Convention sur la Diversité Biologique : reconnaissance sans précédent des liens entre la biodiversité, les droits de l’homme et les processus de développement

Side Event
Side event
By
Caroline de Jong

Convention sur la Diversité Biologique : reconnaissance sans précédent des liens entre la biodiversité, les droits de l’homme et les processus de développement

Trois semaines après que le Dialogue Global sur les Droits de l’Homme et la Conservation de la Biodiversité ait eu lieu au Mont Elgon, au Kenya, les réunions de la Convention sur la Diversité Biologique de l’ONU (CBD) se sont plus que jamais concentrées sur les liens entre la biodiversité, les droits de l’homme et le processus de développement et sur le rôle que doit tenir la CBD dans ces liens.

Le 15 décembre, SwedBio, FPP et Natural Justice ont organisé un événement parallèle afin de partager des informations et des réflexions sur ce dialogue. Dans sa présentation d’ouverture, Joji Carino, Conseillère Principale en Politique à FPP, a fait référence aux rapports des Rapporteurs Spéciaux de l’ONU sur les Droits des Peuples Autochtones et sur les Droits de l’Homme et l’Environnement.

Claudia Ituarte Lima (Conseillère en Droit International de l’Environnement, SwedBio, et Responsable de Projet de Recherche, Centre de Résilience de Stockholm) ont insisté sur le fait qu’il est grand temps d’intégrer la biodiversité et les droits de l’homme dans les Objectifs de Biodiversité d’Aichi post-2020. Elle a invité plus de soixante participants à imaginer comment les SDG 16 (sur la paix, la justice et des institutions fortes) pourraient nous aider en tant qu’exemple dans le cadre de la CBD. Elle a aussi affirmé qu’il est logique d’avoir un objectif spécifique dans le cadre logique post-2020, mais également de faire de la « justice et des droits » des questions transversales.

La présentation de Tanya Mc Gregor (Chargée de Programme Genre, Secrétariat de la CBD) a également fait référence aux liens avec les Droits de l’Homme dans plusieurs articles de la CBD, dans les Protocoles, les Codes de Conduite et dans les Recommendations Générales, dans le Plan d’Action Genre, dans le cadre de plusieurs Objectifs de Biodiversité Aichi ainsi que dans les raisonnements de l’actuel Plan Stratégique. Elle a aussi mentionné la participation directe du secrétariat de la CBD dans les dialogues organisés avec le HCDH sur les droits de l’homme, la biodiversité et le droit à un environnement sain, ainsi que la contribution de la CBD au rapport récent du Rapporteur Spécial. Elle a mentionné le fait que la CBD veut prendre une approché intégrée dans le processus post-2020, étroitement aligné avec l’Agenda 2030 et les SDGs.

Pour la première fois, les documents et les discussions de la CBD se sont concentrés sur la transversalité de la biodiversité dans des industries-clés telles que le secteur minier, l’énergie et les infrastructures.

Dans le cadre de cette nouvelle stratégie dans le processus de la CBD, Dr. Cristiana Paşca Palmer, nouvelle Secrétaire exécutive de la CBD (en poste depuis le mois de janvier) a fait un discours d’ouverture pour la 10ème réunion du groupe de Travail de la CBD sur l’article 8(j) et sur les dispositions qui y sont relatives. Elle a attiré l’attention sur les assassinats récurrents de défenseurs environnementaux, laissant entendre que la CBD a un rôle à jouer dans leur défense.

Elle a dit : « Les peuples autochtones sont les protecteurs de la Vie sur terre. Mais ils payent cher leur rôle. Des statistiques publiées en juillet 2017 par Global Witness ont révélé qu’au moins quatre défenseurs environnementaux se font assassiner par semaine. De plus, la plupart, sinon tous les défenseurs environnementaux, sont issus des peuples autochtones, en particulier des femmes. Pour tous ceux qui ont été tués, des millers en plus se trouvent face à des menaces, à des attaques, à des harcèlements, à de la stigmatisation, de la surveillance et des arrestations arbitraires. Dès lors, il est urgent que l’agence de l’ONU pour l’environnement et sa famille, y compris la CBD, se positionnent face à cette tendance actuelle d’abus contre les défenseurs environnementaux et contre l’impunité avec laquelle ces actes sont commis. Le Secrétariat s’engage à travailler avec l’agence de l’ONU pour l’Environnement et avec le Bureau du HCDH sur une politique de « Promotion d’une Plus Grande Protection pour les défenseurs de l’Environnement », afin que nous contribuions à trouver une solution à cette crise de grande ampleur. »

Cela représente une rupture par rapport aux premiers jours de la Convention, lorsque les questions de droits de l’homme représentaient des « sujets à ne pas mentionner » et que seules les problématiques de biodiversité étaient considérées comme faisant partie de ce mandat. Plusieurs déclarations d’organisations de société civile ont entendu et approuvé le message et exprimé leur intérêt à être impliquées dans les discussions actuelles entre la CBD et UNEP.

La semaine de réunions de la CBD a montré que les processus internationaux - IUCN, CBD, SGDs, processus de Droits de l’Homme - sont de plus en plus liés. Dans son résumé de l’événement parallèle, Joji Carino a conclu : « nos messages commencent à ne faire qu’un, ils ne sont plus seulement des morceaux éparses ».

A la lumière des négociations sur la transversalité de la biodiversité dans des secteurs-clés tels que les activités minières, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, les activités forestières et la pêche, les Parties de la CBD devront prendre une approche basée sur les droits de l’homme et protéger les défenseurs de l’environnement dans le travail de la Convention.

Voir également : ECO Volume 55, Issue 4 Friday, 15 Déc. 2017 http://cbd-alliance.org/sites/default/files/documents/ECO-55-4.pdf

Voir le discours d’ouverture du Dr. Pasca Palmer ic : https://www.cbd.int/doc/speech/2017/sp-2017-12-13-wg8j10-en.pdf