des NU travaillant sur les connaissances
traditionnelles, afin de garantir une approche large, efficace et holistique à
la protection des connaissances traditionnelles et ressources naturelles
associées
44.
L’IPNUQA,
ayant donc un mandant pertinent au FNUF, devrait devenir membre du PCF
45.
L’arrangement
international sur les forêts/CDB devraient instituer/établir un processus
régional nordique sur les questions des forêts, se focalisant particulièrement
sur les CTDF dans les régions nordiques et boréales. Pour la création de ce
processus, le Conseil Arctique devrait être vu comme exemple de bonne pratique
sur la coopération à haut niveau entre les gouvernements et les peuples
autochtones.
46.
Le
cadre des critères et indicateurs nationaux pour la gestion durable des forêts
(GDF) doivent inclure un critère spécifique sur les questions des peuples
autochtones relatives aux forêts, qui se concentrera sur la mesure dans
laquelle les droits des peuples autochtones sont respectés et les CTDF sont
considérées dans la gestion des forêts, du point de vue des peuples
autochtones. Tout prochain arrangement international sur les forêts, lorsque
cela adresse les C & I, doit ancrer les questions autochtones dans ce
processus. Les C & I actuels devraient être re-développés pour inclure les
perspectives autochtones.
47.
Le
FNUF/CDB devrait prêter une plus grande attention au réchauffement de
l’atmosphère dans leur travail et leurs activités relatives aux CTDF, étant
donné que le réchauffement de l’atmosphère représente une source croissante de
destruction des CTDF, particulièrement en ce qui concerne la région arctique,
le Bassin de l’Amazone et les petits Etats insulaires en développement.
48.
Tout
arrangement international relatif aux forêts (AIF) doit se conformer au droit
international actuel relatif aux droits autochtones, tel que le droit au
consentement libre, préalable et informé qui est un principe établi pour les
méthodes de travail de l’ONU, telles que celles prenant lieu à la CDB et le
PNUD, etc. En outre, plutôt que d’envisager les discussions actuelles comme
suffisantes, tout prochain arrangement sur les forêts devrait aspirer à faire
progresser les droits des peuples autochtones, tel que le droit à
l’autodétermination.
49.
Tout
AIF devrait adopter les meilleures pratiques des autres instances de l’ONU (tel
que la CDB dans son travail sur art. 8(j)/GTPA/IPNUQA) concernant la
participation pleine et efficace des peuples autochtones. Tout AIF devrait
adopter de tels mécanismes de participation.
50.
Le
FNUF, et tout prochain arrangement international relatif aux forêts, devrait
reconnaître les peuples autochtones en tant que peuples distincts et être
accordés une plus grande participation différenciée, conforme aux tendances
émergeantes au sein du système de l’ONU
51.
L’IPNUQA
devrait travailler avec le secrétariat de l’OMC et les Etats membres pour
ouvrir l’OMC à la participation des peuples autochtones et de les sensibiliser
en matière de l’impacte des accords commerciaux sur les peuples autochtones et
leurs droits.
52.
Les gouvernements,
tout prochain AIF et la CDB devraient soutenir les politiques nationales et/ou
internationales qui restituent le plein accès et les droits aux ressources et
territoires traditionnels nécessaires à l’exercice des activités d’aménagement
terrien des peuples autochtones, telles que la chasse, la pêche, l’élevage, et
les activités cérémoniales nécessaires pour maintenir et rajeunir les CTDF et
soutenir les moyens de subsistance des peuples autochtones. En outre, la
consultation avec les peuples autochtones pertinents, les gouvernements
devraient mettre fin aux projets actuels
qui contribuent à la dégradation des terres traditionnelles jusqu’à ce
que les droits des peuples autochtones à ces terres aient été déterminés.
D’ailleurs, un processus pour déterminer ces droits et intérêts devrait être
établi.
53.
Les
pays, agences de bailleurs de fonds, l’AIF, la CDB et les autres membres du PCF
devraient soutenir les efforts au niveau national régional et local pour
utiliser aussi bien les CTDF et les connaissances scientifiques dans le domaine
des forêts dans le développement des politiques forestières, la recherche en
matière de forêts, les évaluations des forêts, les pratiques de gestion durable
des forêts et les activités de suivi.
54.
Tout
prochain AIF devrait se concentrer sur le suivi, l’évaluation et la réalisation
de rapports sur la mise en œuvre des Propositions d’Action du FIF/GIF. En
outre, les évaluations par les tierces parties, les révisions par experts, et
les évaluations indépendantes de ces processus devraient être mises en
évidence.
55.
Les
gouvernements nationaux, les agences des bailleurs de fonds, et les mécanismes
pour les fonds volontaires devraient fournir un financement adéquat pour
soutenir les initiatives des peuples autochtones à développer leur capacité à
gérer les forêts et prendre part dans les initiatives nationales et
internationales
56.
L’AIF
et la CDB devraient encourager les Etats membres à développer de nouveaux
arrangements institutionnels, tels que la propriété des forêts des peuples
autochtones, conforme au mouvement pour les forêts communautaires, qui
adresserait en outre les droits des peuples autochtones, et incorporer leurs
valeurs et intérêts relatifs aux forêts uniques.
57.
Etablir,
avec la participation pleine des peuples autochtones, des critères et
indicateurs pour mesurer la mise en œuvre de lignes directrices et règlements
nationaux concernant les CTDF
58.
