Ressources

Rendre l’huile de palme responsable ?

Les plantations de palmier à huile continuent de s’étendre au niveau mondial à une cadence rapide. Le leader mondial du secteur, l’Indonésie, a devancé la Malaisie pour devenir le premier producteur au monde. Les données les plus récentes d’une ONG indonésienne qui surveille les développements, SawitWatch,  indiquent que les plantations de palmier à huile en Indonésie recouvrent désormais 11 millions d’hectares, alors qu’elles recouvraient 6 millions d’hectares il y a seulement cinq ans. De nouvelles plantations se propagent aux îles plus petites de l'archipel, et aux zones moins avancées de l'Indonésie orientale. Les espoirs liés à une promesse du Président d’instaurer un moratoire de deux ans sur la déforestation pour freiner l’expansion de cette culture (dans le cadre d’un accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) se sont également évanouis, puisque le gouvernement a exclu les zones pour lesquelles des permis préliminaires ont déjà été accordés.

Les conflits et l’importance de la réforme foncière en Indonésie, Ahmad Zazali (Scale Up)

Scale Up, un partenaire indonésien du Forest Peoples Programme, a suivi l’évolution des conflits sociaux dans les plantations de palmier à huile indonésiennes au cours des dernières années. Les études menées par ce partenaire sur les conflits relatifs aux ressources naturelles dans la province de Riau, au cours des quatre dernières années, indiquent une tendance à l’augmentation annuelle de la fréquence des conflits et de l’étendue des terres contestées, avec un léger recul en 2010. À en croire le rapport annuel 2007 de Scale Up, 111 745 hectares de terre faisaient l’objet de conflits relatifs aux ressources naturelles dans la région de Riau. Cette surface s’est étendue à 200 586 hectares en 2008 et à 345 619 hectares en 2009. En 2010, la surface de terres contestées a légèrement diminué par rapport à 2009, pour s’établir à 342 571 hectares. Cette diminution est due principalement au fait qu’un grand nombre de zones contestées et de conflits qui en ont découlé cette année-là n’ont pas été identifiés ou enregistrés.

Les femmes autochtones font entendre leurs voix auprès du CEDAW

En juillet dernier, la 49e session du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) s’est tenue à New York. Les femmes autochtones du Népal, sous l’égide de la Fédération des femmes autochtones du Népal (NIWF), ont participé pour la première fois à cette session afin de défendre et d’expliquer les résultats présentés au Comité dans leur rapport alternatif. 

Le rapport était également soutenu par la Lawyer’s Association for the Human Rights of Nepal’s Indigenous Peoples (LAHURNIP) et par le Forest Peoples Programme, et constituait le premier rapport national fondé sur des recherches et une élaboration autonomes concernant le statut des femmes autochtones dans la nouvelle république émergente du Népal.

Le projet de note conceptuelle pour les Évaluations Whakatane pilotes de maintenant ouverte aux commentaires

Le plan direteur pour les évaluations Whakatane pilotes a été finalisé. Vous pouvez le técharger ici.

Tel que mentionné dans l'édition de février du bulletin d'information de Forest Peoples Programme, à l'occasion de la conférence Sharing Power de la CEESP de l'UICN à Whakatane en Nouvelle-Zélande en janvier 2011, une réunion s'est tenue en présence des représentants autochtones, des présidents des trois commissions de l'UICN (CEESP, WCPA et SSC) et des sous-commissions (TILCEPA et TGER), de personnel clé du secrétariat de l'UICN (le Directeur du Programme pour l'environnement et le développement et le Conseiller principal pour la politique sociale), et d'autres membres du personnel de l'UICN, de Conservation International et du Forest Peoples Programme.

L'aboutissement principal de la réunion et des discussions qui l’ont suivi ont abouti à un accord visant à appliquer une série de mesures pour réviser la mise en œuvre de résolutions relatives aux peuples autochtones adoptées lors du 4e Congrès mondial de la nature (WCC4) en 2008 et pour faire progresser leur mise en œuvre en cas de lacune.

Prochaine publication de AIWN et du FPP : Guide to CEDAW for indigenous women in Asia (Guide CEDAW pour les femmes autochtones d’Asie)

Le Asian Indigenous Women’s Network (Réseau des femmes autochtones d’Asie) et le Forest Peoples Programme ont réalisé une série de brochures consacrées au cadre de protection des droits humains, aux droits des peuples autochtones et aux droits des femmes tels que consacrés et protégés dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Les brochures ont été conçues pour traiter spécifiquement des situations des femmes autochtones en Asie et comprennent une compilation détaillée de la jurisprudence existante du CEDAW en matière de femmes autochtones.

