‘Pas de signature de contrats REDD à Madre de Dios et San Martin’ : les organisations autochtones appellent leurs communautés à faire preuve de prudence

‘Pas de signature de contrats REDD à Madre de Dios et San Martin’ : les organisations autochtones appellent leurs communautés à faire preuve de prudence

San Martin et Madre de Dios sont les deux régions choisies pour le développement des activités pilote REDD au Pérou. Ces régions sont submergées par plus de 20 projets REDD centrés sur le marché volontaire de carbone. Nombre de ces projets sous-nationaux REDD+ s’abattent sur les territoires ancestraux des peuples autochtones, notamment sur les territoires des Shawi, Awajun et Kechwa à San Martin, et des Ese Eja, Yine, Shipibo, Amahuaca, Arakambut et Machiguenga à Madre de Dios. Au Pérou, environ 20 millions d’hectares de territoires autochtones ne sont pas reconnus juridiquement, ce qui signifie que REDD représente une menace plutôt qu'une opportunité.

Lors de réunions en mai et en juin 2011, CODEPISAM[1] et FENAMAD[2], les organisations autochtones de San Martin et Madre de Dios, ont déclaré que les projets REDD ne devraient pas être mis en œuvre dans leurs régions tant que toutes les revendications territoriales non résolues ne seraient pas prises en compte. À San Martin, les droits territoriaux collectifs des peuples awajun, kechwa et shawi ont été affirmés, tout comme les revendications des 64 communautés qui attendent encore une reconnaissance et l’octroi de titres. Ces communautés comprennent notamment les communautés dont les terres se trouvent partiellement dans l’aire de conservation régionale « Cordillera Escalera », en violation de leur droit au consentement libre, préalable et éclairé (FPIC). Lors de la réunion à Madre de Dios, la revendication des Ese Esja concernant leur territoire ancestral, qui est affecté par deux aires protégées (le Parc national de Bahuaja Sonene et la Réserve de Tambopata), a été réaffirmée, tout comme les droits des Arakambut à choisir si et comment les projets REDD proposés pour la Réserve communautaire Amarakaeri doivent se poursuivre.

Un consensus a été atteint lors des réunions dans les deux régions quant au fait que les communautés ne doivent pas signer de contrats REDD tant que les droits des peuples autochtones et des communautés locales ne seront pas garantis et que la nature des projets et programmes REDD n’aura pas été clairement définie au niveau national et international. Les deux organisations ont mis sur pied leurs propres comités REDD (mesa REDD Indigena) afin d'effectuer un suivi des développements REDD au niveau régional, de continuer à exprimer les inquiétudes autochtones et de soumettre les propositions émanant des peuples pour la protection des forêts et la réaffirmation des droits des peuples autochtones.

Voir la Déclaration de San Martin en espagnol ou en anglais.

Voir la Déclaration de Madre de Dios en espagnol ou en anglais.

Voir le Communiqué de presse de FENAMAD (esp)

[1] Coordination de développement et de défense des peuples autochtones de San Martin.

[2] Fédération des peuples natifs du fleuve Madre de Dios et de ses affluents.