La conférence RIO+20 pourrait promouvoir l’économie verte et le développement au détriment des droits humains et de la justice environnementale – Les événements parallèles mettront en exergue les demandes et les contributions des peuples autochtones

Assemblée des PA discutant du message essentiel des PA sur le pilier culturel avec la délégation du Japon
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La conférence RIO+20 pourrait promouvoir l’économie verte et le développement au détriment des droits humains et de la justice environnementale – Les événements parallèles mettront en exergue les demandes et les contributions des peuples autochtones

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable - Rio+20, a pour objectif d’assurer la mise en œuvre complète des engagements internationaux en matière d’environnement et de développement social. Toutefois, le risque existe que le besoin urgent de respecter les droits des peuples autochtones, les savoirs traditionnels et le développement autodéterminé soit négligé.

Les ministres des gouvernements et les délégués non gouvernementaux du monde entier se réuniront en juin à Rio à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable - Rio+20. Cette conférence se déroulera 20 ans après la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), qui s’était tenue à Rio. Cette conférence aura pour objectif, entre autres, d’évaluer l’état d’application des trois Conventions adoptées lors de la CNUED : la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et la Convention sur la lutte contre la désertification (UNCCD).

Les participants négocieront également des réformes institutionnelles visant à garantir des actions plus cohérentes et globales sur les questions mondiales liées à l’environnement et au développement, en s’efforçant ainsi de tenir compte dans une même mesure des exigences sociales, économiques et environnementales. Le leitmotiv de la conférence est toutefois ce que l’on appelle l’ « économie verte ». Lors de la conférence RIO+20, les gouvernements débattront de la signification, de la définition, des principes et des objectifs de ce concept. Ils prévoient également d’arriver à un consensus intergouvernemental sur les actions nécessaires à une « transition mondiale » vers une économie verte pour un développement durable. Certains observateurs considèrent ceci uniquement comme une occasion de chercher des solutions de marché au bénéfice du secteur privé, plutôt que comme un engagement pour soutenir une transition vers un modèle socialement juste et écologiquement sain.

Un projet de document de négociation appelé « avant-projet » fait actuellement l’objet de discussions lors de réunions mensuelles à New York. Le document ne définit pas d’actions et d’objectifs contraignants clairs pour les gouvernements et le secteur privé, et ne précise pas non plus la nécessité d’adopter des règles contraignantes pour ce dernier. La situation est aggravée par le fait que des éléments essentiels, tels que l’approche au développement et aux questions sociales et environnementales « fondée sur les droits », risquent de disparaître à cause des programmes divergents des gouvernements. Les engagements pour affronter des questions transversales, telles que la justice économique et une réforme en profondeur du système financier, s’exposent à un destin semblable.

Avant la conférence, du 16 au 19 juin 2012, les peuples autochtones tiendront une « Conférence mondiale des peuples autochtones sur le développement autodéterminé et durable ». Parallèlement à l’événement officiel Rio+20, les organisations de la société civile et les mouvements sociaux se réuniront dans le cadre du « Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale et en défense des biens communs ». Un pavillon des peuples autochtones sera proposé du 19 au 22 juin 2012, ainsi qu’un espace public (proposé par les peuples autochtones d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale « Acampamento Tierra Libre por el Buen Vivir y la Vida Plena ») pour partager les expériences de conservation environnementale durable et de pratiques de gestion des ressources naturelles fondées sur les savoirs et les moyens de subsistance traditionnels. Le lien entre les droits territoriaux et les paradigmes véritablement durables sera souligné, tout comme l’urgence de garantir une approche solide fondée sur les droits à tout programme ou plateforme découlant de la conférence de Rio.

Il convient de souligner que le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’auteur principal du rapport sur l’ « économie verte » réalisé pour le sommet Rio+20, considère les forêts comme un pilier essentiel de l’économie verte, au moyen d’un soutien en faveur de systèmes de paiement de services environnementaux (PES) et de programmes et projets pour la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) comme « moteur » pour rendre le secteur forestier plus vert. Néanmoins, le PNUE ne mentionne pas les droits des peuples autochtones à la terre, aux territoires et aux ressources, ni des obligations et normes internationales d’une grande importance, telles que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP).

La reconnaissance de la UNDRIP est une demande essentielle des peuples autochtones à l’occasion de la conférence Rio+20. Dans leurs déclarations et soumissions pour l’avant-projet, les organisations de peuples autochtones ont souligné de façon réitérée cinq priorités essentielles que les gouvernements et les institutions des Nations Unies devront prendre en compte :

• la UNDRIP doit être la norme internationale principale et le cadre du développement durable ;

• la culture des peuples autochtones devra être ajoutée aux trois « piliers » traditionnels du développement durable ;

• les droits des peuples autochtones à la terre, aux territoires et aux ressources doivent être respectés et protégés ;

• la contribution des savoirs traditionnels doit être respectée, appréciée et incluse ;

• la diversité des économies locales doit être reconnue et l’ « économie verte » doit soutenir un cadre global pour le développement autodéterminé.

Le Forest Peoples Programme sera à Rio afin de soutenir la participation d’une délégation de peuples autochtones à la Conférence mondiale des peuples autochtones, aux événements parallèles et aux négociations officielles.

Pour plus d’informations, prière de consulter :

http://www.forestpeoples.org/fr/tags/rio20-united-nations-conference-sustainable-development

http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html

http://www.tebtebba.org/index.php/content/200-indigenous-peoples-and-rio-20

http://rio20.net/fr/

http://www.unep.org/pdf/PressReleases/UNEP-ForestsGreenEco-basse_def_version_normale.pdf

http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=659&ArticleID=6902&l=en

http://www.un-redd.org/REDD_and_Green_Economy/tabid/55607/Default.aspx

Réunion de l’Assemblée des PA lors de la période intersessions
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