Les Autochtones font le suivi de la mise en œuvre de l’UNDRIP au Cameroun

Indigenous Navigator training
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By
Viola Belohrad

Les Autochtones font le suivi de la mise en œuvre de l’UNDRIP au Cameroun

Plus de 25 représentants autochtones baka et bagyeli ont reçu une formation concernant un outil de suivi de la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) dans des communautés autochtones au Cameroun.

L’atelier de formation s’inscrivait dans le cadre du projet de Navigateur autochtone, qui inclut également plusieurs micro-projets dirigés par les communautés qui contribuent aux Objectifs de développement durable (ODD). L’accent était mis sur un questionnaire, qui mesure les expériences des communautés concernant leurs droits, et qui alimente des données et des activités de plaidoyer aux échelons national et mondial relatives à la mise en œuvre de l’UNDRIP.

L’atelier de formation a fait le suivi des priorités identifiées lors de l’événement de lancement du Navigateur autochtone en septembre, qui coïncidait avec le lancement de la Déclaration sur les droits fonciers par Gbabandi (la première plateforme d’associations de peuples autochtones des forêts du Cameroun). Le questionnaire communautaire apportera des preuves concernant la situation générale des communautés baka et bagyeli, et en particulier sur les trois priorités de plaidoyer de Gbabandi pour 2018 : les droits fonciers, l’éducation et la citoyenneté.

Les associations camerounaises qui participent à ce projet sont, entre autres, Association Okani, Bouma Bo Kpodé, ARBO, ADEBAKA, ASBAK, ABAGUENI et ABAWONI. La collecte de données, qui sera réalisée en février 2018, impliquera 30 communautés des régions boisées Sud et Est du Cameroun.

« Ce questionnaire concerne nos communautés. Maintenant c’est à nous, les facilitateurs, de faire le travail de terrain et d’expliquer le projet à nos communautés. J’espère que le rapport que nous dresserons sera lu au-delà du Cameroun, afin que nous puissions faire connaître à tous la situation des Baka et des Bagyelis. »

Catherine Ndo'o Ndongo, facilitateur de l’association autochtone ADEBAKA

Toutes les questions du questionnaire communautaire se réfèrent directement aux droits des peuples autochtones consacrés dans l’UNDRIP. La formation a permis aux participants de mieux comprendre leurs droits qui figurent dans l’UNDRIP ainsi que les ODD.

Le questionnaire permettra aux communautés autochtones participantes d’informer directement les institutions locales et nationales sur les questions liées aux domaines de plaidoyer de Gbabandi, afin de s’assurer que les Baka et les Bagyeli ne sont pas laissés-pour-compte.

Parmi les participants à l’atelier de formation figurait Gervais Nzoa, membre expert de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones. M. Nzoa a déclaré :

« Je pense que ce projet est très important et j’aimerais continuer de participer à cette initiative. Le Cameroun est l’un des États qui a voté en faveur de l’UNDRIP. La collecte d’informations sur la situation des peuples autochtones au Cameroun m’aidera dans mon travail de promotion du plaidoyer au niveau national, pour s’assurer que l’UNDRIP est mise en œuvre. Les droits fonciers, le droit à l’éducation et la citoyenneté – les trois priorités identifiées par la Plateforme Gbabandi – sont consacrés dans l’UNDRIP et sont les droits fondamentaux des peuples autochtones ».

Association Okani est la principale organisation camerounaise à la tête de ce projet. Timothée Emini, d’Association Okani, a déclaré :

« Il s’agit d’une occasion pour nous, organisations autochtones, de participer à ce projet très important. Nous allons officialiser la situation de nos droits dans notre pays. Le Navigateur autochtone va montrer et partager avec le monde le niveau de mise en œuvre de l’UNDRIP au Cameroun, et nous sommes fiers de faire partie de ce projet. Au Cameroun, nous les peuples autochtones des forêts, voulons être parmi les premiers à changer la couleur de notre pays, en trouvant notre voie vers le développement durable et inclusif ».

Le Navigateur autochtone est financé par l’Union européenne et implique un réseau de partenaires aux Philippines, au Népal, au Cambodge, au Bangladesh, au Pérou, en Colombie, en Bolivie, en Tanzanie, au Kenya, au Suriname et au Cameroun. Le site web du Navigateur autochtone propose une série d’outils et de ressources gratuits pour les peuples autochtones, pour un suivi systématique du niveau de reconnaissance et de mise en œuvre des droits des peuples autochtones, tels qu’identifiés dans l’UNDRIP, par la Conférence mondiale sur les peuples autochtones et dans les Objectifs de développement durable. Découvrez le Navigateur autochtone sur : www.indigenousnavigator.org