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Le projet d'enregistrement des titres de propriété foncière de la BID doit être repensé pour éviter la violation des droits des peuples autochtones et l’augmentation de la déforestation

L’avenir d’un projet d’attribution de titres fonciers de 80 millions de dollars des États-Unis au Pérou, financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), ne tient qu’à un fil. AIDESEP, l’organisation nationale des peuples autochtones de l’Amazonie du Pérou, soutient que les conflits relatifs à la terre et à la destruction des forêts s’intensifieront en conséquence de l’initiative. Les organisations autochtones ont déposé une pétition auprès du gouvernement péruvien demandant un processus formel de consultation avant la poursuite du projet.

Le gouvernement du Pérou ne s’attaque pas à la violence et à la destruction des forêts dans l’Amazonie péruvienne

En avril 2014, dans une prémonition tragique de ce qui allait arriver, les leaders de Saweto, un village asháninka de l’Amazonie péruvienne, ont demandé que le gouvernement péruvien prenne des mesures urgentes afin d' « empêcher toute atteinte  à nos vies ». La menace provenait des exploitants forestiers « en représailles » contre les efforts déployés depuis longtemps par la communauté pour attester et dénoncer l’exploitation forestière illégale sur son territoire.

Des organisations autochtones adressent au gouvernement péruvien une pétition visant la protection des droits des peuples isolés devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme

Le 1er novembre 2013, des organisations autochtones et de la société civile du Pérou, dont FENAMAD, AIDESEP, Derecho Ambiente y Recursos Naturales (DAR), et la Coordination nationale des droits humains ont témoigné devant la Commission interaméricaine. Les pétitionnaires ont fait état de l’inaction du gouvernement péruvien pour ce qui est d'assurer la protection effective des peuples autochtones isolés au Pérou.

Le Pérou s’engage à respecter les droits des peuples autochtones à la terre et aux ressources dans son plan pour les forêts et le climat : mais tiendra-t-il ses promesses ?

Le 2 août 2013, des organisations autochtones et des représentants du gouvernement péruvien ont conclu un accord visant à modifier des aspects controversés du projet de Plan d’investissement pour la forêt du gouvernement, une initiative financée par le Programme d’investissement pour la forêt (FIP) de la Banque mondiale pour lutter contre la déforestation. Il était prévu que le plan soit présenté au sous-comité FIP de la Banque mondiale en octobre 2013, mais une version préliminaire a été vivement dénoncée par des organisations autochtones en juillet, puisqu’elle continuait d’ignorer les propositions autochtones et violait les obligations juridiques du Pérou de respecter les droits des peuples autochtones aux terres et ressources et les politiques de sauvegarde de la Banque mondiale. 

Le retour de la forteresse de la conservation : REDD et l’accaparement des terres forestières dans l’Amazone péruvien

Je me souviens de la première fois où les gardes du parc sont venus dans notre village. Ils ont convoqué une réunion et ont dit : « rassemblez vos affaires et faites vos valises, ne construisez aucune nouvelle ferme, et nous verrons où vous pourrez être réinstallés ».

Ces mots sont ceux de Miguel Ishwiza Sangama, ancien chef du village de Nuevo Lamas, une petite communauté autochtone kichwa au nord du Pérou, alors qu’il évoque le moment où, en 2007, des employés de la Zone de conservation régionale Cerro Escalera tentèrent pour la première fois de réinstaller sa communauté. Au cours des années qui suivirent, les autorités du parc poursuivirent leurs efforts, mais face à la résistance continue de la communauté, les autorités du parc recoururent restreindre l’accès de la communauté à la forêt pour la chasse et la cueillette et à l’interdiction de son système traditionnel de rotation des cultures. En 2010, une plainte a été déposée contre trois membres de la communauté pour avoir pratiqué la rotation des cultures.

