Publication à paraître : Where They Stand

Publication à paraître : Where They Stand

« Ils sont liés à cette terre, et ils en sont les véritables gardiens ».

Écrit par le journaliste et auteur de renom Fred Pearce, « Where They Stand » présente en détail les efforts résolus des peuples wapichan pour obtenir une reconnaissance effective de leurs droits fonciers coutumiers relatifs aux forêts tropicales du bassin du Haut-Essequibo et aux savanes, et aux forêts tropicales sèches et des montagnes dans le District Sud du Rupununi du Guyana.

Les liens entre le peuple et sa terre sont étroits depuis des générations. « J’ai le sentiment que la terre appartient à moi et mon peuple », affirme Tessa Felix, 25 ans, de Shulinab. « Je veux poursuivre le travail de mon grand-père afin que nous puissions gérer la terre qui nous appartient ». Néanmoins, œuvrer pour récupérer 85 % de la terre traditionnelle du peuple, que le gouvernement refuse à ce jour de lui rendre, est une lutte de longue haleine. Le gouvernement du Guyana semble pour l’instant plus intéressé par le morcellement de sa terre pour l’attribuer aux mineurs d’or.

Tessa fait partie d’une équipe de planification qui rassemble 17 communautés wapichan pour discuter de leur vision et de la manière de protéger leur territoire et de le recouvrer. Elle enquête sur les cas d’invasion de leur terre par des mineurs d’or, des bûcherons et des voleurs de bétail. Pour effectuer ce travail, de nombreux Wapichan, comme Tessa, emploient tant les méthodes traditionnelles que les formes modernes de technologies de l’information, comme des GPS sur leurs smartphones.

« Where They Stand » propose un aperçu poignant de la façon dont les communautés considèrent le processus de cartographie comme étant bien plus qu’un simple exercice de recueil de preuves. « La cartographie a fait renaître notre lutte pour la terre au sein de notre peuple », déclare Angelbert Johnny, un ancien Toshao intérimaire du village de Shawaraworo. « Elle a rassemblé les gens ». Pour étayer leurs revendications foncières, les Wapichan ont décrit en détail les valeurs de leur propriété collective, de leurs vies, de leur culture et de leurs traditions.

Une autre villageoise, Claudine La Rose, s’est concentrée sur la documentation et la traduction des savoirs traditionnels des anciens des 17 communautés wapichan. « Les anciens nous ont dit comment nous sommes arrivés dans les montagnes, ils nous ont parlé des sites sacrés et de l'esprit des grands-pères qui domine les ressources naturelles ».

Les effets positifs du processus de cartographie se font déjà sentir. Ron James, un « cartographieur » wapichan habile spécialiste des technologies de l'information, coordonne la collecte de données pour les « cartographieurs » wapichan. Depuis que les cartes principales ont été achevées, il remarque que les arpenteurs ont été en mesure de dissuader les intrus de venir sur leur terre. « Au cours d’une patrouille de six jours le long de la rivière qui marque la frontière avec le Brésil, nous avons constaté la présence de 30 passages, dont six sont actifs… Les voleurs de bétail craignent ce qu'ils appellent les « surveillants avec des smartphones ». Ils rebroussent chemin s’ils entendent que nous sommes dans les parages ».

Malgré leur efficacité, les cartes employées par les villageois sont souvent ignorées par le gouvernement, dont les modèles sont obsolètes ou inadéquats. « Cela est très frustrant » dit Angelbert. « Nous connaissons la terre bien mieux qu’eux. Nos cartes sont meilleures que les leurs. Mais ils semblent les considérer comme inutiles ». Et d’ajouter : « Ils nous ont demandé de justifier notre demande d’extension de la terre. Nous l’avons fait. Mais maintenant ils nous ignorent ».

Le peuple wapichan du Guyana est également confronté à un choc des cultures, puisque les valeurs traditionnelles se heurtent aux forces modernes du changement générées par des influences mondiales externes. En plus de mettre en évidence les nombreux défis qu’affrontent les Wapichan, cette publication saisissante souligne combien leur monde est indubitablement en train de changer. Il est toutefois à espérer que les technologies modernes et les possibilités qu’elles offrent pour la cartographie numérique et le plaidoyer mondial contribueront à permettre aux Wapichan de protéger leurs droits fonciers pour les générations futures.

Les Wapichan veulent que leur proposition d’une vaste forêt conservée par les Wapichan soit pleinement reconnue par le Guyana et soutenue par la communauté internationale comme stratégie clé pour mettre un frein aux changements climatiques, protéger la diversité biologique des forêts, et préserver les moyens de subsistance locaux.

Des centaines d’exemplaires de « Where They Stand » seront distribués dans les villages autochtones du Sud-Rupununi. Ils seront remis par les spécialistes wapichan des politiques mondiales en vue de faire mieux connaître leur longue lutte pour la reconnaissance juridique de leurs terres et forêts.