Secteur privé

Responsabilisation de HSBC

Une partie du rôle de FPP consiste à responsabiliser le secteur privé afin de réduire les préjudices que les prêts au secteur privé causent aux peuples autochtones. HSBC est un bailleur de fonds important du secteur de l’huile de palme, puisqu’il s’agit du principal investisseur de 15 des 17 plus grands groupes de producteurs d’huile de palme.

De concert avec l’organisme de recherche Profundo, FPP a rédigé un rapport sur les investissements de HSBC dans le secteur de l’huile de palme, HSBC and the palm oil sector in south- east Asia : towards accountability, qui démontre que les normes que HSBC appliquent aux organisations dans lesquelles elle investit sont moins strictes que celles de la RSPO. De plus, malgré son prétendu « engagement de transparence », HSBC ne dévoile pas le nom des sociétés de production d’huile de palme qu’elle finance ni dans quelle mesure celles-ci respectent sa politique et ses normes.

La publication du rapport a été suivie d’une large couverture médiatique et HSBC a annoncé qu’elle mettrait fin à sa relation avec les clients qui n’arrivent pas à satisfaire aux exigences de sa politique forestière.

Pourquoi travailler avec le secteur privé ?

Que cela nous plaise ou non, le secteur privé a une incidence directe considérable sur les forêts et les peuples des forêts. FPP appuie les campagnes menées par les peuples des forêts pour amener le secteur privé à adopter une approche fondée sur les droits dans ses activités.  Un changement d’attitude au sein du secteur privé peut profiter directement aux peuples des forêts en assurant le respect de leurs droits fonciers, de leur droit au consentement libre, préalable et éclairé, de leurs droits coutumiers, de leur droit fondamental à la santé, à la vie et aux droits et libertés civils et politiques. En participant aux discussions de la RSPO et de The Forests Dialogue (TFD), FPP peut veiller et veille effectivement à ce que les activités ayant une incidence sur les peuples des forêts se réalisent suivant une approche fondée sur les droits. 

The Forests Dialogue (TFD)

The Forests Dialogue (TFD) est un processus « multipartite » mis en place initialement par les plus grandes sociétés forestières du monde et les grandes ONG de la conservation et est administré par un petit secrétariat ayant son siège à la Faculté de foresterie de l’Université de Yale (Etats-Unis) . Plusieurs des entreprises qui y participent sont membres du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable.

TFD se veut un espace commun où les ONG et les entreprises peuvent se pencher sur des questions litigieuses et identifier les « lignes de fracture » qui divisent les opinions et font entrave à la réalisation d’une « gestion durable des forêts ». Les dialogues ont porté sur des questions tels que la certification forestière, la conservation de la biodiversité et la coupe illégale.

Depuis 2005, TFP accorde une plus grande attention aux questions sociales et aux droits des peuples des forêts, grâce en partie à la participation de Forest Peoples Programme, qui est actuellement représenté au sein du comité directeur de TFD. FPP a aussi aidé TFD à entrer en contact avec les peuples autochtones et autres groupes sociaux afin de s’assurer que les questions sociales soient abordées et que les ayant droits prennent part aux dialogues.

Les derniers dialogues ont ainsi porté sur la gestion intensive des forêts plantées, l’exploitation forestière et la pauvreté, la gestion autochtone et locale des forêts et trois séries de dialogues ont été consacrées au climat et aux forêts, à la préparation à la REDD et au financement de la REDD.  Les produits de tous ces dialogues ont fait ressortir l’importance de l’équité, des droits du travail, des droits fonciers et du respect pour les droits coutumiers et pour le consentement libre, préalable et éclairé.

Un nouveau dialogue portant sur la manière dont les entreprises peuvent appliquer le principe du consentement libre, préalable et éclairé dans les faits devrait commencer en 2010. 

L’huile de palme et la Table ronde pour la production durable de l'huile de palme (RSPO)

La Table ronde pour la production durable de l'huile de palme (Round Table on Sustainable Palm Oil - RSPO) est une initiative mondiale visant à promouvoir la production et le commerce durables de l'huile de palme. Ses membres sont de grandes sociétés de plantation, de petits exploitants, des transformateurs, des fabricants et des détaillants de produits dérivés de l’huile de palme, ainsi que des ONG.

Depuis 2003, FPP contribue à créer un espace qui permette aux communautés et petits exploitants autochtones et locaux de mieux se faire entendre au sein de la RSPO.

Travaillant en étroite collaboration avec son partenaire Samit Watch (qui siège au conseil d’administration de la RSPO), FPP a fait en sorte que les normes de la RSPO exigent que les sociétés membres respectent les droits coutumiers et le droit au consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones.  Le consentement libre, préalable et éclairé a maintenant été adopté par la RSPO comme l’un des principaux principes énoncés dans ses Principes et critères.