FPP Bulletin d'Information Février 2012 (PDF Version)

Chers amis,

Trouver un équilibre entre le besoin des êtres humains de moyens de subsistance décents et l’impératif de protection de notre environnement est probablement le plus grand défi que notre planète doit relever. Cette lutte entre « développement » et « conservation » se déroule lors des négociations politiques mondiales, et les décisions de ceux que l’on appelle les décideurs politiques s’imposent sur le terrain. Mais tout ne vient pas ou ne devrait pas venir du haut. Des solutions durables émergent également du niveau local, depuis le bas.

CdP 17 à Durban : la CCNUCC esquive une décision sur le financement du climat et n’accomplit que des progrès limités concernant la mise en œuvre des mesures de sauvegarde REDD+

Lors de la récente CdP 17, les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) n’ont pas soutenu les indicateurs de performance pour rendre compte de la mise en œuvre des droits des peuples autochtones dans REDD+. Toutefois, elles ont reconnu que les avantages REDD+ doivent aller au-delà du carbone et inclure la conservation de la biodiversité et le soutien aux moyens de subsistance locaux.

Le Forest Peoples Programme, avec une délégation de peuples autochtones du Guyana, du Kenya, du Cameroun, du Suriname et du Pérou, a participé aux négociations préparatoires et à la 17e Conférence des Parties à la CCNUCC à Durban, en Afrique du Sud, fin novembre/début décembre 2011. La présence du FPP avait pour objectif principal de soutenir l’Assemblée des peuples autochtones et de suivre de près les négociations concernant les mesures de sauvegarde et le financement REDD+.

Nouveau rapport du Forest Peoples Programme : The reality of REDD+ in Peru: Between theory and practice. Indigenous Amazonian peoples’ analyses and alternatives

(La réalité de REDD+ au Pérou : entre théorie et pratique. Les analyses et alternatives des peuples autochtones amazoniens)

Ce rapport, rédigé par des organisations autochtones nationales et régionales du Pérou (AIDESEP, FENAMAD, CARE) et le Forest Peoples Programme (FPP), rassemble les expériences des peuples autochtones en matière de politiques et projets REDD en Amazonie péruvienne. Le rapport analyse les politiques et stratégies du gouvernement péruvien, examine les rôles des institutions internationales, et étudie attentivement les initiatives pilote REDD déjà en cours sur les territoires autochtones. Les conclusions du rapport indiquent entre autres que les politiques et programmes REDD existants sapent les droits des peuples autochtones et vont sans doute mener à des conflits liés aux terres et aux ressources.

Enseignements tirés des études sur le terrain : la REDD+ et les droits des peuples autochtones et des communautés tributaires de la forêt

En octobre 2011, Forest Peoples Programme (FPP) a mené une enquête d'opinion auprès de ses partenaires locaux leur demandant d'identifier avec précision les expériences déterminantes et les enseignements tirés concernant la REDD+ et les questions afférentes aux droits, durant les trois dernières années. Les partenaires qui y ont pris part sont le Centre pour l’environnement et le développement (CED) et l'Association Okani (Cameroun), CEDEN (RDC), la Foundation for the Promotion of Traditional Knowledge (Panama), l'Amerindian Peoples Association (Guyana), l'Association of Village Leaders à Suriname, l'Association of Saamaka Authorities (Suriname), l'AIDESEP (Pérou), la Federation for the Self-determination of Indigenous Peoples (Paraguay) et les agents locaux de Scale-up, de Pusaka et du FPP (Indonésie). Un résumé des observations et des enseignements de première importance est présenté ci-après.  Des observations et des enseignements sont également tirés d'ateliers de travail avec les partenaires locaux, d’études sur le terrain et des questions découlant des débats qu'ont eus les représentants des peuples autochtones avec des décideurs nationaux et internationaux REDD+. 

