Les réunions de la CDB soulignent le rôle essentiel que les peuples autochtones et les communautés locales jouent dans la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable

Chief Kukoi (Tony James) presenting the work being carried out by the Wapichan people in Guyana in relation to community mapping

Les réunions de la CDB soulignent le rôle essentiel que les peuples autochtones et les communautés locales jouent dans la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable

Du 2 au 7 novembre 2015, l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA) et le Groupe de travail spécial à composition non-limitée sur l’article 8(j) et les dispositions connexes de la Convention sur la diversité biologique (CDB) s'est réuni à Montréal.

Les documents issus de ces deux réunions comprennent quelques références importantes aux droits des peuples autochtones et des communautés locales et à leurs contributions à la réalisation du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, en particulier en ce qui concerne les systèmes d'information et de surveillance communautaires et le consentement libre, préalable et éclairé (FPIC).

La 19e réunion du SBSTTA a fait référence à une prochaine publication réalisée par le FPP en collaboration avec le Forum international des peuples autochtones sur la biodiversité (IIFB). Le titre de la publication sera : « Outlooks on Biodiversity: Indigenous Peoples and Local Communities’ contributions to the implementation of the Strategic Plan for Biodiversity 2011-2020. A complement to the fourth edition of the Global Biodiversity Outlook » (Perspectives de la diversité biologique : contributions des peuples autochtones et des communautés locales à la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020. Un complément à la quatrième édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique). Le Secrétariat de la CDB apportera son soutien à la publication, ce qui mettra en évidence le rôle central des peuples autochtones et communautés locales pour contribuer à atteindre les objectifs d’Aichi relatifs à la diversité biologique, ainsi que pour démontrer la nature transversale des savoirs traditionnels et de l’utilisation coutumière durable (objectif 18).

Les documents du SBSTTA demandent au Secrétariat exécutif de poursuivre l’engagement avec les peuples autochtones et communautés locales « dans l’élaboration de tout produit de communication relatif aux Perspectives mondiales de la diversité biologique » qui souligne les contributions des peuples autochtones et communautés locales à la réalisation des objectifs d’Aichi relatifs à la diversité biologique « afin de s’assurer que les visions, pratiques et savoirs des peuples autochtones et des communautés locales soient pleinement pris en compte ». Une collaboration continue avec l’IIFB au sujet d’indicateurs a également été recommandée, puisque cela contribuerait à mettre en évidence les liens entre les différents objectifs d’Aichi.

Les systèmes d’information et de surveillance communautaires (CBMIS) sont l’un des outils les plus utiles et les plus puissants que les peuples autochtones et les communautés locales peuvent utiliser pour évaluer les changements dans les paysages qu'ils habitent. Par conséquent de nombreux exemples de CBMIS seront inclus dans la publication. Les CBMIS ont fait l’objet d’une discussion lors de la réunion du SBSTTA, et il a été souligné que les CBMIS doivent être soutenus et reconnus comme une contribution importante au Plan stratégique. Les Parties ont été encouragées à effectuer un travail de sensibilisation concernant le rôle des systèmes de savoirs traditionnels et les actions collectives des peuples autochtones et des communautés locales en tant que partenaire des savoirs scientifiques dans l’évaluation de la diversité biologique. Le rôle de plus en plus important de la « science citoyenne » a par ailleurs été souligné, dans l’espoir d’élargir la diversité des savoirs employés dans la réalisation et la surveillance des objectifs d’Aichi relatifs à la diversité biologique.

La collaboration étroite entre la CDB et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a constitué un autre élément significatif de cette réunion du SBSTTA. Elle est importante pour les peuples autochtones et communautés locales, parce que l’IPBES a fermement reconnu la nécessité d’intégrer les savoirs des peuples autochtones et communautés locales dans les évaluations de la diversité biologique et la prise de décisions politiques. Le récent article « Community-based monitoring and information systems (CBMIS) in the context of the Convention on Biological Diversity (CBD) », paru dans la revue Biodiversity, a souligné le rôle des CBMIS dans la CDB, l’IPBES et d’autres processus mondiaux concernés, et s’aligne bien sur les délibérations du SBSTTA.

La 9e réunion du Groupe de travail sur l’article 8(j) a discuté en détail d’une série de lignes directrices facultatives sur la mise en œuvre du consentement libre, préalable et éclairé dans le domaine des savoirs traditionnels et son rapatriement. Des discussions au sujet de la signification et de l’inclusion de « donné [librement] » et « en connaissance de cause [et la participation] » dans le consentement libre, préalable et éclairé n’ont pas permis de parvenir à un accord consensuel. Par conséquent les Coprésidents ont proposé de soumettre ces termes à la prochaine réunion de la Conférence des Parties (COP 13) pour examen et approbation finale.

En plus de participer aux réunions plénières du SBSTTA et du Groupe de travail sur l’article 8(j), le FPP et ses partenaires ont également organisé un événement parallèle en vue de présenter leur prochaine publication. Les membres de l’IIFB ayant contribué à la publication ont donné plusieurs présentations vivantes et engageantes de leurs études de cas, qui comprenaient des exemples de cartographie communautaire et des descriptions de l’utilisation des savoirs traditionnels pour aborder plusieurs objectifs d'Aichi relatifs à la diversité biologique, notamment les espèces exotiques envahissantes, la restauration d’écosystèmes et l’octroi d’avantages pour les moyens de subsistance locaux, entre autres.