Ressources

« La menace de mort est bien présente et couve ». Les acteurs non-étatiques doivent intervenir pour protéger les défenseurs des droits humains là où les États n’interviennent pas

Les défenseurs des droits humains, les lanceurs d’alerte et les témoins s’exposent à de nombreux dangers dans leur lutte pour mettre en lumière les violations des droits humains et l’utilisation illégale des ressources, les accaparements de terres et la corruption qui y sont liés.

Derrière la voile: transparence, l'accès à l'information et droits communautaires dans le secteur forestier au Cameroon

En 2010, le Cameroun et l’Union européenne ont signé un Accord de partenariat volontaire (APV) sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés. Un élément en apparence positif mis en évidence par l'Union européenne et les organisations de la société civile a été l'inclusion d’une « annexe sur la transparence » dans le document, qui avait pour but de « mettre les informations à la disposition du public afin d'améliorer la transparence et l'obligation de rendre compte».

La situation des peuples autochtones au Paraguay : leurs terres et les lois qui les protégeraient

Le 12 novembre 2015, le Forest Peoples Programme (FPP) et son partenaire au Paraguay, la Federación por la Autodeterminación de los Pueblos Indígenas (FAPI) ont publié un ensemble de rapports décrivant la situation actuelle des peuples autochtones, de leurs terres, ressources et territoires au Paraguay, ainsi que le cadre juridique national censé respecter, promouvoir et protéger leurs droits. Beaucoup ont affirmé que le dernier grand « accaparement » des terres, ressources et territoires autochtones ne viendra pas des grands projets d’infrastructures, mais des initiatives de conservation et de protection des ressources.

Le gouvernement du Pérou ne s’attaque pas à la violence et à la destruction des forêts dans l’Amazonie péruvienne

En avril 2014, dans une prémonition tragique de ce qui allait arriver, les leaders de Saweto, un village asháninka de l’Amazonie péruvienne, ont demandé que le gouvernement péruvien prenne des mesures urgentes afin d' « empêcher toute atteinte  à nos vies ». La menace provenait des exploitants forestiers « en représailles » contre les efforts déployés depuis longtemps par la communauté pour attester et dénoncer l’exploitation forestière illégale sur son territoire.

Le peuple Karen expulsé de force du Parc National Kaeng Krachan en Thaïlande

Au mois de janvier, des organisations de peuples autochtones ont envoyé une lettre au Premier Ministre de la Thaïlande, Yingluck Shinawatra, lui demandant de prendre des mesures immédiates afin de résoudre le problème des expulsions forcées du peuple Karen de son territoire ancestral au nord-ouest de la Thaïlande, qui chevauche désormais partiellement le Parc National Kaeng Krachan. Selon les sources qui se sont rendues dans le Parc National Kaeng Krachan et qui ont recueilli des informations, le harcèlement des villageois Karen dure depuis déjà longtemps. La situation s’est aggravée en mai, juin et juillet 2011, lorsque les maisons et les réserves de riz des villageois ont été brûlées en grand nombre, et que de l’argent, des bijoux, et du matériel pour la pêche et l'agriculture ont été volés par un groupe composé de gardiens du Parc National et de forces militaires. En conséquence, certains villageois ont quitté le village pour aller s'installer chez des membres de leur famille, et plusieurs d'entre eux (70 personnes environ seraient concernées) se cachent dans la forêt, sans abri et sans nourriture en suffisance, par crainte de rencontrer des fonctionnaires gouvernementaux.

Les conflits et l’importance de la réforme foncière en Indonésie, Ahmad Zazali (Scale Up)

Scale Up, un partenaire indonésien du Forest Peoples Programme, a suivi l’évolution des conflits sociaux dans les plantations de palmier à huile indonésiennes au cours des dernières années. Les études menées par ce partenaire sur les conflits relatifs aux ressources naturelles dans la province de Riau, au cours des quatre dernières années, indiquent une tendance à l’augmentation annuelle de la fréquence des conflits et de l’étendue des terres contestées, avec un léger recul en 2010. À en croire le rapport annuel 2007 de Scale Up, 111 745 hectares de terre faisaient l’objet de conflits relatifs aux ressources naturelles dans la région de Riau. Cette surface s’est étendue à 200 586 hectares en 2008 et à 345 619 hectares en 2009. En 2010, la surface de terres contestées a légèrement diminué par rapport à 2009, pour s’établir à 342 571 hectares. Cette diminution est due principalement au fait qu’un grand nombre de zones contestées et de conflits qui en ont découlé cette année-là n’ont pas été identifiés ou enregistrés.

