Ressources

Joie et déception vont de pair lors de la 10ème Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique

Aux premières heures du jour, samedi 30 octobre, après deux semaines d’intenses sessions qui se sont poursuivies tard dans la nuit et de négociations de dernière minute, les Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont adopté, lors de la 10ème Conférence des Parties (CdP10), un « paquet » qui consiste en un protocole sur l’accès et le partage des avantages, un nouveau plan stratégique, et une stratégie pour la mobilisation des ressources afin de mettre effectivement en œuvre la convention. En outre, plus de quarante autres décisions ont été adoptées, y compris des décisions en matière de : biodiversité et changement climatique ; aires protégées ; utilisation durable ; savoirs traditionnels, innovations et pratiques. Les peuples autochtones ont célébré certaines victoires, mais sont rentrés chez eux non sans quelques inquiétudes.

Les projets forestiers et climatiques du Guyana continuent de soulever la controverse et d’exclure les peuples autochtones

Alors que le Président du Guyana a été nommé « Champion de la terre » par les Nations Unies cette année pour ses efforts en faveur de la mise en œuvre d’un soutien international à la protection des forêts et d’une croissance à faible intensité de carbone, des leaders autochtones et des organisations de la société civile du pays et de l’étranger ne cessent de souligner et de mettre en cause les vives contradictions des projets forestiers et climatiques du gouvernement. n juin 2010, le Président de l’Association des peuples amérindiens (APA) a prononcé une intervention sans appel lors de la Sixième réunion du Comité des participants du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier de la Banque mondiale (FCPF) à Georgetown, qui demandait pourquoi les questions clés relatives aux droits fonciers soulevées à maintes reprises par APA n’avaient pas encore été prises en compte dans les dernières propositions de préparation REDD+ de la Commission forestière du Guyana (GFC).

Les peuples autochtones du Paraguay demandent des garanties solides pour la protection de leurs droits collectifs dans les processus nationaux de planification REDD

Les peuples autochtones et les organisations autochtones du Paraguay ont travaillé sans désemparer en 2010 pour obtenir des garanties du gouvernement et des Nations Unies afin que toute politique, décision ou initiative relative à la préparation REDD respecte leurs droits collectifs, y compris leurs droits à la terre et au consentement libre, préalable et éclairé (FPIC). Par exemple, grâce à sa participation au Comité national REDD, la Coordinadora por la Autodeterminación de los Pueblos Indígenas (CAPI) a souligné que le programme UN-REDD doit se conformer pleinement à ses propres Operational Guidance on Indigenous Peoples (Document d’orientation opérationnelle sur les peuples autochtones). De plus, CAPI a insisté sur le fait que le gouvernement doit remplir ses obligations conformément aux traités internationaux et régionaux des droits humains que le pays a ratifiés.  

Le Fonds pour l’environnement mondial prévoit enfin d’adopter des protections sociales

En octobre 2010, la présidente du FEM, Monique Barbut, a annoncé que le FEM développera des politiques de garanties. Ces garanties porteront sur les impacts environnementaux et sociaux des projets, et aborderont de manière spécifique les problèmes propres aux peuples autochtones. Les garanties s’appliqueront à tous les Agents et Organismes d’exécution du FEM et une institution externe ou un organisme vérifiera la conformité aux garanties. Les peuples autochtones ont saisi cette opportunité et ont préparé et présenté une proposition au Conseil du FEM indiquant comment développer une politique qui prendrait en compte leurs problèmes.

Sortie du film « Dwindling Forests: Dwindling Futures? Mangroves and forest peoples under threat in the Sundarbans, Bangladesh »

Un nouveau court métrage réalisé en collaboration avec les communautés forestières des Sundarbans souligne combien l’utilisation coutumière de la biodiversité par les utilisateurs traditionnels des ressources dans les mangroves des Sundarbans est essentielle pour la conservation et l’utilisation durable de cette zone humide d’importance internationale, qui accueille un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et un site RAMSAR. Cependant les savoirs traditionnels et l’utilisation coutumière sont ignorés par le Gouvernement du Bangladesh, et les peuples de la forêt sont exclus du processus de prise de décisions et de la gestion de la forêt. Le film appelle au respect et à la reconnaissance des savoirs et des pratiques des utilisateurs traditionnels des ressources et à une approche participative à la gestion des Sundarbans dans le cadre de l’application de la Convention sur la diversité biologique (CDB), ainsi qu’au respect de la dignité des peuples de la forêt et à la protection de leurs moyens de subsistance et de leur futur.

