Les femmes Sengwer de la forêt d’Embobut appellent à l’aide

Sengwer singing group
Sengwer singing group
By
Nadia Stone

Les femmes Sengwer de la forêt d’Embobut appellent à l’aide

Notre communauté a été expulsée de force de notre terre ancestrale de la forêt d’Embobut, les collines de Cherangany, plus de 22 fois maintenant par les Services de Forêt Kenyan (Kenya Forest Service - KFS), une agence du gouvernement censée être responsable de la protection des forêts dans le pays.

Malgré les preuves scientifiques selon lesquelles les forêts sont mieux protégées lorsqu’elles sont dans les mains des communautés autochtones, le gouvernement du Kenya via son agence KFS a toujours recours aux expulsions de la communauté Sengwer. Ces expulsions sont aggravées par l’obtention de fonds venant d’entités de développement et de conservation tels que la Banque Mondiale et l’Union Européenne et acquis par le Gouvernement du Kenya.

Entre 2007 et 2013 la Banque Mondiale a financé le Projet de Gestion des Ressources Naturelles (Natural Resource and Management Project - NRMP) dans la forêt d’Embobut , un projet qui a exposé la communauté à des expulsions commises par leur propre gouvernement. Les conséquences de ces expulsions sont extrêmement dommageables pour les femmes et les enfants car ils sont exposés au froid et aux souffrances à travers la destruction de leurs maisons, de leurs vêtements et de leurs aliments.

L’Union Européenne est en train de financer le Gouvernement du Kenya (Kenyan Government - KFS) pour mettre en oeuvre le projet Water Tower (WaTER) dans la zone dont la communauté a été expulsée de manière régulière depuis 2013 ainsi que dans la zone du Mont Elgon. Un groupe de femmes Sengwer, ainsi que les autres membres de la communauté, sont inquiets à l’idée que ces fonds habilitent encore plus le KFS à les expulser.  On constate une perte rapide de la culture, de la paix et de l’harmonie de la communauté, remplacés par une pauvreté sévère amenée par les expulsions.

La souffrance expérimentée par les femmes inclue la perte (à cause des incendies) des plantes nécessaires à la médecine traditionnelle utilisée pour soigner les enfants, la perte des biens du ménage, des livres d’enfants et autres matériaux de lecture, ainsi que la perte des liens de famille étant donné que les membres de la famille sont éparpillés et effrayés, les cas d’abus sexuels et de harcèlement, ainsi que de torture psychologique associés aux actes terribles d’expulsions.

Malgré tout cela, les femmes se sont affirmées et ont parlé des expulsions aux représentants du gouvernement. Les femmes ont également utilisé des chansons afin d’informer les autres de leurs inquiétudes, de leurs souffrances et de l’attachement qu’elles ont à leurs terres ancestrale.

Les femmes Sengwer d’Embobut pourront profiter de la vie comme toutes les femmes du monde quand :

  • La communauté de financement (la Banque Mondiale, l’UE et les autres agences de conservation et de financement) reconnaîtra les droits des Sengwer à vivre sur leurs terres ancestrales, à les gérer et à les conserver.
  • Ces organismes de financement retiendront leurs fonds jusqu’à ce que le Gouvernement du Kenya écoute la communauté autochtone Sengwer et réponde aux problèmes rencontrés par cette communauté.
  • Le Gouvernement du Kenya arrêtera de commettre des expulsions afin de permettre aux enfants Sengwer d’aller à l’école en paix, comme tous les autres enfants du pays.

NB: Derrière chaque personne en uniforme se trouve un être humain/ un coeur d’homme/une âme humaine, une humanité commune qui nous réunit tous. Arrêtez les expulsions. Arrêtez le harcèlement des femmes. Arrêtez de brûler les livres et de ruiner le futur de nos enfants.

 

The situation of the Sengwer