La
CCNUCC et son Protocole de Kyoto ne devraient pas envisager les forêts en
plantation comme des puits pour carbone dans les projets du CDM (Clean Development Mechanism en anglais)
59.
Le
rapporteur spécial des NU sur les droits et les libertés fondamentales des PA
devrait élaborer un rapport spécifique sur l’état actuel des CTDF
60.
Le
Haut commissaire des NU pour les réfugiés devrait créer un programme spécial
pour adresser les besoins des PA déplacés par l’exploitation de leurs terres et
territoires.
61.
Le
Projet de Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle doit être négociée
entre les Etats membres et les représentants des PA afin de garantir que cela
fourni une protection adéquate pour leur patrimoine culturel.
62.
Il
devrait y avoir une discussion pleine et une participation ouverte pour les
représentants des PA dans le travail de l’OMPI relatif aux ressources
génétiques, aux connaissances traditionnelles, et aux expressions
traditionnelles de la culture
63.
Les
secrétariats de la Convention sur l’élimination de la discrimination contre les
femmes, du FNUF, de la CDB ainsi que de UNIFEM et autres agences de l’ONU
devraient compiler les meilleures pratiques relatives aux connaissances
traditionnelles de la gestion des forêts des femmes autochtones.
Les peuples autochtones
Reconnaissant que
le principe de l’autodétermination implique aussi bien des droits que des responsabilités,
les PA devraient :
64.
Travailler
avec les ONG et agences de bailleurs de fonds pour garantir que l’information
sur les processus internationaux atteint les communautés des peuples
autochtones dans les langues et formes appropriées, et d’assurer que les
membres de ces communautés puissent participer aux réunions internationales
pertinentes
65.
Travailler
avec les ONG et agences de bailleurs de fonds pour garantir que les réunions
préparatoires aient lieu dans les territoires et zones des peuples autochtones
avant la participation des peuples autochtones aux réunions internationales
concernant leurs droits.
66.
Transmettre
les connaissances millénaires de leurs ancêtres aux prochaines générations - un
processus dans lequel les femmes autochtones, les anciens et les guides
spirituels jouent un rôle fondamental
67.
Entreprendre
des activités qui fourniraient une éducation civique aux peuples et communautés
autochtones sur les questions concernant les CTDF
68.
Sensibiliser
leurs gouvernements des compétences et capacités en matière des CTDF et de la
gestion durable des forêts
69.
Initier
des actions délibérées pour réformer les pratiques coutumières qui empêchent la
participation pleine des femmes dans la gestion des ressources naturelles
70.
Recommander
que les CTDF fassent partie des programmes scolaires dans les communautés
autochtones
71.
Renforcer
les mesures de plaidoyer pour réformer les lois et politiques nationales pour
les rendre conformes aux obligations du droit international, et de prendre des
mesures efficaces administratives et autres pour mettre en œuvre ces lois
72.
Renforcer
la participation des enfants et des jeunes autochtones dans les processus
internationaux et nationaux relatifs aux forêts
73.
Les
organisations des peuples autochtones nordiques devraient initier la création
d’un point focal pour les OPA nordiques qui représentera un point focal
parallèle à celui représentant les pays du sud.
Agences de bailleurs de fonds
Reconnaissant le rôle
important que joue la coopération et les partenariats internationaux pour
aboutir aux réformes nécessaires et pour assurer le renforcement des capacités
adéquat et approprié, les gouvernements et agences bailleurs de fonds
devraient :
74.
Soutenir
des programmes d’échange entre les différentes communautés autochtones, au
niveau local, national, régional et mondial afin de partager les expériences et
les connaissances en matière de promotion et de protection des CTDF
75.
Fournir
des ressources pour le renforcement des capacités des peuples autochtones pour
entreprendre des activités de lobby et de plaidoyer
76.
Fournir
des ressources pour entreprendre des activités de lobby et de plaidoyer au
niveau local, national et international
77.
Intégrer
la considération des questions relatives aux CTDF dans tous les projets et
programmes touchant les peuples autochtones
78.
Fournir
des ressources suffisantes pour soutenir des projets et programmes qui sont
planifiés, exécutés et gérés par les PA pour leur autodéveloppement
79.
Aucune
institution financière internationale ne devrait promouvoir ou initier des
projets relatifs aux ressources naturelles, aux forêts, à la terre, aux
ressources hydrologiques, à l’agriculture, à l’exploitation minière, etc. qui
ne sont pas acceptées par les peuples autochtones en question
80.
Avant
toute adoption de politiques ou avalement de projet ou programme spécifique,
les agences internationales qui financent, soutiennent ou promeuvent les
politiques, projets ou programmes relatifs aux forêts (y compris la Banque
mondiale, les Banques de développement régionales, le FEM, l’OMAA, etc) doivent
assurer que de telles activités soient acceptables aux peuples autochtones ou
autres détenteurs de connaissances traditionnelles, au travers de leurs
institutions et organisations représentatives.
81.
Recommander
aux gouvernements occidentaux, aux organisations des bailleurs de fonds, aux
mécanismes de fonds volontaires, pour assurer que les fonds soient également
disponibles pour faciliter la participation des peuples autochtones des pays
nordiques dans les réunions pertinentes nationales et internationales. En
outre, une fois financés, les peuples autochtones devraient se sentir libre de
participer selon leur convenance.
Adopté par consensus, Hôtel Corobici, San José, Costa
Rica, le 10 décembre 2004
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