L’entreprise Wilmar International impliquée dans une fusillade policière contre deux fermiers sur une propriété d’huile de palme

PT. Bumi Sawit Kencana

Petani melakukan aksi protes dengan menginap di Lokasi perkebunan sawit PT.BSK, tuntut penyelesaian sengketa lahan. (Foto: beritasampit.co.id)

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L’entreprise Wilmar International impliquée dans une fusillade policière contre deux fermiers sur une propriété d’huile de palme

Indonésie, 9 janvier 2018: Des ONGs indonésiennes se sont fortement opposées aux autorités du gouvernement d’Indonésie au sujet d’un incident qu’ils ont enregistré le 18 décembre 2017, lorsque des forces de police ont tiré et blessé deux fermiers. Les tirs ont eu lieu sur une des plantations d’huile de palme de l’entreprise Wilmar International, en Kalimantan Centrale, en Indonésie sur l’île de Bornéo. Selon ces ONGs, ce cas renvoie à une dispute foncière ayant lieu entre les locaux et une filiale propriété de Wilmar, PT Bumi Sawit Kencana. Le conflit foncier a culminé en 2013, lorsque PT BSK a tenté de creuser un canal qui a inquiété la communauté car il pouvait bloquer l’accès aux terres disputées. Le cas a été enregistré comme une plainte formelle par la table-ronde RSPO en juin 2016 mais n’a pas été résolu. Les fermiers ont rapporté que leurs terres ont été volées sans qu’aucun dédommagement ne leur ait été versé, ou sans que leur consentement n’ait été obtenu. Wilmar est la plus grande compagnie de vente d’huile de palme.
 
La coalition d’ONGs documentant le cas a demandé à la table-ronde RSPO d’enquêter sur l’incident récent et de sanctionner la compagnie pour violations. Ils ont également demandé au gouvernement d’évaluer les licences de la compagnie et de les révoquer pour toute violation et demandé à la police d’extraire leur brigade de police mobile qui a commis les fusillades. En Indonésie, les brigades de police mobile sont déployées afin de protéger les propriétés des compagnies, en échange d’un paiement par la compagnie.
 
Dans l’appel conjoint lancé par la coalition d’ONGs, et qui réunit des organisations autochtones, des groupes communautaires, des fermiers, des associations de femmes et d’étudiants ainsi que des organisations de justice environnementale venant de l’autre côté de l’archipel, on peut lire: "L’Etat a échoué dans sa responsabilité de protéger ses citoyens, au lieu de quoi il a permis aux forces de l’ordre de devenir des boucliers servant les intérêts d’une entreprise. L’Etat devrait être en mesure d’agir de manière juste, de donner un sentiment de sécurité et de répondre au droit humain de mener une vie prospère."
 
Marcus Colchester, Conseiller Principal en Politique de l’organisation internationale de défense des droits de l’homme, Forest Peoples Programme, qui est également un membre de la table-ronde RSPO, déclare: "La lenteur avec laquelle la table-ronde RSPO résoud les plaintes est en train de devenir un problème majeur. Cela devient tragique si les délais mènent à toujours plus de violations de droits de l’homme sérieuses. Il y a une impérieuse nécessité que la table-ronde RSPO prenne des mesures afin de protéger les plaignants, les porte-paroles des communautés ainsi que ceux qui cherchent à défendre leurs droits."