Forest Peoples Programme Supporting forest peoples’ rights

Bulletin d'Information FPP Édition Spéciale sur le Genre, Juin 2011

Chers Amis,

Le travail du Forest Peoples Programme consiste à aider les peuples autochtones et les autres peuples de la forêt à défendre leurs droits humains, en particulier leurs droits collectifs à l’autodétermination, à leurs terres, territoires et patrimoine culturel, à l’autoreprésentation et à l’exercice de leurs droits coutumiers. L’adoption d’une approche basée sur les droits implique que nous acceptions également que ces droits collectifs soient exercés dans le respect des autres droits humains. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adopte la même perspective. Un principe fondamental des droits humains est la non-discrimination et l’un des objectifs principaux de la Déclaration des Nations Unies, d'autres lois et de la jurisprudence en matière de peuples autochtones est de réparer des siècles d'injustice fondée sur des préjugés profondément enracinés, la discrimination et la violence qui en découle à l’égard des peuples autochtones.

Une approche basée sur le genre met clairement en exergue le fait que les hommes et les femmes autochtones, les groupes au statut inférieur, les personnes âgées et les enfants affrontent ces injustices différemment. Les femmes autochtones peuvent être plus facilement privées de leurs terres que les hommes, elles peuvent être victimes d’exploitation sexuelle et en outre de discrimination liée au salaire, à l’éducation, aux soins de santé, à l’accès à la justice et aux autres services de l’État. Dans certains cas, les hommes autochtones souffrent, notamment lorsque les peuples chasseurs n'ont plus accès à leurs territoires et au gibier et lorsqu'ils sont privés de l’honneur et de l’identité qui découlent de la valeur accordée à leur rôle. La lutte menée aux côtés des peuples de la forêt pour mettre fin à la discrimination nous confronte ensemble au dilemme posé par le fait que la discrimination et l’injustice ne proviennent pas toujours de l’extérieur mais sont parfois inhérentes à leurs systèmes coutumiers.

Le recueil d’articles de cette édition spéciale de notre bulletin d’information est consacré à cet aspect de notre travail aux côtés de nos partenaires. En Indonésie, en Thaïlande, au Guatemala et au Guyana, l’examen des systèmes d’utilisation des terres par les femmes montre qu’ils sont complémentaires aux systèmes d’utilisation des terres par les hommes. Lorsque les femmes autochtones se mobilisent elles aussi pour défendre leurs droits, la force collective de la société est renforcée et non pas divisée. Ce bulletin d’information souligne les discussions entre les femmes autochtones concernant la façon la plus adéquate d'aborder les questions liées à la discrimination fondée sur le genre dans leurs pays et communautés.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a été particulièrement sensible aux actions des femmes autochtones d’Afrique pour obtenir des réparations. De leur côté, nos partenaires du Népal, de la Colombie, des Philippines et de l’Ouganda ont exprimé le souhait de voir leurs droits pris en compte dans le cadre des droits autochtones et non pas en opposition à ces derniers. Cela signifie avant tout que la mise en place de solutions pour réparer les injustices doit être réalisée par les peuples autochtones, à travers la mobilisation et la transformation de leurs sociétés et non pas à travers l’imposition de programmes de réforme sociale.

L’autodétermination sans discrimination est la base de la construction de futurs meilleurs et permettra à chaque peuple de trouver sa voie, chacun à partir de sa propre situation et d'établir eux-mêmes les relations qui les unissent. Au sein de FPP, nous sommes heureux de voir que le travail de nos partenaires en matière de genre et de droit à la terre commence à porter fruits et nous espérons continuer à les accompagner tout au long de ce parcours.

Marcus Colchester
Directeur

Lutte des femmes pour leurs terres et leurs moyens de subsistance dans la Péninsule de Kampar en Indonésie

3 Juin, 2011

Rini Ramadhanti

À partir de mi-2009, j’ai commencé à me rendre régulièrement dans le village de Teluk Meranti pour y rencontrer les femmes et discuter avec elles de leurs conditions de vie et des questions qui les affectent. Teluk Meranti est un village qui compte environ un millier d’habitants près de la Péninsule de Kampar, une tourbière à Riau, sur l’île de Sumatra en Indonésie.

Lors de ma première visite, nous avons discuté des peurs des femmes relatives à la perte de leurs terres agricoles et de leurs forêts, et de leur souhait de développer leurs potagers et leurs petites entreprises. Ces femmes étaient préoccupées par un plan du gouvernement et de la société du secteur de la pâte et du papier APRIL visant à créer une plantation de bois à pâte sur une surface de 56 000 hectares et à s’emparer d’une forêt que leur communauté gère depuis des générations.

