Axes d’intervention
Organisation des axes d’intervention
FPP organise ses activités en trois sous-programmes, à savoir, Affaires juridiques et droits humains, Gouvernance environnementale et Financement responsable, et selon trois axes transversaux: Climat et forêts, Communications et Administration.
Gouvernance environnementale
La plupart des zones de grande biodiversité dans le monde sont situées sur les territoires des peuples des forêts autochtones et tribaux, qui, depuis des générations, gèrent l'environnement au moyen de leurs propres systèmes fondés sur leurs connaissances, pratiques, règles et croyances traditionnelles (« usage coutumier »). Pourtant, dans plusieurs pays, les peuples des forêts ne jouissent d’aucune sécurité foncière sur ces zones et se voient refuser l’accès à leurs territoires et le droit d’en faire usage en raison de l’inadéquation des politiques gouvernementales, des activités extractives ou des initiatives de conservation, telles que les aires protégées. En même temps, plusieurs territoires autochtones sont de plus en plus menacés par des activités non durables, telles que l’exploitation forestière et minière et les plantations, alors que les communautés ne participent pas, ou ne participent que très peu, aux décisions officielles concernant ces zones et à leur gestion. Les peuples des forêts qui sont confrontés à ces difficultés entreprennent des actions en vue de protéger leurs droits et négocier un meilleur accès et une plus grande participation à la gestion des ressources naturelles sur leurs territoires. Au nombre de ces actions se trouvent la cartographie des ressources communautaires, la documentation de l’utilisation coutumière durable des ressources, l'élaboration de plans communautaires de gestion du territoire et le renforcement des institutions et des mécanismes décisionnels communautaires. Ils plaident en faveur de la reconnaissance de leurs droits sur les terres et les ressources auprès des autorités locales et nationales et s’emploient à mieux faire comprendre et appliquer le principe du consentement libre, préalable et éclairé dans les initiatives de conservation et/ou de mise en valeur des ressources se trouvant sur leurs terres. Ces initiatives comptent sur le soutien de FPP. Plusieurs communautés des forêts s’attachent plus particulièrement à combattre les modèles de conservation imposés d’en haut, qui restreignent leur accès et leurs moyens de subsistance et portent atteinte à leurs droits. Ils œuvrent à promouvoir l’application dans les projets de conservation d’une approche fondée sur le respect de leurs droits. Avec le soutien de FPP, ils étudient la mesure dans laquelle les directives et les accords internationaux relatifs aux aires protégées concernant les droits des peuples autochtones sont mis en pratique au niveau international, national et local, et plaident en faveur de réformes nationales des politiques relatives aux aires protégées. Ils font aussi valoir leurs préoccupations et proposent des voies alternatives dans le cadre de processus internationaux de normalisation, tels que ceux de la Convention sur la diversité biologique et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Climat et forêts
Plusieurs politiques climatiques naissantes et nouveaux fonds forestiers pourraient avoir une incidence sur les droits et les intérêts des peuples des forêts des tropiques. Conformément aux grands objectifs du Programme du financement responsable, les actions de FPP visent à garantir que tous les fonds internationaux destinés aux forêts, à l’atténuation des changements climatiques et à l’adaptation à ceux-ci soient justifiés auprès des peuples autochtones et autres ayants droit locaux dont la vie, les moyens de subsistances et les modes de vie dépendent des forêts. Nos activités visent les fonds et les processus décisionnels internationaux en plus d'appuyer les partenaires locaux qui tentent d’influencer la formulation de politiques nationales relatives aux questions forestières et climatiques. Alors que la communauté internationale s’entend de plus en plus sur la nécessité de prendre des mesures d’urgence pour s’attaquer aux changements climatiques, les politiques de « Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) » ont pris une place centrale dans les débats mondiaux et régionaux en matière de politiques relatives à l'atténuation des changements climatiques et à la gestion des forêts. En même temps, de nouveaux fonds destinés à financer la REDD ont été mis en place par la Banque mondiale et les Nations Unies. On assiste également à une augmentation du financement bilatéral de la REDD par le biais de mécanismes tels que le Fonds forestier du bassin du Congo, que soutiennent le gouvernement britannique et l’Initiative norvégienne sur le climat et les forêts (NCFI selon le sigle anglais).
Droits humains
Les peuples autochtones et autres peuples des forêts font l'objet de discrimination raciale et culturelle, sont privés de leur droit à disposer de terres et de moyens de subsistance, à s’organiser et assurer leur propre représentation et, en résumé, se voient empêcher de multiples façons le plein exercice de leur droit à l'autodétermination. FPP offre un appui technique dans le domaine juridique et les questions connexes en vue d’aider les peuples des forêts à combattre ces injustices. En aidant leurs organisations, leurs nations et/ou leurs communautés à comprendre et à utiliser les mécanismes juridiques nationaux et internationaux, nous aidons les peuples des forêts à dénoncer les violations de leurs droits, à promouvoir des voies alternatives, notamment par le biais de réformes législatives et autres, et à porter leurs causes en justice devant les tribunaux et les organes internationaux.
Finance responsable
Le Programme du financement responsable vise à faire en sorte que le financement public et privé destiné au développement et à l’environnement soit pleinement justifié auprès de la population et des communautés concernées. FPP plaide en faveur d’approches du développement fondées sur les droits et fait valoir qu’il est du devoir des organismes de financement internationaux de s’assurer que l’aide et les investissements qu’ils appuient respectent les obligations qui incombent aux pays donateurs et bénéficiaires en vertu du droit international. Les actions de plaidoyer visent notamment le Groupe de la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Banque asiatique de développement, ainsi que des organismes d’aide bilatérale tels que le ministère britannique du Développement international (DFID). Le programme mène également des actions de plaidoyer auprès du secteur privé dans le but de promouvoir le respect des droits humains et une responsabilisation accrue des entreprises. Les activités de plaidoyer de FPP visent à faire en sorte que les institutions financières internationales (IFI) et les organismes de développement adoptent et respectent pleinement les politiques sociales et environnementales qui sont conformes aux normes internationales, dont les normes relatives aux droits humains. Le Programme du financement responsable assure le suivi des différentes politiques de sauvegarde des IFI et préconise une harmonisation des normes vers le haut et la mise en place de mécanismes et d’incitations visant à encourager la mise en œuvre concrète des sauvegardes. Des efforts importants sont également consacrés à la surveillance des opérations de prêts et de subventions des IFI qui touchent les forêts et les communautés qui en sont tributaires. Si les partenaires locaux en font la demande, FPP peut aussi appuyer le dépôt par les communautés de recours et de plaintes auprès des mécanismes de responsabilisation des IFI afin de les aider à obtenir réparation et mettre au jour les problèmes existant au niveau du devoir de vigilance des IFI.