Dialogue de l’IUCN en Nouvelle-Zélande. Janvier 11-15 2011

Cinq représentants des peuples autochtones de la Thaïlande, du Suriname, de l’Ouganda et du Cameroun participeront à la conférence Sharing Power  de la CEESP de l’IUCN en Nouvelle-Zélande en janvier 2011. Ils parleront de leurs expériences concernant l’interaction entre leurs communautés et les aires protégées, y compris les impacts négatifs causés par la conservation imposées et des effortspour trouver des solutions qui seront bénéfiques tant pour les peuples que pour la nature. Leur intervention permettra d’évoquer et d’actualiser les informations contenues dans les rapports qu’ils ont publiés.

Malaisie - Radio Free Sarawak commence à émettre

Radio Free Sarawak a commencé à émettre en novembre 2010. La nouvelle station de radio alternative proposera chaque jour deux émissions sur les ondes courtes. Leur public cible est composé des communautés rurales de Sarawak, qui n’ont pas accès aux médias indépendants. Informations relatives aux émissions :

1ère émission : 06h30-07h30 heure locale (GMT +8) sur 7590 kHz (ondes courtes)

2ème émission : 18h00-19h00 heure locale (GMT +8) sur 15680 kHz (ondes courtes)

Les peuples autochtones luttent pour la reconnaissance de leurs droits tandis que les institutions internationales se démènent pour parvenir à un accord REDD+

Alors que les négociations intergouvernementales sur le climat (CCNUCC) font encore face à des écueils de taille sur la voie de la réalisation d’un accord mondial sur le financement de la lutte contre le changement climatique, les initiatives indépendantes sur la REDD+ se sont multipliées au cours des derniers mois. Pendant ce temps, les peuples autochtones ne cessent de faire part de leurs inquiétudes quant au fait que les mesures prises pour le respect de leurs droits sont insuffisantes. Par exemple, les gouvernements qui dirigent le partenariat intérimaire REDD+ ont tenu des réunions au cours des derniers mois qui n’ont pas accordé une place suffisante à la participation des peuples autochtones. Entre-temps, les principaux organismes donateurs du Partenariat tentent d’harmoniser leurs activités et financement REDD : le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier de la Banque mondiale (FCPF) est chargé des activités de « préparation » et de planification (ce qui correspond à la « première phase ») puis d’une « troisième phase » qui consiste en actions REDD effectives ; le Programme d’investissements pour la forêt (FIP) de la Banque mondiale dispose de fonds pour une « deuxième phase » de mise en œuvre du « plan de préparation » ; et UN-REDD qui est chargé de la mesure, notification et vérification (MNV) , de l’engagement des parties prenantes et de la participation des peuples autochtones.

Les négociations climatiques de l'avant Cancun progressent lentement. L’incertitude demeure quant aux résultats relatifs à la REDD+, et le risque d'édulcoration du libellé sur les droits et les protections des peuples autochtones plane

Les gouvernements se sont réunis à Tianjin (Chine) début novembre pour une session de négociations climatiques des Nations Unies afin de préparer la Conférence des Parties (CdP16) qui se déroulera à Cancun (Mexique) en décembre. Aucun réel progrès vers un accord juridiquement contraignant n’a été marqué, puisque les parties remettent toute décision en matière de réduction des émissions à la CdP17 de 2011, et les gouvernements étaient encore peu enclins à prendre des engagements significatifs concernant les garanties pour REDD+. L’on s’attendait à ce que la CdP16 aboutisse à une série de Décisions de la CdP, dont les « Phases de préparation des activités contribuant aux actions d’atténuation dans le secteur forestier (REDD plus) ». Néanmoins, la Présidente du Groupe de travail spécial de l’action concertée à long terme (AWG-LCA), Margaret Mukahanana-Sangarwe, prévoit désormais une seule décision de la CdP regroupant les thèmes sur lesquels elle pense que des progrès ont été accomplis (dont REDD+).

