Le Président indonésien s’engage à reconnaître les droits collectifs des peuples autochtones à leurs territoires

Le Président indonésien s’engage à reconnaître les droits collectifs des peuples autochtones à leurs territoires

Dans une déclaration importante à l’occasion d’une rencontre internationale réunissant quelques-uns des principaux acheteurs d’huile de palme et de pâte à papier indonésiennes du monde, le Président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, a annoncé de nouvelles mesures pour freiner la déforestation. Acceptant la responsabilité du « brouillard » annuel plus épais que d’habitude dû aux incendies de forêt dans les plantations à Sumatra, qui ont assombri les vies des résidents de Singapour et du Sud de la Malaisie (ainsi que de Sumatra même), le Président a associé la nécessité de renforcer le contrôle des forêts à la nécessité de garantir les droits des communautés tributaires de la forêt et des peuples autochtones.

Ce discours fait suite à une décision historique de la Cour constitutionnelle du pays, qui avait jugé le mois dernier que les « forêts coutumières » des peuples autochtones ne sont pas « des zones forestières étatiques ». En rupture avec le langage habituellement employé par le Ministère des Affaires étrangères indonésien, le Président, qui s’exprimait en anglais, s’est référé de façon explicite aux « peuples autochtones » du pays – un terme généralement évité par le Gouvernement indonésien, assimilé au terme indonésien « masyarakat adat » (communautés gouvernées par les coutumes).

Par la suite, dans un discours prononcé lors de cette réunion de haut niveau, Abdon Nababan, Secrétaire général de l’organisation nationale des peuples autochtones (AMAN), a salué la déclaration du Président et a appelé à un ordre présidentiel immédiat pour demander l’adoption de lois actuellement examinées par le corps législatif pour protéger les droits des peuples autochtones. AMAN soutient que la meilleure protection pour au moins 40 millions d’hectares de forêts indonésiennes consiste à protéger les droits des peuples autochtones. Tout en saluant ces changements politiques de haut niveau, il a souligné qu’il est urgent de mettre en œuvre cette nouvelle approche, car « le maintien du statu quo déchire nos forêts, vole les terres autochtones, empiète sur les territoires des peuples autochtones et détruit nos modes de vie ».

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