Une vague de discussions sur la REDD+ déferle après Copenhague

Dans la plupart des pays qui participent aux programmes pilotes REDD+, les processus de participation n'en sont qu'à un stade de développement très précoce. Les leaders autochtones (en photo) font part de leurs inquiétudes aux représentants du gouvernement au Paraguay à l'occasion d'un atelier organisé par CAPI, avec le soutien de FPP, février 2010

By
© Tom Griffiths

Une vague de discussions sur la REDD+ déferle après Copenhague

L'inquiétude monte au sujet de la consultation et de la participation inadéquates des peuples autochtones aux discussions concernant les principales initiatives forestières et climatiques et les risques potentiels pour leurs droits. En mars, les peuples autochtones ont été exclus d'une réunion à Paris pour le lancement d'une initiative franco-norvégienne sur la REDD+ (Réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts - Plus). Des préoccupations ont été exprimées par les peuples autochtones guyanais au sujet du processus actuellement en cours relatif à la REDD+ et à la stratégie de développement à faible intensité de carbone (LCD) dans leur pays. Le fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier (FCPF) a développé son cadre d'Évaluation environnementale et sociale stratégique (SESA), sans clarifier la façon dont les garanties de la Banque mondiale seront appliquées.

L'agenda international a été très chargé depuis la CdP15, où les gouvernements ont clairement indiqué à la communauté internationale qu'ils allaient poursuivre sur la voie de la REDD+. Les gouvernements français et norvégien travaillent actuellement avec d'autres pays afin de mettre sur pied un accord de partenariat intérimaire REDD, dans le but de coordonner les efforts actuels et de garantir l'intégrité sociale et économique des actions, financées par un fonds de préparation de 3,5 à 8 milliards de dollars US. Une première réunion s'est tenue à Paris à la mi-mars et les peuples autochtones ont condamné le manque de volonté de la part du gouvernement français de garantir leur participation.

"La non-inclusion des peuples autochtones dès la création même de l'initiative franco-norvégienne est inacceptable. L'exclusion lors de la réunion de Paris est une preuve supplémentaire de l'urgence de garantir la participation pleine et effective des peuples autochtones à tous les niveaux des négociations et des discussions sur les questions relatives à leurs terres, à leurs ressources et à leurs territoires et à leurs droits tels que reconnus par des accords et instruments juridiques internationaux comme la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA)", a déclaré Mina Setra, une représentante autochtone de l'Alliance of Archipelagic Indigenous People (AMAN), Indonésie.

Le gouvernement norvégien a maintenant entamé un dialogue préliminaire avec différentes parties prenantes, mais des doutes demeurent quant à la garantie de la participation effective des peuples autochtones aux organes de gouvernance et quant à un accord sur des mécanismes pour garantir que les actions REDD+ respectent les droits des peuples autochtones. Entre-temps, la participation des peuples autochtones aux processus REDD est encore limitée au niveau des pays.

Les peuples autochtones participant à un atelier qui s'est tenu à Georgetown en Guyana du 2 au 8 mars 2010 ont appelé à la suspension de toute activité REDD dans le pays tant que leurs droits, y compris les droits fonciers, le consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) et l'accès à l'information et à la participation ne seront pas pleinement respectés et appliqués. La pression croissante pour débourser rapidement des fonds pour la REDD, tant au niveau national qu'au niveau international, pourrait sérieusement menacer les droits des peuples autochtones touchés par la REDD, ce qui est un risque manifeste dans les intentions de la gestion du FCPF de développer les "Évaluations environnementales et sociales stratégiques" (SESA).

Défendu par le FCPF comme un instrument permettant d'assurer la conformité des activités de préparation REDD aux garanties de la Banque mondiale, les SESA risquent d'instaurer un régime parallèle qui pourrait remettre en question les obligations contenues dans la Charte FCPF qui impose le respect des droits des peuples autochtones et des garanties de la Banque mondiale. Le FCPF a récemment établi un nouveau cadre SESA, mais n'a pas encore clarifié le fait que les SESA ne remplacent pas les garanties applicables lors de la phase de préparation cruciale de la REDD.

Pour les communiqués de presse et les déclarations au sujet de l'Initiative franco-norvégienne, du processus REDD+-LCD de la Guyana et du partenariat Norvège-Guyana sur le climat et les forêts, prière de consulter le lien ci-dessous.

Au Paraguay, les peuples autochtones ont été dépossédés de leurs terres forestières traditionnelles qui ont été défrichées à grande échelle pour la culture du soja et l'élevage du bétail, février 2010.

By
© Tom Griffiths

Des chefs de villages amérindiens étudient les Lignes directrices Akwé:Kon pour la conduite d'études sur les impacts culturels, environnementaux et sociaux de la CBD au cours d'un atelier de APA/NSI/FPP sur "Les industries extractives, les droits des peuples autochtones et le développement des politiques nationales en Guyana". Les participants ont demandé aux bailleurs de fonds et au gouvernement de prendre des mesures concrètes pour inclure les droits fonciers dans tous les programmes sur les forêts et sur le climat, mars 2010

By
© Tom Griffiths.