Trousse d'information sur les droits des femmes autochtones

Toolkit on Indigenous women's rights in Africa
By
FPP

Trousse d'information sur les droits des femmes autochtones

Forest Peoples Programme a développé cette trousse d'information pour afin d'aider les femmes autochtones d'Afrique à mieux comprendre le système africain des droits de l'homme et des peuples et les façons de s'impliquer auprès de ses mécanismes pour assurer une meilleure protection de leurs droits. 

Voici un message d'introduction de la Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique:

Les femmes autochtones représentent l’un des groupes les plus vulnérables du continent africain. Elles font face à de multiples formes de discrimination liées notamment à leur identité autochtone, leur sexe, leur culture, leur religion et leur langue. Cette discrimination multiple, ou intersectionelle, entrave significativement la capacité des femmes autochtones à exercer leurs droits et limite ainsi leur accès à l’éducation, aux soins de santé, à la justice ainsi que leur participation aux processus décisionnels et politiques. À travers l’Afrique, les femmes autochtones sont exposées aux violences physiques, psychologiques et sexuelles et vivent dans des conditions précaires, voire même dans l’extrême pauvreté. La situation des femmes autochtones est alarmante et nous devons agir.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples travaille depuis 1999 sur la question des peuples autochtones et reconnaît les obstacles spécifiques auxquels ces derniers font face dans la reconnaissance, l’exercice et la jouissance de leurs droits. Elle a établi un Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones avec pour mandat, entre autres, de formuler des recommandations et des propositions de mesures et d’activités appropriées pour prévenir et remédier aux violations des libertés et des droits fondamentaux des populations/communautés autochtones, ce qui témoigne de sa volonté d’accorder une attention toute particulière au sujet. La question des droits des femmes autochtones reste toutefois, à ce jour, très peu abordée par la Commission africaine, en tant que femmes appartenant à un groupe spécifique.

Consciente des difficultés d’interprétation et d’application liées au concept de « peuples autochtones » et à l’absence d’un consensus général quant à sa définition, la Commission a énoncé, au moyen de l’adoption du Rapport du Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones publié en 2005, les caractéristiques principales pouvant permettre l’identification des peuples autochtones d’Afrique. La Commission en a depuis lors appelé maintes fois les États africains pour qu’ils reconnaissent l’existence des peuples autochtones sur leurs territoires et qu’ils harmonisent leur droit national avec les dispositions de la Charte africaine et les autres normes internationales applicables, telles la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Les droits des femmes autochtones sont des droits humains. La protection de leurs droits au sein des communautés auxquelles elles appartiennent relève des lois nationales et du système africain des droits de l’homme et des peuples. Dès lors, les femmes autochtones ne peuvent bénéficier pleinement de leurs droits humains que lorsque les droits collectifs de leurs communautés sont respectés. Le respect des droits des femmes autochtones comporte ainsi une dimension individuelle et collective dont il est essentiel de tenir compte.

La considération plutôt limitée des droits des femmes autochtones par la Commission africaine ne reflète pas son manque d’intérêt pour la question. Au contraire. Elle s’explique, entre autres, par le fait que les organisations qui œuvrent à la défense des femmes autochtones ne connaissent pas ou trop peu le système africain des droits de l’homme et des peuples, les voies possibles pour revendiquer ces droits, de même que les façons de s’impliquer auprès de la Commission. En tant que Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique, je crois qu’il est primordial de remédier à cette situation et d’outiller les organisations afin qu’elles puissent avoir accès à la Commission africaine.

La publication de cette trousse d’information vise à atteindre cet objectif. Cette trousse a été élaborée afin d’introduire les femmes autochtones et les organisations qui les représentent au système africain des droits de l’homme et des peuples. Elle met en lumière les différentes avenues offertes pour faire valoir les droits des femmes autochtones et assurer leur prise en compte par la Commission africaine.

Je souhaite vivement que les différents acteurs impliqués dans la lutte pour les droits des femmes autochtones sauront tirer avantage de cette précieuse ressource. Je les appelle, à ce titre, à s’engager dès maintenant auprès de la Commission africaine et à collaborer avec ses différents mécanismes pour faire avancer la cause des femmes autochtones en Afrique et mettre fin à leur marginalisation.

Me Soyata MaïgaCommissaire/Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en AfriqueCommission africaine des droits de l’homme et des peuples

La trousse d'information contient 11 Fiches d'information: 

1- La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

2- Le Protocole sur les droits des femmes

3-La Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique

4- Le Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones

5- Les normes juridiques relatives aux droits des peuples et des femmes autochtones

6- Autres forums d'intérêt pour faire valoir les droits des femmes autochtones

7A- Se faire entendre au niveau de la CADHP

7B- Se faire entendre au niveau de votre gouvernement

8- La rédaction de rapports alternatifs

9- La procédure de communications de la Commission africaine

10- Comment faire une intervention orale auprès de la Commission africaine