‘Pas de signature de contrats REDD à Madre de Dios et San Martin’ : les organisations autochtones appellent leurs communautés à faire preuve de prudence

San Martin et Madre de Dios sont les deux régions choisies pour le développement des activités pilote REDD au Pérou. Ces régions sont submergées par plus de 20 projets REDD centrés sur le marché volontaire de carbone. Nombre de ces projets sous-nationaux REDD+ s’abattent sur les territoires ancestraux des peuples autochtones, notamment sur les territoires des Shawi, Awajun et Kechwa à San Martin, et des Ese Eja, Yine, Shipibo, Amahuaca, Arakambut et Machiguenga à Madre de Dios. Au Pérou, environ 20 millions d’hectares de territoires autochtones ne sont pas reconnus juridiquement, ce qui signifie que REDD représente une menace plutôt qu'une opportunité.

La détermination du lobbying de l’organisation autochtone nationale péruvienne AIDESEP mène le gouvernement à s’engager à traiter les revendications territoriales autochtones non résolues

Le 25 mars 2011 à Dalat au Vietnam, les membres du Comité des participants du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier (FCPF) ont approuvé la troisième version du Plan de préparation REDD national (RPP) du Pérou que le Ministère de l’environnement (MINAM) développait depuis 2009.

Communiqué de presse - Le fonds climatique de la Banque mondiale pour les forêts vivement critiqué pour son absence de prise en compte des droits des peuples autochtones et son échec dans la protection des forêts

DALAT, Vietnam (23 mars 2011) – Un nouveau rapport publié aujourd’hui à l’occasion de la 8ème  réunion du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier (FCPF) de la Banque mondiale révèle que la Banque ne tient pas ses promesses de protéger les droits des peuples de la forêt. Mirages et Illusions : une évaluation critique du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier du Forest Peoples Programme (FPP) et de FERN constate que la Banque mondiale n’a pas respecté ses engagements en matière de droits humains et apporte constamment des changements à ses politiques sociales et environnementales, ce qui affaiblit sa responsabilité envers les communautés affectées et le public.

Les peuples autochtones luttent pour la reconnaissance de leurs droits tandis que les institutions internationales se démènent pour parvenir à un accord REDD+

Alors que les négociations intergouvernementales sur le climat (CCNUCC) font encore face à des écueils de taille sur la voie de la réalisation d’un accord mondial sur le financement de la lutte contre le changement climatique, les initiatives indépendantes sur la REDD+ se sont multipliées au cours des derniers mois. Pendant ce temps, les peuples autochtones ne cessent de faire part de leurs inquiétudes quant au fait que les mesures prises pour le respect de leurs droits sont insuffisantes. Par exemple, les gouvernements qui dirigent le partenariat intérimaire REDD+ ont tenu des réunions au cours des derniers mois qui n’ont pas accordé une place suffisante à la participation des peuples autochtones. Entre-temps, les principaux organismes donateurs du Partenariat tentent d’harmoniser leurs activités et financement REDD : le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier de la Banque mondiale (FCPF) est chargé des activités de « préparation » et de planification (ce qui correspond à la « première phase ») puis d’une « troisième phase » qui consiste en actions REDD effectives ; le Programme d’investissements pour la forêt (FIP) de la Banque mondiale dispose de fonds pour une « deuxième phase » de mise en œuvre du « plan de préparation » ; et UN-REDD qui est chargé de la mesure, notification et vérification (MNV) , de l’engagement des parties prenantes et de la participation des peuples autochtones.

En Amazonie, des manifestations autochtones pacifiques se sont heurtées aux forces de l'ordre étatiques mais ont abouti à des abrogations et à un dialogue

Début avril, plus de 30 000 autochtones de l’Amazonie péruvienne ont entamé des manifestations pacifiques pour demander l’abrogation de lois nationales adoptées récemment qui exposeraient 70% de la forêt amazonienne à l’exploitation des sociétés multinationales. Les lois ignorent les droits des peuples autochtones à leurs terres traditionnelles. Suite aux manifestations, deux des lois les plus radicales ont été abrogées et un cadre de dialogue est enfin en train d’être développé entre le gouvernement et les peuples autochtones.