Le peuple Teribe du Costa Rica revendiquent ses droits dans l’affaire du barrage de Diquís

Le gouvernement du Costa Rica planifie depuis plus de 40 ans la construction de l’un des plus grands barrages hydroélectriques d’Amérique centrale. Le plan a été modifié à plusieurs reprises suite aux vives critiques fondées sur ses potentiels impacts environnementaux et sociaux négatifs, surtout sur les peuples autochtones. En 2008, le gouvernement du Costa Rica a déclaré le barrage de Diquís d’intérêt public et national et a donné son plein accord à sa construction. Le barrage de Diquís tel qu’il est proposé inondera plus de 10% des terres traditionnelles et des terres détenues conformément à des titres de propriété du peuple Teribe et plus de 5% des terres du peuple Cabécar. Le peuple Teribe considère que le barrage de Diquís représente une grave menace à sa survie en tant que peuple, puisque les Teribe ne comptent plus que quelques 750 individus.

Vive déception suite à la réticence de la SBSTTA-14 à accepter le lien entre les droits fonciers et l'utilisation durable ainsi qu'au sujet du traitement des questions relatives à la « viande de brousse »

Dans notre dernière e-newsletter (avril 2010), un groupe d'experts autochtones sur les questions liées à l'utilisation durable dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), appelé « équipe 10 c) ", faisait part de ses plans pour mettre en exergue le lien entre la sécurité des droits aux terres et aux ressources et la protection et la conservation de l'utilisation durable coutumière des ressources biologiques par les communautés autochtones et locales à l'occasion de la 14è réunion de l'Organe subsidiaire chargé de fournir des avis techniques et technologiques (SBSTTA-14) de la CDB à Nairobi, Kenya (10-21 mai). Malheureusement, les délégués n'ont pas suivi les propositions des experts autochtones qui comprenaient l'inclusion d'un texte concret sur cette question dans les recommandations finales de la SBSTTA. Les discussions sur l'utilisation et la gestion de la faune (« viande de brousse ») ont également soulevé une vive inquiétude chez les peuples autochtones et donné lieu à un débat très animé.

Les femmes Wayuu de Colombie demandent à l’instance permanente des Nations Unies d’agir

En juillet 2010, Fuerza de Mujeres Wayuu, une organisation de femmes autochtones, créée et composée de membres de la communauté Wayuu en Colombie, a présenté un rapport à l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) qui dénonce les multiples formes de violations des droits humains auxquelles les femmes Wayuu font face en raison de leur genre et de leur appartenance à un groupe autochtone qui lutte pour la reconnaissance de ses droits fonciers en Colombie.

Des fonds REDD norvégiens « non garantis » soulèvent une controverse

Les progrès déplorablement lents des négociations intergouvernementales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont incité en mai le gouvernement norvégien à affecter ses fonds à travers un mécanisme de financement ad hoc parallèle afin de payer les pays en développement pour qu’ils réduisent leurs émissions causées par la déforestation. Le processus a d’abord été mis en place avec une participation minimale, mais suite aux protestations, le gouvernement norvégien a précisé qu’il exigerait le respect des droits des peuples autochtones et une bonne gouvernance. Ces affirmations semblent être de plus en plus vides de sens.

Huile de palme, droits humains et Banque mondiale – Actualité

Depuis les années 1980, le Groupe de la Banque mondiale a investi plus de 2 milliards de dollars US dans la promotion du commerce mondial de l’huile de palme. Le développement de cette culture en monocultures intensives, notamment en Asie du sud-est, a été associé au défrichement à grande échelle des forêts tropicales, à l’accaparement des terres et à la violation généralisée des droits humains. En réponse à nos plaintes, le Groupe de la Banque mondiale a gelé le financement de ce secteur à travers le monde pendant qu’il élaborait une stratégie globale d’engagement. Un premier projet a été soumis à des commentaires en juillet. Puisqu’il n’abordait pas les problèmes principaux soulevés lors des consultations, le Forest Peoples Programme et ses partenaires ont encore une fois lancé un appel au Président de la Banque mondiale afin que cette stratégie soit revue. 

La SFI prolonge l’examen de ses standards de performance et des politiques associées

La Société financière internationale (SFI), la branche du secteur privé de la Banque mondiale, a annoncé en 2009 qu’elle réviserait les politiques et les normes sociales et environnementales qu’elle utilise pour orienter et réglementer ses prêts dans les secteurs vulnérables. Cet examen est en cours et a vu une participation étendue de la société civile et des représentants et organisations des peuples autochtones. L'examen aurait dû se terminer en août 2010, mais la SFI vient d’annoncer qu’elle prolongeait ce processus.