Lutte des femmes pour leurs terres et leurs moyens de subsistance dans la Péninsule de Kampar en Indonésie

Rini Ramadhanti

À partir de mi-2009, j’ai commencé à me rendre régulièrement dans le village de Teluk Meranti pour y rencontrer les femmes et discuter avec elles de leurs conditions de vie et des questions qui les affectent. Teluk Meranti est un village qui compte environ un millier d’habitants près de la Péninsule de Kampar, une tourbière à Riau, sur l’île de Sumatra en Indonésie.

Lors de ma première visite, nous avons discuté des peurs des femmes relatives à la perte de leurs terres agricoles et de leurs forêts, et de leur souhait de développer leurs potagers et leurs petites entreprises. Ces femmes étaient préoccupées par un plan du gouvernement et de la société du secteur de la pâte et du papier APRIL visant à créer une plantation de bois à pâte sur une surface de 56 000 hectares et à s’emparer d’une forêt que leur communauté gère depuis des générations.

Les dimensions de genre dans l’utilisation coutumière de la biodiversité par les peuples autochtones

Des travaux récents menés par plusieurs peuples autochtones, tels que la cartographie communautaire et la description de l’utilisation des ressources traditionnelles, ont permis de comprendre différents aspects des dimensions de genre liées à leur utilisation coutumière de la biodiversité. Dans nombre de communautés autochtones, il existe des divisions claires entre les rôles et les tâches des hommes et des femmes en matière d’utilisation de la biodiversité. Cet article propose des exemples d'études de cas réalisées par le peuple Wapichan du Sud-Ouest de la Guyane et les peuples Karen et Hmong du Nord de la Thaïlande.  

Les organes des droits humains des Nations Unies prennent note de la spéculation foncière en masse en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Des données indiquent de façon récurrente que les terres détenues et gérées selon la coutume en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) couvrent la vaste majorité de la masse terrestre du pays, 97% étant le chiffre d’ordinaire accepté. Les 3% de terres restantes qui ne sont plus régies par la tradition et la coutume sont généralement dénommées « terres aliénées » et sont soumises à la gestion du Département des terres et de l’aménagement du territoire. Toutefois, derrière ces chiffres remarquables en termes de sécurité foncière se cache une réalité plus sombre.

Le Partenariat Australie-Indonésie ne respecte pas les droits des Dayak

L’Australie et l’Indonésie travaillent désormais conjointement depuis plusieurs années sur la REDD+. Leur coopération est axée principalement sur le projet Kalimantan Forests and Carbon Partnership (Partenariat en matière de forêts et de carbone au Kalimantan - KFCP) qui vise à réhabiliter 100 000 hectares de tourbières au Kalimantan central. La zone fait partie du programme Mega Rice de Soeharto, qui n’a pas produit de riz mais qui a réduit les systèmes agroforestiers de dizaines de communautés Dayak à des terres incultes de tourbe en feu. Aujourd’hui, après que des millions de dollars aient déjà été dépensés pour le projet REDD+, Yayasan Petak Danum, une organisation communautaire Dayak de la zone concernée par le projet KFCP, a rédigé une lettre énumérant les inquiétudes principales liées au projet, en particulier le non-respect des droits des communautés Dayak dans la région. Vous pouvez lire la lettre du réseau Yayasan Petak Danum (YPD) à la délégation australienne au Kalimantan central, Indonésie, février 2011, au sujet du projet pilote REDD+ Kalimantan Forests and Climate Partnership :

http://www.forestpeoples.org/topics/redd-and-related-initiatives/publication/2011/letter-australian-delegation-central-kalimantan

Un accord foncier crée un précédent dans la zone d’expansion des plantations de palmiers à huile à Bornéo

Une nouvelle plantation de palmiers à huile en cours de développement au Bornéo indonésien (Kalimantan occidental) a renoncé à des terres communautaires pour lesquelles elle avait obtenu un permis du gouvernement. La société PT Agro Wiratama, membre de la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO) et filiale du géant Musim Mas, a accepté de céder plus de 1 000 hectares sur les 9 000 hectares de sa concession à la communauté, suite aux interventions des représentants de la communauté et des ONG. Ceci représente une avancée capitale dans le contexte d’un développement où des millions d’hectares de plantations à grande échelle de palmiers à huile ont été établis sur les terres des peuples autochtones sans leur consentement. Le Forest Peoples Programme a pris connaissance des plans de PT Agro Wiratama visant à ouvrir cette zone sur le site web de la RSPO et a alerté les ONG partenaires à Bornéo, qui ont pu travailler avec la communauté et l’aider à négocier avec la société et le gouvernement local pour que ses terres soient reconnues. 

