Les représentants autochtones proposent des approches alternatives pour les forêts et les changements climatiques, et discutent de Rio+20

Les représentants autochtones proposent des approches alternatives pour les forêts et les changements climatiques, et discutent de Rio+20

Les représentants autochtones se sont réunis à Manaus à la mi-août, à l'occasion d'une conférence organisée par la COICA (Confédération des organisations des peuples autochtones du Bassin de l’Amazone), afin de discuter des savoirs traditionnels, des forêts et des changements climatiques, ainsi que de la conférence Rio+20. Leur déclaration finale appelait à la reconnaissance des droits des peuples autochtones à leurs territoires, au respect pour le principe de la « vie pleine »[1] (« vida plena ») et à un soutien en faveur des approches autochtones à l'atténuation des changements climatiques pour les forêts, (la déclaration fait référence à une « REDD+ autochtone »). Il a également été recommandé aux communautés de rester vigilantes quant aux mauvaises pratiques des « cowboys du carbone » et d’éviter de stipuler tout contrat tant que les obligations internationales relatives aux droits n’auront pas été mises pleinement en œuvre.

La Conférence a fait part de son soutien à la lutte des peuples autochtones de Bolivie contre les projets de l’État de construire une autoroute sur le territoire autochtone Tipnis. Le leader autochtone brésilien Raoni Kayapo a dénoncé les conséquences du barrage Belo Monte sur le fleuve Xingù River, qui provoquerait la réinstallation forcée de dizaines de milliers de peuples autochtones et communautés locales.

Plusieurs gouvernements d’Amérique latine sont confrontés à une impasse causée par les coûts sociaux et environnementaux de leurs politiques de développement des infrastructures, la nécessité urgente d’accroître les dépenses publiques et le fait que ces dépenses sont principalement couvertes par l’exportation de pétrole et de minéraux extraits du sous-sol des territoires des peuples autochtones. Aucune sortie de cette impasse ne sera possible si les hypothèses à la base des politiques de développement national continuent à reposer sur la croissance quantitative illimitée, associée à la volonté des gouvernements d’accélérer la production et de contribuer au commerce mondial de matières premières. En résumé, les États ne développent pas de solutions durables à long terme visant à générer des ressources financières autres que la monoculture centrée sur l’extraction.

Par conséquent, les peuples autochtones proposent des approches alternatives fondées sur leurs moyens d’existence, les savoirs traditionnels et les droits de l’homme comme clés de voûte de la transformation responsable des modèles actuels économiques et productifs. Pour de plus amples informations, nous vous invitons à consulter la Déclaration de Manaus et autres déclarations sur le site suivant:   http://coica.org.ec/cumbre2011/index.php/using-joomla/extensions/components/content-component/article-categories/218-resoluciones

[1] Un concept similaire à celui du « vivre bien » - « buen vivir » ou « sumac kawsay ».