Les peuples autochtones ont fait part de leurs préoccupations concernant l'échec de la réalisation des objectifs sur les des aires protégées en matière de participation et de partage des avantages à l'occasion de la SBSTTA-14 de la CDB

Messe Venant présente une vidéo participative démontrant l'impact de l'établissement d'une aire protégée sur l'utilisation traditionnelles des ressources du peuple Baka au Cameroun

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Les peuples autochtones ont fait part de leurs préoccupations concernant l'échec de la réalisation des objectifs sur les des aires protégées en matière de participation et de partage des avantages à l'occasion de la SBSTTA-14 de la CDB

La troisième édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique (GBO-3), présentée lors de la quatorzième réunion de l'Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA-14) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), confirme que la plupart des objectifs mondiaux concernant la biodiversité n'ont pas été atteints. Cependant, le document présente l'élargissement important des aires protégées comme été un succès. Ceci est une source d'inquiétude pour les peuples autochtones et non un progrès, puisque l'établissement et l'élargissement des aires protégées ont lieu, pour la plupart, sans leur participation et consentement. Cette préoccupation a été mise en exergue dans les conclusions de l'examen approfondi de la mise en œuvre du Programme de travail sur les aires protégées (PoWPA) de la CDB.

Le principal message des Perspectives mondiales de la diversité biologique 3 de la CDB, présentée à l'occasion de la réunion SBSTTA-14, était pour le moins négatif : le monde n'a pas atteint son objectif de réduire de façon significative le rythme d'appauvrissement de la biodiversité d'ici 2010. Malgré l'absence de progrès en général, l'une des rares avancées soulignées était que la « La couverture des aires protégées, tant terrestres que marines, (…) a augmenté de manière importante ». Toutefois, les peuples autochtones se demandent si cet élément devrait être mis en lumière de façon si positive. Ils ont souligné les risques d'une expansion des systèmes mondiaux d'aires protégées liés au manque d'implication des peuples autochtones dans ces processus. Ces risques sont notamment les restrictions dans l'utilisation et l'accès aux territoires traditionnels, et même le déplacement ou la réinstallation des communautés autochtones et locales, qui peuvent conduire à une diminution des moyens de subsistance, à la pauvreté, à la perte des pratiques et savoirs traditionnels.

La SBSTTA a également discuté de l'examen approfondi de la mise en œuvre du programme de travail sur les aires protégées (PoWPA), qui reconnaît que l'élément 2 du PoWPA, relatif aux questions de gouvernance, de participation, d'équité et de partage des avantages, « demeure l'élément le moins mis en œuvre » et que les progrès accomplis pour la réalisation des objectifs de cet élément du programme sont « très loin d'atteindre les objectifs ». Cette conclusion confirme la mise en garde des peuples autochtones selon laquelle leur participation à l'établissement et à la gestion des aires protégées n'est toujours pas une priorité.

L'un des projets de recommandations de la SBSTTA pour améliorer cette situation proposait l'établissement de mécanismes et de processus clairs pour un partage équitable des avantages en relation avec les aires protégées. Après des interventions des peuples autochtones pour aborder les questions de participation, les Parties ont accepté de « Mettre en place des mécanismes et des processus clairs de partage équitable des coûts et des avantages pour une participation pleine et entière des communautés autochtones et locales », mais uniquement « relatifs aux aires protégées », plutôt que « à la gestion des aires protégées existantes et à la création de nouvelles aires protégées », bien que ceci soit convenu dans le texte PoWPA.

Dans ces circonstances, il était positif qu'une référence soit faite à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Par exemple, l'un des documents de session, CRP.3, invitait les Parties à « reconnaître les dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans la mise en œuvre ultérieure du programme de travail sur les aires protégées ». Néanmoins, ceci fut affaibli par différentes Parties au fil des travaux et finalement le libellé adopté fut « Prendre en compte si nécessaire la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (…) ». Le GBO-3 salue l'élargissement des aires protégées comme l'un des rares succès relatifs à la conservation de la biodiversité sur terre, mais les aires protégées ne peuvent être véritablement considérées comme un succès que lorsqu'elles ne marginalisent pas les peuples autochtones et se basent sur le consentement et la participation à tous les niveaux de la prise de décisions et de la gestion. Les peuples autochtones ne seront en paix que lorsqu'ils sauront qu'ils ne sont plus exclus des processus de prise de décisions qui établissent et gèrent toutes les aires protégées.

La vidéo montre l'impact de l'établissement d'une aire protégée sur l'utilisation traditionnelles des ressources du peuple Baka
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