Nouveau rapport : De la coupe aux lèvres - le CLIP dans la Réserve de faune de Ngoyla au Cameroun

De la coupe aux lèvres
De la coupe aux lèvres

Nouveau rapport : De la coupe aux lèvres - le CLIP dans la Réserve de faune de Ngoyla au Cameroun

Pendant presque trois ans, le FPP et l’Association Okani (association baka basée à Bertoua, et actuel partenaire de FPP), ont accompagné (principalement) neuf communautés baka et bantoues dans le massif forestier de Ngoyla-Mintom, une zone transversale qui englobe les arrondissements de Ngoyla à l’Est et Mintom dans le sud de Cameroun. Cet accompagnement s’est effectué de près et a été régulier. Il a commencé après une visite d’évaluation réalisée par FPP et Okani en 2015, qui visait à examiner l’implication des populations Baka dans certains projets pilotes REDD+ dans la zone, notamment dans un projet mené par le WWF ayant pour objectif d’appuyer le gouvernement du Cameroun dans le processus d’affection des terres du massif forestier de Ngoyla-Mintom (ce qui impliquait la création d’une réserve de faune).

Cette évaluation initiale avait soulevé plusieurs inquiétudes, et a donné lieu à une demande de soutien faite à FPP et Okani par les communautés baka visitées. Comme FPP et Okani étaient déjà impliqués dans le cadre d’autres projets dans cette zone, ils ont décidé de faire un suivi régulier et de proximité du déroulement de deux projets mis en œuvre dans celle-ci : celui de WWF et un autre projet complémentaire, mené par le Ministère des forêts et de la faune (MINFOF) et la Banque mondiale. L’accompagnement a été mené principalement sous la forme de consultations parallèles afin de faciliter l’accès à l’information ainsi que de fournir une perspective différente et indépendante (FPP et Okani n’ayant pas d’intérêt dans les objectifs du projet) sur les propositions faites aux communautés, et les activités réalisées par les deux projets. En même temps, nous avons pu entreprendre une analyse approfondie du respect des droits des peuples autochtones, et surtout l’application du principe du consentement libre, informé et préalable (CLIP) (principe auquel le projet WWF faisait référence, et qui était d’ailleurs consacré dans ses propres politiques, ainsi que les politiques de sauvegarde de la Banque mondiale).

Les premières parties de ce rapport contiennent des informations générales pour le lecteur. Le contexte général du Cameroun, ainsi qu’une explication de l’approche de FPP, sont exposés dans l’introduction. Le rapport explique ensuite de manière assez détaillée le cadre juridique international régissant le consentement libre, informé et préalable, en indiquant notamment quand le consentement est requis, les circonstances (exceptionnelles) dans lesquelles une atteinte aux droits de propriété des peuples autochtones pourrait être justifiée et les obligations qui accompagne- raient une telle justification (y compris l’indemnisation). Le rapport met ensuite en lien les parties pertinentes du système juridique national avec l’application de ce principe international, en notant certaines des lacunes entre les lois nationales et les obligations découlant des engagements inter- nationaux pris par le Cameroun. Enfin, avant d’entrer dans le vif du sujet, le rapport fournit une brève explication des difficultés particulières du travail avec les communautés (et rencontrées par les communautés) dans le contexte camerounais.

Ensuite, ce rapport raconte l’histoire de ces deux projets, ainsi que nos expériences de terrain, de la perspective des neuf communautés, et surtout des quatre communautés baka que nous avons accompagnées de près pendant les dernières trois années.

Les constats faits pendant cette période soulèvent beaucoup de questions sur la mise en œuvre réelle du principe du CLIP les insuffisances systématiques dans la conceptualisation et la mise en application des projets (et surtout les projets de conservation), et les bénéfices douteux (plutôt l’appauvrissement) que les communautés expérimentent.

 

 

Liens supplémentaires :