Les peuples autochtones appellent à des transformations historiques dans les relations économiques, culturelles, politiques et sociales pour faire face à la crise climatique mondiale

 

By
Helen Tugendhat

Les peuples autochtones appellent à des transformations historiques dans les relations économiques, culturelles, politiques et sociales pour faire face à la crise climatique mondiale

Les négociateurs se sont à nouveau réunis à Bangkok du 28 septembre au 9 octobre pour tenter de franchir une nouvelle étape vers l'obtention d'un accord à Copenhague en décembre de cette année sur la manière de lutter contre le changement climatique. Les peuples autochtones demandent aux parties de dépasser les frontières traditionnelles et de créer des accords et des plans en matière de changement climatique qui prennent en compte la diversité, les savoirs et la sagesse de tous les peuples du monde.

Les représentants des peuples autochtones ont participé à la surveillance et ont fourni des conseils dans le contexte de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) depuis la création du Forum international des peuples autochtones sur les changements climatiques en 2000. Par l'intermédiaire de cet organe, les peuples autochtones ont exhorté les Parties à prendre des mesures effectives de lutte contre le changement climatique, en fournissant des propositions spécifiques, des recherches, des informations, des perspectives alternatives et des conseils dans tous les domaines de négociations et ce pendant près de dix ans.

Une demande persistante qui a retenti au cours de ces dix années est la requête faite par les peuples autochtones pour la reconnaissance formelle dans le cadre du processus de la CCNUCC. Parmi ces demandes de représentation et de reconnaissance, les peuples autochtones ont appelé à l'établissement, entre autres, d'un Groupe d'experts sur le changement climatique et les peuples autochtones, d'un Groupe de travail spécial sur les peuples autochtones et le changement climatique et d'un Groupe de contact intergouvernemental sur les peuples autochtones et le changement climatique.

A un moment où la pression pour obtenir des accords à Copenhague à la fin de l'année est croissante, les peuples autochtones utilisent la réunion de Bangkok comme une plate-forme pour promouvoir certaines de leurs demandes les plus importantes. Ces demandes et les propositions de politiques reposent sur des processus de consultation menés à travers le monde ainsi que sur les délibérations du Sommet mondial des peuples autochtones sur le changement climatique et la "Déclaration d'Anchorage" qui en est le résultat [provide link].

En particulier, les peuples autochtones demandent de manière répétée depuis le début de ces négociations que les discussions entre les Etats parties reposent sur le droit international protégeant les droits des peuples autochtones et qu'elles soient conformes à ce droit. Ceci comprend en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones comme étant l'affirmation principale au niveau international des droits humains des peuples autochtones.

Les peuples autochtones cherchent à souligner auprès des parties la contribution historique et continue que les peuples autochtones ont apportée et apportent pour la préservation d'écosystèmes sains.

Les savoirs autochtones et traditionnels ont beaucoup à apporter au reste du monde quant à la gestion d'écosystèmes fragiles, à l'adaptation aux changements de l'environnement et du climat et pour atténuer et éviter la disparition des forêts et des autres écosystèmes. Le respect de ces savoirs ainsi que des innovations et des pratiques qui les expriment, est essentiel pour que tous les accords futurs respectent et impliquent les peuples autochtones.

De plus, les peuples autochtones souhaitent mettre en évidence la nécessité de garantir les droits fonciers des peuples autochtones sur les ressources et territoires traditionnels, ce qui est une condition requise nécessaire pour toute protection efficace de ces ressources pour le bien du monde.

Pour toutes les activités ou les actions qui concernent les territoires et ressources des peuples autochtones, et pour toutes les activités ou actions qui affectent ces territoires et ressources, il est essentiel que le consentement libre, préalable et donné en connaissance de cause des peuples concernés soit requis et obtenu. Toute action, y compris les actions proposées conformément à la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD), doit être entreprise UNIQUEMENT une fois ce consentement obtenu. Les actions REDD entreprises sans le respect plein et entier des droits des peuples autochtones et sans leur consentement libre, préalable et donné en connaissance de cause ont été rejetées par les peuples autochtones dans la Déclaration d'Anchorage et à l'occasion d'autres forums.

Voir le lien (à droite) pour les propositions finales de politiques du Forum international autochtone sur les changements climatiques préparées pour les réunions de Bangkok en septembre et octobre.

 

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Helen Tugendhat