La décision sur les droits des peuples autochtones relative aux Endorois oriente une réunion régionale de haut niveau en Afrique

Les droits fonciers des peuples autochtones et les droits humains des communautés minoritaires ont été débattus à Kampala, en Ouganda, le 4 mars 2011, à l’occasion du premier Dialogue régional d’Afrique de l’Est sur les droits des communautés minoritaires. Cet événement fut le résultat de la collaboration entre de nombreuses organisations nationales et internationales, notamment le United Organisation for Batwa Development in Uganda, Forest Peoples Programme, Minority Rights Group International, Institute for Law & Environmental Governance, Uganda Land Alliance et Advocates Coalition for Development and Environment. Ont participé à ce dialogue des représentants de peuples autochtones et de communautés minoritaires provenant de toute l'Afrique de l'Est, ainsi que des organisations gouvernementales et de la société civile d'Ouganda et du Kenya. Les invités d’honneur étaient entre autres la Ministre d’État de l’Ouganda pour les questions de genre et de la culture, le Président de la Commission des droits de l’homme de l’Ouganda, l’ancien Commissaire de la Commission africaine Bahame Tom Nyanduga, des représentants du Groupe de travail d’experts sur les populations/communautés autochtones de la Commission africaine, ainsi que des leaders autochtones du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi, du Kenya et de la Tanzanie.

Les organes des droits humains des Nations Unies prennent note de la spéculation foncière en masse en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Des données indiquent de façon récurrente que les terres détenues et gérées selon la coutume en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) couvrent la vaste majorité de la masse terrestre du pays, 97% étant le chiffre d’ordinaire accepté. Les 3% de terres restantes qui ne sont plus régies par la tradition et la coutume sont généralement dénommées « terres aliénées » et sont soumises à la gestion du Département des terres et de l’aménagement du territoire. Toutefois, derrière ces chiffres remarquables en termes de sécurité foncière se cache une réalité plus sombre.

Les cueilleurs de miel des hautes collines du Kenya ont besoin d’une urgente aide: les Ogiek du Mont Elgon et les Sengwer des Chepkitale

Le 6 juin 2000, les landes Chepkitale (le versant kényan du Mont Elgon) ont fait l’objet de publication dans la gazette officielle: les pâturages et les forêts où vivaient les Ogiek  depuis un temps immémorial sont devenus une réserve sans que les Ogiek aient été consultés. Ils furent ensuite contraints d’abandonner leurs collines, leur forêt, leur miel, leur bétail et la transhumance pour vivre sur de minuscules parcelles de terre de 2,5 acres dans les plaines. Les terres environnantes furent octroyées à des peuples voisins dominants. Galvanisés par des politiciens lors de la période précédant les élections de 2007, certains constituèrent une milice armée, la SLDF (Sabaot Land Defence Force, Force de défense de la terre des Sabaot), qui viola et assassina les Ogiek jusqu’à ce qu’ils fuient à nouveau vers les Chepkitale.

Les peuples autochtones du Népal demandent à participer à la révision de la constitution

En janvier 2010, le Indigenous Peoples Mega Front, la Lawyers' Association for Human Rights of Nepalese Indigenous Peoples (LAHURNIP) et le Forest Peoples Programme (FPP) ont adressé une demande au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones, suite au non respect par le Népal des recommandations des Nations Unies concernant l'exclusion des peuples autochtones du processus de révision de la Constitution du Népal. Lien à la Demande au Rapporteur spécial des Nations Unies (uniquement disponible en anglais)

L'expulsion des autochtones diaguitas de la province de Tucumán, Argentine l

« Ils sont arrivés par surprise vers 11 heures du matin. Plusieurs étaient au travail et les enfants étaient à l’école. Tout à coup, nous avons vu la police traverser un terrain voisin. Nous avons senti le gaz lacrymogène et ils se sont mis à tout casser sur leur passage. Ils ont jeté nos quelques biens, ils ont lancé des balles de caoutchouc et frappé les femmes qui opposaient résistance. Nous avons défendu nos biens comme nous le pouvions, alors qu’eux [les policiers] étaient morts de rire. » (déclaration d’une autochtone délogée à Tucumán, Argentine)