Exigences sociales pour la conservation et le développement des forêts contenant des stocks de carbone élevés

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Marcus Colchester

Exigences sociales pour la conservation et le développement des forêts contenant des stocks de carbone élevés

Quand de grandes marques comme Nestlé ou Unilever prennent des engagements en matière de « déforestation nulle », les consommateurs peuvent se sentir rassurés quant au fait que les produits qu'ils achètent au supermarché n'ont pas contribué à la déforestation tropicale. Mais il est plus facile de faire des promesses que de prouver qu'elles ont été tenues. En premier lieu, les entreprises qui vendent des produits contenant de la pâte à papier et de l'huile de palme doivent veiller à connaître la provenance exacte de leurs produits, pas seulement le pays de provenance, mais l'entreprise productrice, les usines de traitement locales, et les plantations. C’est le défi de la traçabilité, et il exige des entreprises qu’elles sachent exactement quels produits entrent dans leurs chaînes d’approvisionnement. Toute personne s’étant rendue dans les régions tropicales et ayant vu les innombrables camions grumiers qui émergent des forêts, les trains de flottage qui descendent les fleuves et le défilé des camions chargés de fruits du palmier à huile comprend immédiatement combien cette tâche est difficile. En deuxième lieu, les entreprises doivent décider ce qu’est la « déforestation ». Sa signification n’est généralement pas l’absence totale d’abattage. Quelle est donc la limite que les entreprises gérant des plantations doivent décider de fixer ? Quel défrichement est acceptable, et quel défrichement ne l’est pas ?

Une étape importante a été franchie en novembre pour parvenir à une définition communément admise, lorsque les partisans de deux procédures alternatives visant à décider ce qu’est une « forêt contenant des stocks de carbone élevés » sont convenus d’une méthode unique. La méthode convenue permet aux entreprises des zones tropicales d'effectuer un zonage des terres et de décider quelle végétation peut être défrichée ou non, et exige d’elles qu’elles tiennent compte des droits et des moyens de subsistance des peuples autochtones et des communautés locales. La procédure convenue adoptera également des « exigences sociales » claires, qui devront être respectées par toutes les entreprises détenant des plantations qui alimentent ces chaînes d’approvisionnement. Ces exigences sont actuellement en train d’être révisées pour la deuxième fois par le FPP, après avoir fait l’objet de commentaires par toutes les principales parties concernées. Courant 2017, elles seront appliquées à titre pilote par de grandes entreprises dans le but d'élaborer des directives plus détaillées pour aider les entreprises, les communautés et les autres personnes affectées à appliquer ces principes sur le terrain. L’objectif est de transformer la production de matières premières, afin que les acheteurs puissent être tout à fait certains que les produits des supermarchés ne sont pas associés à la déforestation, au drainage des tourbières et à l'exploitation des communautés.

Marcus Colchester