Wilmar ne résout pas les conflits avec les communautés au Kalimantan occidental et au Sumatra occidental

Wilmar ne résout pas les conflits avec les communautés au Kalimantan occidental et au Sumatra occidental

En décembre 2013, suite à des pressions exercées par ses clients et investisseurs, le géant du secteur de l’huile de palme Wilmar s’était engagé à dissocier l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, y compris ses joint ventures et ses fournisseurs externes, de la déforestation, de l’exploitation des tourbières, et des violations des droits humains.

Cet engagement, qui devait être pleinement mis en œuvre d’ici décembre 2015, a été salué par des groupes qui avaient suivi les activités de Wilmar et critiqué l’entreprise pour la destruction de l’environnement qu’elle causait et ses violations des droits humains. Cependant, deux ans plus tard, malgré ses promesses, Wilmar n’a pas résolu de nombreux conflits de longue date entre ses opérations et les communautés touchées. Cet article examine quelques cas dans lesquels Wilmar n’a pas résolu ses conflits avec les communautés.

En 2007, le FPP a aidé deux communautés du Kalimantan occidental à présenter des plaintes formelles à la RSPO et à la Société financière internationale concernant les activités de Wilmar qui affectaient leurs terres coutumières. Wilmar était membre de la RSPO depuis 2005 et recevait depuis 2004 le soutien financier de la SFI, la branche privée de la Banque mondiale chargée des financements. La RSPO a retenu la plainte qui indiquait que Wilmar s’était emparé des terres des communautés de Senuju et Sajingan Kecil sans leur consentement, et la SFI a confirmé cette décision et fourni un appui à la médiation pour résoudre le différend. En 2008, les communautés sont parvenues à un accord avec Wilmar au sujet des effets de ses activités, et la Banque mondiale a suspendu tout nouvel investissement dans le secteur de l’huile de palme dans l’attente d’un examen et de l’élaboration d’une politique pour éviter que son financement n'ait des effets sociaux et environnementaux négatifs. Le FPP a salué l’accord entre Wilmar et les communautés du Kalimantan occidental, mais a constaté en 2014 que Wilmar n’avait pas respecté ses engagements et que les communautés se retrouvaient à devoir payer des dettes impossibles à acquitter.

En 2006, le FPP a présenté en détail les problèmes que la filiale de Wilmar, PT PHP1, avait entraînés pour la communauté kapa de Pasaman Barat au Sumatra occidental. Dix ans plus tard, les problèmes rencontrés par la communauté kapa à cause de Wilmar se sont aggravés, l'entreprise ayant obtenu une autorisation de plantation (HGU) sans son consentement, alors que les dirigeants de la communauté qui se sont plaints auprès de la RSPO et des autorités gouvernementales ont été criminalisés.

En janvier 2016, du personnel du FPP et des partenaires d’ONG se sont rendus dans la communauté kapa et ont rencontré des dirigeants communautaires en personne pour en savoir plus au sujet du combat qu'ils mènent pour que leurs droits fonciers soient reconnus et respectés par Wilmar. Suite à la visite, le FPP a publié la résolution de Maninjau, qui met en exergue le non-respect par Wilmar des droits de la communauté kapa et l’absence de résolution de bonne foi des conflits avec les communautés. La résolution demandait « un développement durable réel – un développement juste - et la fin des modèles coloniaux d'exploitation des terres, qui exigent des peuples natifs qu’ils cèdent leurs terres à des investisseurs étrangers » (Voir Résolution de Maninjau).

Le FPP continuera de mettre en lumière les violations des droits humains commises par Wilmar, et en particulier le fait que l’entreprise ne respecte pas les droits fonciers des communautés coutumières, tant que des changements sur le terrain n’auront pas été constatés. Un règlement du Ministère de l’agriculture de 2015 crée la catégorie des droits fonciers communautaires, ce qui permet aux communautés de faire reconnaître et enregistrer leurs droits fonciers par le gouvernement, puis de céder les terres à bail aux entreprises du secteur de l’huile de palme. Bien que le règlement ne contienne aucune instruction de mise en œuvre, il peut permettre aux entreprises qui souhaitent respecter les droits fonciers communautaires mais ne peuvent obtenir des autorisations du gouvernement que sur des terres dépourvues de tout droit résiduel de résoudre le dilemme actuel.