Communiqué de presse de FPP

Le 9ème Dialogue de l’Initiative pour les droits et ressources sur les forêts, la gouvernance et les changements climatiques

Le 9ème Dialogue de l’Initiative pour les droits et ressources sur les forêts, la gouvernance et les changements climatiques, co-organisé avec le Forest Peoples Programme, Tebtebba et Forest Trends, a eu lieu à Londres, au Royaume-Uni, le 8 février 2011. Le Dialogue a réuni plusieurs acteurs clé de la REDD, notamment des représentants des organisations des peuples autochtones, les gouvernements du Royaume-Uni, du Mexique et de la Norvège, le secteur bancaire, des ONG et des chercheurs.  

Le consensus ayant émergé des discussions était que la REDD ne devrait pas se poursuivre tant que des garanties claires n’auront pas été mises en place. Gregory Barker, Ministre adjoint du Ministère de l’énergie et du changement climatique du gouvernement britannique, a souligné qu’il était crucial, avant que les projets REDD ne soient réalisés, d’évaluer les moteurs de la déforestation, de garantir un régime foncier clair et d’assurer un partage équitable des avantages pour les peuples autochtones. Dans ce but, il a affirmé que le gouvernement britannique appliquera des garanties dans les accords bilatéraux REDD avec les peuples autochtones et les communautés locales. Malgré cet engagement, il n'a pas indiqué si le Royaume-Uni oeuvrerait en faveur de garanties plus strictes dans les processus de préparation de l’initiative FCPF de la Banque mondiale.  

Genre et droits fonciers en Asie

Vingt-neuf femmes autochtones de 10 pays de la région Asie-Pacifique se sont réunies à Manille aux Philippines en novembre 2010 afin de discuter des défis auxquels les femmes autochtones et leurs communautés font face dans le domaine des droits fonciers. L’atelier a été organisé par le Asian Indigenous Women’s Network (AIWN) et le Forest Peoples Programme (FPP). Dans la région, et dans le monde entier, les droits fonciers jouent un rôle capital pour permettre aux peuples autochtones de survivre en tant que peuples culturellement distincts. L'Asie et le Pacifique recueillent une grande diversité de situations pour les peuples autochtones, avec des pays à majorité autochtone, tel que Fiji dans le Pacifique, ou l’Asie continentale, où les peuples autochtones ne sont même pas reconnus par leurs gouvernements.

La stratégie de la Banque mondiale en matière d'huile de palme est sous surveillance

Au mois de janvier, la Banque mondiale et sa branche pour le secteur privé, la Société financière internationale (SFI), ont publié une nouvelle version, en grande partie modifiée, de leur projet de cadre et de stratégie pour l’engagement dans le secteur de l’huile de palme. Le texte, qui a été diffusé pendant 30 jours afin de recevoir les commentaires du public, sera soumis pour approbation, après des révisions effectuées sur la base de ces commentaires, au Président et au Conseil d’administration en mars ou avril 2011. Si le texte est approuvé, la Banque mondiale mettra ensuite un terme au moratoire mondial sur le financement des projets du secteur de l'huile de palme convenu en 2009 après qu’un audit interne (mené en réponse à des plaintes du FPP et de ses partenaires) a révélé des violations flagrantes de la diligence requise et de graves impacts sociaux et environnementaux.

Indonésie : la police ouvre le feu dans les plantations d’huile de palme

La société de production d’huile de palme controversée, Sinar Mas, a à nouveau fait l’actualité suite à l’intensification d’un différend foncier de longue date dans l’une de ses plantations, qui a donné lieu à des tirs de police au cours desquels 5 membres de la communauté locale ont été gravement blessés. Le conflit s’est produit dans la province de Jambi, sur l’île de Sumatra, lorsque des membres de la communauté locale non armés ont été attaqués à l’improviste par des agents de l’une des brigades de police mobiles, appelée par la filiale appartenant à Sinar Mas, PT Kresna Duta Agroindo. Le groupe Sinar Mas est le plus important conglomérat d’huile de palme d’Indonésie, placé sur liste noire par plusieurs grandes sociétés de transformation de l’huile de palme d’Europe et des États-Unis, suite à des indications de violations répétées des normes sociales et environnementales.