Les dimensions de genre dans l’utilisation coutumière de la biodiversité par les peuples autochtones

3 Juin, 2011

Des travaux récents menés par plusieurs peuples autochtones, tels que la cartographie communautaire et la description de l’utilisation des ressources traditionnelles, ont permis de comprendre différents aspects des dimensions de genre liées à leur utilisation coutumière de la biodiversité. Dans nombre de communautés autochtones, il existe des divisions claires entre les rôles et les tâches des hommes et des femmes en matière d’utilisation de la biodiversité. Cet article propose des exemples d'études de cas réalisées par le peuple Wapichan du Sud-Ouest de la Guyane et les peuples Karen et Hmong du Nord de la Thaïlande.  

Les efforts de plaidoyer mènent à une prise en compte accrue des droits des femmes autochtones par la Commission africaine

3 Juin, 2011

La reconnaissance des droits des peuples autochtones représente un développement récent sur le continent africain. Au cours de la dernière décennie, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a accordé une attention accrue aux droits des peuples autochtones, notamment à travers la création de son Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones (WGIP) en 2000. Ceci est principalement le résultat des efforts des organisations de la société civile qui ont fait état des obstacles auxquels les peuples autochtones font face dans la jouissance de leurs droits individuels et collectifs, et qui ont soumis à l’attention de la Commission de nombreux cas de violation de ces droits.  

Les femmes autochtones façonnent les droits de la femme

3 Juin, 2011

Les voix des femmes autochtones ont répété à maintes reprises aux gouvernements nationaux, aux organes des droits de l’homme et aux autres instances nationales et internationales, que leurs droits humains en tant que femmes doivent être examinés en tant que droits des femmes autochtones. Par conséquent, les femmes autochtones ont appelé les organes et les processus des Nations Unies relatifs aux femmes à adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones « comme norme minimale pour la réalisation et la jouissance des droits par les femmes autochtones »[1]

Lancement d’une trousse d’information sur les droits des femmes autochtones en Afrique

6 Juin, 2011

Le lancement d’une nouvelle publication intitulée «Femmes autochtones et le système africain des droits de l'homme et des peuples: trousse d'information sur les mécanismes » a eu lieu à la fin du mois d’avril 2011 dans le cadre de la session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à Banjul, Gambie. Cette trousse d’information a été développée en consultation avec des partenaires qui travaillent avec des organisations de femmes et peuples autochtones aux niveaux local, régional et international. Elle consiste en une série de notes d’information qui traitent des standards en matière de droits humains des femmes autochtones en Afrique ainsi que des différents mécanismes disponibles pour promouvoir ces droits et assurer leur protection. La trousse d’information vise à fournir aux ONG et aux organisations de femmes autochtones en Afrique une ressource utile qui leur permettra de guider leur utilisation efficace des différents mécanismes africains de droits humains. Le lancement de la trousse d’information a été présidé par la Commissaire Maître Soyata Maïga, Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique, qui a aussi contribué à la publication. La trousse est disponible en ligne en anglais et en français.

Prochaine publication du FPP : Toolkit on Indigenous women’s rights and the Inter-American Human Rights System (Trousse d'information sur les droits des femmes autochtones et le système interaméricain des droits humains)

6 Juin, 2011

Dans cette publication à paraître, les mécanismes du système interaméricain des droits humains seront analysés selon une approche centrée sur les droits des femmes autochtones. Des partenaires ont à cette fin tenu une réunion avec le Forest Peoples Programme en avril 2011 afin de développer cette trousse d'information. Des sessions préliminaires de formation auprès d’organisations de femmes autochtones sont prévues, afin de tester et d'améliorer le matériel de formation avant sa publication finale plus tard cette année.

Prochaine publication de AIWN et du FPP : Guide to CEDAW for indigenous women in Asia (Guide CEDAW pour les femmes autochtones d’Asie)

6 Juin, 2011

Le Asian Indigenous Women’s Network (Réseau des femmes autochtones d’Asie) et le Forest Peoples Programme ont réalisé une série de brochures consacrées au cadre de protection des droits humains, aux droits des peuples autochtones et aux droits des femmes tels que consacrés et protégés dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Les brochures ont été conçues pour traiter spécifiquement des situations des femmes autochtones en Asie et comprennent une compilation détaillée de la jurisprudence existante du CEDAW en matière de femmes autochtones.