Ngoyla-Mintom : Bilan et perspectives

Membres de la communauté baka au Cameroun indiquant leurs lieux de pêche au moyen d’un GPS
By
John Nelson

Ngoyla-Mintom : Bilan et perspectives

A titre de rappel, Ngoyla-Mintom est un massif forestier qui doit son nom à deux arrondissements situés dans deux régions du Cameroun: Ngoyla dans la région de l’Est et Mintom dans celle du Sud. Ce massif forestier est devenu célèbre en raison des objectifs lui ayant été assigné par différents acteurs parmi lesquels figurent le gouvernement camerounais, les entreprises privées et la communauté internationale. Depuis quelques mois, Ngoyla-Mintom maintenait  la réputation d’être un bloc forestier jamais auparavant cédé à l’exploitation forestière, ce qui a très vite attisé l’intérêt d’un Etat forestier (un état qui s’investit dans l’exploitation forestière) par l’entremise de son ministère des forêts afin d’être vendu aux enchères à des compagnies privées d’exploitation forestière.

Pourtant ce massif forestier avait aussi suscité beaucoup d’espoir pour sa conservation, dû à sa valeur stratégique en tant que couloir de passage pour les animaux du TRIDOM (TRI-national DJA ODzala et MInKébé). Au cours des 5 dernières années, des projets pour la séquestration du carbone y ont été aussi envisagé.

Cette forêt est sujette à de multiples enjeux et constitue une source potentielle de nombreux conflits, les populations autochtones, tels que les Baka et autres communautés forestières, ayant très souvent été omises lors des discussions relatives à cette forêt qu’elles ont si efficacement et durablement conservée depuis des millénaires.

Afin d’aider les communautés Baka et Bantou vivant dans cette zone, Forest Peoples Programme, OKANI et CED ont organisé une série de consultations sur de nombreux thèmes, tels que la cartographie de l’utilisation des ressources forestières dans cet espace forestier célèbre au Cameroun.

Dans cet objectif, deux  table rondes ont été organisées, réunissant autour d’une même table les principaux acteurs ayant des intérêts pour ce massif forestier à Mintom et à Lomié. Soulignons que ces espaces d’échange hautement appréciés par les responsables de l’administration locale ont connu une affluence forte à un très haut niveau à Mintom par le Sous-préfet et le maire en personnes à Lomié par l’adjoint d’Arrondisement représentant le sous-préfet empêché et le Maire de Ngoyla en Personne.

Perspective des Baka :

Les Baka présents aux deux réunions à Mintom et Lomié ont apprécié l’assiduité des autorités aux réunions et la qualité de leurs différentes contributions. Les Baka ont sollicité la participation des autorités administratives à toutes les étapes du processus des activités concernant les interventions dans la forêt, tels que pendant la présentation des cartes et la cartographie en forêt. Ceci permettra aux différents acteurs d’appréhender le degré de connexion entre ces peuples et leur milieu de vie, la forêt. « Toute chose doit commencer chez soi; si tu dois soigner, commence à le faire à la maison. Un leader doit s’exprimer devant toute les parties prenantes pour trouver un compromis, conseiller, éduquer et sensibiliser » a déclaré Ndoyi, un Baka du village de Lelen.

Les Baka ont aussi demandé de présenter ces cartes à Yaoundé, où les décisions importantes et de haut niveau concernant les forêts sont prises.

Ils ont aussi sollicité le renforcement des capacités de leurs élus locaux (tels que les conseillers municipaux et députés) sur les questions les concernant.

De plus, les Baka ont sollicité l’institutionnalisation d’un mécanisme de dialogue entre les institutions spécifiques selon les thématiques qui les touchent, avec les autorités locales pertinentes à leurs préoccupations.

Feuille de route potentielle pour les Baka :

- documenter et outiller les administrations et les collectivités territoriales décentralisées sur le processus REDD et les peuples autochtones

-  disséminer les cartes produites

- cartographier les communautés voisines de la zone du projet

- continuer le dialogue dans le massif forestier au regard des enjeux qui le caractérisent : les mines et le développement des infrastructures de transport (telle que le chemin de fer Mbalam-Kribi)

- développer en grand format les cartes locales produites et les mettre en valeur au cours des différentes discussions à venir concernant cette forêt.

 
 
Les membres de la communauté baka indiquent les limites des concessions d’exploitation forestière au moyen d’un GPS
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John Nelson
Les Baka veulent protéger le moabi, un arbre de leurs forêts, qui est la cible des bûcherons
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John Nelson