En quoi les communautés autochtones bénéficient-elles des enregistreurs de données GPS ?

En quoi les communautés autochtones bénéficient-elles des enregistreurs de données GPS ?

Que sont les enregistreurs de données GPS et comment fonctionnent-ils ?

Un enregistreur de données GPS est un dispositif électronique qui enregistre des données sur une certaine durée ou en lien avec un lieu donné. Il s’agit généralement de petits dispositifs portatifs, alimentés par une batterie, et équipés d’un microprocesseur, d’une mémoire interne pour le stockage des données, et de capteurs.

L’un des principaux avantages de l’utilisation des enregistreurs de données est leur capacité à collecter automatiquement des données 24 heures sur 24. Une fois activés, les enregistreurs de données peuvent mesurer et enregistrer des informations géographiques pendant toute la durée de la période de surveillance. Ces dispositifs ont une grande capacité de stockage de données. L’avantage des enregistreurs de données est qu’ils peuvent fonctionner indépendamment d’un ordinateur, contrairement à de nombreux autres types de dispositifs d’acquisitions de données.

Pourquoi le FPP les utilise-t-il ?

L’introduction des enregistreurs de données GPS par le FPP a eu un effet positif sur les communautés autochtones, puisqu’ils leur ont permis de cartographier leurs propres terres à leur propre rythme. Contrairement aux dispositifs GPS grand public standard, les enregistreurs de données sont des dispositifs extrêmement simples et légers, munis d’une commande à touche unique, sans écran de navigation. Cela réduit de manière significative la formation nécessaire, et garantit que, après une courte période d'essai pratique, l'utilisateur devient rapidement « qualifié » pour former d’autres personnes à la collecte de données sur le terrain, élargissant le groupe de collecteurs de données potentiels dont dispose la communauté.

La nouvelle méthode a été employée pour la première fois en février avec la communauté dayak de Kenabak Hulu au Kalimantan occidental, sur l’île de Bornéo, en Indonésie. Après une formation pratique et une démonstration de 30 minutes, le chef du village a distribué six enregistreurs de données, et attribué des tâches de cartographie aux villageois. Deux membres de la communauté équipés de motos ont entrepris de cartographier les limites du village par la route, deux autres personnes se sont chargées de cartographier les plantations de caoutchouc et les cultures du village, tandis qu'un groupe de femmes et d'enfants a relevé le défi d’élaborer une carte topographique de l’école et ses terrains. Toutes les équipes de cartographie rentrèrent au bout de deux heures et furent intriguées de voir leurs données rapidement téléchargées à partir de leurs enregistreurs de données et s’afficher sur les images satellite dans GoogleEarth.

« Tout le monde semblait enthousiaste », a déclaré le Coordinateur chargé de la cartographie et des systèmes d’information géographique (SIG) du FPP, Chris Phillips. « La technique et la méthode proposées étaient extrêmement simples, et après la démonstration pratique, ils ont saisi le concept presque immédiatement. Cela fut très gratifiant pour moi, car c’est la raison pour laquelle j’avais décidé d’introduire les enregistreurs de données ». Chris a expliqué que la formation était rapide et efficace, et exigeait peu d’efforts. Il a ajouté que les personnes semblaient l’apprécier, et étaient heureuses de voir les fruits de leur travail affichés sur une carte.

Des effets positifs à long terme

LinkAR Borneo a aidé les communautés des régions de Seberuang, Sejiram et Sintang à réaliser de nombreuses cartes des terres communautaires, et ils sont dans le processus de mobiliser les communautés pour demander un arrêt des accaparements de terres liés à l'huile de palme (certaines personnes ont envoyé des lettres au gouvernement local). Des progrès ont également été accomplis en matière de cartographie à l’aide d'enregistreurs de données à Kenabak Hulu (avec l’ONG locale WALHI), et il est prévu que le FPP se rende à nouveau dans les communautés afin de maintenir cette dynamique.

« La collecte de données et la cartographie apportent un élément concret, auquel tout membre de la communauté peut véritablement s’accrocher, en érigeant des clôtures virtuelles, en quelque sorte, et en renforçant leur sentiment d’appartenance », dit Chris. « J’ai déjà constaté cela dans d’autres situations. Rien ne vaut le fait de pouvoir mettre le doigt sur une carte que vous avez vous-même réalisée en disant ‘C’est nous ! C’est ici que nous vivons !’ ».