Les Parties de la Convention sur la diversité biologique accepteront-t-elles enfin les solutions proposées pour arrêter la perte de biodiversité qui profitent également aux communautés des forêts ?

A Wapichan man harvests ité palm leaves in a sustainable manner, Guyana
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Les Parties de la Convention sur la diversité biologique accepteront-t-elles enfin les solutions proposées pour arrêter la perte de biodiversité qui profitent également aux communautés des forêts ?

Suivez les représentants des communautés autochtones et locales à Nagoya en ligne

Pour tous les peuples de la forêt, la 10e Conférence des Parties (COP 10) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui débute aujourd’hui 18 octobre 2010 à Nagoya au Japon, est une réunion critique : leurs gouvernements passeront de nouveaux accords en matière de conservation, d’utilisation et d’exploitation des richesses naturelles de la planète. Étant donné que la plupart de ces ressources se trouvent sur les territoires des peuples autochtones, les orientations futures de la Convention auront des impacts majeurs sur leurs terres, leurs moyens d’existence et leurs mode de vie. Les contributions positives des communautés de la forêt à la biodiversité mondiale recevront-elles l’attention qu’elles méritent ? Les intérêts et les droits de ces communautés seront-ils respectés, ou se limiteront-ils à quelques paragraphes secondaires des Décisions de COP 10 ?

Pendant deux ans, de nombreuses organisations des communautés autochtones et locales ont travaillé et se sont préparées en vue de cette rencontre. Lors de différentes réunions préparatoires de la CDB (traitées dans les e-newsletters FPP précédentes – voir liens), elles ont tenté d'influencer le débat sur la biodiversité entre les États Parties à la Convention sur la diversité biologique afin que leur relation profonde avec le monde naturel soit pleinement prise en considération. Maintenant à la COP 10 les Parties vont prendre des décisions définitives et contraignantes. Les peuples autochtones et les communautés locales ont une dernière chance de défendre les acquis précédents et de convaincre les Parties d’adopter de nouvelles mesures pour endiguer la perte de biodiversité tout en protégeant leurs droits et en émancipant leurs communautés.

Le FPP est à Nagoya pour soutenir une solide équipe de partenaires du Bangladesh (Unnayan Onneshan The Innovators), du Suriname (Organisation of Kaliña and Lokono in Marowijne), de Guyana (South Rupununi District Toshaos Council), de Thaïlande (Inter-Mountain Peoples’ Education and Culture in Thailand Association), du Cameroun (Association OKANI), et du Panama (Fundacion para la Promocion de Conocimiento Indigena). Que vous vous trouviez à Nagoya ou pas, vous pouvez suivre les activités des partenaires et entendre ce qu'ils ont à dire au sujet de l’évolution de la réunion sur leur blog (voir liens).

Les participants des peuples autochtones et des communautés locales à Nagoya insisteront sur le fait que la mise en œuvre des trois éléments de la Convention sur la diversité biologique – utilisation   durable, conservation et partage des avantages – doit être améliorée. Ceci est clairement démontré par le fait que la perte de biodiversité se poursuit, alimentée par un système mondial de production et de consommation qui devrait consommer, en 2010, 150% de ressources supplémentaires par rapport aux ressources que la terre peut effectivement produire.[1] L’utilisation durable est le pilier le plus faible du traité, notamment pour les communautés de la forêt qui ont besoin d'un meilleur soutien pour leurs systèmes coutumiers d'utilisation des ressources. L’une des entraves essentielles est l’absence continue de volonté politique pour reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones à leurs terres et à leurs ressources. Cette reconnaissance et ce respect sont cruciaux pour préserver efficacement la biodiversité dans les territoires autochtones.

Lorsque les questions relatives à la conservation seront sur la table des négociations à Nagoya, les communautés autochtones et locales feront part encore une fois de leurs inquiétudes au sujet du fait que l'établissement et l'expansion des aires protégées ont encore lieu en grande partie sans leur participation et leur consentement et que les aires protégées sont à ce jour souvent gérées par le haut. Les impacts sur les communautés autochtones et locales sont graves. Leurs leaders ont souligné l’importance de la participation à la prise de décisions et à la gestion, ainsi que l’importance de coûts justes et du partage des avantages. Ils espèrent que la COP 10 apportera des solutions positives tant pour la biodiversité que pour les communautés, sous forme de types de gouvernance novateurs et par la reconnaissance et le respect des territoires autochtones.

Les gouvernements adopteront également un nouveau plan stratégique pour la Convention et un nouvel objectif de biodiversité à l’horizon 2020, tout en prenant note du fait que « l’objectif 2010 » n’a pas été atteint. Les communautés autochtones et locales souhaitent que ce nouveau plan inclue les éléments suivants : une référence plus explicite et plus adéquate à leurs droits et moyens d’existence ainsi que des garanties juridiques que ces droits et moyens d’existence seront protégés ; une reconnaissance et un soutien plus larges de leur rôle en matière de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité ; des mesures concrètes visant à accroître leur participation à la mise en œuvre de la Convention.   

Si vous êtes à Nagoya, vous pouvez :

  • Venir rencontrer l’équipe dans la salle du Forum international autochtone sur la biodiversité (FIAB) et dans les Groupes de travail, ou contactez caroline@forestpeoples.org
  • Prendre nos brochures d’information et nos documents de prise de position (à consulter également en ligne – voir liens)
  • Participer à notre événement parallèle sur l’utilisation coutumière durable (article 10(c)) le lundi 18 octobre 2010 à 13h15, salle 231-B, où l’équipe fera part de ses opinions concernant les projets de décision de la Conférence des Parties et présentera les expériences locales, les initiatives et les défis dans lesquels les communautés sont impliquées afin d'améliorer la mise en œuvre de l'article 10(c) de la Convention (voir lien au dépliant de l’événement parallèle).
  • Célébrer la « Journée des communautés autochtones et locales » le mercredi 20 octobre 2010 dans le Pavillon climat et écosystème. Le thème de la journée sera : « Voix locales et solutions locales des peuples autochtones et communautés locales à la conservation de la biodiversité et au changement climatique ». Venez visiter le pavillon si vous souhaitez entendre nos partenaires et d'autres peuples autochtones et communautés locales présenter et débattre des opinions et des initiatives en matière d'aires protégées, de changement climatique et de savoirs traditionnels. 

Des informations sur ces événements, des mises à jour quotidiennes et des opinions concernant les réunions officielles sont disponibles sur le nouveau site web du FPP, où nos partenaires des communautés autochtones et locales pour COP 10 publieront régulièrement des rapports, des blogs et des commentaires, ainsi que des photos et des vidéos, par exemple sous forme de journaux et d'interviews (voir lien vers le blog).

Membres de la communauté karen aménageant des lignes coupe-feu, Thaïlande
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