« Seuls nous allons plus vite, mais ensemble nous allons plus loin » - gestion des terres communautaires

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Catherine Foster/FPP

« Seuls nous allons plus vite, mais ensemble nous allons plus loin » - gestion des terres communautaires

Des représentants de peuples autochtones venant de six pays africains ont participé à un atelier de gestion communautaire visant à démontrer les violations des droits de l’homme ainsi que les changements subis par l’écosystème.

Des représentants des peuples autochtones et des communautés locales du Liberia, du Kenya, de la République Centrafricaine, du Cameroun, de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo, qui travaillent sur la protection de leurs terres ancestrales, utilisent la technologie mobile afin de collecter des données tangibles permettant de remédier aux problèmes d’exploitations forestières illégales, d’expropriations de terres, de dommages causés aux récoltes par la faune et de violations des droits de l’homme.

Ils ont participé à une conférence de trois jours sur la gestion de techniques leur permettant de soutenir leur travail. L’objectif de ce programme est d’améliorer la capacité des peuples autochtones à protéger leurs terres, à renforcer leurs compétences de défense de leurs droits ainsi qu’à être en contact avec les autorités concernées afin de renforcer la protection des forêts et leur gouvernance.

Des représentants de la communauté Sengwer, de la forêt Embobut au Kenya, ont parlé de leur lutte continue avec les Services de Forêts Kenyans, qui les ont expulsés de force des Collines Cherangani pendant plusieurs années et ont brûlé leurs maisons.

Paul K Kibet, un membre de la communauté Sengwer impliqué dans le suivi de ces violations pendant trois ans, témoigne : « durant tant d’années, de si nombreuses choses se sont passées sur nos terres et il n’y a aucune documentation de ces choses, rien pour les rapporter. C’est pourquoi nous avons décidé de nous joindre à cette équipe de suivi, afin d’avoir des preuves solides témoignant des injustices subies. Il est primordial d’avoir accès à ces réunions d’échanges afin de partager nos idées, nos expériences et nos problèmes, car en tant que peuples autochtones, nos problèmes sont transversaux sur nos différents territoires ».

« Il est intéressant de savoir comment certains groupes ont réussi à s’en sortir tandis que certains d’entre nous sommes toujours marginalisés par les autorités. Le dialogue est très important afin d’obtenir des idées et des informations d’autres communautés. »

Pendant l’atelier, les participants ont été amenés à identifier les défis face auxquels ils se trouvaient, à mettre en avant leurs réussites mais également à se concentrer sur la collecte d’informations correctes et vérifiées. Les obstacles à l’investissement des autochtones ont été discutés, ainsi que la manière d’inclure plus de personnes, y compris les femmes, les personnes handicapées ou encore ceux qui ont des difficultés à appréhender la lecture.

Un soutien technique était disponible afin de discuter de solution possibles pour les zones reculées où il y a peu de routes de transport, pas d’électricité et souvent une faible réception de téléphone mobile.

Un autre délégué, Timothee-Dimitri Epoutangongo, de la République du Congo, a rapporté : « j’ai noté beaucoup de choses durant ces trois jours. Maintenant je veux rapporter ces informations au village où je vis et expliquer tout cela aux gens là-bas. Je n’avais jamais utilisé la technologie avant, donc tout cela est nouveau pour moi. »

« Je crois que ces ateliers devraient prendre place tous les ans. C’est très important de partager notre travail avec d’autres pays afin nous soyons rassemblés dans la protection de nos droits. »

C’était le deuxième atelier de formation de ce type, organisé par Forest Peoples Programme - FPP) en coopération avec l’Organisation pour le Développement et les Droits de l’Homme du Congo (Organisation for Development and Human Rights in Congo - ODDHC). Le premier atelier avait eu lieu à Yaoundé, au Cameroun, en 2015, et un troisième atelier est prévu pour l’année 2018.

La gestion communautaire s’effectue de manière volontaire, et ce sont les communautés elles-mêmes qui contrôlent et gèrent ce processus, de la définition de ce qui doit être contrôlé à la collecte de données et aux prises de décisions sur l’utilisation des résultats.

Au Liberia, où la gestion communautaire a commencée en 2013, l’expropriation de terres par une compagnie d’huile de palme a pu être évitée. D’autres pays ont également rapporté des résultats satisfaisants, peu de mois après avoir commencé à collecter des informations.

Viola Belohrad, chargée de projet pour Forest Peoples Programme (FPP), rapporte : « La gestion communautaire peut être un outil puissant afin de promouvoir le respect des droits de l’homme ainsi que la sécurité foncière et la gouvernance des forêts communautaires. Etant donné que de nombreuses communautés vivent dans des zones extrêmement reculées, trouver les outils technologiques adaptés a été un défi. L’atelier à Brazzaville a été une opportunité de partager les leçons apprises et les expériences partagées par les communautés. »