Pour conserver la diversité biologique, les parties à la CDB doivent respecter et promouvoir l'utilisation durable et coutumier - Communiqué de presse

Pour conserver la diversité biologique, les parties à la CDB doivent respecter et promouvoir l'utilisation durable et coutumier - Communiqué de presse

Bonn, Allemagne Les résultats de deux nouveaux rapports lancés aujourd'hui à l'occasion de la conférence de la Convention sur la diversité biologique démontrent catégoriquement que la biodiversité mondiale continuera de diminuer si les aires protégées ne reconnaissent pas et ne respectent pas les droits des peuples autochtones et des communautés locales. Effectuées dans la plus grande mangrove du monde, les recherches en question établissent inversement que l'usage coutumier des ressources est entièrement compatible avec la conservation et la durabilité. 

 Ces recherches indiquent que les principes de protection contrôlée par le gouvernement dans les Sundarbans (Bangladesh) ont entraîné un accroissement de la vulnérabilité de la biodiversité de la forêt et une augmentation de la pauvreté de ses peuples autochtones et communautés locales. Le rapport accablant intitulé Deserting the Sundarbans [L'abandon des Sundarbans] (1) démontre combien il a été néfaste de ne pas faire participer les communautés autochtones et locales à la gouvernance et de les exclure des aires de grande diversité biologique qu'elles utilisaient depuis des centaines d'années et dont elles tiraient leurs moyens de subsistance.

Le rapport Deserting the Sundarbans fait ressortir clairement que le projet de conservation de la biodiversité des Sundarbans financé par ADB-GEF-Pays-Bas a échoué lamentablement et n'a pas réalisé ses objectifs de conserver la diversité biologique ou de réduire la pauvreté, bien qu'il ait coûté 77,3 millions USD. Abandonné au bout de quatre ans seulement, ce projet s'est avéré un échec notamment parce qu'il n'a pas su :  

  • comprendre la profonde interdépendance existant entre la forêt, sa faune et sa flore et ses habitants humains, les utilisateurs traditionnels de ses ressources (2) ;
  • promouvoir la transparence ou la participation des communautés locales à quelque niveau que ce soit, en violation directe des principes de ses bailleurs de fonds ;
  • prendre en considération le savoir traditionnel et le rôle essentiel de celui-ci pour la conservation de cette vaste forêt.

Le rapport Resuscitating the Sundarbans [La résurrection des Sundarbans] (3) constate que les pratiques culturelles, les systèmes de valeurs et les us et coutumes des peuples autochtones et des communautés locales contribuent directement à l'utilisation durable et à la conservation. Lors de la mise en œuvre du programme de travail élargi sur les aires protégées, les parties doivent donner la priorité aux éléments suivants :

  • la gouvernance communautaire : les peuples autochtones et les communautés locales sont les gardiens de notre diversité biologique ;
  • la réforme juridique : des directives et des lois qui favorisent et soutiennent l'utilisation coutumière des ressources naturelles et les pratiques culturelles connexes des peuples autochtones et communautés locales ;
  • la garantie des droits fonciers : les territoires autochtones fournissent les bases matérielles et spirituelles du savoir traditionnel ainsi que de la jouissance coutumière et de l'utilisation des ressources biologiques ;
  • le droit au consentement libre, préalable et éclairé : pour toutes les initiatives d'aménagement et de conservation, y compris les mesures prises pour faire appliquer la CDB.

" Dans la forêt des Sundarbans, la stratégie de protection exclusive par l'État n'a abouti ni à la conservation de la biodiversité, ni à la garantie des moyens de subsistance. Notre recherche montre clairement que c'est la gouvernance communautaire qui réalisera ces objectifs. Les peuples forestiers savent mieux que quiconque comment protéger les forêts et ses ressources, tandis que leurs pratiques culturelles traditionnelles en matière de récolte des ressources sont en harmonie avec la conservation et l'utilisation durable ", a dit Jakir Hossain, Responsable des programmes, Unnayan Onneshan.

Maurizio Ferrari, Coordinateur en gouvernance environnementale, Forest Peoples Programme, a déclaré : " Au titre des traités internationaux comme celui de la Convention sur la diversité biologique, les gouvernements sont dans l'obligation de conserver la diversité biologique et de protéger les droits des peuples autochtones. Il suffit de commencer par protéger ces droits et la conservation se fera d'elle-même. Les parties à la CDB doivent donner la priorité à la mise en œuvre de l'élément 2 du programme de travail sur les aires protégées, soit gouvernance, participation, équité et partage des avantages, et à l'exécution des articles 8(j) et 10(c). "(4)

Notes:

Les deux rapports susmentionnés seront discutés en détail lors d'un événement en marge de la COP9 le vendredi 23 mai 2008. Cet événement se concentrera sur les progrès effectués jusqu'à présent sur la mise en œuvre du programme de travail sur les aires protégées de la CDB. Des intervenants du Bangladesh, du Suriname, du Cameroun et de la Thaïlande y prendront la parole.Heure :   18 h 15Lieu :   Salle 1.130 Environment (BMU)

Veuillez contacter info@unnayan.org pour demander une copie des rapports ou téléchargez-les à partir des images ci-dessus, ou à partir de :http://www.unnayan.org/reports/Deserting.the.Sundarbans.pdfhttp://www.unnayan.org/reports/Resuscitating.the.Sundarbans.pdf

Notes supplémentaires :

(1) Deserting the Sundarbans: Local Peoples' Perspective on ADB-GEF-Netherlands Funded Sundarbans Biodiversity Conservation Project [L'abandon des Sundarbans : La perspective des peuples locaux sur le projet de conservation de la biodiversité des Sundarbans financé par ADB-GEF-Pays-Bas] (Jakir Hossain, Kushal Roy)

(2) Les communautés locales d'utilisateurs de ressources comprennent : les bawali (bûcherons), les moual (récolteurs de miel), les cueilleurs de golpata (feuilles), les jele (pêcheurs) et les chunery (récolteurs d'escargots et d'huitres).

(3) Resuscitating the Sundarbans: Customary Use of Biodiversity & Traditional Cultural Practices in Bangladesh [La résurrection des Sundarbans : Usage coutumier de la biodiversité & pratiques culturelles traditionnelles au Bangladesh] (Dewan Muhammad Humayun Kabir, Jakir Hossain) avril 2008

(4) Selon l'article 8(j) de la CDB, chaque État contractant " respecte, préserve et maintient les connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales…" Selon l'article 10(c) de la CDB, chaque État contractant " Protège et encourage l'usage coutumier des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur utilisation durable... ".

(5) Unnayan Onneshanest un centre de recherche et d'action sur le développement basé au Bangladesh.

(6) Forest Peoples Programme est une ONG basée au Royaume-Uni qui aide les peuples forestiers du monde entier à protéger leurs droits, à établir leurs propres organisations de défense et à négocier avec les gouvernements et entreprises sur la meilleure façon d'assurer le développement et la conservation sur leurs terres. www.forestpeoples.org

Pour en savoir plus, veuillez contacter :

  • Jakir Hossain, Responsables des programmes, Unnayan Onneshan   Téléphone : +49 (0)15771 654462   Courriel : jhossain@unnayan.org  
  • Maurizio Ferrari, Environmental Governance Coordinator, Forest Peoples Programme   Téléphone :+44 (0)7733 478307    Courriel : maurizio@forestpeoples.org