FPP Bulletin d'Information Juillet 2011 (PDF Version)

FPP E-Newsletter July 2011
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FPP Bulletin d'Information Juillet 2011 (PDF Version)

 

Chers amis,

Le défi du changement climatique a donné un nouveau souffle, et de nouveaux financements, dans l'élaboration des politiques forestières. Depuis que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a convenu de la nécessité de réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD), les peuples autochtones et les ONG intéressées appellent de façon répétée à la garantie des droits des peuples autochtones dans le contexte de cette initiative. Les textes approuvés à Cancún admettent que REDD doit respecter les droits humains et garantir la participation effective des peuples autochtones et des communautés locales, et que les bailleurs de fonds doivent « sauvegarder » ces principes et s'assurer que les pays se conforment à leurs obligations internationales. Un nouveau bailleur de fonds des projets REDD, le Fonds pour l'environnement mondial a été persuadé de prendre plus de temps pour développer ses nouvelles politiques de sauvegarde afin de permettre le respect de ces obligations.

La plupart des articles de ce bulletin d'information examinent les luttes menées pour faire de ces engagements une réalité. Au Pérou, les projets REDD volontaires à Madre de Dios et San Martin prolifèrent sans prendre adéquatement en compte les droits. Les peuples autochtones insistent sur le fait que leurs Droits aux forêts doivent être garantis avant que des aires ne soient affectées à des projets de conservation, car dans le cas contraire, ils en seront exclus. L'article de notre invité, la Nation Nishnawbe Aski, fait état de ses inquiétudes  face à un défi similaire au Canada. Au Cameroun, une étude du FPP et de ses partenaires indique que les aires protégées liées aux financements REDD ont été désignées sans consultations appropriées. Bien que la Banque mondiale et le WWF répliquent qu'il est trop tôt pour avancer une telle accusation, nous soutenons qu'un engagement préalable en collaboration avec les détenteurs de droits et leur consentement est requis par le droit international. En effet, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones indique que les « stratégies de développement à faible intensité de carbone », telles que les programmes de construction de barrages au Costa Rica, compromettent gravement les droits des peuples autochtones et sapent leur droit à l'autodétermination en évitant des consultations significatives et des études d'impact adéquates. Au Pérou, un effort de plaidoyer soutenu des organisations autochtones a permis d'assurer des engagements du gouvernement et de la Banque mondiale visant à fournir des fonds de préparation supplémentaires pour traiter les questions relatives au régime foncier.

Le renforcement des capacités des communautés locales et des peuples autochtones leur permettant de s'impliquer dans ces débats politiques constitue une partie essentielle de cette tâche. En République démocratique du Congo (RDC), nous accomplissons un travail de sensibilisation aux droits et à la REDD aux côtés de partenaires locaux dans la Province de l'Équateur. En Ouganda, en RDC et au Rwanda, le FPP aide les communautés batwa à réaliser des cartes tridimensionnelles de leurs terres forestières afin de montrer la signification de ces forêts pour les Batwa, forêts dont ils ont été exclus au profit des aires protégées. La cartographique participative contribue à resserrer les liens des communautés et transmet aux jeunes générations la valeur et l'importance des savoirs traditionnels de leurs anciens. Le FPP et ses partenaires travaillent actuellement avec l'UICN afin de mettre sur pied une nouvelle approche, appelée le « Mécanisme de Whakatane », qui vise à s'assurer du respect des droits des peuples autochtones par les aires protégées. Nous annonçons également la tenue d'un atelier sur le genre et le régime foncier en Afrique, qui aura lieu au Cameroun, et qui se penchera sur les révisions à apporter aux lois nationales relatives au régime foncier afin de respecter les obligations internationales de chaque pays en matière de droits humains.

La reconnaissance et la protection effectives des droits des peuples des forêts nécessitent la mobilisation et le soutien à tous les niveaux, de l'échelon le plus local à l'échelon le plus mondial. Nous poursuivons stimulés par la vigueur de cet effort commun.

Marcus Colchester, Directeur