Argentine: les peuples autochtones expulsés de force de leurs terres ancestrales, actualité décembre 2009

La police avance pour expulser la communauté autochtone de La Angostura
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Argentine: les peuples autochtones expulsés de force de leurs terres ancestrales, actualité décembre 2009

En Argentine, les peuples autochtones continuent à être les victimes de violentes réinstallations forcées exécutées avec l'aide de l'état. Ils appellent les autorités à faire cesser immédiatement toutes les expulsions et à prendre des mesures pour faire pleinement respecter les droits autochtones et l'état de droit.

Début novembre 2006, le Congrès de la Nation argentine a approuvé la loi 26.160 déclarant l'état "d'urgence concernant la possession et la propriété des terres ancestrales des communautés autochtones du pays". La loi interdisait, pour une durée de quatre ans, l'expulsion ou le déménagement forcé des peuples autochtones de leurs terres ancestrales. Peu après son adoption, cette loi devint lettre morte puisque les membres de la communauté autochtone Diaguita dans la Province de Tucumán furent les victimes de violentes expulsions forcées. Des actions excessives de la police en février et mars 2007, au cours desquelles des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc furent utilisés, et des femmes, enfants et hommes autochtones furent battus, causèrent le déplacement de 22 familles, l'incendie et la destruction de 15 maisons, et des dommages et des vols d'autres structures et effets personnels. De nombreux peuples autochtones qui résistèrent pacifiquement furent blessés. A l'époque, le Gouvernement promit une série d'actions constructives, mais elles ne furent pas mises en œuvre et les familles déplacées demeurent sans maison, sans terre et sans leurs effets personnels. D'autres familles autochtones continuent à vivre sous la menace des expulsions et avec la peur constante des déménagements forcés.

Au cours des derniers mois, l'absence d'action de la part du Gouvernement a une nouvelle fois transformé les craintes des peuples autochtones en réalité puisque les expulsions forcées ont refait leur apparition. Au matin du 17 septembre 2009, dans la communauté autochtone de Quilmes, plus de 40 familles autochtones ont été déplacées et leurs maison ont été détruites lorsque 120 policiers armés et à cheval, équipés de matériel antiémeutes avec des armes, des grenades et des gaz lacrymogènes, se sont abattus sur leur communauté. La police a coupé les routes afin d'empêcher les avocats, les membres des familles et les amis des peuples autochtones de leur venir en aide. Fort heureusement, de nombreux membres de la communauté étaient au travail et il n'y eut par conséquent aucun blessé. Cinq jours plus tard, dans la communauté autochtone de Pueblo Nogalito Lule, des unités armées de la police (accompagnées des terratenientes - "non autochtones" - qui demandaient les expulsions) pénétrèrent sur les terres autochtones Diaguita dans le but d'expulser les résidents. Un aîné fut battu, des insultes raciales furent proférées et les clôtures, les structures, les jardins et d'autres biens de la communauté furent détruits. La résistance pacifique n'a pas rendu l'exécution complète des expulsions possible.

Enfin, le 12 octobre 2009, la police armée a pénétré dans la communauté Diaguita de Chuschagasta pour faire exécuter une autre expulsion. Cette fois, la police laissa derrière elle plusieurs blessés et un aîné, Javier Chocobar, fut tué par balle. Ces actions sont interdites par le droit international et la communauté Diaguita et ses partisans demandent au Gouvernement argentin de mettre fin aux expulsions, de respecter leurs droits aux terres et territoires traditionnels et de les démarquer, de leur accorder des titres de propriété et de les protéger.

Maison autochtone détruite à La Angostura
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La police se prépare à expulser la communauté autochtone de Quilmes
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La propriété et les biens personnels des peuples autochtones ont été jeté dans la rue pendant leur expulsion, Communauté Quilmes
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