Dialogue sur les Droits de l’Homme et la Conservation de la Biodiversité, Kenya

Dialogue sur les Droits de l’Homme et la Conservation de la Biodiversité, Kenya

Entre le 20 et le 23 novembre, FPP co-organise avec Swedbio, Natural Justice et UICN CEESP-TGER un Dialogue Global sur les Droits de l’Homme et la Conservation de la Biodiversité. Nous serons accueillis par le Projet de Développement des Peuples Autochtones Chepkitale (Chepkitale Indigenous Peoples Development Project). La réunion prendra place à Kitale, dans la Vallée du Rift du Kenya, ainsi que sur les terres de la communauté Chepkitale Ogiek, sur le Mont Elgon.

Nous rassemblerons 50 participants issus du monde de la conservation de la biodiversité, des experts en exploitation durable, en droits de l’homme et justice, des représentants de gouvernements, des experts en conservation et en développement international ainsi que des membres d’organisations communautaires comprenant des peuples autochtones. L’objectif est de susciter un dialogue sur la conservation et les droits de l’homme et d’encourager une évolution des conflits vers des relations fructueuses. Ce sera l’occasion d’ouvrir un espace de dialogue franc et ouvert afin d’améliorer les approches existantes ainsi que les outils et pratiques utilisés pour assurer que le respect des droits de l’homme renforce la capacité de parvenir aux objectifs de conservation. Ce sera également l’occasion d’assurer que les objectifs de conservation respectent et renforcent le respect des droits de l’homme.

Le Dialogue commencera par une introduction sur les questions abordées, faite en partie par la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones. Le jour suivant, une visite sera organisée par la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Kenya et des représentants du gouvernement kenyan à Chepkitale, afin de rencontrer les communautés ainsi que le Service Kenyan de Protection de la Faune (Kenya Wildlife Service), afin d’évaluer les obstacles et les opportunités liés à la conservation et aux droits de l’homme et de travailler main dans la main, au mont Elgon. Après avoir été introduits à ces questions et s’être immergés grâce à la visite, nous passerons deux jours de plus à examiner et développer des approches, des outils et des mécanismes permettant d’anticiper ou de résoudre les conflits entre les droits de l’homme et la conservation de la biodiversité.

Contexte :

Protéger les droits des peuples qui dépendent de leur relation directe et de longue date avec leurs terres ancestrales constitue une exigence en droit international des droits de l’homme. C’est également bien souvent la manière la plus efficace et stratégique de conserver et d’utiliser de manière durable la biodiversité et les écosystèmes. Une telle approche permet aux populations locales et aux organismes de conservation d’être des alliés stratégiques plutôt que de se mettre en opposition les uns contre les autres.

Ce Dialogue s’appuie sur des rapports récents publiés par deux Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies. Ils mettent en avant des recommandations axées sur l’avenir, concernant la conservation et les droits de l’homme (Professeur John Knox, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et l’Environnement, et Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, rapport de 2016). Les recommandations-clés incluent la nécessité de mettre en place des évaluations en droits de l’homme, mais également des plans et actions par les organisations de conservation, des modifications à apporter aux politiques de longue date, aux lois et aux institutions, y compris aux politiques issues des héritages coloniaux et qui doivent être réformées, ainsi que la mise en place de mécanismes de réclamation assurant la responsabilisation des organisations de conservation et proposant des moyens de recours possibles.

Le Dialogue se base sur des rencontres récentes, y compris : (1) les événements SwedBio ayant pris place durant la Conférence des Nations Unies de 2016 sur la Biodiversité (CBD-COP13) concernant les écosystèmes, les droits de l’homme et la mise en oeuvre des SDG ; (2) FPP, NJ et UICN se sont réunis plusieurs fois au siège de UICN en février 2017 afin de discuter des questions de conservation et de droits de l’homme ; ils ont ainsi établi un groupe de travail TGER sur les questions mentionnées ; (3) les consultations tenues par le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et l’Environnement en mars 2017 ; et (4) une session tenue par FPP et NJ lors du Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Autochtones à New York en avril 2017 et intitulée « Trop peu, trop tard ? Concrétiser les Droits des Peuples Autochtones dans le cadre de la Conservation », la Rapporteuse Spéciale sur les Droits des Peuples Autochtones a partagé lors de cette session les résultats et recommandations de son rapport.

Résultats Escomptés :

Un rapport portant sur le Dialogue alimentera la Convention sur la Diversité Biologique, y compris dans le cadre des prochaines rencontres en 2017 et des réunions-clés dans le cadre de la CBD en 2018, ainsi que dans le rapport d’Evaluation Globale IPBES en tant que contribution autochtone et sur les connaissances et les pratiques locales. Ce rapport visera également à être inséré dans des processus tels que le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et le Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Autochtones (UN PFII) et dans sa discussion en cours sur les droits des peuples autochtones et la conservation qui continuera lors de sa 17ème session en 2018 (UNPFII17). Enfin, son objectif est également d’informer les organismes de financement sur la manière de mieux s’assurer que les financements apportés aux agences de conservation soutiennent et n’entravent pas la gestion de la biodiversité et des écosystèmes par les peuples autochtones et les communautés locales.

Méthodologie:

En utilisant la « méthodologie du séminaire de dialogue entre acteurs multiples »  de SwedBio, les systèmes de connaissances autochtone, locale et scientifique interagissent comme étant également valables afin de générer des preuves complémentaires permettant de promouvoir une gestion juste et durable de la biodiversité. Basées sur la méthodologie Whakatane de FPP et CEESP, de telles discussions auront également lieu sur le terrain où les problèmes et les solutions peuvent être envisagés et compris dans le contexte d’expériences vécues. En partant d’un état des lieux honnête des différentes perspectives rencontrées, nous pouvons examiner comment développer une stratégie commune sous-jacente répondant aux besoins divers plutôt que d’opposer ces différents besoins les uns contre les autres.

Organisateurs :

SwedBio Pernilla Malmer <pernilla.malmer@su.se>, Maria Schultz <maria.schultz@su.se>, Claudia Ituarte-Lima <claudia.ituarte@su.se> ; FPP : Justin Kenrick <justin@forestpeoples.org>, Joji Carino <joji@forestpeoples.org>, Helen Tugendhat <helen@forestpeoples.org> ; NJ : Harry Jonas <harry@naturaljustice.org> ; CIPDP: Peter Kitelo <pkitelo@yahoo.com> ; UICN CEESP-TGER: Jenny Springer <jspringertger@gmail.com>