Rapport de lancement du projet « Navigateur Autochtone, données des Peuples Autochtones »

EC report
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Rapport de lancement du projet « Navigateur Autochtone, données des Peuples Autochtones »

Du 10 au 15 septembre 2017, s’est tenu à Yaoundé, dans la salle de conférence du Monastère Bénédiction du Mont Fébé, l’atelier de lancement du projet « Navigateur Autochtone : Données des Peuples Autochtones », co-organisé par Forest Peoples Programme (FPP) et l’Association Okani, avec l’appui financier de l’Union Européenne (UE). Cet évènement a connu la participation de la plateforme GBABANDI (des membres de l’ASBAK, ABAWONI, ADEBAKA, ABEGUENI, ARBO, Bouma Bo Kpode, CADDAP, l’Association Okani), et des médias.

Cet atelier s’inscrit dans le contexte des engagements pris par le Cameroun envers plusieurs instruments juridiques internationaux, selon lesquels les droits fonciers des peuples autochtones des forêts doivent être reconnus et respectés. Force est de constater cependant que ceci n’est pas le cas en pratique au Cameroun. Tant localement qu’à l’échelle nationale, les Peuples Autochtones des forêts subissent au quotidien des pratiques discriminatoires et aliénantes dans divers domaines de la société, et en particulier dans le foncier. L’une des difficultés à laquelle ils ont été confrontés jusqu’à présent, a été de n’avoir jamais eu la possibilité de s’exprimer d’une voix qui leur est propre, de façon unifiée, représentative et légitime au niveau national. Le gouvernement a fait du secteur foncier un pilier fort de sa stratégie de développement, et promeut une croissance économique par le biais d’investissements, mais les politiques foncières en place n’ont pas encore réussi à fournir une formule suffisamment efficace pour prendre en compte tous les problèmes rencontrés par les Peuples Autochtones de la forêt (les Baka, les Bagyéli, les Bakola et les Bedzan) dans le domaine, d’où la nécessité de clarifier leur situation foncière.

C’est dans ce cadre que s’est inscrit cet atelier dont l’objectif principal était de proposer un appui stratégique pour le renforcement des capacités des peuples autochtones de la forêt avec un cadre de travail et une série d’outils leur permettant d'effectuer un suivi systématique du niveau de reconnaissance et de mise en oeuvre de leurs droits, y compris le droit d’accès égal et surtout effectif à la propriété foncière, tels qu’ils sont garantis par divers instruments juridiques internationaux. Il était en particulier question de renforcer les connaissances des participants et bénéficiaires du projet sur les mécanismes de plaidoyer, pour qu’ils s'engagent auprès des décideurs politiques au niveau national afin d'accélérer la mise en oeuvre des normes internationales et des engagements pris en leur faveur et dûment ratifiés par l’Etat du Cameroun. Par conséquent, de façon spécifique, l’atelier visait à :

  • Former les participants (un nombre de représentants Baka et Bagyéli) aux mécanismes de plaidoyer, en augmentant leur capacité à rassembler, partager et utiliser des données sur leurs droits par l'intermédiaire du Navigateur Autochtone ;
  • Elaborer et valider la Déclaration de la plateforme Gbabandi sur le foncier ;
  • Expliquer aux représentants la structure et les outils du Navigateur Autochtone qui permettent de suivre les droits et le développement des Peuples Autochtones et de s'engager auprès des acteurs et dans les processus pertinents afin d'identifier les options politiques pour leur amélioration ;
  • Lancer le projet Navigateur Autochtone au Cameroun.