Les Batwa du sud-ouest de l’Ouganda ont officiellement inauguré leur nouveau projet dans le domaine du tourisme

Par le biais de leur organisation, United Organisation for Batwa Development (UOBDU), les Batwa du sud-ouest de l’Ouganda ont officiellement inauguré leur nouveau projet dans le domaine du tourisme en association avec la « Uganda Wildlife Authority » le premier juillet 2010. Un article intitulé « Trail of hope for Uganda's lost Pygmy tribe » (Un rayon d’espoir pour la tribu pygmée perdue d’Ouganda) publié à ce sujet dans The Guardian  du 17 juillet 2010 souligne que « ...pour la première fois, les Batwa sont impliqués dans la conservation et la gestion du parc national, même s’ils vivent encore à l’extérieur. » Cliquez ici pour lire l’article du Guardian.

Cameroun - REDD - consultations communautaires

En juillet, les peuples des forêts Baka, Bagyeli et Bakola - ainsi que leurs ONG locales de soutien - ont mené des consultations au Sud Cameroun, pour consulter et informer leurs communautés sur des projets REDD potentiels. Ils on clairement énoncé que le changement climatique affecte déjà leurs vies et qu’ils craignent de ne pas bénéficier des projets REDD. En ce moment huit projets REDD sont en cours de développement au Cameroun. Une récente étude de terrain réalisée par FPP a trouvé que, dans au moins deux de ces projets, les communautés locales n’ont même pas été informées.

 

Les Parties de la Convention sur la diversité biologique accepteront-t-elles enfin les solutions proposées pour arrêter la perte de biodiversité qui profitent également aux communautés des forêts ?

Suivez les représentants des communautés autochtones et locales à Nagoya en ligne

Pour tous les peuples de la forêt, la 10e Conférence des Parties (COP 10) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui débute aujourd’hui 18 octobre 2010 à Nagoya au Japon, est une réunion critique : leurs gouvernements passeront de nouveaux accords en matière de conservation, d’utilisation et d’exploitation des richesses naturelles de la planète. Étant donné que la plupart de ces ressources se trouvent sur les territoires des peuples autochtones, les orientations futures de la Convention auront des impacts majeurs sur leurs terres, leurs moyens d’existence et leurs mode de vie. Les contributions positives des communautés de la forêt à la biodiversité mondiale recevront-elles l’attention qu’elles méritent ? Les intérêts et les droits de ces communautés seront-ils respectés, ou se limiteront-ils à quelques paragraphes secondaires des Décisions de COP 10 ?

Guyana: l'exclusion des peuples autochtones se poursuit

En mai, le Gouvernement norvégien a annoncé qu'il avait signé un Protocole d'accord avec le Gouvernement de la Guyana visant à apporter une contribution de 230 millions de dollars US en faveur de la Stratégie de développement à faible intensité de carbone (LCDS) du pays. Il ne restait plus qu'à décider quelle institution financière jouerait le rôle d'intermédiaire, avec la responsabilité fiduciaire de s'assurer que les fonds soient transférés avec la diligence requise. S'agirait-il de la Banque mondiale? Et quels seraient alors les standards qu'elle appliquerait pour fournir ces fonds ?

L'huile de palme et la Société financière internationale (SFI) - Actualité

En mai et en juin, la Société financière internationale (SFI), l'organe de financement du secteur privé de la Banque mondiale, a enfin entamé un processus de consultation longtemps retardé visant à développer une stratégie révisée définissant les conditions des investissements futurs dans le secteur controversé de l'huile de palme. La SFI a présenté un « document de réflexion » qui propose un résumé intéressant des points de vue des différents acteurs, y compris ceux qui sont critiques à l'égard de la SFI. Les consultations ont eu lieu à Washington, DC, dans trois lieux différents en Indonésie, puis au Ghana, au Costa Rica et enfin en Europe. En étroite collaboration avec un consortium d'ONG indonésiennes, des petits exploitants et des peuples autochtones, le Forest Peoples Programme (FPP) a contribué à rédiger une Déclaration conjointe détaillée à l'intention de la SFI qui présente des propositions pour la stratégie de la SFI et la façon dont elle devrait être développée. Cette déclaration a reçu l'appui de plus de 160 organisations d'Indonésie et du monde entier et a été beaucoup citée par les organisations de soutien lors des consultations qui ont suivi.