Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes doit porter une attention spéciale à la situation vulnérable des femmes autochtones en RDC

Femmes et enfants autochtones ba mbuti pratiquant l’agriculture dans le village de Mandima, Province Orientale, RDC
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Médard Nguliko Mbali (CAMV)

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes doit porter une attention spéciale à la situation vulnérable des femmes autochtones en RDC

Quinze organisations travaillant avec les femmes autochtones, incluant le Forest Peoples Programme, ont joint leurs efforts pour dénoncer les injustices et les multiples formes de discrimination dont sont victimes les femmes autochtones en République Démocratique du Congo (RDC) au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (le Comité). Dans le cadre de sa procédure d’examen des rapports périodiques que les États doivent lui soumettre à tous les quatre ans et dans lesquels ces derniers décrivent les mesures d'ordre législatif, judiciaire, administratif ou autre qu'ils ont adoptées pour donner effet aux dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (la Convention), le Comité étudiera le rapport de la RDC le 11 juillet 2013 en présence d’une délégation de représentants du gouvernement congolais. Le déroulement du processus d’examen peut être visionné en ligne au : http://www.treatybodywebcast.org/.

Il est à déplorer que le rapport de la RDC ne contienne aucune information sur la situation des femmes autochtones dans le pays et ce, malgré que ces dernières fassent face à de multiples formes de discrimination et vivent dans des conditions d’extrême vulnérabilité. Cette absence de considération a poussé quinze ONG à se regrouper et à rédiger un rapport alternatif afin de présenter un portrait de la situation des femmes autochtones du pays.

Le rapport se penche d’abord sur la situation des peuples autochtones de la RDC. Il considère leur dépossession de leurs terres ancestrales et traite de la menace qu’elle pose en ce qui a trait au lien fondamental qu’entretiennent les peuples autochtones avec leurs terres ancestrales. Ce lien est essentiel pour leur culture, mode de vie et subsistance. La perte de leurs terres ancestrales a eu et continue d’avoir des effets particulièrement dévastateurs sur les femmes autochtones. L’un de leurs rôles centraux consiste à nourrir et soigner leurs familles. Elles sont toutefois dépourvues de moyens pour le faire les confinant ainsi à des conditions de vie très précaires et les exposant à l’exploitation et la violence. 

Le rapport traite ensuite de la discrimination dont sont victimes les femmes autochtones en matière d’éducation, de santé, de participation publique et politique et d’accès à la justice. Le rapport souligne que le gouvernement de la RDC tarde à adopter des mesures spéciales visant à instaurer l’égalité des femmes autochtones et à assurer qu’elles puissent jouir de tous leurs droits, sans discrimination. 

Les organisations auteures du rapport  ont proposé des recommandations que le Comité pourrait formuler à l’endroit du gouvernement de la RDC et qui pourraient permettre à ce dernier une meilleure prise en compte des droits des femmes autochtones dans l’élaboration de lois, politiques et programmes en faveur des femmes autochtones. Les auteures ont également souligné l’importance pour le Comité d’adopter une approche holistique dans l’examen de la situation des femmes autochtones en RDC et des violations à leurs droits en vertu de la Convention et de ses recommandations au gouvernement de la RDC. Une telle approche permettrait au Comité de tenir compte des multiples formes de discrimination auxquelles sont assujetties les femmes autochtones ainsi que des effets et impacts cumulés de ces diverses formes de discrimination sur les femmes autochtones. 

Deux représentantes autochtones de la RDC sont présentement à Genève pour présenter le rapport alternatif au Comité qui tient présentement sa 55ième session. Le 8 juillet 2013, Mme Musanga Timani Chimène, femme autochtone du Sud Kivu, a fait une déclaration au Comité en insistant sur le fait que le gouvernement de la RDC n’avait, à ce jour, adopté aucune mesure pour protéger les droits des femmes autochtones. Les représentantes autochtones auront également d’autres occasions de présenter leurs préoccupations aux membres du Comité durant leur séjour à Genève.   

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